La Bourlingueuse

20 octobre 2019

Solitude au  lycée

Solitude au lycée

Mila a quinze ans.

Elle est intelligente et brillante élève.

Les autres lycéens (surtout les lycéennes) la détestent.

Les professeurs sont fiers d’avoir dans leur établissement cette élève qui a été citée dans tous les médias depuis son succès éblouissant.

Mila a même été reçue à l’Elysée et chaudement félicitée par le président de la République en des termes dithyrambiques.

Mais au lycée, les élèves ne lui parlent plus, pas même pour lui envoyer des remarques vachardes.

Exactement comme si elle était devenue transparente. Elle ne croise plus le moindre regard de ses condisciples.

Mila est à bout.

Mila n’en peut plus de cette hostilité qu’elle n’a pas voulue, et elle n’a rien fait pour en être la victime.

Son corps a été retrouvé dans la Loire et les journaux ont titré à propos du suicide inexplicable de la plus jeune lauréate du Concours Général des Lycées.

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13 octobre 2019

Brève rencontre

BREVE RENCONTRE

Brève rencontre

Pourquoi Pierre avait-il décidé de sortir malgré le crachin de cette fin d’après-midi de novembre ? Il n’avait rien à faire dehors et il n’éprouvait même pas l’envie de marcher…

 Non. Simplement il n’avait su résister à une impression d’urgence qui lui avait soudain envahi l’esprit sans qu’il comprenne vraiment ce qui lui arrivait. Pierre avait parfois de ces fulgurances qui le traversaient et le poussaient à faire des choses que sa raison aurait réprouvées.

Il marchait, le nez au vent et les mains dans les poches parce qu’il avait oublié ses gants, même s’il ne faisait pas très froid, mais l’humidité soudaine de cet automne avait vraiment rafraîchi l’atmosphère.

Une femme marchait devant lui, dont le soleil couchant nimbait la chevelure d’une auréole dorée. Sa silhouette élégante et sa démarche légère ne le laissèrent pas indifférent, et il pressa un peu le pas pour arriver à sa hauteur sans avoir l’air de vouloir la rattraper.

Ils arrivaient près du pont qui permettait l’accès au château et menait à la voûte qui en défendait l’entrée. Les réverbères avaient pris de l’avance et éclairaient inutilement  les pavés de leur faible lueur.

 La silhouette s’était soudain arrêtée et l’homme qui la croisait semblait lui être familier au point qu’ils s’étaient étreints avec de grandes exclamations. Son cœur se serra, car Pierre comprit soudain que s’il avait suivi son instinct, c’est que son destin devait ce jour-là précisément lui faire rencontrer la femme de sa vie, celle qu’il attendait sans le savoir... La trentaine proche, il était temps pour lui de ‘’faire une fin’’ et avoir des enfants : il en était sûr, cette femme lui était destinée… c’était écrit…

Il ne pouvait décemment s’arrêter et pressa le pas sans jeter un regard sur le couple. Logiquement, elle devait continuer son chemin après avoir quitté l’homme. Il attendit confiant au bout du pont en s’appuyant au parapet.

 La silhouette approchait et il attendait avec anxiété l’instant où il allait enfin découvrir le visage de celle qu’il appelait déjà sa ‘’douce’’.

 Le soleil l’éclairait de face, mais ce que Pierre découvrit le plongea dans une profonde stupéfaction. En arrivant près de lui, elle lui adressa un sourire et poursuivit son chemin.

 Elle ne serait jamais sa ‘’douce’’ et ne pourrait être la mère de ses enfants : sa démarche légère et ses cheveux blonds l’avaient trompé. Elle paraissait avoir l’âge de sa propre mère, peut-être même plus !

 Pierre décida d’aller se saouler au bar où il savait retrouver ses copains divorcés.  

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09 octobre 2019

Adieu à Nadia

Adieu à toi Nadia

2012-06-16 16

Cancer du sein

 

 

 

Le cancer n'a pas pu venir à bout de toi...

Alors c'est ton coeur qui a lâché...

Bon voyage petite soeur...

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06 octobre 2019

Ophélia et Oscar

Ophélia et Oscar

Ophélie

Ce serait bien que ces mots, par lesquels vous commencerez votre devoir, vous inspirent :

« Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles… »

Et vous le terminerez par cette phrase de Patrick, non, pas « Patriiiick ! », l’autre, Modiano :
« Encore aujourd’hui, il m’arrive d’entendre, le soir, une voix qui m’appelle par mon prénom, dans la rue. »
Entre les deux, vous contez sans compter…

§

Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles… Une enveloppe portant ces mots est tombée du carton où dorment de vieilles photos depuis si longtemps. Intriguée, je l’ai fébrilement ouverte et…

Oh ! j’avais oublié cette photographie, prise dans studios de Boulogne-Billancourt à l’aube  de ma carrière au cours du tournage de ce film ‘’ Ophélia : Suicide ou Accident ?’’ qui fut un bide retentissant… Pensez, un polar à la sauce hippie d’après Shakespeare !

