La Bourlingueuse

08 décembre 2016

Frogmore la plantation de coton n'est pas le Tara de Scarlett !

En route maintenant pour Frogmore Plantation à Ferriday. C’est la première fois que j’ai l’opportunité de visiter une plantation de coton, et celle-ci couvre 700 hectares ! Il y a peu de coton en Louisiane, l’agriculture étant principalement axée sur maïs, riz, soja, légumes dont la patate douce. C’est la pleine saison de récolte du coton, mais la visite commence dans un vieux bâtiment de bois qui est aussi le musée de Frogmore, où est projetée une vidéo en français que nous commente ensuite la propriétaire des lieux qui souligne les conditions de vie des esclaves d’autrefois. Il y a encore en activité des machineries presque centenaires qui égrainent le coton et en peignent les fibres.

P1090425

P1190718

P1090434

P1090438

Aux murs sont accrochés des documents et des photos qui témoignent des débuts de la plantation. En 1860, William Gillespie, le fils des premiers planteurs, possédait 159 esclaves pour faire le travail et un nombre important de têtes de troupeau : 48 mules, 18 boeufs, 25 vaches laitières, 24 bestiaux (?), 80 moutons, 23 chevaux, 1200 acres (480 hectares) de production fermière, 10.000 boisseaux de maïs ; il récoltait 800 balles de coton...

P1190667

P1190700

P1190712

P1190705

La maison des maîtres est relativement modeste : le décor reconstitué laisse penser que la vie mondaine n'était pas la préoccupation primordiale des planteurs de Frogmore avant la guerre de Sécession.

P1190695

P1190691

P1190692

 

Posté par bourlingueuse à 18:38 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


06 décembre 2016

Nous entrons en Louisiane !

IMG_0011

Ici, nous sommes en Louisiane, l'état du Mississippi est sur l'autre rive du fleuve

DSCN2776

IMG_0023

Nous avons eu tort de ne pas petit-déjeuner à l’hôtel en Louisiane où nous avons dormi, car l’accueil qui nous est réservé dans celui du Mississippi a été inversement proportionnel à nos attentes. Un personnel totalement dépassé qui proposait un café clairet servi après une longue attente, et au lieu de thé vert, servait une sorte de tisane… Pas de pain ni viennoiserie : comme d’autres, j’ai dû me contenter d’un pâton mal cuit et me suis focalisée sur le décor qui s’ouvrait par la vaste baie pour rester zen en la circonstance. Notre hôtel (l’autre, ou nous avons dormi) apparaissait au loin près des entrelacs d’acier du pont aux lignes vieillottes qui enjambe le Mississippi.

P1090405

Halloween se décline un peu partout et les pumpkins exposent leurs couleurs éclatantes dans ce matin d’automne. Et il y a même un étonnant vélocipède, ou plutôt un "grand bi" !

DSCN2781

 DSCN2785

Francette a une fois de plus râlé parce qu’il y a eu un retardataire qui était mécontent et qui avait tenu à être servi comme il l’entendait…

La traversée du Mississippi que nous faisons pour la quatrième fois depuis hier nous offre l’émotion d’un instant exceptionnel que notre ami Michel Lefèvre (chef d’orchestres) marque au saxo soprano à l’instant précis où nous entrons en Louisiane. Je n'ai pas su charger la vidéo qui est assez lourde parce que le Mississippi est très large et que Michel n'a pris son son saxo qu'au moment précis où nous arrivions en Louisiane, et je vous ai fait manquer un beau moment musical !

Nous avons d’abord fait une halte au post-office afin d’acheter les timbres qui nous manquent pour les cartes postales aux proches. Une bonne vingtaine de voyageurs disciplinés et seulement trois guichetiers disponibles qui ont pris tout leur temps. Vingt six stamps : 20 pour la France et 6 pour les amis US… me voilà parée !

Natchez  est construite sur une haute falaise qui domine le Mississippi et que l’on atteint par des escaliers depuis la rive du fleuve. Des arbres abritent les maisons qui ont une vue plongeante sur les eaux grises de l’Old Man River…

IMG_0036

Toujours planté sur la levée du fleuve, je retrouve le gazebo blanc au toit hexagonal rouge du haut duquel le copain Christian nous avait déclamé un poème de son cru lors de mon précédent séjour.

