La Bourlingueuse

21 février 2019

Journée à bord et nous saurons tout sur les Ruskofs !

Mercredi 19

C’est aujourd’hui la journée entièrement à bord puisque Astrakhan est au bout du chemin (entendez le delta de la Volga). J’aime ces journées à bord où des activités sont proposées à ceux qui pourraient s’ennuyer !

P1130735France écrit : Le paysage le long de la Volga défile lentement, nous longeons la steppe et c’est magnifique ; le temps est beau, ciel bleu et soleil ; quelques rares villages, des hordes de chevaux sauvages galopent sur les rives désertiques.

Notre dernier cours de russe… Eh oui ! L’épreuve aujourd’hui est difficile et je n’ai pas brillé, bien que je sois parvenue à mémoriser quelques lettres qui, par chance arrivaient à faire un mot reconnu. Pour finir, c’est tout à fait comme chez Jacques Martin et son Ecole des Fans, chacun des rares participants a reçu un diplôme ! J’encadrerai le mien et lui trouverai une place en vue à la mesure de sa valeur : les toilettes me semblent l’endroit approprié.… Là au moins, personne ne se prend au sérieux et a le temps de méditer sur les mérites du lauréat !

Je n’ai pas eu le réflexe de prendre des notes lors de la table ronde organisée dans le grand salon pour un public restreint, et j’ai sûrement oublié des détails. Elles sont deux à répondre aux questions sur le thème de la Russie d’aujourd’hui et Lisa semble la plus à l’aise pour énoncer les choses négatives. Elle dit que, comme une grande partie de la jeunesse et particulièrement les étudiants, elle ne vote pas, ne lit pas les journaux, n’écoute ni radio ni télévision et ne prend ses renseignements que sur Internet.

Si les soins médicaux sont gratuits, les remèdes ne le sont pas et certains, tels ceux pour le cancer, coûtent si cher que beaucoup de malades, et particulièrement les retraités ne peuvent les acheter. Les salaires sont bas et l’échelle si réduite qu’un médecin ne perçoit pas plus qu’un serveur par exemple et beaucoup exercent simultanément deux métiers pour s’en sortir...

En Russie, il n'est pas convenable de sourire dans la rue, de regarder dans les yeux, et d'entamer une cinversation avec un inconnu.

Les loyers sont élevés, mais la transmission des logements est possible pour les descendants en ligne directe : les enfants peuvent reprendre l’appartement ou la maison aux mêmes conditions que leur parent précédent occupant, mais ils n’en sont pas propriétaires. Il arrive aussi fréquemment que les personnes âgées soient abandonnées après avoir cédé leur logement à leurs petits-enfants. Pour les seniors, la vie est difficile et ils doivent être aidés financièrement par leurs enfants, et pour certains, c'est le seul moyen de subsistance.

Les prix affichés en roubles nous semblent avantageux parce que l’euro est fort et la monnaie russe dévaluée, mais pour les citoyens, la vie est chère, très chère. Cependant, la plupart pensent que ça ira mieux demain !

Catherine ajoute : Je connais une dame de 80 ans maintenant, qui toute sa vie a entendu cette phrase... et attend toujours.

L’église orthodoxe a depuis plusieurs années et avec la bénédiction présidentielle, repris une place prépondérante dans la vie courante du pays. Cette influence est pesante, rétrograde, et empêche les mœurs d’évoluer dans le sens que souhaitent les plus jeunes.

Ceux qui ont une voiture font rarement le plein de carburant : ils préfèrent rouler jusqu’à la panne sèche ou presque avant de reprendre de l’essence ou du gazole.

Un souci grandissant pour la population : des bandes mafieuses sont organisées pour le racket et les trafics divers sur lesquels ils ont la mainmise. Comme partout, il y a aussi les petits cambrioleurs, mais ils ne sont pas dangereux, comparés aux précédents.

Sur la fiche qui nous a été remise, je lis avec surprise ce qui suit : Les Russes ont une réputation de dureté et de cynisme. La malhonnêteté fait également partie de la culture russe : nombre de jeunes trichent aux examens sans aucun scrupule... et tout le monde trouve cela normal !

La fiche est très négative et je ne souhaite pas m'étendre davantage sur les côtés sombres de "l'âme russe", sauf si vous insisitez, je la publierai dans son intégralité.