Qui aurait pu penser à cette époque que la débutante que j’étais serait oscarisée quinze ans plus tard ? Je me souviens encore combien j’étais furieuse au moment de cette scène avec un metteur en scène débutant… Comment s’appelait-il donc ? Il n’a pas fait long feu dans le métier, celui-là !

 §

Il est bien gentil… mais je commence à me geler les miches, même si l’eau dans laquelle je suis censée flotter a été tiédie et que les projecteurs diffusent de la chaleur… mais à force de refaire encore et encore la scène ; je devrais avoir très vite la tête de mon rôle : la morte !

Pourquoi ai-je accepté ce rôle sans trop lire le contrat ? Comme toujours en début de carrière, on signe sans réfléchir… trop content(e) d’avoir décroché la timbale.  

La seule chose de positive (en dehors du cachet qui a été le plus gros que j’ai eu depuis ma sortie du Conservatoire,) c’est le gout des baisers de Roméo… enfin… Hamlet, mais je préfère penser à Roméo, tellement plus romantique qu’Hamlet qui a salement laissé tomber son Ophélie.

 §

J’en étais tombée follement amoureuse mais notre romance n’a duré ce que durent les roses et chacun de nous a fait sa vie ailleurs...

          Mais…

                             Encore aujourd’hui, il m’arrive d’entendre, le soir, une voix qui m’appelle par mon prénom, dans la rue.

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30 septembre 2019

La plage de l'Ermitage et ses découvertes

Ces deux petites, où vont-elles ? C’est Pivoine qui me l’a demandé. Elle n’en sait rien mais elle se le demande...
J’ai une idée car je les connais, je sais pourquoi elles vont vers ces rochers noirs, là-bas. Et ce qu’elles pensent et se disent.
Mais vous ? Je suis sûr que oui mais dites le. Ce sera bien, je crois...

§

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C’est la première fois que Sylvie et sa petite sœur Aurore viennent passer quelques semaines dans la villa familiale de l’Ermitage, où elles ont retrouvé Jean et Pierrot les cousins qu’elles ne voient pas assez souvent. Elles qui ne connaissent que le Nord où elles sont nées et où la mer est trop froide pour s’y baigner, elles ont été fascinées par la plage où, avec leurs cousins, elles passeraient bien toute la journée…

Leur mère les croit endormies pour la sieste, mais elles se sont glissées sans bruit entre les pins pour aller vers la barrière rocheuse de granit sombre qui sépare l’Ermitage de la plage qu’on appelle les Rochelets…

C’est que les cousins ont parlé hier soir d’un certain Bernard, qu’ils ont vu marcher d’une manière étrange, et la curiosité des filles a été piquée au vif. Qui est-il ce Bernard ? Est-il un garçon de leur âge… ? A-t-il une ou des sœurs ? Il doit être un habitué de la plage puisque les cousins l’ont appelé par son nom… Elles n’ont posé aucune question, mais elles ont leur petite idée et sont bien décidées à le trouver pour faire sa connaissance.

Arrivées aux rochers, elles ont appelé le garçon, mais il n’était pas là…

Dépitées, elles s’apprêtaient à revenir à la maison, mais dans les algues que la marée avait découvertes, elles s’amusèrent à observer la marche vive et latérale de minuscules crabes verts, qu’elles s’enhardirent bientôt à titiller prudemment avec une brindille, mais, comme ils dressaient des pinces agressives, elles s’en éloignèrent vite. Des bigorneaux étaient collés au rocher : elles en avaient mangé la veille et furent surprises de les voir se rétracter sous leur opercule et elles réalisèrent soudain qu’ils étaient… VIVANTS !

Sur le chemin du retour, leur regard fut attiré par une coquille qui marchait toute seule sur le sable mouillé ! Comment la chose était-elle possible ? Vivement, Sylvie qui n’avait pas peur de grand-chose s’en saisit pour comprendre pourquoi ce gros bigorneau pouvait se déplacer. Des petites pattes sortaient de l’orifice qu’elle s’attendait à voir fermé par une capsule brune…

Résolument, elle fourra la coquille dans la poche de sa robe, bien décidée à épater ses cousins par sa trouvaille.

