La Bourlingueuse

18 septembre 2017

Les dames en noir

Histoire de pébroque

ou

La pluie

Dames, en noir

 

Il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille. Les Nantais aiment la pluie, c’est bien connu… et les Nantaises encore plus ! Pourquoi ? c’est un mystère.

Dès qu’un nuage gris pointe à l’Ouest, les Nantaises sont dehors, tous parapluies ouverts, chapeaux sortis des cartons, bottines cirées, accompagnées ou non de leur compagnon qui lui, arbore le suroît, le caban ou le k-way pour les plus conservateurs. Les escargots laissent pointer les yeux au bout de leurs antennes, les enfants sautent dans les caniveaux, les chiens s’ébrouent joyeusement. Quand les commerçants de France et de Navarre se désolent qu’il pleuve parce que les clients restent chez eux, les boutiquiers de Nantes se réjouissent du crachin, des ondées, des grains et des giboulées, sachant que les affaires seront bonnes.   

C’est un phénomène qui n’existe qu’ici… et en Guadeloupe, à un niveau moindre cependant : le Gwad’loupéen craint la grippe, ou plutôt la « mauvaise grippe », en gros… un petit rhume !

… et l’arrivée d’un cyclone…

 

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11 septembre 2017

C'est la rentrée !

C'est la rentrée !

C'est la rentrée à l'atelier

Longtemps, je me suis couchée de bonne heure : je n’avais pas le choix et les coupures d’électricité de cette époque nous laissaient chaque soir 30 à 45 minutes dans l’obscurité complète parce qu’il fallait que le courant aille dans les usines qui tournaient à plein régime pour redresser notre pays, ruiné par une guerre perdue et quatre ans d’occupation germanique.

Enfant obéissante, je ne protestais pas, parce que j’avais un secret que mes parents n’ont jamais découvert. Déjà avide de lecture, j’avais dissimulé le livre que j’ouvrais le soir sous mes draps… et j’allumais une lampe de poche que j’empruntais à mon père sans le dire. Il en avait plusieurs, et je faisais en sorte de ne jamais prendre la même que la veille. Papa s’étonnait tout de même du peu de durée des piles, mais ces temps de pénurie et d’ersatz pouvaient expliquer la chose, et je ne lui ai jamais avoué que j’en étais la seule responsable !

Devenue grande et indépendante, je me suis bien rattrapée, et, sans être une noctambule, je suis devenue une couche-tard, les émissions de la TV qui m’intéressent passent souvent après minuit à des heures où les gens normaux sont lovés sous leurs draps… ne lisent pas en cachette, mais dorment du sommeil du juste !

Rencontrée au marché,  Léa m’avait fait une remarque que je n’avais pas aimée : Tu as des poches sous les yeux ; tu devrais te coucher plus tôt…

Peut-être avait-elle raison ?

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04 septembre 2017

Au retour tout est différent

Au retour tout est différent

Au retour, tout est différent

 Geneviève avait bien tenté de l’éviter depuis le petit déjeuner qu’ils avaient pris ensemble sur la terrasse du château transformé depuis quelques années en hôtel de luxe où il avait la veille convoqué ses actionnaires.

Ce qu’elle avait à lui dire le rendrait furieux, elle le savait depuis si longtemps ! Tant d’années pendant lesquelles sa vie lui avait été totalement consacrée afin de le seconder, être à la fois sa servante, sa secrétaire, son attachée de presse, sa camériste et souvent aussi, son chauffeur.

  Il devait être transitoire ce rôle qu’elle avait au début assumé avec tant d’enthousiasme, si soucieuse de l’aider dans son ascension sociale ! Et puis, il lui avait confié un beau jour qu’il n’envisageait plus de se passer d’elle, car personne d’autre n’aurait sa compétence ni sa disponibilité.