Les nombreuses maisons antebellum (d’avant la guerre de Sécession) sont un témoignage historique de ce que fut la ville dans son flamboyant  passé colonial…

Natchez 2

 

Natchez 3

P1090407

Stanton Hall est la plus belle et la plus vaste maison de l’époque : 72 m de longueur ! Construite à partir de 1857 par un riche Irlandais courtier en coton, il n’en profita que peu de temps puisqu’il est mort en 1859. Même pour l’époque, elle était d’un luxe incroyable, et les vastes miroirs de ses salons sont venus de France ! Les troupes de l’Union (Nordistes) ont occupé la maison pendant la guerre civile.

P1090408

Une jeune femme se tient sur le péristyle en robe du XIXe siècle beige rosé et pose pour la photo avec le sourire.

P1090412

Le déjeuner est servi dans un vaste bâtiment annexe. Francette nous a désigné les tables qu’elle nous a attribuées et recommande d’attendre qu’elle fasse signe avant d’aller se servir au buffet. Comme elle semble avoir oublié sa consigne, chacun va faire son choix, arrosé d’eau ou de thé glacé.

Posté par bourlingueuse à 00:22 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

04 décembre 2016

Bronzette au soleil

Demain lundi, j'aurai d'autres chats à fouetter et je risque d'oublier Lakévio : alors je prends un peu d'avance !

Bronzette sur la terrasse

Ah qu’il est doux de ne rien faire en se dorant au soleil !

Sur les planches de Deauville, la Promenade des Anglais à Nice ou sur la Croisette à Cannes, on ne parle plus que de cela : il FAUT avoir le teint hâlé pour être à la mode ! Ben oui… c’est nouveau… ça vient de sortir ! Pendant si longtemps, les élégantes ont protégé leur carnation sous des ombrelles afin d’en préserver la blancheur laiteuse… Seules les paysannes osaient montrer leur visage cuit et recuit qui prenait, quelle horreur ! des teintes de pruneau !

Puis est venue Gabrielle Chanel, dite Coco, coqueluche de la haute société qui n’était pas encore « branchée ». Fini tout ça ! Aujourd’hui en 1930, les blancheurs blafardes des bourgeoises sont  out,comme le dit Boy, son sweetheart. La grande couturière qui lance ses nouveautés dans le gotha avait subi un regrettable coup de soleil lors d’un séjour sur la Côte d’Azur qui l’avait fait revenir à Paris la peau dorée qui la rendait si belle que ses admirateurs (on ne disait pas encore les fans) adoptèrent illico son style de vie et sa bonne mine. De plus, tout le monde avait eu aussi un coup de cœur pour Joséphine Baker, et le bronzage était ainsi devenu une mode incontournable et un « must » social.

En ces années 1930, toute la gentry désormais profite du moindre rayon de soleil pour faire savoir au bon peuple des petites gens qu’elle passe son temps à ne rien faire d’autre que de se dorer la peau, mollement allongée sur des transatlantiques à la terrasse du Negresco, du Ritz ou du Carlton… en attendant de se faire servir les rafraîchissements. Le petit personnel est là pour son confort, quand ne rien faire est devenu un art de vivre, non ?

Posté par bourlingueuse à 23:12 - - Commentaires [18] - Permalien [#]

02 décembre 2016

Natchez le steamboat

 

Natchez 1

Puisque l’autoroute la contourne, nous ne traverserons même pas Jackson la capitale du Mississipi, pour filer à Natchez qui le fut un temps, mais plus tard détrônée au profit de la première. D’abord nommée Fort Rosalie, la ville de Natchez tient son nom de la tribu indienne qui occupait les lieux quand arrivèrent les Français à la fin du XVIIe siècle et fut la première colonie établie sur les rives du Mississippi. Les choses se gâtèrent quand en 1728, le commandant du fort expropria les Amérindiens de leurs terres pour cultiver le tabac. Ces derniers se révoltèrent et massacrèrent les colons et leur famille (250 morts). Ne pouvant tolérer cela, les Français prirent leur revanche et les Natchez furent réduits en esclavage à St Domingue. La ville fut rebâtie, prit le nom de Natchez et fut un temps la seconde cité la plus riche des Etats-Unis après New York. C’est la plus ancienne ville de l’Etat et elle est dite « antebellum » parce qu’elle ne fut pas détruite au cours de la guerre civile ; elle garde plus de 500 maisons authentiquement anciennes.