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Des vidéos de films d’Arte nous ont été présentées à des heures et des moments qui permettaient aux intéressées d’en savoir plus sur la vie des Romanov et  le départ de la révolution, l’étrange pouvoir que Raspoutine exerçait sur la tsarine qui espérait la guérison d’Alexis, son fils hémophile (dont la maladie venait de la reine Victoria, la grand-mère de l’Europe). D’autres sujets, tels la Grande Catherine qui fut tsarine après avoir détrôné son époux Pierre III, Boris Godounov et Raspoutine… de quoi contenter ceux et celles qui aiment l’Histoire. 

Au cours de l’après-midi, une dégustation de vodka et de blinis nous a permis d’appliquer  la tradition à la lettre et de finir cul sec comme il sied un (petit) verre relativement plein !

P113076319.30 h : dîner du capitaine, qui recevra dans la grande salle du pont supérieur, le Tchaïkovsky Hall. Il est précisé que les passagers sont  censés être habillés élégamment. Bien entendu, si nous avons suivi la consigne et avons fait un effort vestimentaire, nous avons, Hélène et moi, oublié nos appareils photos ! Mais le photographe du bord a saisi l’instant où ma fille pose à côté du pitaine et de Maria, la responsable de la croisière. Quatre boissons sont proposées, dont l’une sans alcool, mais le curaçao bleu vitaminé à la vodka a eu ma préférence et je n’ai pas été la seule !

 

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20 février 2019

La bataille de Stalingrad s'est-elle déroulée à Volgograd ?

Mardi 18 Volgograd

Sur les bords du monumental escalier qui mènent au niveau des cars, une femme vend des châles et des étoles au crochet en laine de chèvre très légère et nous nous laissons tenter, moi pour deux châles blancs et Hélène pour une étole en camaïeu de gris.

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La guide qui nous a été attribuée parle un français châtié que peu de Français savent encore manier, et elle utilise des expressions qui montrent qu’elle a sûrement séjourné en France.

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Volgograd (l’ancienne Stalingrad primitivement appelée Tsaritsyne) est une ville entièrement neuve, dont il ne reste que les ruines d’un « moulin » en briques (que j’assimilerais plutôt à une minoterie) ce bâtiment est un symbole, car il est le seul témoin encore debout de la terrible bataille de Stalingrad, qui dura 200 jours et 200 nuits, de juin 1942 à février 1943. Je n’y étais pas, bien sûr, mais j’ai gardé un souvenir très vif  de cette tragédie. Chez mes parents, nous lisions Ouest-Eclair qui, comme tous les journaux de l’époque, était censuré et ne pouvait écrire que ce que les nazis acceptaient de laisser imprimer. Il y avait bien Radio-Paris, mais comme le chantait Pierre Dac « Radio-Paris ment (bis) Radio-Paris est allemand ». Il restait la BBC qu’il était interdit d’écouter, quasiment inaudible certains soirs par un brouillage intense, mais qui pouvait parfois être atténué selon les conditions météorologiques. Nous savions donc que les deux armées, l’allemande commandée par le général von Paulus, et la soviétique sous les ordres du général Joukov, vivaient un enfer, et que les moteurs des chars tournaient toujours pour ne pas subir les rigueurs de l’hiver qui avait déjà contraint Napoléon à la retraite…

Notre journal parlait de l’héroïsme des vaillantes armées allemandes, dont le but non avoué était de traverser la Volga pour atteindre le pétrole des puits de Bakou, autant dire le nerf de la guerre. A un moment de la bataille, les Allemands se sont trouvés à moins de 50 mètres du fleuve, et les Soviétiques coincés le dos à la Volga. Leur résistance et leur détermination fut telles que les Allemands durent se rendre, von Paulus signa la capitulation, ce qui fit Hitler entrer dans une rage folle. Si nous suivions les événements d’aussi près, c’est qu’il était évident pour nous Français que l’Allemagne courait à sa perte. Et ce fut le commencement de la fin du nazisme. 

La reconstruction  de la ville a été entreprise dès les Allemands défaits. On devine quels immeubles datent de cette première époque, mais l’architecture moderne et même d’avant-garde y a trouvé sa place. Le car a marqué un ralentissement devant un endroit qui était à l’époque un grand magasin dans les caves duquel von Paulus a signé la capitulation. Stalingrad était un champ de ruines, dont, hormis  le "moulin", il ne restait pas un mur debout.

