La Bourlingueuse

26 septembre 2016

C'est la maison de Jean ?

Que j'vous raconte !

Mon jeune artisan couvreur a enfin téléphoné pour fixer le jour de son intervention ! Le devis a été accepté depuis un bon moment, mais il s'est fait voler camion et matériel à deux reprises et a dû privilégier les gros chantiers pour s'en sortir...

Mardi matin donc, à 9.30 h il passe son échelle dans le couloir central de la maison pour l'intervention côté Sud, puis se réinstalle sur la rue côté Nord pour le démoussage prévu... Je suis occupée dans mon "queendom", la pièce du fond de la maison qui donne sur le jardin... La porte d'entrée sur la rue est fermée... mais pas verrouillée. Un homme jeune, gitan de toute évidence, surgit soudain en haut des sept marches qui me séparent de la cuisine et demande "C'est la maison de Jean ?". Il est parti sans attendre ma réponse. Intriguée mais pas inquiète, j'ai pensé un court instant qu'il cherchait le couvreur avant de vouloir le rejoindre.

Passant devant le salon, j'ai compris immédiatement en voyant les portes ouvertes du buffet saintongeais datant de 1859. Manquent deux petits coffrets contenant cuillers et fourchettes en argent, cadeaux de Noël et de Fêtes des Mères. Il y a des lustres que personne ne s'en est servi, mais ils font partie du patrimoine familial.  

La police est venue sans tarder, a noté ma description du malfaiteur, annonce qu'un agent viendra plus tard relever les empreintes s'il y en a, et insiste pour que j'aille au commissariat voisin porter plainte. Aucune trace exploitable de doigts sur le bois ciré, et les autres objets déplacés l'ont été sans laisser d'empreintes. Je réalise à cet instant que mon téléphone portable, laissé sur la table de la cuisine, a aussi disparu.

Au commissariat, l'agent fait plus que traîner les pieds pour enregistrer ma déposition, me pose deux fois la question "Pourquoi voulez-vous porter plainte ? Puisqu'il n'y a pas d'effraction, vous ne serez pas remboursée par l'assurance !". Je n'y avais même pas pensé ! Puisque je n'ai pas noté le numéro figurant sur la boîte d'achat du téléphone portable, il ne veut pas faire mention du vol. Je persiste néanmoins pour l'argenterie, et, mollement, entreprend la rédaction du Compte-rendu d'Infraction initial, dont je vous fais grâce, me dit où signer et me renvoie après m'en avoir laissé une copie. Deux contre-vérités figurent sur ce document :

  • Je ne suis pas en mesure de reconnaître formellement l'auteur des faits : FAUX : je n'oublierai pas son visage ; mais la question ne m'a pas été posée !
  • Après lecture faite personnellement, persiste et signe avec nous le présent procès-verbal : FAUX ; l'agent ne m'a rien lu !

Plusieurs personnes m'ont glissé à l'oreille que le peu d'empressement de certains agents viendrait du fait qu'il faut absolument faire baisser le chiffre des statistiques au moins pour les petits délits, afin de laisser croire place Beauvau à la réelle efficience des obscurs, des "sans-grades".

Sachez enfin que la porte du couloir sur la rue est toujours verrouillée... Il a fallu que, pendant une heure trente elle ne le soit pas pour qu'un malfaisant opportuniste aux aguets profite de l'aubaine.

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22 septembre 2016

Ma journée du Patrimoine

Je me suis laissée dépasser par une succession d'événements dont je vous parlerai plus tard, avant de retouner à Barcelone avec la famille. Comme beaucoup de Français dimanche dernier, j'ai "patrimoiné"... si j'ose dire !

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Depuis longtemps, je m'étais promis de visiter deux lieux et j'ai pensé que le moment était propice puisque la Journée du Patrimoine a cette vocation.

