La Bourlingueuse

16 août 2018

La mangouste de la Grande Vigie

Côté jeunots, la nuit a été calme, avec toutefois des échanges de lits incompréhensibles, chacun s'étant réveillé dans un autre lit que celui dans lequel il s'est endormi : le nouveau jeu des couchettes musicales ? Hélène et Bernard ont en effet dormi dans la même chambre que les enfants qui, dans leur sommeil, ont visiblement beaucoup bougé...

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Lorsque j’émerge peu après 9 h, Matthieu est en pleine forme et très occupé à patouiller dans le petit bassin carré derrière la balançoire, où vivent des mini-mini-poissons vivipares. Sa Mamée décide alors de curer le bassin et chaque coup d’épuisette ramène son lot que l’on dépose dans un seau le temps de l’opération. Matthieu propose alors de faire cuire les poissons… qui, de toute évidence, sont mieux dans leur bassin natal !

 sargasses trou enfer

La pointe de la Grande Vigie sera le but de notre sortie en fin de matinée. A mi-chemin, la Porte d’Enfer est hélas ! entièrement bouchée par une impressionnante couche de sargasses sèches. La mer ne peut plus pénétrer dans ce goulet enserré par de hautes falaises. Vu d’en-haut, cela ressemble à un marécage asséché.

sentier Grde Vigie

A la Grande Vigie, nous entamons la marche sur le sentier maintenant balisé et sécurisé qui longe en partie le sommet des falaises. Toutefois, le souvenir de ma récente chute sur un carrelage lisse me fait anticiper les dégâts que pourrait me causer la même sur ce chemin, bientôt devenu cahoteux et difficile couvert de caillasses coralliennes ! Je déclare forfait, d’autant plus que je suis bien souvent venue en ces lieux. M’accrochant à la rambarde, j’ai pu remonter jusqu’à l’ombre d’un arbrisseau qui m’a servi de parasol le temps du retour de la famille.   

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 Un carbet, une quiche lorraine, deux chats et une mangouste gourmette surgie des fourrés ont clos la visite.

Nous allons déjeuner chez Jocelyne à Anse Bertrand juste au-dessus de la plage tant prisée par les surfeurs. J’y suis déjà venue du temps où Jocelyne officiait dans un food ttuck (camion) en bord de plage sous les cocotiers. Elle a maintenant pignon sur plage. Aujourd’hui elle propose : fricassée de lambis ou de chatroux (poulpe) avec purée de patates douces, bananes rissolées, riz.

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Un pur régal des yeux et du palais.

Un cagnard de canicule me fait renoncer à la baignade, bien que j’aie pensé à me munir d’un T-shirt qui me protègerait. Le vent porte avec netteté  jusqu'à mon oreille l'écho des cris et des rires de Matthieu et des grands-parents.

Sur le chemin du retour, les « officiels » (ou qui se prennent pour tels) d’une course cycliste obligent les véhicules à se garer le temps du passage des coureuses. Nous sommes à l’ombre, tandis que les malheureuses concurrentes pédalent dans une chaleur d’enfer.

Matthieu, repu s’est endormi dans la voiture. Joan que l’on a cueilli au centre aéré, a passé lui aussi une bonne journée qu'il a plaisir à nous détailler. De retour à la maison, son ballon a malencontreusement atterri dans un buisson épineux qui a déchiré son enveloppe ! Sans doute irréparable.

Qui donc est arrivé sans qu’on les entende ? Maria et Antoine sont de retour de leur escapade à deux à Marie Galante.

Où donc sont passés les deux enfants calmes, gentils et souriants que nous avons eus à la maison depuis hier matin ? Voici revenus les sales gosses capricieux qui ont compris comment faire enrager leurs parents...

L’éclipse totale de lune (la plus longue de ce XXIe siècle) n’a été visible ici qu’en fin d’après-midi à son lever… mais il n’y avait vraiment rien à voir…

Demain devrait nous voir débarquer du Gros JeF à Petite Terre, si toutefois les sargasses ne l’empêchent pas de sortir de la marina de St François…

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15 août 2018

Sage comme une image... est-ce possible ?

Antoine qui a surfé de bon matin rapporte de l’Epi-Centre des pains au chocolat.