Natchez 2

Natchez 3

Isle of Capri

DSCN2760

Le niveau du fleuve est anormalement bas ces temps-ci, et le bateau à aubes qui va nous accueillir pour la soirée est en contrebas du quai. C’est la raison pour laquelle une navette attend ceux qui ne veulent pas risquer de faire une chute dans la forte déclivité de la rampe. Bien entendu, je m’y suis installée, ainsi que Jacqueline, Christine, Jacques son gros nounours et quelques autres.

Isle of Capri casino

Le « Isle of Capri » ainsi que beaucoup d’autres est probablement une reproduction des steamboats (bateaux à vapeur) qui, à leur grande époque du XIXe siècle sillonnaient le Mississippi. Comme aussi la plupart d’entre eux, il fait casino, puisque si la loi interdit les jeux à terre, il suffit d’installer les bandits manchots à bord, ce que le législateur n’avait sans doute pas prévu ! La seule fois où j’ai gagné quelques dollars, c’était à Bâton Rouge il y a bien longtemps, sur la « Belle du Mississippi » et il tombait des z’hallebardes ce jour de novembre.

Il est forbidden de prendre des photos des joueurs, mais les machines, illuminées comme des arbres de Noël, n’ont pour le moment que peu d’amateurs.

Le repas (un buffet) nous sera servi sur le pont supérieur. Je n’ai gardé aucun souvenir des mets proposés, sinon des crevettes, déclinées de diverses manières, et les haricots rouges, incontournables dans la cuisine du Sud.

Il y aurait eu un clash dans les réservations, et nous ne dormirons pas tous dans le même hôtel (ni même dans le même Etat puisque pour notre part, nous retraverserons le fleuve ! En compensation, nous sommes invités par la direction au breakfast de demain.

Posté par bourlingueuse à 19:33 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

30 novembre 2016

L'autre King de Memphis : le grand Martin Luther

Il y a un troisième King à Memphis, celui qui fut assassiné en 1968, et nul n’a oublié son nom : Martin Luther King.

portrait

Ce pasteur baptiste, adepte de la non-violence a milité contre la ségrégation raciale que subissaient les Noirs et pour l’obtention du droit de vote. Lauréat du Prix Nobel de la Paix, sa notoriété aussi était universelle.

I have a dream : ”J’ai un rêve” a-t-il dit au cours de la Marche pour la Liberté à Washington DC. Il rêvait d’un pays où les hommes naîtraient et vivraient égaux.

Venu à Memphis soutenir la cause des éboueurs Noirs en grève pour obtenir les mêmes droits que leurs homologues Blancs, il eut un discours prémonitoire, comme s’il avait pressenti le sort qui l’attendait le lendemain.

DSCN2694

images

 Le Lorraine motel est depuis l’attentat devenu un musée et une couronne est accrochée au balcon sur lequel se tenait le pasteur lorsqu’il fut abattu par un ségrégationniste. Il est difficile d’admettre que le tireur ignorait où se trouvait Martin Luther King ; il prétendit s’être trouvé sur place par hasard… Mais personne n’a revendiqué le fait d’avoir connu le lieu où dormirait le tribun. Faut-il pour autant parler de complot comme pour JFK ?

juste avant le shot

Après le shot

DSCN2695

Difficile d’accepter que les Noirs aient été à ce point humiliés ; exploités, méprisés et le musée expose simplement les témoignages de ce qu’ils ont vécu durant cette lutte inégale : un bus brûlé, des manifestants défilant avec ce simple panneau « I am a man » : Je suis un homme, une femme Noire refusant de laisser sa place à un homme Blanc dans un bus, autant de faits que nous Européens avons du mal à comprendre.

chambre-306

La chambre 306 est telle que Martin Luther King l’a laissée ce jour d’avril 1968, et en face, celle de ses collaborateurs semble habitée. Je me sens infiniment plus émue et touchée ici où est restée l’âme du prédicateur que dans le cirque de Graceland tout proche.