P1100715La pagode bouddhiste n'est pas loin de chez moi et je passe devant chaque fois que je vais à la pisciP1100716ne. Le

Dalï Lama que j'avais entr'aperçu de loin lors de sa visite à Nantes y a résidé. Le parking est plein à mon arrivée, mais j'ai pu me garer sans trop de difficultés. Dès la porte franchie, c'est la foule : pas moins de 150 personnes se pressent dans la cour, les jardins et le temple bien sûr. Beaucoup de familles avec de jeunes enfants, pour lesquels des jeux ont été prévus. Elle est en chantier d'agrandissement afin d'accueillir plus de visiteurs 

J'ai eu tort de me chausser de tennis au lieu de nu-pieds, ce qui m'aurait facilité le déchaussage avant l'entrée dans le temple. Il y a bien des protections en plastique pour ceux qui ne veulent pas ôter leurs souliers, mais je les ai vues trop tard. Des jeunes femmes expliquent aux néophytes (que nous sommes pour la plupart) la signification des rituels et des symboles. La question de l'aspect physique du Bouddha est posée, mais je ne suis pas sûre d'avoir tout compris, nous sommes trop nombreux. Il y a plusieurs Bouddhas, et si le prince à l'origine du bouddhisme est représenté "maigre", il semble que l'autre, le "gras" soit l'illustration de Budaï, un moine chinois qui aimait rire mais qui n'est pas "le Bouddah historique".

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Je n'ai vu qu'un seul moine, occupé à balayer une poussière inexistante et qui avec le sourire, a bien voulu accepter que je le photographie. La grosse cloche de bronze est restée silencieuse tout comme le gong (?) à l'entrée du temple. Les visiteurs continuent d'affluer, et j'ai beaucoup de mal à choisir l'instant où personne n'est devant l'objectif. Le jardin de rocaille abrite un Bouddha maigre, et un petit pont en dos d'âne enjambe un minuscule plan d'eau.

J'ai à peine un détour à faire pour arriver à la mosquée, devant laquelle quatre galopins jouent au foot. Je demande à l'un d'eux si elle est ouverte et si je peux la visiter. Les enfants m'escortent jusqu'à l'entrée. Une seule paire de chaussures est à la porte et l'homme qui les a quittées est en prière. Je me fais discrète mais ouvre les yeux sur une harmonie de bleus déclinés à l'infini et un décor dépouillé. La vaste salle est claire et le grand lustre doré accroché au dôme a des lignes simples et élégantes. L'homme est parti en voulant me laisser croire qu'il ne m'a pas vue... J'ai réalisé alors que j'aurais dû me couvrir la tête pour me conformer aux traditions, mais je n'avais pas de foulard avec moi. Les garçons m'ont raccompagnée jusqu'à ma voiture, et c'est ains que j'ai appris que j'étais dans la mosquée de la communauté turque de Nantes où il y en a deux autres.

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09 septembre 2016

Là-haut sur le Montjuic

Aucune idée de l’heure quand j’ouvre les yeux et la maison est silencieuse… J’ai dû me rendormir mais cette fois, le rire des enfants confirme qu’il est temps de se sortir du lit.

Diego âgé de 5 ans qui avait bien entamé son puzzle de 100 pièces va le terminer en cinq sets. Je lui promets de prendre 200 pièces la prochaine fois. Le sujet étant haut en couleurs (poissons, crustacés, méduses, algues) nous devrons attendre ce soir pour le voir briller, puisqu’il est censé devenir phosphorescent.

Matinée de retrouvailles et d’échanges. Je me suis aperçue que ma veste est restée à l’aéroport de Nantes lors du contrôle compliqué des bagages. Je tiens à elle, que j’ai achetée à Jacksonville lors de mon premier séjour en Floride il y a…24 ans ! Mon ami Bill m’avait entraînée dans une boutique Banana Republic où je mettais les pieds pour la première (et dernière) fois, et j’avais craqué pour cette veste « pied de poussin » bleu pâle qui me sert de gabarit pour savoir si j’ai ou non gagné en volume. Rares sont les fois où je n’ai pas pu la fermer. J’ai aussi plaisir à l’endosser dans des circonstances décontractées. Bref, je l’aime !

Il est plus de 14 h quand nous entrons dans le restaurant proche où les enfants ont leurs habitudes. Il est plein et l’attente sera longue avant d’obtenir une table pour cinq. Des clients ont été accueillis jusqu’à 15.30 h. Allez trouver en France un resto qui vous serve à cette heure ! Le prix du repas est à 11,85 € boisson comprise et chaque entrée/plat/dessert offre 3 options.  