Compte tenu des impondérables de la circulation, Hélène propose de partir tôt pour l’hôpital. Elle a pris la voiture de Bernard dont le caducée sur le pare-brise devrait lui permettre d’entrer sans problème dans le périmètre intérieur de l’hôpital et de s’y garer.

Que de formalités avant d’avoir le sésame d’entrée chez le Dr Bxxxxl ! Il est jeune et compétent, pose des questions qui me surprennent avant d’explorer mes fosses nasales jusqu’au larynx avec ne minicaméra qu’il a introduite dans l’une de mes narines. Il est formel : l’irritation qui me fait tousser et évacuer le matin des choses... des choses... est due à des reflux gastriques…

Pendant trois mois, outre des médocs, je devrai suivre un régime excluant toute acidité… Je sais déjà que, même si je prendrai parfois quelques libertés avec ses conseils, je resterai dans les rails.

La pharmacie du Moule n’a délivré que des génériques : on verra bien s’ils sont efficaces !

Retour à la Maison Bleue et baignade dans le lagon désert : les sargasses pourtant peu épaisses, effraient la population. Hélène évoque les bobards répandus par « Radio Cocotiers » où les âneries les plus sottes sont devenues vérités. Je n’ai aucun dégoût, ni répulsion ni frayeur à me baigner au milieu des algues. Joan nage dans un style vraiment pas académique, mais efficace !

Maria et Antoine vont demain faire en amoureux une escapade à Marie Galante où ils passeront la nuit. Joan ira à son camp aéré. Matthieu prévenu a bien compris qu’il sera confié à sa Mamée, et, fine mouche il a entrepris une manœuvre de séduction pour la mettre dans sa poche…

Qui a dit « Demain est un autre jour ? »

§

J’ai émergé à 9 h passées mais Matthieu est opérationnel depuis longtemps !

 

C’est un tout autre enfant aujourd’hui : il est souriant, joue seul, chante, babille, va et vient, se berce appuyé à la balançoire… son frère est déjà parti au camp. Leurs parents ont envoyé un SMS : ils ont débarqué à Marie-Galante.

 

Mamée Hélène va préparer le repas et a sorti des œufs du frigo. C’est alors que le baby, désignant un œuf dit qu’en castillan, c’est "huevo". Sidérées toutes les deux, nous nous demandons si nous avons bien entendu… Et en catalan ?  "ou"… Et en français ?  "oeuf"

 

A un peu plus de trois ans, Matthieu sait qu’il y a au moins trois mots pour nommer les choses…

 

Pendant ce temps, Bernard a joué, non pas de la scie musicale, mais de la tronçonneuse et a dégagé davantage encore la vue sur le lagon et les trois barrières de corail qui s’ourlent de blanc à chaque vague. 

 

Avant une sieste partagée dans le hamac, Bernard et Matthieu ont bricolé ensemble et le jeunot a entamé ce jour une carrière qui pourrait le mener loin : scieur de bois ! 

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Il est temps de cueillir Joan au stade ; il est ravi de la séance de cinéma à laquelle il a assisté avec les autres, mais il lui est difficile d raconter l’histoire. Un couple s’attaque à des fantômes… et ce n’était pas un film rigolo.

 

Des glaces pour goûter et un tour au parc voisin s'impose, où ils pourront tous les deux taper dans les ballons, chacun le sien… sauf que Matthieu s’arrange pour avoir au bout du pied plus souvent celui de son frère.

 

Ce sont les yens-yens qui nous ont chassés du parc. Un fait à noter : Matthieu a été irréprochable et n’a pas "chouigné" de la journée. Il s’est installé à table sur une chaise d’adulte, mange à son habitude avec conviction.

 

Joan a été heureux d’avoir en main l’ébauche d’un livre qu’Hélène lui prépare avec la Guadeloupe comme sujet principal. Il m’a fait cadeau de trois petits cailloux blancs piquetés de minuscules paillettes brillantes.

 

Les « Mignons » pour finir la soirée et au lit !

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13 août 2018

Le secret sera-t-il bien gardé ?

Réveillée à 7 h, je n’entends aucun bruit et reste à lire. Ce livre, écrit par un Italien, m’agace. Il est censé faire une critique des Français, mais, à l’inverse d’autres auteurs étrangers qui ont fait la même démarche, il manque totalement d’humour, donne des leçons et est même pontifiant !