Lorsqu’elles réapparurent, personne ne sembla surpris de les voir revenir de la plage alors qu’elles étaient censées dormir… Les cousins montaient des maquettes de bateaux sur la table du jardin… et Sylvie s’approcha en catimini, pendant qu’Aurore riait déjà du bon tour que sa sœur allait faire aux garçons…

Jetant brusquement le coquillage ‘’à pattes’’ parmi les pièces détachées des maquettes, elles s’attendaient à des cris d’étonnement effrayés, mais au lieu de cela :

—     Ah ! Vous en avez trouvé un ! Il est plus petit que ceux que l’on trouve d’habitude. Mais il faut le remettre dans la mer ou sur les rochers… sinon il va mourir.

—     Mais qu’est-ce que c’est ?

—     Vous ne connaissez pas ?

—     Ah ! c’est de ça que vous parliez hier soir à dîner ?

—     Ben oui… c’est un bernard-l’ermite ! ! !

  

Bernard

 

 

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29 septembre 2019

Evangéline

S’ensuivent cependant trente ans de paix et de prospérité, même si les Anglais se méfient de ces gens qui ont deux tares majeures à leurs yeux : ils sont Français ET catholiques (ils disent papistes).

Dès avant 1755, les Anglais veulent s’emparer des possessions des Acadiens qui occupent les plus belles terres de la Nouvelle-Écosse qu’ils ont gagnées sur la mer, et leur présence constitue un obstacle à l’établissement de leurs propres colons arrivés en 1749.  Mais les Anglais ne sont pas encore prêts à expulser ces populations en contrevenant au traité d’Utrecht. Les Acadiens leurs sont utiles, parce qu’ils fournissent une main-d’œuvre pour l’approvisionnement des denrées essentielles à leur survie. De plus, les Acadiens les protègent contre les "Indiens" Mi’kmaq auxquels ils sont alliés. Puis en 1755, le gouverneur Lawrence, exige à nouveau le serment  d’allégeance au souverain anglais. Mais il se heurte au refus massif des 13.000 Acadiens qu’il peut maintenant expulser sans états d’âme. Les Britanniques confisquent alors brutalement le bétail, brûlent les maisons, séparent les familles et déportent des milliers d’Acadiens qui se retrouvent sans foyer. Néanmoins quelques milliers peuvent se réfugier dans les colonies françaises voisines.

Beaucoup périssent de maladies ou par noyade au cours des traversées. De 1755 à 1763, environ 10 000 Acadiens sont déportés. Beaucoup meurent d’épuisement ou de faim à cause des conditions épouvantables qu’ils subissent à bord des navires ou à terre. Au cours des mois suivants, ceux qui ont survécu sont rassemblés par les miliciens anglais, embarqués sur des bateaux avec leurs maigres biens et répartis dans les colonies anglaises. La plupart se retrouvent  dans ces territoires qui seront les futurs Etats-Unis en 1776, et dans les Antilles, où ils sont contraints aux travaux les plus pénibles. Ceux qui étaient prisonniers en Angleterre ont pu, après quelques années, venir en France, à Belle-Ile, Nantes, St Malo, La Rochelle… Ce sont eux qui figurent sur la fresque de Nantes, avant leur départ pour la Louisiane où ils allaient commencer une vie nouvelle. Même si certains ont choisi de rester en France (à Belle-Ile)… Dans la colonie anglaise du Maryland, les déportés ne se résignent pas à la tutelle anglaise et s'enfuient au péril de leur vie vers la Louisiane... juste avant que cette colonie française ne passe sous souveraineté espagnole !

Établis dans les mangroves du delta du Mississipi, ils donneront naissance à la communauté des « Cajuns » (une déformation du mot Acadien). Ils seraient aujourd'hui 800 000 mais très peu parlent encore l'ancien dialecte français.

 §

Un auteur américain Henry Longfellow, écrivit en 1847 un long poème épique où Evangéline, une jeune Acadienne, attend désespérément de retrouver son Gabriel dont elle a été séparée lors de la déportation… Cette œuvre aura un tel retentissement que l’héroïne est devenue le symbole de cette douloureuse histoire, et qu’à l’instar de la Juliette de Shakespeare à Venise, Evangéline a pris vie et est, dans l’esprit de tous, l’incarnation du peuple acadien.

§

La fresque initiale a beaucoup souffert de l'humidité générée par le mur sur laquelle elle a été peinte. l'artiste Robert Daffort est venu des Etats-Unis en faire une copie de son oeuvre qui recouvre et protège la fresque initiale, et je file dès le début de l'après-midi  à son inauguration officielle.