 

DSCN2698

DSCN2718

DSCN2720

I am a man

DSCN2730

 

Au fait, pourquoi Joyce ne m’a-t-elle pas dit qu’on ne vient pas à Memphis sans voir le Lorraine motel où Martin Luther King a laissé sa vie ? Serait-ce un oubli ?

Allez savoir !

Posté par bourlingueuse à 00:32 - - Commentaires [7] - Permalien [#]


29 novembre 2016

Un sauveteur courageux... et Sun Studio d'où est parti Elvis

L’hôtel est en réfection… et les ouvriers sont assurément des pros de niveau moins 10 ! Notre chambre sent le tabac froid et n’a certainement pas été aérée depuis longtemps…

Nous n’avons pas été réveillées (ce que contestera Francette toujours aussi sûre d’elle) et il faudra faire fissa pour être à l’heure au départ.

P1090312

P1090323

Le croirez-vous ? Il y a, bien sûr, une pyramide à Memphis qui faute de Nil, se mire dans le Mississippi. Tout à côté du Visitor’s Center où s’élèvent les statues de bronze d’Elvis et de BB King. On peut suivre sur des cartes ou des panneaux l’histoire de la Civil War dans le Tennessee.

P1090355

Sur une vaste esplanade en bordure du fleuve, le parcours de santé accueille un impressionnant groupe de bronze qui commémore le sauvetage par un pêcheur Noir de plusieurs personnes qui se noyaient. Une stèle rappelle les faits :

Le 8 mai 1925, Tom Lee (1885/1952) était à bord de sa barque Zev. Au même moment, un bateau à vapeur transportant jusqu’à une île au milieu du Mississippi des membres du Club des Ingénieurs de Memphis et leurs familles. Tom fut témoin du chavirage du steamboat dans le violent courant du fleuve. Bien que ne sachant pas nager, il put secourir 32 personnes en cinq voyages jusqu’au rivage. Il agit avec rapidité, calme, sans penser à sa propre sécurité, continuant ses recherches après la tombée de la nuit. Grâce à lui, seulement 23 personnes périrent. Pour son héroïsme, Lee fut honoré. En 1954, après son décès, ce parc reçut son nom et un obélisque fut érigé à sa mémoire.

P1090353

Le Tom Lee de bronze est représenté dans sa barque, tendant la main à un homme qui va se noyer et qui s’accroche désespérément à un fragment de panneau de bois qui l’aide peut-être à flotter. On devine que leurs mains vont se joindre et que l’homme sera sauvé.  Personne ne peut rester indifférent à l’évocation de cette tragédie si simplement évoquée. Je n’ai pas vu l’obélisque.

P1090360

Elvis n’avait pas 20 ans le jour où il s’est rendu au modeste Sun Studio de sa ville afin d’enregistrer une ballade pour offrir à sa mère. A la fin de la séance, il improvisa avec les deux musiciens qui l’accompagnaient, et sa prestation fut enregistrée presque par hasard, parce que le technicien avait laissé tourner la bande. Sam Phillips comprit qu’il avait déniché l’oiseau rare qu’il cherchait depuis si longtemps : un Blanc qui chanterait avec la sensibilité et les inflexions d’un Noir… On connaît la suite… Elvis  a-t-il fait de l’ombre à BB King  son illustre aîné, le roi du rythm and blues ?

DSCN2667

Rien ne semble avoir changé depuis les années 50 dans le Sun Studio où ont enregistré tant de célébrités avant leur renommée universelle: BB King déjà cité, Ike Turner (l’ex de Tina), Jerry Lee Lewis, Roy Orbinson, Johnny Cash… puis est venu Elvis dont la gloire a tout balayé en faisant la fortune de Memphis.