Bernie a fini « Le Barrage contre le Pacifique » de Marguerite Duras, et je vais en commencer la lecture après avoir consulté mon blog et celui des autres pour lire les commentaires sur notre "devoir du lundi" qu’a proposé Lakévio sur une phrase de la même, précisément. 

Joan est déjà parti pour son camp de vacances et la journée est calme. Au dîner, nous aurons une darne de thon sauce à la noix cecoco, recette qu’Axel a mise au point et que sa maman a parfaitement réussie.

Ccomme chaque lundi j’ai lu avec intérêt les blogs des amis et les commentaires. Marguerite Duras n’a pas que des admirateurs et c’est amusant de lire leurs états d’âme…

J’ai entamé la lecture du "Barrage contre le Pacifique". Les premières pages ne m’emballent pas mais je ne vais pas déclarer forfait de sitôt et j’irai jusqu’au bout du livre. Il n’y en a pas que j’ai lâché, excepté peut-être un livre dont l’action se passait dans l’Egypte ancienne et auquel je n’ai trouvé aucun intérêt…

§

Branle-bas de combat : aujourd’hui est un grand jour ! Nous allons jusqu’au (ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler le nom du site), sur la route de la Traversée qui franchit le col des Mamelles. Auparavant, un saut chez Decathlon à Destreland est nécessaire pour l’achat d’accessoires indispensables.

- Chaussures roses en peau de méduse antidérapantes pour le bain dans les coraux du lagon ou les pierres glissantes du torrent

- Un chapeau de toile ; ici Phoebus est redoutable

- Un fauteuil pliant pour le confort de la « reine-mère »

- Une tente pour les nuits insulaires

- Quelques provisions de bouche dans une supérette pour compléter les grillades

Nous voilà parés pour assurer l’essentiel et rejoindre nos Barcelonais partis devant. Des dizaines de voitures stationnent à la Cascade aux Ecrevisses, tout comme au site d’après, celui de la Maison de la Forêt. Rien n’indique qu’au bout d’un chemin sur la gauche se trouve un havre de paix près d’un torrent où ont été construits huit carbets en bois équipés de tables et bancs qui peuvent accueillir les pique-niqueurs et deux barbecues rustiques, le tout dans un décor végétal reposant. A notre arrivéee, deux d’entre eux sont déjà occupés, outre celui où sont posés les sacs de Maria, Antoine et Matthieu qui se baignent. Le torrent est encombré de grosses pierres arrondies qu’il faut franchir avant de pouvoir s’immerger totalement dans son eau fraîche. Y parvenir ne m’a pas été aisé mais des mains secourables ont permis à l’ancêtre de profiter des joies familiales. Quatre générations fixent l'objectif ! J’ai tenu à sortir seule et y serais peut-être parvenue sans une marche trop haute. Mais l’honneur a été sauf.

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Merguez, poulet grillé (pré-cuit par LN) tomates, pastèque et bonne humeur ont été au menu. Matthieu et un petit Lilian se sont affrontés au pistolet à eau et il n’y a pas eu de vainqueur. Au fil du temps, les huit carbets ont été occupés et il est évident qu’il ne s’agit pas de touristes. Ce coin privilégié n’est connu que des autochtones ! Reste à espérer que les guides touristiques ne s’en mêlent pas !

Si nous voulons être à temps pour cueillir Joan au centre aéré, il est temps de plier le matériel avant les ultimes photos.

Y aurait-il un accident sur la route goudronnée tellement sinueuse ? Nous devons stopper ou rouler au pas tandis que la file opposée arrive par à-coups. Non ! ce sont d’innombrables voitures qui, à la Cascade des Ecrevisses, sont garées en dépit du bon sens et empêchent la circulation !

§

Joan est ravi de sa journée… mais nous n’avons pas de clés pour entrer dans la maison…  Qu’à cela ne tienne… Allons donc nous offrir une glace à Moule-Cash et allons la déguster dans le parc voisin. C’est Hélène qui régale et le duo masculin choisira la bière quand il sera  revenu du magasin d’accastillage où Bernie fait son shopping.

J’ai rendez-vous demain à 12.20 h avec un ORL de l’hôpital de Pointe à Pitre, obtenu de haute lutte depuis la métropole : le téléphone était toujours sur messagerie automatique. Après quelques jours de vains essais, par miracle, une fois enfin, la sonnerie a hoqueté une dizaine de fois… et une voix m’a répondu ! 