Promis, je vous tiens au courant !

 

 

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28 septembre 2019

Paris - Québec

Mardi 5 août

L’alarme a fait son office et le trio est prêt pour la grande aventure. L’épreuve des bas de contention s’est révélée moins aisée pour le second, résolue avec l’aide d’Andréa. La Pink navette nous conduit jusqu’à Roissy et le terminal A1 atteint à travers une invraisemblable foule en majorité musulmane déjà en tenue de futurs ‘’hadj’’. Pour passer le temps, nous avons tenté en vain de reconstituer l’alphabet radio et il nous manque le H et le N, rétifs à toute sollicitation !

(H = hôtel      N = november)

Nous avons enregistré après avoir rencontré Michèle T. qui avait nos billets et j’ai obtenu une assistance qui me sépare des autres. Le personnel d’Air-Canada me semble plus détendu que celui d’Air-France et le steward manie la plaisanterie avec verve. La jeune femme qui occupe le siège voisin au hublot est d’origine turque et va continuer ses études à l’Université de Montréal. Je comprends vite que le groupe de nos compagnons est réuni dans un proche périmètre : ma voisine est Christiane, séparée de Jeff son mari, installé de l’autre côté de l’allée. Nous faisons connaissance et je sens que ‘’ça va coller’’ entre nous.

A Montréal, mon fauteuil roulant croise Dominique dans un couloir et je rejoins Richard, le concepteur de cette équipée, tous deux venus nous accueillir. Un ‘’Bombardier’’ d’une capacité de 40 personnes nous fait suivre le Saint-Laurent et survoler des champs curieusement étirés : leur longueur est dix fois plus grande que leur largeur. Esther m’expliquera plus tard qu’autrefois les champs rectangles étaient sous juridiction française, alors que les autres, ceux très longs, dépendaient d’une autorité anglaise. Leur forme n’a pas changé depuis.

C’est la première fois que je pose le pied dans la ville de Québec : je ne connais à ce jour que les régions de Montréal, Vancouver, Victoria et les Butchard Gardens. La ville a un cachet incontestable et notre hôtel Château Laurier se tient au sommet de la colline à laquelle est accroché le fameux Château Frontenac l’emblématique édifice de Québec.

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27 septembre 2019

Histoire des Acadiens

Avant de vous parler de l'Acadie, vous devez savoir qui sont ceux qui l'ont bâtie, et ce que ces pionners ont subi et qui restera dans la mémoire de leurs descendants après plus de 250 ans

Comme la plupart des Français, je ne savais rien des Acadiens et c’est la chanson de Michel Fugain qui m’a fait entendre ce nom pour la première fois, que j’associais uniquement à la Louisiane. Puis une fresque a été peinte dans une rue de mon quartier et j’en ai appris un peu plus sur cette population chassée du Canada et qui partait s’installer en Louisiane. Ce n’et que bien plus tard que mes ‘’cousins’’ canadiens m’ont parlé du Grand Dérangement. Mais il a fallu que je rencontre fortuitement des descendants d’Acadiens pour apprendre quelles tragédies leurs ancêtres avaient vécues, dont les blessures ne sont encore pas refermées après plus de 250 ans.

Leur histoire a commencé au début du XVIIe siècle.

Henri IV décide en 1603 de créer une colonie sur les territoires qu’avait découverts le malouin Jacques Cartier en 1534 et qu’il avait appelés Canada. C’est la toute première colonie française à laquelle fut donné le nom de Nouvelle France.

Dès l’année suivante en 1604, de Mons et Champlain partent s’installer avec des engagés et 50 ‘’hommes d’élite’’. Le premier hiver est terrible et plus de la moitié des hommes périssent malgré l’aide des Mi’kMaq, les autochtones près desquels ils s’étaient installés.

Il faut attendre 1635 pour que des familles originaires de France viennent s’établir. Le noyau initial des Acadiens comporte 60 familles, parmi lesquels les descendants métis des premiers arrivants et de femmes amérindiennes (même si ce terme est aujourd’hui jugé impropre).

Avant de pouvoir mettre les terres en culture, il faut assécher les marais et cela ne peut se faire qu'en plusieurs années par un système de drainage efficace : les aboiteaux. Des digues sont construites en aval pour empêcher la mer d’inonder les marais, et les aboiteaux sont équipés de clapets qui selon que l’eau descend ou monte, s’ouvrent pour laisser s’écouler l’eau douce des marais et se referment pour empêcher l’eau de mer de rentrer à la marée montante. La neige abondante et les pluies lavent la terre qui, dessalée, peut alors être cultivée.