La colline Mamaiev, l’éminence qui domine la  ville fut prise et reprise  23 fois, et les combats en ce lieu durèrent 130 jours. Il a été érigé là une statue gigantesque en béton  haute de 53 mètres + 29 mètres pour le bras et l’épée = 82 mètres  : la Mère Patrie qui brandit une épée et dont le visage rappelle la « Marseillaise » de Rude sur l’Arc de Triomphe. Les marches qui y mènent me font renoncer à l’ascension de la colline, sachant qu’au musée, j’aurai 93 degrés à  gravir sans ascenseur.

Statue Mère PatrieJe n’aurais voulu pour rien au monde manquer le musée consacré à cette longue bataille où périrent tant de soldats, et de civils. Sa silhouette à l’architecture futuriste s’élève à proximité immédiate du « moulin ». Un train de l’époque de la guerre a imagesété restauré et voisine dehors avec les canons exposés sur le parvis. Un sas est censé sonner au passage des visiteurs porteurs de métaux, mais même s’il sonne, le préposé n’en tient pas compte... Il va me falloir entamer l’ascension jusqu’au panorama qui reconstitue une journée de la bataille où il s’est passé des événements marquants. Autour de la plateforme cent vingt mètres d’un paysage peint s’étendent à 360°. L’illusion est parfaite et la lumière douce qui baigne l’endroit donne une atmosphère crépusculaire alors que ce sont les fumées des combats qui assombrissent le ciel. Au premier plan sont disposés des objets qui entrent dans le décor sans qu’on sache où finit la toile peinte et où commence la réalité.

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La guide décrit l’histoire de chaque scène, qui est tirée de faits réels, et elle semble connaître son sujet sur le bout des doigts. Je suis très émue de me trouver ici… Je n’aurais pas cru celui ou celle qui m’aurait annoncé que je serais un jour à Stalingrad, même si aujourd’hui la ville est devenue Volgograd… Je suis probablement la seule de l’assistance à être assez vieille pour avoir vécu l’époque de cette tragédie.   

Dans les salles plus bas, des vitrines abritent des objets personnels des soldats. Ces pitoyables reliques sont les témoins de la folie des hommes : rasoirs coupe-choux rouillés, couteaux de poche, boucles de ceinture, portefeuilles racornis, photos de famille, lettres, décorations, pistolets, et dans une autre vitrine, des dizaines de Croix de Fer, la plus prestigieuse de celles que décernait Hitler à ses plus valeureux guerriers. Ces objets dérisoires ont une histoire terrible puisqu’ils ont vécu le même enfer que ceux auxquels ils appartenaient. Quel gâchis que l’anéantissement de toute une génération de la jeunesse. Il y aurait eu 250.000 soldats allemands qui y auraient laissé leur vie et 480.000 à 800.000 combattants soviétiques (les chiffres varient selon les sources). Plus surprenant : un journal en français La Légia (je n’en ai jamais entendu parler) annonce à sa une :

Stalingrad est tombé

Je ne parviens pas à lire la date avec certitude…

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Une caricature d’Hitler le montre désespéré d’avoir perdu sa « chérie » ! La table où le général Paulus a signé la capitulation est dans l’une des dernières salles. Un buste de Staline et un groupe de bronze montre les Trois Grands à Yalta ; Churchill, Roosevelt et Staline : les Français avaient été "évités". Des drapeaux pris à l’ennemi sont des trophées glorieux…

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Rentrée à bord, je n’ai pas voulu ressortir avec Hélène et les « filles » Jacqueline et Jocelyne qui ont décidé de faire leur marché. J’en ai profité pour aller à la piscine où l’eau est un peu fraîche ; pas question de trop s’attarder, d’autant plus qu’un film sur Yvan le Terrible est au programme.

Les filles sont rentrées satisfaites et Hélène a prévu du caviar pour Noël, un Monopoly que je souhaitais acheter et des magnets… Bernard portera-t-il le T-shirt à l’effigie de Poutine ?

Hélène a prévenu Elvira notre femme de chambre : le sac isolant avec de la glace  posé dans notre douche est précieux. Elvira  semble avoir compris… Nous n’avions pas pu rapporter de caviar en 1984, ayant su trop tard qu’il fallait le commander la veille du départ pour que les employés puissent le voler se servir largement dans les réserves de l’hôtel et les revendre pour leur propre compte au petit déjeuner !