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Table ouverte à la Maison Bleue

8.20 h. Après une nuit de profond sommeil pendant lequel je n’ai pas entendu tomber la pluie, un tour au lagon s’impose. Matthieu est muni de gros bracelets-ballons qui lui enserrant les bras, lui permettent de  flotter et avancer seul en pédalant dans l’eau tiède et claire. Il semble très satisfait de ses performances. Les nuages se sont dispersés et je regrette de n’avoir pas pris de T-shirt qui aurait protégé mes épaules des UV que ma peau ne supporte pas.

Il devrait arriver ce jour à partir de midi beaucoup de monde (en ordre dispersé selon les disponibilités de chacun) mais les maîtres de maison ont l’habitude et s’y préparent sereinement.

Bernie en deux temps et trois mouvements a fabriqué une balançoire qui, accrochée à une branche d’arbre sur le deck, va faire le bonheur des enfants.

C’est Mathias-Erwann, pilote à Air-France qui arrive le premier. Il ne boira pas d’alcool puisqu’il prend son service en début de soirée. C'est un personnage atypique et parler avec lui est un moment précieux...

Peu à peu, les invités arrivent dont certains portent d’impressionnantes glacières de bossons fraîches. Parmi eux, je reconnais des visages familiers, la belle Mona, Maxime et ses petites merveilles, Yann, Mercedes et Léo qui culmine à 1.85 m… Je ferai connaissance des autres au fil de leur arrivée. Ont aussi été invités les actuels occupants du "bungalove" qui regagnent demain la métropole. Ah ! il y a aussi Anne et son mari : Anne, médecin, est la seconde femme de la vie d’Hélène. Si je lui ai donné la vie, Anne a sauvé cette vie qui, il y a dix ans, aurait dû finir au bord d’un lagon au cours d’une compétition de planche à voile. Qu’elle en soit éternellement remerciée !

Planteur, bière ou ti-punch au choix pour entamer les festivités Savoureuses rillettes de marlin, quiche lorraine maison, grillades du chef Antoine , pâtisseries maison…      

Il y a vraiment beaucoup de monde sur le deck et la terrasse et je me suis éloignée dans ma chambre pour lire au calme. J’ai dû m’endormir, et si des invités sont repartis, d’autres sont arrivés que je ne connais pas. A la nuit tombée, nous sommes à nouveau seuls en famille et Bernie s’est aperçu que des enfants avaient joué avec le piège à moustiques qui est endommagé. Bon garçon, il ne semble pas fâché et tente de le réparer provisoirement.

Demain est un autre jour disait Scarlett O’Hara…

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08 août 2018

Lakévio, Marguerite... et le marin de Gibraltae...

Maria est seule sur la terrasse lorsque j’arrive pour petit-déjeuner et Antoine et les enfants ne tardent pas à revenir du lagon où les sargasses étaient moins présentes qu’hier. Ils sont invités à Port-Louis à l’anniversaire d’un petit Mathéo qui aura trois bougies à souffler. Port-Louis est redoutable par la présence quotidienne de yens-yens qui arrivent en fin d’après-midi et causent de douloureuses démangeaisons à leurs malheureuses victimes…

Avant de partir avec Bernie rhabiller le Gros JeF de sous-vêtements neufs, Hélène a mis en route un gigot de sept heures. Pendant leur absence, je suis investie du rôle de gardienne du domaine. J’ai promis d’aboyer pour effrayer les intrus !

Pendant ce temps, le gigot de sept heures cuit doucement dans le four. J’ai bouclé mon devoir pour Lakévio qui cette semaine a voulu nous faire philosopher sur une phrase de Marguerite Duras…

Les enfants se sont tant dépensés sur la plage de Port-Louis qu’ils sont HS et Axel est arrivé juste pour se mettre à table. La soirée s’est prolongée dans la stridulation familière des mini-mini-grenouilles qui colonisent les jardins tandis que les margouillats, ces petits lézards qui marchent au plafond font leur office d’insecticides… insectivores ?

margouillat

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06 août 2018

La saga des sargasses

A mon réveil, la maison est vide, ils sont tous à la plage. Café et maracudjas m’attendent sur la table de la terrasse. Le jardin exotique que j’ai sous les yeux ne s’est pas fait tout seul, vous pouvez me croire ! Je me souviens clairement de la première fois où je suis venue ici il y a près de 25 ans : deux vaches à bosse paissaient  une herbe rare sur une terre où apparaissait le tuf, et j’avais trouvé dans le lagon ce jour-là des fragments de poteries caraïbes, puisque la Morelière est un site archéologique… On y fera au cours des ans bien d’autres découvertes...