DSCN3097Barcelone est dominée par un promontoire, le Montjuic au sommet duquel est bâti un château d’où autrefois, les guetteurs scrutaient l’horizon pour prévenir à l’aide de cerfs-volants la population de se préparer à l’attaque de l’ennemi. Une machine compliquée datant de 1880 est en réalité un canon que Diego escalade afin de s’étendre sur le fût. La ville s’étend à nos pieds d’où émergent la silhouette insolite d’un immeuble vert (on pense à un suppositoire !) mais aussi les tours colorées de la célébrissime Sagrada Familia dont l’achèvement est prévu dans les vingt prochaines années.

P1070722Et il y a la mer ! La vue s’étend à presque 180° sur la Méditerranée où deux rafiots crachent leur fumée noire sur le fond azur du décor. Un paquebot de croisière prend le large tandis que, lentement, le ferry des Baléares entre en marche arrière jusqu’à son quai. Le port de plaisance semble complet.

Deux téléphériques descendent du Monjuic, l’un que nous prendrons et qui enjambe le port, et l’autre qui permet de descendre jusqu’à la ville. La carte du Miramar où nous allons nous rafraîchir a deux tarifs : si vous avez fait le choix de

DSCN3111la terrasse côté mer, vous paierez plus cher que si vous étiez assis côté ville !

Deux cabines accrochées à des câbles assurent la traversée du port, qui peuvent recevoir une quinzaine de passagers qui tous ou presque, brandissent leur APN pour immortaliser la traversée à une hauteur qui fait paraître bateaux et voitures comme des jouets. Une tour médiane soulage le câble à mi-parcours et l’arrivée se fait au haut d’une structure métallique d’où un ascenseur nous ramène sur le plancher des vaches. Maria et la Picasso sont juste là pour nous cueillir et Barcelone commence à se parer de lumières. Un Miro multicolore est planté en bonne place et les jets d’eau aux teintes variées assurent le spectacle. Les Jeux Olympiques de 1992 ont donné à la ville un élan formidable aux retombées encore visibles : les touristes se pressent dans la capitale de la Catalogne…

 Dîner sage pour lequel Hélène a fait des merveilles avec les restes de légumes du frigo : comme dans les émissions culinaires de la TV, elle a « revisité » un plat chinois qui nous a régalés !    

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08 septembre 2016

Retrouvailles

J’ai cueilli Hélène à la gare, très fatiguée après un vol perturbé par des râleurs grossiers qui ont pourri la vie de l’équipage et des passagers d’Air France qu’ils ont empêché de dormir. Nous devrons quitter la maison à 16 h pour l’aéroport, parce que, pour m’éviter la très longue distance à parcourir à pied depuis le tarmac de Barcelone jusqu’à la sortie, nous avons demandé une « assistance » : comprenez un fauteuil roulant… Dans le passé, ce qui au départ avait été un jeu avec Joyce à Dallas, m’a une fois par la suite permis de ne pas rater un vol qui m’avait attendue !  

Quelle mouche m’a piquée de glisser dans mon sac de cabine un bocal de foie gras, mon ordinateur et ma trousse de toilette ? Le contrôle des bagages est en effervescence à la découverte de ces armes redoutables pour la sécurité de l’avion ? L’ordi n’est pas piégé mais va-t-on me confisquer le foie gras ? Après avis de l’autorité compétente, on remballe le tout dans mon sac à géométrie variable.

 Vol sans histoire : quelques sommets faiblement enneigés prouvent que Louis XIV a eu tort de proclamer qu’il n’y avait plus de Pyrénées. Je guette la Méditerranée et le survol de Barcelone avant l’arrivée. Mais un homme encore jeune s’est assis à la place d’Hélène qui a trouvé trois sièges où s’étendre pour dormir. Il a envie de savoir si je voyage seule et me parle longuement de sa mère de 80 ans qui, en excellente santé, reste confinée à la maison, ne veut pas fréquenter de club, a peu d’amis, refuse de voyager bien qu’elle en ait les moyens et n’attend plus rien de la vie…