Hélène qui a réussi son Rubix cube en est très fière ! Elle aura d’autres occasions de finir en beauté ce casse-tête auquel je ne me suis jamais attaquée.

Pour compléter le groupe des Français qui manquent de danseurs et chanteurs volontaires, elle s’est jointe à eux.qui préparent leur participation au spectacle de demain soir.

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19 février 2019

On fait la fête à Saratov

Lundi 17

C’est un brunch qui est proposé ce matin jusqu’à 12.30 h au lieu du breakfast habituel. J’ai décidé de rester à bord et de faire l’impasse sur Saratov, trop industrielle. Il pleut des cordes, Ste Claire invoquée est sûrement occupée ailleurs. Cette pluie est une bénédiction pour la région qui n’a pas été arrosée depuis plusieurs mois. J’ai pu me brancher et répondre aux messages importants de la famille. Un couple est venu s’installer près de moi et la conversation s’engage. Comment en est-on venu à parler de Kravchenko et de son livre « J’ai choisi la liberté » que j’ai lu quand j’avais 15 ans et que m’avait prêté une camarade de collège ? Ils ne connaissent pas mais Google qui sait tout leur apprend que le livre est sorti en 1946 à New York où l’auteur avait pu se réfugier. Ils sont intéressés par le témoignage de cette époque d’un transfuge qui a réussi à quitter l’URSS et ils veulent le commander.

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Du coup, je ne suis pas allée à la piscine comme je l’avais prévu…

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Le salon s’est rempli d’un coup et je me souviens qu’une présentation des traditions du thé russe était proposée à cet instant. J’avais bien remarqué un samovar posé sur une table ronde à l’entrée du salon, mais je n’y avais pas prêté attention. J’ai « écouté ailleurs » pendant la présentation, trop occupée à lire mon courriel tant que la wi-fi est opérationnelle. Car autant lorsque le bateau passe près d’une ville, la connexion est aisée, mais lorsqu’il longe des rivages déserts, il n’y a plus rien. De plus, il faut se trouver dans le périmètre du salon et seulement là pour pouvoir obtenir Internet. Je n’ai donc rien entendu et le salon s’est vidé…  

Un quart d’heure plus tard, Hélène est montée me chercher : « Viens, en bas c’est la fête ! ». En effet, dans la salle du restaurant, des danseuses en costume traditionnel et deux musiciens, un accordéoniste et un joueur de balalaïka animent l’ambiance. Sur la table, deux verres de vodka, la blanche et une ambrée qui est parfumée au balsame. Andrej notre gentil serveur au sourire dissymétrique apporte des crêpes et de quoi se caler l’estomac après avoir fait cul sec (photo à l’appui). Le thé brûlant sort-il d’un samovar ? Nos amies qui ont une longue pratique de la Russie affirment que la bouilloire électrique l’a depuis longtemps remplacé dans les familles et que le samovar, s’il y en a un dans la maison, est devenu un objet décoratif. 

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J’aurais pu rater un bel instant de vie si j’étais restée à wi-fiter !

Catherine ajoute : Pour ma part, le samovar est encore très utilisé dans les campagnes, électrique bien sûr. Dans toutes les datchas ou je suis allée, il y avait un samovar, qui en plus d’être décoratif, fonctionnait. Ma famille russe, maman et moi utilisons un samovar.

Mais la journée n’est pas finie ! Le cours de russe nous attend où, après avoir appris les lettres cyrilliques et les chiffres, il va falloir déchiffrer des mots et en trouver la signification… Pour ma part, je sais que mon cerveau n’est plus capable d’absorber de telles difficultés d’apprentissage… mais je vais tenter de les mémoriser, comme je l’ai fait pour l’alphabet phonétique Alpha, Bravo, Charlie, Delta… Ca entretient les neurones et je prendrai cela comme un défi à relever, même si je n’aurai jamais à m’en servir.