P1090367

Elvis n’avait pas 20 ans le jour où il s’est rendu au modeste Sun Studio de sa ville afin d’enregistrer une ballade pour offrir à sa mère. A la fin de la séance, il improvisa avec les deux musiciens qui l’accompagnaient, et sa prestation fut enregistrée presque par hasard, parce que le technicien avait laissé tourner la bande. Sam Phillips comprit qu’il avait déniché l’oiseau rare qu’il cherchait depuis si longtemps : un Blanc qui chanterait avec la sensibilité et les inflexions d’un Noir… On connaît la suite… Elvis  a-t-il fait de l’ombre à BB King  son illustre aîné, le roi du rythm and blues ?

image_2615

image_2621

Rien ne semble avoir changé depuis les années 50 dans le Sun Studio où ont enregistré tant de célébrités avant leur renommée universelle: BB King déjà cité, Ike Turner (l’ex de Tina), Jerry Lee Lewis, Roy Orbinson, Johnny Cash… puis est venu Elvis dont la gloire a tout balayé en faisant la fortune de Memphis.

Posté par bourlingueuse à 13:23 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

28 novembre 2016

L'épicerie endormie

john mckenzie_photo2 

Je semble endormie au fond de ce qu’on pourrait croire une impasse écrasée par la masse des immeubles qui m’entourent…

Mais ce n’est qu’une illusion, je ne dors pas… je suis morte depuis le jour fatal où mon dernier propriétaire a cloué sur ma belle façade ces planches immondes qui me déshonorent.

Car moi Monsieur, j’ai eu une belle vie dans un passé pas si lointain, une vie pleine de conversations, de papotages, de discussions ponctuées par le rire des enfants qui accompagnaient leur maman rien que pour le plaisir de voir de près le rayon des confiseries pleines de délices qui les faisaient saliver : les bonbons multicolores bien sûr, les chamallows ou les « têtes de nègre » en réglisse, les souris en chocolat et les mistrals gagnants dont Renaud a si bien parlé !

Les mamans, elles, en attendant leur tour, aimaient patienter en échangeant les nouvelles entendues à la radio ou colportées par les potins de la voisine. Elles choisissaient avec soin les légumes du pot-au-feu, se faisaient peser du café fraîchement torréfié de la veille par le patron qui avait embaumé tout le quartier ainsi que chaque vendredi. Le beurre en motte de cinq kilos était divisé par « le fil à couper le beurre » dont la patronne saisissait les deux poignées et tirait sans effort afin d’obtenir la quantité désirée par la cliente ; on pesait le tout sur la balance Roberval à cadran qui présentait sur l’avant le poids de la marchandise, mais dont l’autre face était parsemée de chiffres qui permettaient d’en calculer le prix sans effort. L’huile se vendait par décilitre à la mesure d’étain, et le lait était tiré d’un bidon de 20 litres.  

Mon rideau qui se levait aux aurores le matin ne descendant que lorsque la soirée était déjà bien entamée : car il y avait toujours des oublis à réparer, et la sonnette de ma porte tintait pour les étourdis jusqu’à pas d’heure, même le dimanche...

Ma façade était juste un peu en retrait de la rue principale et les enfants prenaient l’espace devant moi comme terrain de jeu… Que de parties de billes ou de ballon se sont déroulées juste sous mes carreaux !

Et puis un jour sont venus des messieurs endimanchés et compassés avec des serviettes de cuir noir et qui ont doctement déclaré le quartier insalubre : les habitants devraient le quitter pour être relogés dans des « achélèmes » qui leur rendrait la santé et où ils pourraient « respirer un bon air »

Cela se fit petit à petit, les familles nombreuses furent les premières à partir et la rue ne fit plus entendre de rires d’enfants.  L’un après l’autre, les clients désertèrent le quartier et allèrent s’approvisionner au supermarché qui avait poussé près des immeubles sans âme. Personne ne voulut de moi, mes patrons en furent désespérés et j’ai bien cru qu’ils se laisseraient mourir quand l’épicier a cloué ces planches hideuses, en m’expliquant qu’il voulait me protéger des vandales.