 Revenus de la plage, les deux minots ont trouvé un autre jeu : l’eau ! Il faut leur expliquer qu’ici, l’eau peut manquer et les coupures ne sont pas rares : il faut la ménager et ne pas mouiller la terrasse qui n’en a pas besoin. Visiblement, c’est un langage qu’ils ne comprennent pas puisqu’ils recommencent malgré la grosse voix d’Antoine. Un temps d’accalmie puis Joan prend l’initiative d’une douche extérieure inutile. C’est Hélène qui, posément explique au « grand » que cette eau qu’il gaspille manque à d’autres enfants moins favorisés. Il semble comprendre… mais pour combien de temps ? Bernard qui rentre juste promet des sanctions sévères au prochain coupable.

Il est revenu avec des plaques d’un matériau nouveau qui lui permettra de continuer la rénovation des cabines en remplacement du contreplaqué marine qui finit par pourrir. De savants calculs lui sont nécessaires pour découper les formes qui épouseront  au plus près les places prévues pour elles.

Nous sommes descendus au lagon déserté Antoine, les enfants et moi, avons franchi les sargasses arrivées depuis le matin… et savouré le bonheur de flotter dans une eau tiède et transparente. Je n’imaginais pas les sargasses sous cette forme ébouriffée : je pensais qu’elles étaient de longues lames lisses vertes et glissantes. Elles sont devenues un gros problème depuis quelques mois dans Karukéra l’Ile aux belles eaux dont elle a envahi les côtes et, en pourrissant, dégagent une odeur pestilentielle et des gaz toxiques, au point que plusieurs écoles en bordure de mer, ont dû fermer prématurément… Bien sûr, la Guadeloupe n’est pas seule touchée et le fléau ravage toutes les Antilles (sauf les côtes sous le vent) et certaines des côtes de l’Amérique latine.

Comme les algues vertes en Bretagne, elles ont proliféré par l’excès de nitrates que les exploitants agricoles utilisent inconsidérément pour leurs cultures.   

J’ai proposé pour dîner le poulet grillé de l’amie Jocelyne. On se fait la bise en entrant et elle me souhaite la bienvenue. Nous serons 7 dont les deux jeunots, Axel n’a pu se rendre libre.

Hélène a commandé un ti-punch qu’on lui apporte avec la bouteille de rhum non encore entamée, j’ai pour ma part choisi un planteur + 4 bières pour les z’ots, une bouteille de Sauvignon pour les grands, puis 2 demi-poulets + 2 cuisses et des frites à volonté = 56,50 € ! Nous laissons 60 € et Marie-Claire la serveuse est contente.

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Joan se plaint d’avoir mal au ventre. Maria et Antoine vont devoir rentrer à la maison, coucher les minots avant notre retour et ils pourront alors aller faire un tour à St François se retrouver à deux…

Axel a pris ses doigts de fée pour s'occuper des mini-plants

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J’ai cru comprendre que la nuit dernière avait été agitée, la Mamée (Hélène) a été à la tâche avec l’insomniaque Matthieu ! N’ayant rien entendu, j’ai dormi comme une souche et n’ai émergé qu’à 10 heures…

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05 août 2018

En famille

La maîtresse Lakévio nous a accordé des vacances... je vais en profiter pour vous faire partager un résumé de ce séjour en famille

Suivez-moi... si le coeur vous en dit !

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La Guadeloupe enfin ! Aujourd’hui, son ciel s’est habillé de gris. Hélène et Bernard sont là avec deux voitures, la toute dernière acquisition est rouge… La Maison Bleue et son extraordinaire jardin exotique nous attendent et c’est le bonheur ! Prudente, je me suis munie outre de Zirtec, cet antihistaminique interdit en France que j’achète au Walmart de Dallas, mais aussi de répulsif, plus un bracelet anti-moustique. Me voilà parée pour affronter les mosquitos qui empoisonnent habituellement mes séjours ici ! Bernard me fait remarquer que sur la terrasse est posé un piège à moustiques qui, par ses couleurs contrastées noir et blanc attire les insectes qui sont aussi appâtés par un produit qui les piège : ils entrent sans méfiance dans le récipient d’où ils ne peuvent s’échapper puisque les pales d’un ventilateur les gardent à l’intérieur. Ca doit marcher puisque, pour la première fois depuis que je viens en Guadeloupe, les hostilités n’ont pas encore commencé avant le dîner…

