La Bourlingueuse

Carnets de voyages

31 mars 2008

Satanée heure d'été !

Une fois l'an, je peste, je râle, je suis mal, je ne peux (ni ne veux) m'y habituer : l'heure d'été est arrivée !

Deux heures d'avance sur le soleil... Pour nous dans l'Ouest on ajoute encore 18 minutes puisque nous sommes avant le méridien de Greenwich. Entre la mi-juin et la mi-juillet, ceux qui travaillent se couchent alors qu'il fait encore jour. Et ça dure depuis 1976...

Selon "Ouest-France" d'hier 30 mars, 70 pays dans le monde ont institué une heure d'été.

  • 65 ont 1 heure de décalage, leur heure d'hiver est l'heure solaire
  • 5 ont 2 heures de décalage, ce sont : la France, l'Espagne, la Belgique, Luxembourg, Pays-Bas. Leur heure d'hiver est l'heure d'été des autres 65 pays.

Pour ceux qui, comme moi, ont subi l'Occupation, nous avons vécu 4 ans à l'heure "allemande", soit deux heures avant le soleil. Et à la Libération, avec quelle joie avons-nous repris notre heure "française" ! J'ai beau regarder dans la liste des Cinq : l'Allemagne n'y figure pas.

Bon, j'ai vidé mon fiel... et j'attends avec impatience le mois de septembre qui nous fera regrignoter un peu de bien-être et mettra notre horloge biologique plus en harmonie avec la Nature.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

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30 mars 2008

Sur le sentier des Mamelles

Sachez que le langage imagé du créole ne laisse aucun doute sur la signification du mot "mamelles" ? Eh oui, c'est tout rond et ça va par paire...

Si, venant de Pointe à Pitre pour aller sur la côte de la Mer des Caraïbes et passez devant la Cascade aux Ecrevisses, vous remarquerez bientôt deux mornes voisins qui ont donné leur nom à la route franchissant les crêtes : la silhouette de deux sommets jumeaux en pain de sucre se découpe sur le ciel de façon provocante. L'un, la Mamelle de Petit-Bourg atteint 716 m, l'autre, la Mamelle de Pigeon culmine à 768 m. Leur presque parfaite symétrie n'avait pas échappé aux premiers venus du Vieux Monde, et la route que vous suivez trouve sont point culminant entre ces deux curiosités géologiques au col des Mamelles.

Etape_finale

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24 mars 2008

Toujours les Antilles ...

Entre deux recherches généalogiques, je continue d’étendre avec des fortunes diverses, de la couleur sur mes petites (toutes petites) toiles…

Je me rends très bien compte que ces deux-là ne sont pas les meilleures, et je me fais une raison : ce n’est pas demain qu’on les accrochera au musée, mais, pendant que j’ai les pinceaux en main, je me fais plaisir !

J’ai du mal à imaginer que j’ai passé ma vie d’adulte sans peindre ni dessiner… Il a fallu que je commence il y a 4 ans cette carte de Bretagne à laquelle je rêvais depuis  1961, puis laissée en plan jusqu’à l’an dernier où, selon la promesse faite à Elotine http://elotinelafee.canalblog.com j’y ai enfin mis le coup de pinceau final.

Etape_finaleA l’arrêt du car, je n’ai pas décidé si mes personnages allaient au marché ou en revenaient : ce qui est sûr, c’est qu’il ont plaisir à se retrouver et que les bavardages vont bon train !

Le « tap-tap » sur la plage vient tout droit de Haïti, et vous ferez semblant de ne pas voir l’erreur de perspective…

Les « tap-tap » sont des minibus, parfois des camionnettes aménagées, décorées etEtape_finale peintes de couleurs vives qui stoppent où on leur fait signe, et déposent les voyageurs n’importe où sur leur trajet. Il roulent généralement sous la protection d’un saint, voire du « Grand patron ».

J’ai une tendresse particulière pour « La marchande de jacques », dont le regard baissé cache la fierté qu'elle a de ses beaux fruits. Ils proviennent du jacquier, poussent sur le tronc, et peuvent atteindre des poids considérables . Ceux de ma marchande sont mangés en légumes avant leur maturité, et en fruits au goût de banane lorsqu’ils sont mûrs.

Etape_finale

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21 mars 2008

Elle n'est pas belle, cette calligraphie ?