Elle en avait été flattée, ne voulant pas lui faire remarquer qu’à force d’être son ombre indispensable, il en avait oublié qu’elle était aussi son épouse et qu’ils n’avaient pas d’enfants, dont la venue était programmée… mais plus tard…    

Elle avait un beau jour pris conscience qu’elle travaillait sans être rémunérée. Bien sûr, elle ne manquait de rien, et Laurent était généreux, lui offrant des bijoux et des vêtements de grands couturiers qu’elle ne choisissait pas. Ils vivaient en plein Paris dans un duplex cossu de l’avenue Foch où elle n’avait rien à faire puisqu’il y avait assez de personnel pour assurer l’intendance. Même lors des rares dîners où il y réunissait des hommes d’affaires, il n’était question que de business et elle se contentait d’être la maîtresse de maison souriante, car nul ne savait le rôle important qu’elle jouait auprès de son P.D.G. de mari.

Bénévole… oui, elle avait enfin réalisé un beau jour qu’elle faisait du bénévolat ! Et, au lieu de discuter avec Laurent, elle avait décidé d’agir en douce pour donner enfin un autre sens à sa vie…

Revêtue de sa vieille veste beige en velours côtelé qu’elle aimait porter pour monter sa jument au début de leur ascension sociale, elle s’était répété la phrase liminaire qu’elle allait lui asséner.

-- J’ai proposé mes services à John Goldwin ton principal concurrent, et je commence demain !

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28 août 2017

Une belle matinée

Une belle matinée

Une belle matinée

 

Le cottage est accroché au flanc du coteau et sa terrasse exposée à l’Est. Dès le matin, y prendre le petit-déjeuner est un plaisir délicieux auquel Lewis et Meredith ne manquent que rarement pendant leurs séjours d’été.

La vue s’étend sur les lointains que la brume bleutée voile encore et le rideau des saules pleureurs qui bordent le torrent sera un abri de fraîcheur pendant les heures chaudes de l’après-midi…

… si toutefois ils prennent la peine de parcourir la courte distance qui sépare le cottage jusqu’à cette rivière où Lewis aime à taquiner la truite. Il utilise le matériel de son père Henry, dont il aime à rappeler qu’il lui avait appris à fabriquer les mouches qui leurrent si bien le poisson !  

Meredith est songeuse… et si triste ! Lewis, l’homme de sa vie, vient de quitter la table du breakfast et pris sa petite MG rouge, un bolide, pour aller à la gare accueillir sa nouvelle tocade qu’il a invitée pour le week end et dont il lui a si longuement parlé au cours des jours passés. S’est-il rendu compte du mal qu’elle ressent ou bien, l’esprit tout occupé par cette Margaret dont il est visiblement épris, pense-t-il que Meredith, habituée à ses frasques dont il ne lui cache rien, acceptera cette fois encore de tenir pour l’inconnue, le rôle de la parfaite maîtresse de maison ?

Cette fois, Meredith a senti le danger et compris que, cette fois, c’est sérieux : Lewis a eu pour évoquer Margaret des inflexions de voix qui ne trompent pas.

Que va-t-elle faire, que sera son avenir ? Elle n’avait jamais envisagé que sa vie avec Lewis devrait prendre fin un jour… En repensant aux années passées avec cet homme qu’elle a toujours aimé… non… adoré, son cœur se serre et Meredith sent la douleur monter jusqu’à l’étouffer.

§  

Le ronronnement de la MG s’est tu. Lewis est de retour et Margaret va apparaître. Vite ! Meredith se lève, se prépare un sourire de bienvenue et bravement, va au-devant de celle qui va désormais partager la vie de Lewis, l’homme de sa vie, son frère jumeau.   

 

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07 août 2017

Dernier été à Cumberland

Je pars jeudi prochain à Genève d'où je m'envolerai en famille pour San Francisco pour un prériple de deux semaines et retour le 27. Nous assisterons à l'éclipse totale de soleil depuis l'Arizona ou le Nevada. Dans la mesure du possible, je ferai en sorte de participer aux devoirs de vacances proposés par Lakévio chaque samedi.