Je lui pardonne.

Il ne savait pas que j’étais déjà morte de chagrin avant qu’il ne plante le premier clou.

Posté par bourlingueuse à 12:15 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

25 novembre 2016

Le lèche-vitrine ne déçoit personne et la foule bon enfant déambule flegmatiquement. J’avais gardé le même souvenir de ma première virée il y a trois ans.

hillbilly

L’expression Hillbilly littéralement traduite signifie « gars des collines », mais c’est surtout le mot qui définit un plouc, un péquenot, un bouseux, un minable de la cambrousse. Hillbilly boogie est le terme par lequel on désignait la musique traditionnelle des Blancs, par opposition au Rhythm and blues, la musique des Noirs, avant d'être remplacé par l'expression country music à partir de 1949. Ce style est apparu durant les années 1940 et est le plus orienté vers le rock. Il provient d’une combinaison de la musique country et du boogie-woogie des Afro-Américains.

photo-intro-05

Bill Haley

Le hillbilly boogie ainsi que le western swing ont eu de grandes influences sur le développement du rock and roll, surtout à travers la musique de Bill Haley reconnaissable à son "accdroche-coeur", qui a beaucoup imité le hillbilly boogie. Ce genre a aussi influencé le rockabilly, surtout le style de piano de Jerry Lee Lewis. La date de naissance du rockabilly est généralement fixée au moment de la sortie du single That's All Right Mama d'Elvis Presley, en 1954, qui se voit no 1 aux États-Unis 50 ans après (source Billboard) ; le rockabilly est à l'origine l'œuvre de petits labels indépendants tels que Sun Records, label du producteur Sam Phillips. Ce dernier a commencé par enregistrer des artistes de blues tels que B. B. King ou Howlin' Wolf. C'est après le succès d'Elvis Presley qu'il commence à enregistrer d'autres chanteurs de Rockabilly tels que Johnny Cash,

Fin de cette minute culturelle qui doit beaucoup à Wikipedia !

Je ne suis pas parvenue à insérer une vidéo musicale, mais si vous en avez envie, vous trouverez facilement de quoi écouter cette musique si particulière

P1090307

Toujours élégant, Georges nous attend juste de l’autre côté du carrefour…

Posté par bourlingueuse à 17:56 - Commentaires [7] - Permalien [#]

22 novembre 2016

Beale Street à Memphis, berceau du blues

 

P1090248

P1090250

 

La soirée est prévue sur Beale Street, officiellement reconnue comme étant le berceau du blues. Chaque soir, la police ferme les deux extrémités de la rue qui est réservée aux piétons, et il y a foule ! 

 

P1090304

 

 

P1090295

P1090291

 

 Une foule bon enfant se presse dans la rue, et le BB Kings Blues Club attire l’œil des badauds qui ne peuvent manquer son enseigne gigantesque. Les vitrines qui vendent tout et n’importe quoi ayant ou non rapport avec le blues, offrent un vaste éventail de souvenirs divers pour qui le souhaite…

 

P1090299

P1090298

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout au long des trottoirs, des notes de bronze au sol rappellent le souvenir des musiciens fameux dont le blues a fait la gloire. C’est à une échelle plus modeste, l’équivalent des étoiles sur la fameuse Walk of Fame d’Hollywood Boulevard à Los Angeles…

 

P1090303

P1090288

 

 Les policiers qui assurent la sécurité des visiteurs restent près de leurs voitures aux extrémités de la rue, mais il y a toujours quelqu’un qui vient leur tailler une bavette. Non loin, un panneau annonce : We support our Memphis fire and police, qu’on peut traduire par Nous soutenons nos pompiers et policiers de Memphis.