Je voudrais lever une ambiguïté. J’ai compris que certains d’entre vous pensent que j’ai à la maison dans des dossiers, aussi bien le testament d’Estienne que le parchemin que je vous livre aujourd’hui… Non, ces précieux documents dorment depuis plusieurs siècles aux services des Archives ! Il faut bien de la patience pour les débusquer dans leurs cartons, mais lorsque vous les découvrez, quelle émotion vous saisit ! C’est à ce moment que, d’un doigt respectueux, vous caressez les signatures, vous posez votre main à l’endroit même où votre ou vos ancêtres ont aussi posé la leur. Tous ne savaient pas signer, loin de là, et l’acte le précisait « a déclaré ne savoir signer, de ce enquis »…

Je n’ai jamais vu de croix, contrairement à ce que l’on montre dans les films ou à la télévision. Le document ci-dessous est une dispense d’âge (à cette époque la majorité civile était de 25 ans, et la majorité matrimoniale de 30 ans pour les garçons). C’est un acte dont la beauté de la calligraphie est rare puisque je n’ai que cet unique témoignage, les autres actes étant … « scribouillés » si j’ose dire !

Les photocopies sont faites par les archivistes, seuls habilités, mais les pour les registres,  il est permis de les photographier lorsqu’ils sont en (relativement) bon état.

Vous ai-je donné l’envie d’en savoir plus ? Allez-vous, comme ma maman, entreprendre vous aussi la recherche de vos racines ?

Dispense d'ages du 20e 9bre 1728

                        LOUIS par la grâce de DIEU ROI DE FRANCE ET DE NAVARRE aux premiers jours huissier ou Sergent sur ce requis de la part d'Yves et Guillaume Conan tous deux frères enfants mineurs de deffunct Guillaume Conan et de Louise Nicolas sa femme vivante leurs pere et mere NOUS a esté exposé qu'ils sont Agés scavoir ledit Yves de dix neuf ans et ledit Guillaume de dix sept ans aussy ...

et bien et duement justifié par leurs extraits bastitaires et partant à cause de leurs dits ages suivant la coutume de notre province de Bretagne Incapables de jouir de leurs biens meubles et des droits de leurs héritages et qu'ils desireroient bien faire sous l'authorité de curateurs spéciaux qi'ils choisiront à cette effet suivant et conformément à la coutume estant comme ils sont  bons ménagers et capables d'avoir lad administration par les bonnes instructions qui leur ont esté donnés par leurs père et mère que ceux qui ont eü la conduite de leurs personnes par ce que toutefois ils ne pourront rien allienner ny mal malmettre mais craignant que les Juges de la juridiction de QUIMERCH feroient quelques difficultés de les recevoir et admettre à ce faire à moins d'avoir nos lettres de dispense d'ages à ce requises et necessaires humblement les requerant à ces causes et mandons faire de par nous commandement aux dits juges que si les parents des exposants deument appelés devant eux Iceux le consentir après avoir ouy le procureur fiscal de lad juridiction en ses conclusions conformément à la coutume pour quoy faire les dispensons par ces présentes de grâce spéciale de l'âge de vingt cinq ans leur acquis par nos ordonnances et coutume de nôtre ditte province de ce faire donnons aux Sieurs juges pouvoir et commission et à toy faire les exploits en a requis CAR TEL est nôtre plaisir donné à Rennes le vingtiesme jour de novembre l'an de grâce obü vingt huit de notre règne le quatorziesme

                                                           PAR LE ROY à la relation du Conseil

                                                                                              PIGON

Conan_0092

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17 mars 2008

Le testament d'Estienne

Pour vous donner une idée de la difficulté à lire les vieux documents, je vous livre un échantillon du testament d’un ancêtre le 1er avril 1652 (mais j’ai des actes encore plus anciens). L’étude des écritures anciennes est la paléographie. La photocopie est mauvaise...Testament mais vous en trouverez la traduction plus bas avec l'orthographe riginale.

Tout s’apprend, il faut seulement être motivé pour maîtriser la lecture de ces vénérables papiers (dont certains portent la mention "papier véritable" plus cher que le parchemin). Hélas ! certains registres ou des liasses sont devenus « incommunicables » le papier devenu friable tombant en poussière, et le parchemin trop sec devenu cassant. C’est une frustration pour le chercheur, et il faut alors se tourner vers d’autres sources : jugement de tutelle, inventaires après décès, contrats de location, procès et chicanes entre voisins…