On a élu hier soir le couple de la croisière et j’y ai été premier juré, un juré indulgent qui a presque toujours noté 5 pour ne décourager personne. Quatre couples se sont présentés, dont deux ménages qui ont décidé d’intervertir l’ordre des facteurs : les époux d’un côté, les épouses de l’autre… Les épreuves donnent dans le burlesque, et je suis stupéfaite de voir des Australiens auxquels j’ai parlé plusieurs fois danser le be-bop avec tant de souplesse ! Aux deux hommes a été attribuée la lambada, et les voir se tortiller vaut son pesant de cacahuètes.. Puis il a été demandé à tous de mimer un couple célèbre (tiré au sort) qu’ils doivent faire deviner sans prononcer un mot. Tous ont passé l’épreuve avec succès et tout cela finit encore comme chez Jacques Martin : tout le monde a gagné !

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18 février 2019

Samara et le bunker de Staline

 

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En grand secret Nina a fait passer le message : Frédérique d’Est-Capade de Moscou lui a offert pour notre groupe deux bouteilles de champagne russe que nous allons siroter ce soir à la piscine du bord, et Maria la responsable des excursions de la compagnie sera des nôtres. J’aurais aimé pouvoir décoller les étiquettes de ce champagne russe, mais une nuit de bain dans le lavabo n’en est pas venue à bout. La colle utilisée n’est pas sensible à l’eau...

Oulianov a déroulé pour nous dans la nuit tombée ses rubans de lumières. Non ! ce n’est pas Lénine ressuscité, mais la ville à laquelle son nom a été donné.  Maintenant, elle a retrouvé son nom de Simbbirsk (Jocelyne)  

Dimanche 16

Samara. La guide est très fière de son musée dont elle dit qu’il est classé numéro un en Russie. Oublierait-elle l’Ermitage de St Petersbourg ?

Pour y entrer, il faut aller chercher le passage piéton et remonter sur l’autre trottoir. J’avoue avoir pris un raccourci : entre  le feu et le passage protégé, il y a un espace de cinq mètres marqué d’un « stop » devant lequel les voitures s’arrêtent impérativement. C’est sur cet espace que j’ai traversé me mettant en tort en cas de pépin… mais j’ai depuis vu des autochtones faire de même et je me sens plus à l’aise d’avoir contrevenu aux règles de la loi.

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Il n’y a que des peintres russes et les œuvres semblent de grande qualité (pourquoi seraient-elles là si elles ne l’étaient pas ?). Une grande toile attire mon regard : un cavalier porte un uniforme de l’armée française. Je me suis approchée et il s’agit d’Albert 1er roi des Belges qui, durant la première guerre fut appelé le roi-soldat. Je l’ai pris en photo à l’intention de Bernard, le Wallon de la famille. D’autres toiles m’ont réellement touchée par la finesse de l’exécution, ou par leurs teintes. L’une des peintures est incontestablement de l’époque soviétique : des moissonneuses travaillent à la main et lient des gerbes avec soin tandis que la babouchka s'occupe d'un enfant.  La visite se termine par les salles où sont exposées les œuvres d’avant-garde.  

P1140497Il y a eu ici une église catholique, construite en briques rouges DSCN0092et pierres blanches, les couleurs de la ville de Samara. Elle est à présent luthérienne. La fusée Soyouz à bord de laquelle Youri Gagarine a réalisé son exploit a été fabriquée ici, et sa réplique est sur une éminence près de la place de la Gloire. Un homme d’acier est juché sur une haute stèle et brandit deux ailes d’avion. La Volga, tout en bas, se pare du bleu du ciel : Ste Claire nous a entendues, et Hélène n’a pas en vain mangé son œuf dur chaque matin…

La coupe du monde est arrivée jusqu’ici puisque des matches y ont été disputés, et la mascotte est  restée à sa place.

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Nous sommes onze à avoir choisi l’option de la visite au bunker de Staline. Creusé de nuit dans le plus grand secret au point que les habitants des immeubles voisins ne soupçonnaient rien (ou fermaient les yeux pour ne rien voir et se bouchaient les oreilles pour ne rien entendre ?). Il est profond de 37 m, pouvait accueillir 115 personnes et être autonome 5 jours.  On y descend par un ascenseur qui est d’époque et fonctionne parfaitement, ou par des escaliers de 188 marches jusqu’au domaine de Staline qui comporte une grande pièce où un canapé et un bureau constituent le seul mobilier. Les murs semblent percés de trois fenêtres parce que le dictateur était claustrophobe. Le siège des toilettes adjacentes est-il recouvert d'un panneau afin qu'aucun visiteur ne soit tenté de laisser son adn sur place ?