Dernier été à Cumberland

Eté à Cumberland

 Le ciel est pâle et une légère brume voile les collines qui bordent l’anse de la plage toute proche. L’été finissant laissera bientôt les arbres du parc se parer d’or et la famille Graham devra quitter le manoir des vacances pour rentrer à Londres.

Le salon s’ouvre sur la lande ; la vue s’étend au loin sur la baie et ses eaux pâles. Un grand escalier de pierre permet d’accéder à la plage, mais personne ne se baigne : la température marine y est bien trop fraîche, même si le jeune Andrew prétende qu’elle est « tonique » : les baignades, c’est seulement à Nice, sur la Côte d’Azur où les Graham rejoignent chaque année leurs amis anglais dès le temps de Pâques. Ici, la famille préfère naviguer sur le voilier hérité du grand-père, et dont les cuivres étincelants sont entretenus par John, le jardinier factotum, au service des Graham depuis plus de quarante ans.

Le bateau a été mis à l’abri pour l’hiver dans son garage dont les portes s’ouvrent sur les eaux de la mer d’Irlande qui viennent en lécher le sas de l’entrée.

Mildred et sa mère savourent le thé que la vieille Anna vient de servir, tandis que Pussy semble quémander sa part de cake. Andrew est ravi : il aime tromper son monde en imitant le miaulement du chat, et rit sous cape car, une fois de plus, Mum s’y est laissé prendre !

Voilà déjà plusieurs jours que Daddy est rentré à Londres, où ses affaires à la City requièrent sa présence, mais il a tenu à ce que le reste de la famille prolonge son séjour jusqu’à la rentrée scolaire des enfants, d'autant plus que Mildred entame cette fois sa dernière année d’études dans un pensionnat huppé fréquenté par les filles de la gentry.  Au cours de l’été prochain, elle doit épouser Edward un jeune officier de la Navy, à l’avenir pleine de promesses.   

 On n’a pas intallé le téléphone à Greenspark Manor, Daddy voulant à tout prix que les vacances restent des moments privilégiés et hors du temps. On n’y reçoit pas non plus le journal, et la TSF (radio) a été depuis longtemps reléguée au grenier.

§

Que pourrait-il arriver de fâcheux dans un tel cadre, où tout n’est que calme, luxe… et sérénité ?

§

A Londres et à Paris, le même jour, on peut lire ces journaux  

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31 juillet 2017

Le sac

Je l'avoue en toute simplicité, j'ai rarement autant souffert pour rendre mon devoir du lundi à Lakévio dont j'espère l'indulgence... et aussi celle des blogueuses et blogueurs.

Règlements de comptes dans une vitrine de l'avenue de l'Opéra

Le sac

-- Mademoiselle, la gérante du magasin a fini par nous sélectionner tous les trois pour être mis en vedette dans la petite vitrine latérale de l’entrée, à la meilleure place… celle que nul(le) ne peut rater !

Après avoir longuement hésité entre mon alter ego de couleur fauve et l’autre en bordeaux, c’est finalement moi qu’elle a choisi de mettre en valeur au centre… exactement entre vous deux !

-- Tu l’entends, ce gringalet ? Il n’a aucune originalité, ni fermoir de prestige ! Il est d’une banalité à pleurer… Celle qui en héritera aura bien du mal à y loger tous les accessoires indispensables à sa beauté, sans parler des clés de voiture, de la bourse et du porte-billets, du carnet de chèques et du portefeuille contenant la carte d’identité, le permis de conduire et la carte grise… S’il trouve preneur, ce ne peut que pour être offert à une fille de quinze ans !

Et encore ! Sa couleur n’a rien qui pourrait plaire à une jouvencelle… Non, c’est plutôt à une croûlante qu’il conviendrait, non ?

