La Bourlingueuse

23 avril 2018

La vie est un roman

 1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Notre première expérience, chose remarquable, est celle d'une disparition." Emprunt à Lou qui nous raconte sa Vie.

 2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Referme un instant sur le monde la porte et la fenêtre, tourne-toi vers le journal pour toutes ses notations musicales, et commence un autre roman." Emprunt à Anaïs qui écrit son Journal.

Entre les deux, casez ce que vous voulez !

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La vie est un roman

La vie est un roman

Notre première expérience, chose remarquable, est celle d’une disparition. Joanne relisait ces notes qu’elle avait couchées sur son carnet quelques semaines auparavant mais elle avait du mal à se souvenir ce qui les avait motivées… Ses idées trop foisonnantes finissaient par remplir des pages et des pages dans lesquelles elle plongeait rarement, les sujets se bousculant en cascade au bout de sa plume.

Comme elle en avait pris l’habitude chaque après-midi depuis le dernier hiver, elle était installée pour écrire dans ce pub près de chez elle, où, faute d’argent, elle ne pouvait se permettre d’allumer le chauffage. Mais ce jour de printemps lui avait fait choisir la terrasse inondée de soleil pour siroter sa citronnade habituelle et construire le prochain chapitre de l’œuvre qu’elle avait en tête. Car elle écrivait depuis toujours, s’étant promis de devenir une auteure célèbre et sa mère, avec confiance, soutenait ses ambitions. Les refus qu’elle avait essuyés avec son premier livre ne l’avaient pas découragée, et elle entamait celui qui en serait la suite… en attendant les autres. Elle en avait prévu sept, pas moins, et il se trouverait bien un éditeur pour s’y intéresser. Joanne attendait l’avenir avec la certitude d’être reconnue un jour ou l’autre.

Son regard tomba soudain sur un court message de sa mère reçu quelques semaines auparavant qu’elle avait glissé dans son carnet, et elle sourit en se souvenant qu’elle répondait à une lettre où elle Joanne, lui annonçait qu’elle écrirait désormais sous le nom de J.K. Rowling…

Referme un instant sur le monde la porte et la fenêtre, tourne-toi vers le journal pour toutes ses notations musicales, et commence un autre roman.

 

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22 avril 2018

Ouf ! quel soulagement...

Je n'y croyais plus

Le reliquaire a été retrouvé intact ! Je ne l'ai appris que ce matin par le journal Oues-France, mais la nouvelle m'a remplie de joie.

Les charlots responsables du saccage, mais irresponsables dans l'éponge qui leur sert de cerveau sont sous les verrous. Nous en saurons plus lorsqu'ils auront déballé leurs motivations.

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17 avril 2018

Anne de Bretagne

 

Reliquaire 1

La nouvelle est tombée dimanche et a glacé le sang des Bretons qui s’intéressent à l’Histoire :

Le reliquaire qui a contenu le cœur de leur duchesse Anne a été volé dans la nuit de vendredi à samedi à 3.30 h au musée Dobrée qui l’abritait depuis 1896.

Selon le Point (mais l’info n’a pas été relayée ailleurs) la vitrine qui l’abritait aurait été brisée à la hache, ce qui laisse à penser que les voleurs ne sont pas des esthètes. L’alarme s’est déclenchée, et la société chargée de la sécurité a envoyé l’un de ses agents qui, de l’extérieur, n’aurait constaté aucune trace évidente d’effraction à l’extérieur du bâtiment… Ce n’est donc qu’au matin que le vol a été constaté et la police alertée à… 11.30 h !  

Il est à craindre que les 600 g. d’or du reliquaire ne soient fondus, ainsi que les pièces de monnaie et la statuette hindoue qui font partie du butin

Anne de Bretagne est née à Nantes au château des Ducs ; elle est devenue duchesse à la mort de son père François II, puis reine de France peu avant ses quinze ans lorsqu’elle épousa Charles VIII, puis son successeur Louis XII à la mort de celui-ci.