 Nous avons atterri sans que j’aie pu jeter un œil au hublot…

 On m’a prévenue que je devrai attendre un long moment avant qu’on vienne me chercher et je papote (en anglais = je ne parle pas espagnol) avec le « crew » qui n’a pas encore fini son service puisque l’avion doit encore faire un aller-retour à Fez. En plaisantant, le pilote propose de m’y emmener si je ne connais pas. Or, je n’y suis jamais allée, ce qui surprend tout le monde… L’attente se prolonge et je suggère à l’équipage d’aller faire un tour puisque je garderai l’avion en leur absence…

Le trajet est très long jusqu’à la sortie où aucun visage connu n’apparaît, pas même Hélène qui était partie chercher son sac mis en soute (dans lequel j’aurais dû placer ordi et foie gras pour éviter les ennuis !); Vive le portable qui permet aux familles de se retrouver ! Nos Barcelonais sont en route et devraient arriver avant peu…

 Les voici enfin, et les enfants nous font la fête… Barcelone de nuit est une ville vivante et la circulation y est dense dans des couloirs plus étroits que la norme. Pas facile de rouler « zen » dans un espace où les grosses carrosseries des bus mangent toute la place.

 Nous serons à l’appartement de Joana et Victor les grands-parents de Maria qui pour l’été, s’installent à la campagne. Situé dans la vieille ville, non loin de la cathédrale dans un immeuble cossu ; de notre 5e étage, nous dominons la situation.

 Dîner antillais : rillettes de marlin et espadon sur toast grillé, boudin de lambi et boudin noir : dîner qui, pris à l’heure espagnole, se prolongera tard dans la nuit…

 

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05 septembre 2016

Barcelone nous voici !

Demain, ça bouge dans la famille...

Hélène arrive de Guadeloupe au petit matin, allège sa valise à la maison puis la bourre à nouveau avec ce que j'emporte avec nous à Barcelone où nous sommes attendues en début de soirée.

Que j'vous raconte : j'ai le privilège (en est-ce vraiment un ? j'ai la faiblesse de dire "oui") d'être l'arrière-grand-mère de petit blondinet de 18 mois, ma fille étant la grand-mère comblée !  Trois mois que nous n'avons vu Matthieu qui en a profité pour marcher seul et faire du vélo en passager entre deux séances à la piscine. Diego le grand "oncle-frère" est devenu champion de puzzle et je mets ses 5 ans au défi de placer les 100 pièces de celui que je lui ai choisi ce matin.

Je vous tiendrai au courant de mes découvertes, bien que j'aie déjà fait deux séjours dans la capitale de Catalogne, où il y a tant à voir ! Aurai-je la force de grimper jusqu'en haut des tours de la Sagrada Familia, ce qui m'avait été refusé la toute première fois où une foule dense faisait la queue en attendant son tour ?

A plus tard les ami(e)s

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31 août 2016

Youpiiii ! Y en a un... La perle rare ?

Je suis la première dans la salle d'attente où je suis arrivée à l'avance, bien décidée à avoir le temps de mettre dans ma poche ce médecin roumain censé ne pas bien comprendre le français.

La femme est petite, brune, coiffée au carré "à la Louise Brooks", la coupe des petites filles de ma jeunesse "à la Jeanne d'Arc". Elle m'a tendu la main, s'est installée derrière son bureau en ouvrant des enveloppes de laboratoires.

- Je suis la mère d'Hervé M... votre patient récemment décédé.

Ses mains ont lâché le courrier et son regard est devenu attentif.

- Oui... vous avez la même façon de parler que lui et il avait le bas de votre visage. 

Je pense à Manouedith et explique alors que mon médecin était un ami de longue date qui a récemment pris sa retraite mais son jeune remplaçant ne fait pas de visites à domicile. Je veux savoir avant de lui demander d'être mon médecin traitant (je sais que son quota est encore ouvert) si elle viendra à la maison quand je ne pourrai me déplacer. Avec le sourire elle demande où j'habite et m'assure que je pourrai compter sur elle. Ouf ! J'ai eu le temps d'apprécier la qualité de son français, même si elle conjugue quelques verbes avec hésitation. Son mari est ophtalmologue à la prestigieuse clinique Sourdille de Nantes et elle connaît bien la mienne d'ophtalmologue, Roumaine aussi !

J'ai décidé de l'adopter, trop heureuse de voir mes soucis de recherche envolés...

Je lis son prénom Dorina, et lui parle du personnage de Molière : elle connaît Tartuffe, et a vu la pièce au théâtre.