Testament d’Estienne MARCHESSEAU du 1er avril 1652

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, amen. Sachent

tous prezants et futurs que je,  Estienne Marchesseau

laboureur à bœufs, estant au lict mallade de mon corps

touttefois saing desprit, mesmoire et entendement, considérant

qu’il n’est chose plus certaine que la mort, ne choses plus

incertaine que l’heure d’icelle, et ne désirant decedder de

ce monde sans tester et ordonner des biens qu’il a plu à Dieu

me donner en cestuy  mortel monde, fay et ordonne mon

testament et ordonne de dernière vollontés. Premièrement je recommande

mon âme à Dieu créateur, le supliant au nom et par le mérite

de la mort et passion de son filz bien aymé nostre Seigneur

et sauveur qu’il luy plaise la réception en son paradis

au rang des bienheureux mon corps estre mis es

simetières de l’esglize paroissiale de Geay es sépultures

de mes deffuncts parens et âmes trespassés remettant

pour les obsècques et funérailles qui se doibvent faire au

je…………………….

au bon vouloir de Jehanne Maurissonneau ma femme

et je, considérant les grands biens, fabveurs, bons et agréables

services et familliarités que j’ay receu et reçoy journellement

de ladite Morissonneau ma femme de la preuve desquels

service je l’en tiens quitte et relève de touttes peines

pour touttes ces causes et autres plus grandes et raisonables

considerations a ce nous mourans, je, moy, ledit

testateur ay donné et donne par iceluy mon dit

présant testament par bonne donnation testamentaire

faicte pour cause de mort xxxxx à laditte

Morissonneau madite femme à ce presante et

stipullante scavoir est tout et chascuns mes biens

meubles et acquestz paternels et maternels

de quelques nature  que le tout soit ou puisse estre

et en quelques lieux et endroitz qu’ilz soient situés

et assis pour par ladite Morissonneau en jouir

em pres mon deceps advenu du tout par

uzuffruict sa vie durant seullement et non autrement

à la charge qu’elle sera tenue nourrir et entretenir

Nicollas, Guillaume, Jehanne, Marie et Madelayne

Marchesseaux mes enffans et filles, jusques à ce...

C'est ainsi, quand on se pique au jeu, qu'on devient un rat de bibliothèque !

Posté par bourlingueuse à 14:21 - Aîe mes aîeux !.. - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mars 2008

La recherche de ses racines...

C'était un froid après-midi d'hiver au temps de l'Occupation. Ce dimanche-là, nous étions réunis avec des amis autour de la table de la cuisine, seule pièce "chauffée" de la maison, que la cuisinière arrivait à peine à tiédir, chargée qu'elle était de boulets de poussier de charbon aggloméré avec de la sciure de bois.

Le pâle rayon de soleil qui traversait la pièce matérialisait notre souffle. C'est une image qui m'est pour toujours restée gravée en mémoire... La conversation roulait sans que je m'y intéresse vraiment, sauf qu'à un moment, chacun s'était tourné vers ma mère, et quelqu'un alors  a demandé : "La généalogie... c'est quoi ? ? ?"

"C'est la recherche de ses racines" répondit-elle superbement...

Ce qui me plongea dans un abîme de perplexité... car Maman n'allait jamais dans le jardin sinon pour étendre la lessive à sécher, et qu'elle n'en cueillait pas même les fleurs, ou si rarement !

Elle lisait beaucoup plus que les femmes de son âge et de notre milieu, et pas n'importe quoi : son  "Mein Kampf" est encore dans ma bibiothèque. Je présume qu'elle venait de prendre connaissance des recherches que l'on peut aisément faire en France pour reconstituer l'histoire de sa famille, et elle avait ajouté le mot "généalogie" à son vocabulaire déjà riche.

Lorsqu'elle serait en retraite, disait-elle, elle irait chercher ses racines.

Bien entendu, la retraite venue, elle n'a rien entrepris... mais la graine qu'elle avait semée ce jour froid de mon enfance avait doucement germé, et je l'ai emmenée dans notre Bretagne natale entreprendre les premières recherches... Dès premier jour, nous avions remonté une partie de notre lignage jusqu'à une ancêtre née sous Louis XV !

Et voilà comment, à l'instar d'Obélix, je suis tombée dans la marmite ! Et j'en suis à 18 générations certifiées pour quelques-unes de nos lignées.

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14 mars 2008

Tu m'achètes quoi, Doudou ?

Etape_finaleSouvent au marché, les Antillaises apostrophent les passantes d'un sonore et cordial "Doudou ma chérie, tu m'achètes ?"