-- Je suis bien d’accord et comme toi, je ne m’abaisserai pas à lui adresser la parole. Pour tout te dire, je pense que Mademoiselle l’a mis entre nous comme faire-valoir afin de bien marquer notre « classe », tout comme on place un laideron pour mettre en valeur la beauté.

-- Mais je…

-- Tais-toi ! Je ne peux pas voir ton étiquette, mais je soupçonne que tu es, sinon bradé (ce n’est pas pratiqué dans notre boutique de luxe) au moins vendu à un prix « attractif » comme le dit si bien Mademoiselle… J’attends avec confiance celle qui me choisira et je ferai avec elle de fabuleuses découvertes…

-- Je te fais remarquer qu’on ne m’a pas attribué d’étiquette, le prix étant secondaire pour l’homme qui l’offrira à l’élue de son cœur. Ma distinction classique reste un atout inégalable pour la suprême élégance d’une grande dame, car ta couleur agressive est tout de même vulgaire, non ?

Occupés à se chamailler, nos trois sacs n’ont pas vu des clients pénétrer dans la prestigieuse boutique… La vitre coulissante a soudain glissé, une main a saisi le petit sac entre le noir et le rouge…

Car ce freluquet brun havane a séduit l’attaché d’ambassade chargé de choisir un cadeau à la présidente d’un pays d’Amérique du Sud, le Chili pour être précis, qui doit venir en visite officielle dans quelques semaines.

-- Au revoir les amis… ou plutôt adieu, car nous avons désormais peu de chances de nous revoir ! Je représenterai désormais Paris dans le monde entier au bras d’une femme superbe sur laquelle tous les regards seront fixés…

Qu’en dites-vous ? 

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24 juillet 2017

Un si long dimanche

Un si long dimanche

Jeanne n’a pas reçu la lettre qu’elle attend chaque jour depuis de longues semaines… Elle n’en peut plus de se languir et lutte contre les larmes et le mauvais pressentiment qui l’étreint. Sa chienne Caramelle sait bien qu’elle est malheureuse et ne la quitte pas, même si, comme en cet instant, elle devrait gambader dans le parc de la malouinière avec le maître des lieux, armateur, qui est aussi le père de Jeanne. Sa mère, avant la messe, dans la fraîcheur du matin, a cueilli ce bouquet de pivoines qu’elle a posé sur le marbre de la table basse, près des deux petits bronzes que son grand-père capitaine au long cours avait rapportés de Chine au siècle dernier.

 Un long dimanche

 Aux dernières nouvelles, Yann son fiancé combattait sur le front des Ardennes, et même si, dans ses lettres, il n’en parlait qu’à mots couverts, Jeanne sentait bien que c’était très dur à vivre pour lui, jeune lieutenant, et pour ses hommes qui n’avaient pas choisi d’être soldats de métier, mais qui, courageusement étaient partis défendre la mère-patrie contre l’envahisseur allemand, qu’on avait au début appelé « Alboche » par dérision, vite raccourci en « Boche » par la suite…

Le grésillement du téléphone a retenti faiblement, mais Jeanne l’a clairement entendu. Lorsque ses parents sont dans la maison, elle ne se permet pas de décrocher l’appareil tout nouvellement installé… Sa famille est grande et les coups de fil sont fréquents. La conversation a duré un temps qui semble inhabituel à Jeanne, mais elle ne se sent pas la force de se lever pour aller saluer le correspondant, sans doute l’un ou l’autre de ses oncles. Elle joue machinalement avec sa « promesse », la bague que Yann lui a offerte le jour des fiançailles avant de partir au front.

Des pas précipités, un appel rauque de Maman qui appelle son père depuis la terrasse, des chuchotements… puis la porte du salon s’ouvre avec fracas et Jeanne voit surgir ses parents bouleversés…

Ma pauvre petite ! Quel malheur est arrivé !