Elle a pris le temps de me dire qu'elle s'est fait voler deux fois son sac, dont l'une dans ce cabinet. Un vieux couple était venu accompagné de leur fille qui avait un bébé. La jeune femme est restée debout, posant le bébé sur la table d'examen quand la partie administrative de la consultation a obligé le médecin à tourner le dos pour utiliser son ordinateur. Après leur départ, le sac était vide... Elle a porté plainte, mais sans preuve, il ne s'est rien passé d'autre que des tracasseries diverses : cartes grise et bancaire à refaire, plus un retour en Roumanie pour ses papiers d'identité et son permis de conduire...

La seconde fois, c'est en déchargeant leur voiture devant un hôtel de Nice qu'elle s'est aperçue que son sac, posé sur la banquette arrière avait disparu. Son mari et elle-même n'y ont vu que du feu... Son permis de conduire est maintenant français.

Bienvenue chez les Gaulois !

La salle d'attente s'est remplie pendant que nous prenions tout notre temps pour faire connaissance...

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24 août 2016

Y a-t-il un médecin près de chez moi ?

Depuis des années, notre ami François était mon médecin traitant, et lorsque je n'étais pas capable de me déplacer jusqu'à son cabinet, il passait me voir quand il rentrait chez lui puisqu'il habite à deux pas de ma maison...

L'âge venu, l'heure de la retraite a sonné et François a pris un repos bien mérité.

Mais pour moi il y a un os... et de taille ! Car son jeune confrère remplaçant ne se déplace pas à domicile. De toute façon m'a-t-il dit, je suis beaucoup trop loin de son cabinet médical et il m'a conseillé de faire appel à SOS Médecins en cas d'urgence.

J'ai par la suite téléphoné à 3 autres médecins de mon quartier qui ne prennent plus de nouveaux patients.

Puis le miracle : le fils de notre ancien médecin de famille (quand mes enfants étaient petits) ne pouvant plus exercer pour cause d'invalidité a été remplacé par une Roumaine dont je ne mets aucunement en doute les capacités à exercer, mais qui ne comprend pas toujours ce que lui disent ses patients si j'en crois la rumeur.

En revanche, son quota de patients n'est pas encore atteint et j'ai pu obtenir un rendez-vous le 30 août. Je vous dirai comment s'est passée la consultation puisque je ne parle pas le roumain ! Je pourrai ainsi vérifier la véracité des bruits qui circulent au sujet de sa faculté à comprendre le français...

Question vitale : se déplacera-t-elle en cas de besoin ?

Comment en est-on arrivé là ? Il y a peu, j'ai encore entendu à la TV un politique se gargariser que la France a le meilleur système de santé du monde !

 

 

 

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20 août 2016

Ses mots d'enfant

Ainsi que le dit Hélène, Hervé a parlé très tôt (à deux ans) et a vite acquis un vocabulaire étendu. Dès qu'il a su parler, il n'a plus arrêté ! Quelques-unes de ses remarques me sont revenues en mémoire et je vous en assure l'authenticité...

§

Lors d'un séjour à Paris, nous avons déjeûné dans un snack des Champs Elysées et notre table était placée près de la séparation qui canalisait la file d'attente des clients. Le repas fini, Hervé (4 ans) s'est tapé sur le ventre avec conviction en disant très haut "Qu'est-ce qu'on est bien nourri ici !"... ce qui a bien amusé l'assistance.

Est-ce le même jour qu'ayant pris le métro, il a insisté le lendemain pour que nous retournions faire des tours de manège ?

§

Un mercredi midi où, ainsi que chaque semaine, sa grand-mère (ma mère) était venue faire des galettes de sarrazin, au cours du repas le petit Pierre nous a posé une question existentielle : "Où on enterrera Mamée ?"

Bien entendu, j'ai essayé de noyer le poisson en répondant à côté, mais Pierre tenait à son idée ; l'intéressée commençait à faire la grimace et je craignais le pire, lorsque Hervé 6 ans est intervenu...

"Allons Pierre... cesse de faire des projets !"

Le fou-rire général a détendu l'atmosphère... vous vous en doutez.