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Les cadeaux sont sortis et chacun en a sa part  : Matthieu arbore un lycra jaune sur lequel il affirme « my father is a pro surfer » (mon père est un pro du surf) Joan un lycra rouge, Maria un joli haut de dentelle et Tonio un T-shirt.  Mes cadeaux sont des livres et chacun choisira le sien avant sans doute de le passer aux autres. J’ai  pris pour le ti-Matt son premier jeu de cartes et pour Joan un Rubix Kub qui fait visiblement son bonheur.

La vedette du repas est une dorade coryphène de 3 kilos qui s’est laissé prendre au charme du leurre que lui tendaient le Gros JeF et son équipage.

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La soirée se prolonge dans la tiédeur de la nuit et le bruit familier des vagues sur la barrière de corail toute proche. Aucune piqûre de moustique à déplorer.  Les garçons ont tenu bon malgré les 6 heures de décalage horaire…  et Maria a dû rester avec eux pour tenter de les endormir.

J’ai voulu arrêter la « clim » mais Bernard m’en dissuade Il a eu raison : j’ai dormi comme une souche et ne me suis réveillée qu’à 9 h le lendemain.

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03 août 2018

Les voyages forment la jeunesse... mais déforment les valises !

Je n’ai pas pu modifier la place que j’avais réservée par erreur dans l’avion d’Air-France : j’avais choisi 40 L me croyant dans le fond de l’appareil. Lorsque j’ai voulu modifier, je n’ai pas su enregistrer mon nouveau choix soit 57K, l’un des deux sièges au fond de l’appareil à droite… si bien qu’Antoine prévenu a retenu la rangée centrale de 4 fauteuils tout à côté…

Pour une fois, je suis sûre de n’avoir rien oublié : j’ai dormi tranquille, les deux « réveille-matin », l’alarme du smart-phone et Lulu devraient être opérationnels à 5.15 h. Ne reste qu’à faire une toilette de chat, sauter dans mon pantalon,  sortir le foie gras et la truite fumée du frigo à débrancher…  fermer  le sac et le mettre dans le coffre (j'ai apporté beaucoup de livres : c’est lourd la culture, en prime, j’ai SAPIENS, l’histoire de notre famille humaine ! ) et sortir la voiture pour aller au devant de Lucien qui sera mon chauffeur. Un dépôt-minute et me voilà chez Air-France. Le sac « Lulu Castagnette » qui m’a paru si lourd à soulever ne pèse que 17 kilos.

Je n’ai pu me résoudre à me séparer de mon vieux sac à dos, celui qui a été mon compagnon de route pendant tant de voyages au bout du monde. Sa doublure part en lambeaux, mais si on ne regarde pas de trop près l’usure de ses bords, il peut encore faire illusion… et puis, je me fiche de ce qu’en pensent les zot’s !

Décollage à l’heure prévue, 7.05 h dans un ciel clair où ne s’annonce aucune ondée bienfaitrice des jardins. Les champs de blé de la Brie sont dorés et s’étendent jusqu’à proximité immédiate d’Orly. J’ai remarqué dans la végétation les traces parfaitement visibles de bâtiments assez importants ; la terre qui en recouvre les ruines doit être plus pauvre puisque les blés sont moins vigoureux avec une teinte plus sombre. Je sais que c’est ainsi, par survol aérien, qu’on a pu faire d’importantes découvertes archéologiques. Quant à la qualité des céréales cultivées dans les vapeurs de kérosène, il y a de quoi se poser des questions… non ?

Nous avons atterri avec 20 minutes d’avance. En tant que « Roméo » je suis attendue au pied de l’escalier par une chaise roulante et, les formalités vite expédiées, me voici lâchée à la porte 31C où pendant plusieurs heures, je devrai attendre les Barcelonais qui ont dormi dans un hôtel à proximité. Des seniors américains extravertis font leur ultime show avant d’embarquer et je me retrouve vite dans une relative tranquillité, jusqu’à l’embarquement de Maghrébins nettement mieux éduqués que nos amis d’Outre-Atlantique. Lecture et mots croisés font passer le temps et Whatsapp me permet de savoir qu’Antoine, Maria et les enfants sont sur le point d’arriver par la navette.