Ils l’entourent, la pressent contre eux, l’étreignent…

Jeanne a compris, Yann, son Yann a été tué face à l’ennemi et elle est submergée par un océan de chagrin.

La vérité est pire, mais Jeanne n’est pas en état de l’entendre. Ses parents savaient depuis plusieurs semaines que Yann était aux Chemin des Dames et qu’il était l'un des mutins qui avaient refusé de monter en ligne pour épargner la vie de ses hommes.

Des chefs incompétents avaient envoyé au casse-pipe tant de soldats que ceux qui étaient revenus vivants de l’enfer avaient refusé d’y retourner.

Yann et quelques autres étaient passés devant un prétendu Tribunal de Guerre qui les avait condamnés sans les entendre…

Et Yann avait été fusillé…

Pour l’exemple.

Il y a juste cent ans.

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22 juillet 2017

On commence à -87°

J'avais été prévenue que mes G'wadeloupéens allaient se cryogéniser dans les jours qui suivent...

J'avais compris qu'ils feraient ça à deux et dans la bonne humeur !

Ne croyez pas que ce soit pour tester une cryogénisation ultérieure à long terme pour se conserver ainsi que quelques célébrités qui ont choisi de se faire congeler à très basse température pour renaître à la vie quand la médecine pourra les guérir.

Jusqu'à aujourd'hui, je pensais que Walt Disney attendait lui aussi des jours meilleurs dans un congélateur, mais il semble bien que ce soit une information mal comprise et démentie qui a cependant perduré dans l'esprit du public.

Nous avons reçu une photo "avant" où, en tenue de bain mais avec les mains, les pieds et les oreilles bien protégés.

Cryothérapie pour deux zinzins courageux

Ils sont entrés dans un sas où régnait une fraîcheur revigorante qui atteignait -87°... mais les sportifs de haut niveau qu'on remet sur pied avec cette méthode subissent -190°. Avis aux amateurs !

Elle a tenu 4 minutes...

Il a tenu 4 minutes 45...

Ils ont mis une petite heure à se réchauffer.

Les bienfaits ne sont pas apparus immédiatement... affaire à suivre donc !

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17 juillet 2017

Pink Lady

 

Pink Lady

PINK LADY

 En septembre dernier, avant de quitter « Clair de Lune » la villa familiale du bord de mer, les Leroy, nos voisins de toujours, nous avaient confié que, devenus trop âgés pour y vivre, ils s’étaient décidés à vendre leur « Pomme de Pin ».

Si tout allait comme ils le souhaitaient disaient-ils, nous devrions au printemps voir des têtes plus jeunes occuper leur coquette villa.

Nous étions consternés, parce que Gabrielle et Alexandre Leroy me connaissaient depuis des lustres et, sans enfant, avaient pris plus qu’en amitié la gamine que j’étais alors, me consolant parfois quand j’avais un coup de spleen.

Un coup de fil de Gabrielle m’avait prévenue que « Pomme de Pin » allait désormais être occupée par… des British ! Yes Ma’am… des Rosbifs !

Pour une surprise… elle était de taille ! Comment allaient réagir ceux d’en face, propriétaires des « Lutins » qui, en bons Orléanais détestaient les Anglais qui avaient brûlé leur héroïne à Rouen ? L’Ermitage, après quatre ans d’occupation par l’armée germanique qui n’avait su y construire que des blockhaus, allait donc accueillir l’ennemi héréditaire qui avait sacrifié Jeanne d’Arc. Pour ma part, je pensais à l’inverse que ce serait une excellente occasion pour notre famille d’élargir son vocabulaire anglais.

Aux vacances de février, les volets de « Pomme de Pin » sont restés clos, bien que les Leroy aient vidé la maison dès la vente réalisée et cela depuis plusieurs semaines…

A Pâques, rien de nouveau… nous étions quand même dubitatifs… Après tout, il sera toujours temps de connaître les nouveaux occupants quand ils seront décidés à franchir le Channel et l’estuaire de la Loire pour farnienter sous les pins de notre petit paradis !