 Un autre rappelle que dans les premières années du XIXe siècle, cet endroit était boisé et les Indiens Chickasaw y chassaient. Un siècle plus tard, Beale Street abritait un opéra , une école pour jeunes filles, et l’un des premiers grands immeubles de bureaux de la ville. Y vivaient des Juifs, Italiens, Grecs et Chinois, tous immigrants qui y travaillaient, puis les Afro-Américains libérés de l’esclavage (freedmen) vinrent y créer un monde nouveau. Dans les années autour de 1920, Beale Street était devenue la capitale du Memphis Noir. Ce fut la mecque pour les musiciens, politiciens,ministres, hommes d’affaires, joueurs, prestidigitateurs (conjurors) et bootleggers. Ensuite, s’y installèrent banques et bordels, prêteurs sur gages et des théâtres. Mais après les années 1960, quand les droits civils ont été enfin accordés au peuple Noir, d’autres opportunités et un changement urbain firent disparaître ce monde florissant et prospère et beaucoup de commerces durent fermer.. Il fallut attendre plus de vingt ans pour que la rue trouve un renouveau par la musique, et une loi votée au Congrès lui reconnaît le titre de Berceau du blues. Désormais, Beale Street est un autre monde, où fleurissent clubs et restaurants...

 

images

 

C’est avec surprise que je réalise que le dîner est prévu au King’s Palace Café, celui-là même qu’avait choisi Joyce lors de notre précédent séjour.  La cuisine créole qui est la spécialité de la plupart des restaurants du quartier nous met déjà dans l’ambiance du Sud. Le décor n’a pas changé, mais la salle de droite nous a été réservée.

 

P1090275

 

 

P1090277

 

 

P1090273

 

Aux murs sont accrochées des toiles de bluesmen (dont Elvis pas ttrès ressemblant) et une affiche du French Cancan. Un guitariste est venu s’installer sur l’estrade et va assurer la partie musicale de la soirée, mais ne fait pas l’unanimité puisque Jean notre joueur d’harmonica se bouche ostensiblement les oreilles ! Des couples se sont formés pour danser dans le petit espace laissé libre entre les tables.

 

P1090255

P1090285

P1090271

Posté par bourlingueuse à 18:49 - - Commentaires [9] - Permalien [#]

20 novembre 2016

La rumeur...

113426232

La rumeur

 Elle a couru, s’est répandue dans toute la région comme un éclair et chacun y a cru en se dépêchant pour ne pas rater le coche ! Ni la radio locale non plus que Nice-Matin n’ont relayé l’info, mais c’est sûr-sûr puisque chacun a eu affaire à un informateur sérieux qui « a ses sources »…

 Quelle déception en voyant la foule dense agglutinée sous la bruine légère, et qui se serre déjà au loin devant les grilles encore fermées, bien avant l’heure prévue pour l’événement.  Les parapluies multicolores donnent une note de gaieté dans la brume dorée qui inonde la grève où une maman inquiète voudrait abriter sa grande fille qui préfère patauger dans une flaque que la mer a oubliée…

 Car c’est du lourd… et tous les visiteurs se sont pris à rêver… Oh bien sûr… ni Angélina Jolie, ni Brad Pitt qui vont divorcer, ne seront là pour vendre eux-mêmes les tickets d’entrée pour la visite du château de Miraval en cette Journée du Patrimoine, une bastide du XVIIe siècle sur un domaine de 430 ha de pinède, oliveraie et vignes. Nul d’entre eux n’a encore eu l’occasion de glisser un œil à l’intérieur de la propriété, mais chacun se dit qu’au prix qu’il va payer le ticket, soit 10 €, il peut être le super-gagnant toutes catégories de la journée et que dès demain, il pourra jouer en vrai le rôle du châtelain de Miraval.

 L’info que ni la radio locale pas plus que Nice-Matin n’ont cru bon de révéler, c’est qu’une tombola sera tirée à la fin de la journée, et que le possesseur du ticket d’entrée gagnant deviendra le propriétaire de Miraval.

 NB – Miraval n’est pas au bord de la mer… mais cela a-t-il tant d’importance ? Tout le reste se vérifie, les 430 ha du domaine et le divorce des propriétaires. Quant au prix du ticket d’entrée et la tombola… je n’ai pas été prévenue et n’étais donc pas sur place.

 Alors… info ou intox ? A vous de décider si la rumeur a dit vrai !

 

Posté par bourlingueuse à 20:45 - - Commentaires [14] - Permalien [#]