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Le croirez-vous ? L'étoile de Staline a tant pâli que le touriste lambda peut se faire tirer le portrait assis au bureau du "petit père des peuples" le téléphone à l'oreille !

A côté, une vaste salle d’état-major meublée d’une longue table où des sièges devaient recevoir les hauts dignitaires, tandis qu’une autre table était prévue pour quatre sténographes  assises le dos tourné afin qu’elles ne puissent voir les visages des visiteurs qu’elles ne devaient pas chercher à identifier...

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Aucune preuve n’existe que Staline y soit venu et le bunker n’a jamais servi en tant que tel. Cependant, sa fille tant aimée Svetlana vivait à Samara où il venait souvent la voir. Il est plus que probable qu’il a visité pour contrôler l’endroit censé le garder en vie, lui qui était si méfiant et ne faisait confiance à personne !

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De retour à bord, nous avons pu visiter la salle des machines. Et tout de suite après « les filles », nos voisines Jacqueline et Jocelyne, nous invitent chez elles avant le dîner pour une dégustation de vodka agrémentée de saucisson sec et de fromage qu’Hélène a rapporté du marché. La technique : boire cul sec son verre de vodka, manger du salé aussitôt après et recommencer…

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17 février 2019

Kazan, au carrefour

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Ce qui frappe le regard dès l’entrée, c’est une superbe mosquée bleue, récente puisque inaugurée il y a un peu plus de dix ans en 2005.  Quatre tours-minarets et une petite sur le côté s’élèvent au-dessus d’une fleur de lotus renversée en mosaïque bleu-vert, donnant au bâtiment une réelle élégance. Avant de pénétrer dans l’édifice, celles qui n’ont ni chapeau, ni écharpe, doivent pour se couvrir la tête, emprunter un foulard mis à leur disposition. Les hommes en short doivent porter une sorte de tablier-jupe-portefeuille vert… A chacun son tour de se déguiser ! Un puits de lumière octogonal coiffe une étoile à huit branches dans le carrelage au milieu duquel la maquette de la mosquée repose sur un socle dans une cage de verre. Pas de sièges si l’on excepte les bancs sur le pourtour pour les fidèles qui ne peuvent s’agenouiller ?

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Une tour en briques penche, mais comme celle de Pise, elle tient encore debout ! Une grille de fer forgé joliment ouvragée est mise en valeur par le fait qu’il n’y a rien derrière et que la lumière la traverse.

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La cathédrale orthodoxe est la plus ancienne construction du lieu, mais je renonce à monter la volée de marches qui en  permettent l’entrée. Je suis restée assise sur un muret où la guide Alina est venue me rejoindre, se disant honteuse de sa non-performance. Elle peine vraiment à parler français et nous adoptons l’anglais. Musulmane, divorcée, originaire d’un milieu populaire, elle a cependant derrière elle dix ans d’études de français, qu’elle dit pouvoir lire et écrire aisément, mais qu’elle a peu d’occasions de parler. Elle n’est jamais venue en France. Outre le russe, elle parle le tatar, le turc et l’anglais. Hélène lui a proposé de corriger le cahier qui sert de base à ses commentaires. Durant ce temps, le groupe est sorti de la cathédrale, mais reste agglutiné   près de la tour penchée. La visite serait-elle finie ? Non…

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Derrière la cathédrale, une vue panoramique de la ville permet d’embrasser la panorama de Kazan, malheureusement gâché par un premier plan où sont parquées des voitures. Des fouilles archéologiques sont en cours, et Hélène remarque un homme muni d’un sondeur qui explore le sol pavé.

En ville, vingt minutes sont accordées à ceux et celles qui veulent faire du shopping dans la rue piétonne près de laquelle le car a fait un stop. J’ai laissé mes 5.000 roubles à Hélène pour qu’elle achète quelques petites choses sympa(s) pour la famille. Bien sûr, il y a eu des traînards et bien sûr, il y a eu des râleurs… 

KAZAN par Elisabeth

Tour Slouloumbik à sept niveaux : selon la légende, Ivan le Terrible avait voulu épouser une princesse tatare qui, pour accepter, lui avait demandé de lui construire une tour de 7 étages en sept jours. Le septième jour, lorsque la tour fut finie, la princesse se jeta dans le vide depuis le sommet de la tour. Rien n’est prouvé. Siouloumbik serait le nom de l’épouse du khan tatar San-Guiré, mort en 1549.