Nos collégiens en vacances anticipées pour cause de correction d’examens qui retenaient leurs profs, et nous voilà débarquant un vendredi soir pour deux mois et demi de détente intégrale.

M'man ! r’garde ! ya d’la lumière à « Pomme de Pin » !

Ah ! enfin ! Dès que possible dans la matinée du lendemain, j’irai souhaiter la bienvenue aux nouveaux voisins après avoir cuit « mon » gâteau breton selon la recette traditionnelle de mon coin de Cornouaille héritée de ma maman. Il faut bien faire connaître nos bonnes choses aux Béotiens venus d’Outre-Manche… non ?

Mais j’ai été coiffée au poteau ! Alors que dans la cuisine, j’étais occupée à pétrir la pâte de mon gâteau breton de mes deux poings serrés comme le faisait ma mère, un « hello » m’a fait lever la tête… A la fenêtre ouverte se tient dans le soleil matinal une délicieuse apparition dont le chapeau rose n’altère pas l’éclat d’un sourire éblouissant dans un visage dont la fraîche carnation rappelle la teinte délicate des roses anglaises. Rose aussi est son corsage de fine dentelle…

Je m’appelle Dorothy, mais on m’appelle Dot et je suis votre voisine !   

Est-ce bien utile qu’elle se présente ? Nulle femme alentour n’est ainsi vêtue pendant les vacances qu’ici on passe décontractées… mais je sens immédiatement que nous allons devenir une paire d’amies…

J’explique à Dot que je prépare un gâteau breton à son intention et que je dois me laver les mains avant de serrer la sienne !

Elle est venue pour nous inviter au tea-time de cet après-midi où nous retrouverons, outre son dearest husband et leurs kids (humour anglais : son mari préféré et leurs enfants) mais aussi la famille Lemelin… oui ! celle qui habite « Les Lutins » la villa d’en face, celle qui vouait les Angliches aux gémonies, et surtout ceux qui oseraient envahir notre territoire ! Ils ont, eux aussi, succombé au charme délicat d’une adorable Anglaise… qui les a mis dans sa poche !

Et voilà l’Entente Cordiale réécrite dans notre petit coin de Bretagne ligérienne grâce à une délicieuse Pink Lady.

Elle n’est pas belle, la vie ?

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10 juillet 2017

Les chaussures rouges

Les chaussures rouges

Les chaussures rouges

La première idée que j’ai eue en voyant le titre a été le film « The Red Shoes » film des années 50 avec les ballerines Ludmilla Tcherina et Moira Shearer…

Marilynpinup

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais les escarpins à talons hauts de Marilyn et des pin-up de Vargas ont vite pris le pas sur les danseuses !

Même si les talons hauts ont d’abord été portés par les cavaliers perses pour assurer leur stabilité sur les étriers, et plus tard à la Renaissance, par les nobles qui voulaient toiser le bas peuple, ils sont devenus aujourd’hui l’apanage exclusif des femmes (à l’exception toutefois de quelques cow-boys…)

Fin de la minute culturelle !

Comment les femmes peuvent-elles encore de nos jours accepter de chausser de tels instruments de torture ? On vous dira que ces « choses » allongent la jambe, accentuent votre cambrure et font ressortir vos seins. Vous connaissez beaucoup d’hommes qui feraient ça pour plaire à leur nana ?

Les MLF ont jeté le soutien-gorge aux orties… mais pas les talons aiguille ! Pourquoi ?

Et pourtant, comme les copines au temps de ma jeunesse, j’ai moi aussi porté des talons hauts, quittant la maison à pied pour aller danser à plusieurs kilomètres… et revenant avec mes chaussures à la main !   

Christian Louboutin a encore de beaux jours devant lui…

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