En fait, Pierre voulait savoir si Mamée serait mise dans le nouveau cimetière à moins de 100 m de chez nous, ou dans l'ancien situé un peu plus bas, près de la maison de Jules Verne ! En fait, ses cendres ont été dispersées autour de sa maison natale.

 §

Pourquoi en parlant d'un acteur que la Nature n'avait vraiment pas gâté, l'un d'entre nous a-t-il dit que sa jeunesse n'avait pas dû être facile avec ce physique ingrat ? Ce a quoi Hervé a répliqué : "Mais ce n'est pas notre faute à nous si nous sommes beaux !"

§

 Revenant du jardin la bouche et les mains terreuses, Mamée s'inquiéta de ce qu'il avait pu manger qui aurait pu l'intoxiquer, Hervé demanda "Je vais mourir ?"

Mamée avait vite compris qu'il ne s'agissait que de feuilles de salades, mais voulut lui donner une leçon :

"Ah ! oui... peut-être !"

A quoi, avec la belle confiance des enfants, Hervé répondit

"Bof ! de toute façon, je ne mourrai que demain !"

§

Au cours de nos vacances  d'été, je m'étais fait mordre à la main par un cocker et la douleur fut telle que je me suis évanouie sur la terrasse devant les enfants ; puis j'ai repris conscience...

"Tu vois bien qu'elle n'est pas morte, elle faisait seulement semblant"

§

Hervé va tellement nous manquer ! Mais c'est ici que la Bourlingueuse met le point final à cette évocation. Merci à tous ceux qui ont exprimé leur sympathie à notre famille.

 

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11 août 2016

Hommage à Hervé

Numérisation_20160531 (12)Hervé est parti en motard, vêtu de sa chemise préférée, d'un jean, du caleçon rigolo que lui avait offert sa soeur et de ses bottes,Numérisation_20160531 (15) que son fils Thibaud avait si soigneusement cirées ! J'ai porté son deuil en blanc, et  chacun de nous s'était habillé comme il nous aimait.

J'ai passé des heures à préparer le diaporama qui, au long de la cérémonie, allait rappeler à l'assistance quel personnage surprenant il était... et les rires ont souvent fusé ! J'ai eu assez de force pour prendre la parole après Hélène, qui, la voix étranglée, a dit le poème en vers libres qu'elle avait composé pour son frère.

§

Hervé mon fils, mon petit garçon

 C’est le premier chagrin que tu me fais. Je veux croire que là-haut, le Grand Architecte de l’Univers a interverti nos fiches puisque c’est toi qui devrais être à ce micro pour me dire adieu.

Tu n’as pas pu hélas ! échapper à la malédiction qui frappe dans sa chair la famille de Jacques ton papa et la maladie a fini par gagner. Ce qui te chagrinait, c’était de penser à la peine que ta mort causerait à ceux qui t’aimaient.

A une question que t’a posé le médecin, tu as répondu « Je suis prêt » mais c’est la vie qui s’est accrochée à toi pour encore quelques heures. Tu as gardé ton humour jusqu’à la fin et attendu Pierre auquel tu as souri et levé le pouce en reconnaissant sur son T-shirt un petit personnage de votre jeunesse. Tes dernières heures t’ont enfin permis d’entamer paisiblement ton voyage vers les astres, entouré de tous ceux qui t’aimaient.

Eclipse

Numérisation_20160530 (30)Tu as eu tant de passions ! Ta petite famille d’abord, Florence, Lucien et Thibaud, la plongée en mer, les motos (ah ! les Béhemme), l’astronomie, la photo, la musique… Mycologue averti, tu as vécu tout cela à fond, tout comme ton engagement de syndicaliste. Nous n’étions pas toujours d’accord, mais nos joutes verbales étaient un jeu dans lequel aucun de nous ne cherchait à convaincre l’autre.

 J’ai réalisé il y a quelques années que le chagrin est soumis à une drôle

Numérisation_20160530 (7)d’arithmétique : ce n’est pas parce qu’on est nombreux à le partager qu’il est moins lourd à porter pour chacun.

 Enfin tu vas savoir et tu auras les réponses à tes questions. Tu vas maintenant enfourcher ta béhemme et filer voir les étoiles, les aurores boréales et les trous noirs de près. Tu y retrouveras Jacques ton papa, François ton compère, et vous préparerez pour nous le méchoui quand viendra notre tour...  Ne roule pas trop vite… et n’oublie pas ton cromwell.