Ils sont là mes amours ! Juan me saute au cou tandis que Matthieu se blottit dans les bras maternels : il y a trop longtemps que nous nous sommes vus et je suis une inconnue. Il va falloir le séduire !

 Aucune place n’est libre à proximité de Maria et Antoine, d’autant plus qu’une femme en civière est rapatriée, que l’on a dissimulée derrière un rideau. J’ai beaucoup joué à gagner des millions virtuels et ai fait banco deux fois ! Ainsi j’ai appris que les chutes Victoria sont alimentées par les eaux du Nil et non le Congo comme je le croyais !

Pour le plaisir, j’ai revu « César et Rosalie »…

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02 août 2018

Les joies de la famillle

Le croirez-vous, ami(e)s qui me lisez, que j'ai découvert le plaisir de me faire materner ?

Oui ! je l'avoue sans honte... moi la féministe qui revendique haut et fort son indépendance, je savoure les tendres attentions de ma descendance qui trouve des astuces pour

1/ me faire monter sans difficultés sur l'avant du Gros JeF avec une échelle qui s'accoche à l'étrave (pas de photo-témoin) alors qu'ils peuvent sauter comme des cabris depuis quai sur les amarres jusqu'au pont

ou bien 

2/ me tendre une épaule solide où m'accrocher afin de me faire franchir les passages hasardeux entre les coraux avant la plongée dans le lagon

ou encore

3/ être aux petits soins à chaque moment de la journée, me rappeler qu'il faut boire (beaucoup) d'eau, mais me préparer le soir un planteur (léger) avec les maracudjas du jardin

bref,

je me laisse dorloter avec volupté : le 4e âge a aussi ses avantages...

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La dorade coryphène pêchée samedi en allant à Marie-Galante est la plus grosse pièce qu'Hélène a eue au bout de sa ligne. C'est un mâle, carastéristique par son front en angle droit. La femelle pêchée le lendemain était plus petite : son front est arrondi. 

Je l'ai déjà écrit, mais puisque j'ai l'âge de radoter...

Tant qu'elles sont dans la mer, les dorades apparaissent d'un magnifique bleu-vert, puis, sorties de l'eau deviennent dorées quelques intants avant de virer au gris.

Voraces, elles ont une croissance rapide et se reproduisent vite, si bien qu'elles ne sont pas en danger de disparition.

Ceci à destination des écolos...

 

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31 juillet 2018

Sanzeau comme le boucher de Moulinsard ?

Six heures de décalage horaire ne facilitent pas la rédaction du devoir du lundi pour Lakévio !

 

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Salut frangin !

J’arriverai jeudi en fin d’après-midi à la villa avec les enfants, Jean suivra plus tard dans la semaine, après que sa vieille Cadillac aura été révisée par le garagiste habituel, le seul auquel il laisse sa « Merveille des fifties »

La famille (enfin, la mienne !) a passé d’excellentes vacances en mer durant ce mois de juillet et les enfants savent maintenant les principales techniques de sauvetage, massages cardiaques en cas de chute accidentelle depuis l’étrave jusqu’à la partie finale du navire, celle qui a le drapeau…

Pendant ce temps, restée sur place à embellir le jardin et vider le grenier des vieilleries qui s’y étaient accumulées depuis tant d’années, j’ai relu « Le Marin de Gibraltar » de Marguerite Duras et j’y ai pris un plaisir auquel je ne m’attendais pas. Je vais attaquer « Le Barrage v/s le Pacifique » inspiré par la vie de sa mère, dès que je serai à la villa.

Au fait, pendant ces quatre semaines de juillet, le temps a été pluvieux et la plage est restée déserte. J’aimerais que les deux fratries partagent quelque temps sur place à la villa. Il y aura du matériel de camping pour la nuit.

Qu’en penses-tu ?

Sûre qu'il  n’y aura aucun argument négatifde ta part, j’aimerais que tu demandes à Sylvie de préparer sa spécialité culinaire : le fameux bar au beurre blanc qu’elle maîtrise avec tant de maestria.

Ma lettre est brève, mais puisque je te verrai jeudi et j’en suis tellement heureuse !

                                                           Anne

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