A sa mort en 1514, elle a 36 ans et son corps ne peut être inhumé qu’à la basilique de St Denis. Mais elle a demandé que son cœur soit déposé dans le tombeau de ses parents à Nantes. C’est alors qu’a été fabriqué ce magnifique reliquaire que j’ai pu admirer. Cet objet est beaucoup plus grand que je l’imaginais, mais le cœur a disparu, car l’écrin a été plusieurs fois inondé. Il a échappé à la fonte pendant la Révolution. Qu’en sera-t-il désormais ?

Duchesse de Bretagne et deux fois reine de France !

Sa fille Claude épousa François 1er et c’est ainsi que nous les Bretons sommes devenus Français…

Mais Nantes n’est hélas ! plus en Bretagne. Faut-il désormais appeler notre duchesse Anne des Pays de Loire ?

images

 

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16 avril 2018

Le fauteuil

Printemps 1925

Lorsque Dorothy revint dans le salon après avoir raccompagné Tom, son regard tomba sur les gants qu’il avait oubliés sur le fauteuil… S’approchant, elle fut sidérée de voir la photographie ostensiblement posée contre le dossier, puis une carte à jouer, et pas n’importe laquelle : le « King of Heart » !

Elle comprit soudain la perfidie de cet homme dont elle avait adroitement repoussé les avances en ayant l’air de ne pas les comprendre… Elle était restée hermétique à ses allusions, mais visiblement, il n’avait pas été dupe, puisqu’il avait  laissé la photo (sans aucun doute volée) de Phillip, l’amour impossible de sa vie, puisque déjà marié… Le message était clair : Tom allait divulguer les amours coupables de Dorothy

Prise d’une rage irrésistible, elle appela Margaret sa camériste, et à elles deux, montèrent au grenier le fauteuil où s’était assis Tom, ce fourbe qu’elle regrettait d’avoir reçu aussi courtoisement. Jamais, jamais plus, elle, ni personne d’autre ne s’assoirait plus dans cet horrible siège qui venait juste d’être retapissé en un jaune trop criard qu’elle n’avait pas choisi… 

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Printemps 2018

Dorothy et son frère Andrew exploraient le grenier de la vaste demeure dont ils venaient d’hériter et, comme au temps de leur enfance, ouvraient les vieilles malles avec la joie des redécouvertes… Tant de souvenirs remontaient avec leurs jouets, les vieux bouquins, les habits avec lesquels ils aimaient  tellement se déguiser !

La maison avait abrité plusieurs générations depuis leurs arrière-grands-parents, Phillip et Dorothy (un remariage dont la famille parlait qu’avec réticence), puis leurs enfants, et chacune avait laissé quelque chose de sa vie dans ce grenier. Derrière un paravent poussiéreux, quelque chose était recouvert d’une épaisse toile, que ni Andrew, ni Dorothy, n’avaient jamais remarqué. Intrigués, ils avaient dégagé un fauteuil un peu rococo au tissu jaune fané, mais qui tapa immédiatement dans l’œil de la jeune fille.

« Je pourrai le garder ? Regarde comme il irait bien dans mon studio une fois rhabillé ! Tu veux bien, dis ? Depuis combien de temps est-il ici ? Nos parents n’avaient que du mobilier contemporain… »

Quelque chose me dit qu’il est dans ce grenier après avoir été oublié et je suis si contente de me l’approprier ! Thanks brother…

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08 avril 2018

Sans tête

Sans têtes

Deux sans tête

       Claude et Dominique ne s’étaient pas vus depuis si longtemps, et ils bénissaient Internet d’avoir permis qu’ils se retrouvent. Ils avaient convenu de se rencontrer sur un banc du boulevard qui les avait vu grandir.

Ils avaient menti tous deux en prétendant que l’autre n’avait pas changé, mais leur plaisir était immense de renouer les liens qu’ils avaient tissés dans leur jeunesse si complémentaire que leurs familles auraient pu les juger suspects.