Bien sûr, les clientes potentielles font parfois la sourde oreille et rien ne se passe... jusqu'à la prochaine touriste ! Chacune assure que ses fruits sont bien entendu les meilleurs du marché, la vanille, la canelle, les baies roses encore plus parfumées, le "bois bandé" tellement plus efficace, le coco punch maison fait avec le meilleur rhum...

Le marché est un instant de bonheur : voir et écouter est un régal, sans compter les parfums des épices et des fruits.

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11 mars 2008

Causette au retour du marché

Nous voici une fois encore sous les tropiques des Caraîbes, où les cocotiers de la plage serEtape_finalevent de parasols et incitent les Guadeloupéennes de retour du marché à faire un brin de causette. Peut-être échangent-elles des recettes de cuisine, parlent des enfants, ou commentent les derniers potins du carbet... tandis que la "béké" semble indifférente ?

J'ai (enfin !) travaillé sur mon premier chassis, et croyez-moi, c'est une étape importante, car c'est la preuve que je me sens plus sûre de moi.

Promis, je vous le ferai connaître, mais j'ai encore une scène de marché à vous soumettre !

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10 mars 2008

Pensée du jour

Ce texte m'est tombé sous les yeux ce matin :

Ton Christ est juif,

Ta voiture est japonaise

Ton couscous est algérien

Ta démocratie est grecque

Ton café est brésilien

Ta montre est suisse

Ta chemise est indienne

Tes vacances sont tunisiennes

Tes chiffres sont arabes

Ta langue est latine

Et…

Tu reproches à ton voisin d’être un étranger !

Je suis sûre qu'on pourrait en trouver d'autres... Chiche ?

Posté par bourlingueuse à 12:34 - Pour rire un peu - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 mars 2008

Un éléphant... ça trompe énormément !

Un éléphant… ça trompe énormément !

Copie_de_IMAG0001

Une mauvaise manip m’a fait malencontreusement effacer le texte initial concernant les « machines de l’île de Nantes ». Je vais donc essayer de le reconstituer de mémoire.

Je vous avais dit que, depuis quelques mois, il y avait dans notre bonne ville une attraction de poids, et j’avais évoqué la troupe de théâtre de rue « Royal de Luxe », une équipe de déjantés qui, avec l’aide de nos édiles, invente et réalise des trucs incroyables.

Il y eut d’abord Gulliver, une gigantesque marionnette de douze mètres de haut, animée par une vingtaine de gros bras qui, à l’aide de cordes (de bouts ?) le manoeuvraient comme au temps de la marine à voile. Gulliver se promenait dans nos rues, faisait la sieste, nous regardait de haut… jusqu’à la nuit de sa disparition ! Puis l’année suivante, une petite géante (huit mètres seulement) en robe verte prenait même sa douche ! Il y eut aussi un cargo transformé en théâtre, au décor d’une rue de Nantes qui alla jusqu’en Amérique du Sud. Au fil des années se succédèrent un groupe de girafes, des voitures perchées un peu partout dans les arbres ou enroulées autour (comme si le tronc les avait traversées sans dommage) jusqu’à la visite du Sultan des Indes en 2005 se déplaçant à dos d’éléphant, suivi de toute sa cour… Et il y en avait du monde, dans sa cour ! L’éléphant de bois articulé était cette fois mû par un moteur. Puis la fusée de Jules Verne (celle de

la Terre

à

la Lune

) rata son atterrissage et s’enfonça un peu dans le sol du parvis de la cathédrale, mais la petite géante qui s’en extirpa était indemne.

P1010033Notre éléphant, le Sultan et la petite géante parcoururent

la France

et allèrent jusqu’à Londres, puis notre pachyderme, fatigué rentraP1010036 au bercail prendre une retraite méritée. Mais il a engendré un fils, plus grand encore qui, depuis quelques mois, emporte jusqu’à 45 personnes dans ses flancs et sur son dos, pour une promenade de ¾ d’heure sur les quais où naguère, florissaient nos chantiers navals avant que les moindres coûts asiatiques ne les contraignent à fermer. Le site était devenu une friche industrielle sans âme jusqu’à ce que s’y installe l’univers de P1010023Jules Verne (né à Nantes). Un calamar géant, des poissons qui vous feront voyager dans le panier accroché sous leur ventre, et même un décollage vertical dans un avion… conçu par notre Jules ! Le triomphe de l'inutile en somme... mais qui fait se déplacer les foules.

P1010032P1010028

La suite demain.

Posté par bourlingueuse à 14:07 - Au fil des jours - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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