Mais les Anglais lorgnent sur ces territoires fertiles, qu’ils occupent à plusieurs reprises, jusqu’au moment où, en 1713, le traité d’Utrecht cède l’Acadie à la Grande Bretagne qui devient la Nouvelle Ecosse, sauf l’île St Jean (aujourd’hui Ile du Prince Edouard). Il est alors exigé des Acadiens de prêter un serment d’allégeance au souverain d’Angleterre. La plupart refusent et ils sont alors menacés d’exil, car les Anglais ne veulent pas de ‘’neutres’’ qu’ils croient prêts à prendre les armes.

La suiteà demain...

 

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25 septembre 2019

Retour/Aller ?

Lundi 5 août 2019

Aéroport du Raizet à Pointe à Pitre

Etant ‘’assistée’’ ce qui me facilite bien les choses dans les couloirs des aéroports (comprenez en chaise roulante), j’attends l’embarquement dans une sorte de salon où sont regroupés les passagers tels que moi et les ‘’UM’’ (mineurs non accompagnés). Hélène et Bernard sont là aussi bien sûr, mais une dame devant nous semble poser problème. La responsable est au téléphone et il y a besoin d’un médecin pour faire une piqûre à cette femme qui vient à Paris se faire hospitaliser. Que croyez-vous qu’il arriva ? Bernie s’est présenté, a demandé la prescription et fait le nécessaire après s’être procuré le coton et l’alcool indispensables. 

Le Boeing 777 était plus présentable que le précédent, mais lui aussi a de longues heures de vol qu’il semble avoir mieux supportées. Je me suis amusée à visionner ‘’Courrier Sud’’ vieux film des années 30 tiré du roman de Saint-Ex (le patron des aviateurs comme on disait dans ma jeunesse…). Le film a vieilli, le jeu des acteurs aussi, mais le générique est une belle brochette de comédiens aujourd’hui oubliés, mais qui font partie de mes souvenirs. Qui se rappelle encore Pierre Richard-Wilm, le beau gosse aux mèches blondes qui était toujours le héros romantique de l’histoire ? Et Aimos, mort en août 1944 sur une barricade lors de la libération de Paris ? Charles Vanel, Pauline Carton, Marguerite Pierry, Henri Crémieux…

Je n’ai pas pu dormir… ou si peu. Ma valise est arrivée parmi les dernières et je commençais à me faire du souci parce qu’il y a toujours une possible erreur de bagage : un voyageur prend une valise pour la sienne, c’est déjà arrivé. Ou, par suite d’un allongement d’itinéraire causé par des orages annoncés, l’avion n’a pas chargé la totalité des bagages, je le sais pour l’avoir vécu... Comment aurais-je fait si elle avait été aux abonnés absents jusqu’à l’embarquement à Roissy ? Demain elle aurait livrée chez moi à Nantes… où il n’y a personne !

Plutôt que d’attendre le bus inter-aéroport à 28 €, puis la navette de l’hôtel, j’ai pris un taxi, plus cher… mais tellement moins fatigant ! Le Campanile de Roissy où j’ai réservé ne peut me donner la chambre qu’à 14 h et j’attends en compagnie d’autres voyageurs de pouvoir m’étendre en attendant les copines venues de Nantes.

A 14 h pétantes, je peux enfin checker et m’étendre sur l’un des trois lits de la chambre 324… et dormir ! Andréa et Colette me réveillent à 17 h.

Dînette et douche avant une nuit qui s’annonce sans trop de tintouin.

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24 septembre 2019

La valise est bouclée

Dimanche 4 août

Toutes les choses ont une fin, bonnes ou mauvaises… Un dernier bain dans notre petit lagon où Hélène découvre un fragment de poterie, visiblement un morceau d’anse. Il faut savoir que nous sommes sur un site archéologique qui fut occupé par les Caraïbes qui en avaient chassé les Arawaks. Ces tessons ne sont pas rares et je me souviens en avoir trouvé la toute première fois que j’y suis venue. Le terrain nu que les enfants venaient d’acheter laissait apparaître le tuf calcaire et deux vaches à bosse paissaient une herbe rare. Trois cocotiers avaient survécu au précédent cyclone, mais le lagon était déjà une merveille !

Le terrain nu est devenu en vingt ans un très beau jardin tropical où se plaisent les plantes adaptées à ce sol ingrat, et la ville a aligné une somptueuse allée de cocotiers qui ombragent la plage et alentour.

Ma valise est bouclée, je ferme boutique. A demain à Roissy !

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