Aujourd’hui, ils en riaient, et trouvaient aberrant que leur profonde amitié ait pu susciter autant de suspicion : ainsi, le jour où, au cours d’une baignade, Claude avait failli se noyer et Dominique avait sur la plage longuement continué le bouche à bouche alors que celui-ci respirait normalement depuis un moment déjà… cela sous les yeux sidérés de leurs proches !

C’était tout de même époustouflant de se retrouver ainsi sur un banc après de si longues années sans nouvelles l’un de l’autre.

« Es-tu devenu chanteur comme tu le rêvais ? Tu interprétais si bien l’immortel triomphe de Johnny « les portes du pénitencier » que j’avais fini par croire que tu ferais carrière… Bien sûr, autrefois, j’imaginais que le héros de la chanson était une victime innocente qu’un affreux tortionnaire avait fait condamner à sa place ! 

Pour ma part, je suis ingénieur dans le nautisme et je conçois des yachts pour une clientèle huppée qui naviguera dans les Caraïbes et profitera des alizés mais qui tremblera chaque fois qu’une tempête tropicale risquera de devenir un cyclone »

Et maintenant, on se revoit quand avec nos « légitimes » ?

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25 mars 2018

Séduction

Pas du tout inspirée cette semaine...

Séduction

Séduction

Quelle aubaine que je sois parvenu à m’asseoir le premier auprès de la belle Aurore ! Je sens que c’est le moment opportun pour avancer mes pions afin de nouer des liens disons plus… concrets avec elle. Le décor ne s’y prête pas vraiment, mais le lieu est assez banal pour qu’elle ne se sente pas sur la défensive. Cette fille me plaît, elle me plaît même beaucoup, et je pourrais la convaincre de dîner à cette auberge que j’ai découverte, nichée au fond d’un parc non loin d’ici, et la soirée pourrait se prolonger en cas de « plus si affinités »

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Ah ! le voilà donc, ce Dominique qui se prend pour un Adonis et qui va essayer de me jouer sa grande scène habituelle : visiblement, il ne sait pas que je connais bien Maria, son épouse… Très bien même…

Et qu’il est un mari trompé depuis le jour où nous nous sommes croisées dans la salle d’attente de notre psychanalyste et que nous avons commencé à échanger des confidences. Notre thérapie s’est interrompue sur le champ puisque nous sommes parties et nous nous sommes retrouvées chez moi…

Nous vivons désormais dans l’attente de nos rencontres passionnées, et laissons Dominique chasser son gibier favori en toute tranquillité !

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21 mars 2018

Témoignage

 

Judie Foster

 La démonstration est faite une fois de plus : on ne peut se fier au témoignage humain !

J'étais SURE que la jeune Judie Foster était en photo sur la publicité de cette fameuse crème solaire, et j'aurais parié ma chemise si on me l'avais proposé ! J'ai le souvenir d'une silhouette en carton fort et de taille réelle qui était à la porte de l'épicerie-bazar de notre petit paradis de vacances, et que les gamins du voisinage s'amusaient à promener dans les allées. Ils la rapportaient à la fin de leur balade et la remettaient en place... Heureuse époque !

Je me couvre la tête de cendres pour avoir affirmé qu'il s'agissait d'un cliché photo...

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20 mars 2018

Cent pour sans

Cent pour sans

Les moins de cinquante ans ne peuvent connaître l’une de mes plus populaires « pub » des années 60 pour une crème solaire. Je venais d’avoir cinq ans et j’étais vêtue d’une robe courte qui laissait voir ma culotte Petit Bateau, qu’un chiot malicieux tirait, découvrant ainsi mes fesses blanches au-dessus de mes cuisses dorées…

Ma carrière cinématographique a occulté mes premières apparitions, mais pour marquer mes cinquante ans et mon récent mariage avec une photographe célèbre, j’ai voulu faire un pied de nez aux pisse-froid d’Hollywood en publiant mon postérieur...

... de quinquagénaire épanouie !