§

Numérisation_20160601Puis Luc son ami de trente ans, a voulu lui aussi, témoigner :

Hervé

Dans la fièvre de nos vingt ans, souvent nous cherchions où était le coeur battant de la ville, quand tout le monde était couché la nuit. Au delà des circuits classiques, des salles de spectacle, des fêtards et des buveurs, il y avait bien entendu, le périmètre du drame nocturne : le commissariat de police et les urgences hospitalières qui ne dorment jamais.

Mais un autre lieu secret qui veillait sur la grande ville, c'était chaque nuit l'imprimerie des journaux transmis par fax depuis les rédactions parisiennes, à Saint-Herblain.

Nous aimions aller y voir les énormes rotatives gronder en faisant trembler le sol, et notamment les soirs de grands événements, de soirées électorales, pour y lire avant tout le monde les nouvelles du lendemain, dans une profusion de papier frais. C'est là, il y trois décennies, que nous le retrouvions, avec son bon sourire entendu : Hervé. Les mains maculées d'encre, il se faisait serrer la main avec le poignet. Toujours le sourire.

Pendant tant d'années, si vous avez lu Le Canard Enchaîné, La Tribune de la Loire-Atlantique, Libération ou l'Humanité, dans un vaste périmètre entre Angers, Poitiers, Brest et Saint-Brieuc, c'est lui qui a imprimé votre journal, nuit après nuit.

Lui, Hervé, imprimeur hautement qualifié, ouvrier du Livre, travailleur de nuit, syndiqué CGT, enfant du quartier populaire de Chantenay à Nantes.

Ouvrier syndiqué du Livre, c'est une qualité exigeante qu'Hervé a tenue à bout de bras, donnant très souvent de son temps libre pour aller épauler les salariés en grève dans les autres entreprises. C'est ainsi que je me souviens encore d'Hervé occupant joyeusement avec ses camarades une grosse imprimerie de labeur située près du Pont Saint-Mihiel.

Beaucoup plus tard, en 1993, nous devions nous retrouver comme voisins avec Florence et leurs garçons, Lucien et Thibaud, habitant presque la maison d'en face.

Hervé a été le meilleur des voisins, serviable et le meilleur des amis. Pour moi, Hervé c'est l'esprit même de la classe ouvrière nantaise, de la Nantes populaire, instinctivement rebelle et révolté contre tous les abus de pouvoir, contre tous les mensonges de ceux qui profitent, et avec ça les pieds sur terre, sensé et fraternel dans la solidarité.

Salut mon ami.

03 juillet au jardin

Avec Florence 

 Frangin-frangine

 Frangin-frangine

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 Avec Pierre son alter ego

1963 En route pour l'école

 Départ pour l'école en 1963

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Flo le mousaillon, Pierre la gourgandine, Hervé le Blue Brother et la statue de la Liberté aimaient faire la fête !

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Le p'tit oiseau va sortir !

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Encadré !

Trois fois trois

Trois fois trois

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C'est pour cette nuit !

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Flo la Douce

 

Merci à vous qui m'avez lue de m'avoir permis de me libérer de ce trop-plein d'émotions. Ceci est le point final de cet événement si douloureux.

Je vais reprendre le cours de ma vie et ce blog va m'y aider.

 

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09 août 2016

Presque 10 mois de silence...

La Bourlingueuse a-elle été aveugle ? Ou est-ce son optimisme naturel qui l'avait aveuglée ?

Je n'avais pas compris que la maladie de Lyme allait pendant plusieurs mois dissimuler une réalité bien plus douloureuse qui allait bouleverser notre vie familiale.

Mon fils Hervé était (entre autres choses) cueilleur de champignons devant l’Eternel et, fin connaisseur, il en trouvait toute l’année dans « ses » coins où il avait jusque là évité les tiques. En 2014  son médecin n’avait pas diagnostiqué la maladie et, plusieurs mois plus tard c’est François notre ami médecin qui venant juste de lire un article à ce sujet sur une revue médicale, avait pu mettre un nom sur les maux dont souffrait Hervé. Les antibiotiques l’avaient alors soulagé et nous pensions que les choses allaient s’arranger avec au bout la guérison.