Na !

§

Je n'ai pu retrouver l'adorable publicité où la jeune Jodie Foster posait avec un naturel confondant alors qu'un chien farceur faisait par jeu descendre sa culotte, démontrant ainsi la différence entre une peau traitée avec la crème solaire X et les parties du corps non exposées au soleil d'été...

NB - Il y a peu de chances que les fesses proposées par Lakévio aient la même propriétaire que la fillette au chien !

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18 mars 2018

Baecelone en famille

Je suis pour quelques jours en famille à Barcelone mais je ne posterai mon devoir que plus tard, sans tricher, sans avoir lu les ami(e)s blogueurs !

Je me régale déjà à l'idée de ce que je vais lire...

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11 mars 2018

Scène à trois personnages

Histoire vraie de l'oncle oublié

Scène à trois personnages

Quatre enfants ? Vous n’étiez pas trois, mais quatre enfants dans la famille ?

Oui… il y a eu le petit Jobig qui me faisait danser les soirs de fest noz au bourg

Ton jeune frère Jobig ? Tu dis que ton jeune frère Jobig te faisait danser ?

Mmmmoui… mais c’était il y a longtemps et il est mort loin d’ici… Parlons d’autre chose… Oui, parlons plutôt des vivants…

Tante Julienne… Qui est ce jeune frère dont personne ne nous a jamais parlé ? J’ai toujours cru que nos grands-parents avaient eu trois filles et pas de garçon. Ne détourne pas la conversation… Maintenant, tu es la dernière et tu dois tout nous dire. Est-il mort à la guerre ? A-t-il été résistant… ou collaborateur ?

Noooooon… 

Alors, pourquoi ce silence ? Maman qui aimait nous raconter son enfance et ses souvenirs avec toi et Tante Louise, n’a jamais fait la moindre allusion à un frère. Tu es la seule à pouvoir nous en parler maintenant… QUI était-il donc, et qu’a-t-il fait pour que vous l’ayez rayé de votre vie ?

C’est une histoire douloureuse que, pour avoir moins mal, et sans doute aussi par honte, nos parents ont préféré ne plus jamais évoquer ce fils indigne, leur benjamin qui, en quelques jours, leur avait apporté le déshonneur.

Pourquoi en parler ? C’est mieux si vous oubliez que j’ai fait cette erreur de vous dire que nous étions quatre enfants. Vraiment, croyez-moi, oubliez Jobig…

Ah mais non ! S’il le faut, j’irai en parler aux vieux Yann et il nous dira bien ce que tu veux nous cacher.

Puisqu’il le faut, voilà donc l’histoire de Jobig : il avait marié la belle Madeleine de Kerann, la ferme d’à-côté, et puis ils étaient partis à Paris travailler pour gagner plus de sous et faire bâtir une maison sur les hauts du bourg. Mais la Madeleine était volage et un soir, Jobig a étranglé sa femme infidèle. Puis il est parti se noyer dans la Seine, mais la police l’a sauvé. Il a tout avoué et on l’a conduit en prison de la Santé… Il s’est pendu dans sa cellule avant d’avoir été jugé. Même Ouest-France a écrit que Jobig avait tué sa femme… Vous vous rendez-compte ? Toute la Bretagne avait pu lire le journal et savoir qu’il y avait un meurtrier dans notre famille Vous comprenez pourquoi on a préféré l’oublier ? Personne bien sûr n’avait oublié Jobig mais nos parents refusaient de prononcer son nom et tout le monde ici a fait pareil : Jobig était mort deux fois.

§

J’ai retrouvé l’article paru dans Ouest-France qui relate le sauvetage de Jobig après le meurtre, puis on m'a envoyé la copie de certaines des lettres qu’il a écrites dans sa prison, mais j’ai surtout le témoignage des nièces de Jobig qui n’ont appris son existence  que quarante ans après son suicide.

Il aurait été défendu par Me Henri Torrès, devenu plus tard un ténor du barreau.

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