Quand peu après mon retour des USA Hervé a ressenti une grande fatigue et des douleurs intolérables aux jambes, au thorax ou à la nuque qui le laissaient sans forces et que les calmants n’atténuaient pas, nous avons cru à une récidive de la maladie de Lyme. Ses séjours à l'hôpital se prolongeaient et les investigations continuaient sans résultat puisque les analyses revenaient négatives. Florence me tenait au courant sans que je saisisse forcément la réalité des mots... Puis la radiothérapie a pu calmer les douleurs intenses et je me sentais soulagée...

Il avait fait le choix de rester à l'hôpital à Noël et au Nouvel An. C'est dans les premiers jours de janvier que le verdict est tombé : le cancer était généralisé et les foyers ne se comptaient plus. Ai-je été la seule à n'avoir rien compris ? Depuis le mois de novembre, ma fille Hélène et Bernard son mari, sont revenus chaque mois de Guadeloupe passer une semaine près d'Hervé, qui était hospitalisé à domicile, n'en sortant que pour les séances de chimio. Florence et Lucien se relayaient près de lui, tandis que Thibaud passait son temps dans le TGV Paris-Nantes.

Hervé nous a quittés le 27 mai, entouré de nous tous qui l'aimions.

Je suis amputée de quelque chose et mon coeur saigne. Pourquoi n'y a-t-il pas de mot pour désigner les parents qui voient partir leur enfant avant eux ?

 Ma photo préférée

Herve

Maman pourra vous dire que le petit bonhomme
Très pressé d’être en vie n'attendit pas Papa…
Né dans un ascenseur, il salua la vie
D’un grand cri qui ne le quittera pas
Rentré a la maison toujours tonitruant
Il râlait à tout va contre qui ? contre quoi ?

Grande soeur ébahie je retournais tranquille
Dans mon petit jardin attendant qu il se taise.
Mais déjà il montrait son mécontentement.
Pierre vint au monde : la famille fut complète
L’Ermitage, les vacances, le couffin sous les pins,
Châteaux de sable, vélo, dunes, moto, bateau…

Vous êtes restés proches alors que j’étais loin
La vie a séparé ceux qui s’aimaient

Puis arriva Flo fine et vive à tout va
Qui t’a accompagné pendant toutes ces années
La moto, les rallyes, les Bols d Or, les virées,
Les bouffes entre copains rue Sylvain Royé
Les vacances à Brigneau à pêcher les ormeaux
Et à refaire ce monde un peu trop compliqué.

Lucien est arrivé, le premier à te dire Papa
Thibaud s est empressé de suivre à petit pas
Les années de bonheur, de manifs, de joie,
De famille décalée : tu dormais au matin
Tu travaillais la nuit
Le repos mérité t’a été enlevé…
Lucien aux petits soins et Thibault dans des trains.


Toutes les trois penchées sur tes frêles épaules
Nos coeurs contre ton coeur, suspendues à ton souffle
Tu as su nous faire rire, l’instant n’étant pas drôle

Mais ton adieu est dit et nous te remercions.

Puis Flo et Lucien et Thibaud ont attendu

Restant autour de toi jusqu’à ton dernier souffle

La fratrie est brisée mais avec quels fous rires
Nous avons pu parler Pierre et moi des bêtises
Que nous inventions au fil des promenades
Et que silencieux tu as pu écouter
Dans cette grise chambre  ou tu te reposais

Aujourd’hui sont présents tous ceux qui t’ont aimé
Qui se souviendront de tes révoltes sourdes
Qui penseront à toi en voyant CGT
Car n’as-tu pas choisi ce moment exalté
Pour nous faire à nous tous un dernier pied de nez 
Et que ce grand chaos résonne comme ton adieu ?

§

Vous n'aurez sans doute pas lu ce message jusqu'au bout, mais il fallait que j'évacue tout ce qui me ronge depuis ces quelques mois. La prochaine fois, nous perlerons encore un peu d'Hervé avec quelques photos de celui qui avait tant d'amis dont beaucoup n'ont pu entrer dans la vaste salle du crematorium ce 4 juin.

 

 

Posté par bourlingueuse à 17:16 - - Commentaires [16] - Permalien [#]