C’est une « tour penchée ». L’écartement de la pointe est actuellement de 1,98 mètre par rapport à la verticale. Elle aurait été construite dans le premier tiers du 18ème siècle.

Statue de Moussa Djalil entravée de barbelés (1906-1944)

Il a fait ses études à l’Université des Lettres de Moscou, a été directeur du service du répertoire littéraire de l’Opéra et secrétaire de l’Union Locale des Ecrivains. Poète, auteur de romances et de livrets d’opéra. Mobilisé en 1941, il a combattu sur le front de Leningrad et Volkhov, a été blessé et fait prisonnier en 1942. Pour continuer la lutte contre l’ennemi, il s’est engagé dans la légion Idel-Oural créée par les Allemands et y a monté un groupe antifaciste. Arrêté par la Gestapo au début de 1944, il a été exécuté en août suivant dans la prison de Pletsenzee à Berlin.

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15 février 2019

Kazan, le carrefour des religions

Hélène a entendu un homme dire qu’il s’est baigné dans la Volga… et elle est partie au trot en faire autant avec son appareil "éspécial" submersible ! Son eau est plus claire que celle de la Loire...

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A 19 h, nous sommes invités à visiter la passerelle et un jeune officier qui ne parle que russe explique et répond aux questions posées, avec l’aide de Lisa, la jeune fille qui s’occupe de notre groupe. Nous serons autorisés à voir la salle des machines ; 3 moteurs de 900 cv et des moteurs latéraux (propulseurs d’étrave) qui permettent de maîtriser la manoeuvre  à quai. Le bateau a été construit en Autriche en 1977, ce qui n’en fait pas un perdreau de l’année !

Le fauteui l du cap'tain est pour l'heure inoccupé, mais personne n'a osé s'y installer !

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Nous serons demain à Kazan, où l’étape durera moins de quatre heures !

Samedi 15

Nous avons changé de fuseau horaire et nous devrions avancer nos montres d’une heure… mais pour ne pas risquer d’impair, nous continuerons de vivre à l’heure de Moscou.

Kazan est la capitale de la République du Tatarstan, et est traversée par deux fleuves : la Volga et la Kazanka. Ici, le nom de la ville se prononce Kasagne qui signifie « chaudron ».. Elle a été fondée en 1005 par des Bulgares ou par les Tatars de la Horde d’Or. Au XVe siècle, elle fut la capitale d’un khanat (royaume) tatar à la suite de l’éclatement du territoire de la Horde d’Or. Yvan le Terrible annexa le pays dans des conditions effroyables pour la population qui fut massacrée ou déportée pour ceux qui survécurent. Cette conquête a été la première annexion par l’Empire russe d’un territoire peuplé de non-russes. Alexandre, le guide de Moscou, disait qu’il était de bon ton dans la noblesse impériale, de se revendiquer d’ascendance tatare… Allez comprendre !

Jocelyne me précise : Ce n’est pas tout à fait ça. Ivan a mis fin à l’occupation tatare qsui durait depuis 300 ans. Il n’a rien annexé du tout (tout étant relatif, c’est un peu la même chose avec la Crimée qui a toujours été russe)

Kazan a sûrement été magnifique, mais nous n’avons pas visité les vieux quartiers. Le Kremlin en briques rouges rappelle celui de Moscou et il est inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité. Il abrite la cathédrale de l’Annonciation, la plus ancienne construction du Kremlin, et une magnifique mosquée construite en 2005. Il faut savoir que Kazan est le centre religieux musulman de Russie. Les religions les plus représentées sont le christianisme orthodoxe et l’Islam, mais aussi des minorités catholiques, juives et bahaïstes ( ?). La ville est réellement le carrefour où se rejoignent  l’Orient et l’Occident.

C’est aussi une ville universitaire où étudia Lénine… pendant 3 mois.. Une statue en bronze le représente jeune et chevelu, dans un petit square devant l’Université.

Lénine jeune

Notre guide de Kazan s’appelle Alina, est musulmane et parle 4 langues et demi. La demi-part, c’est le français, qu’elle maîtrise très mal. Elle fait ce qu’elle peut, lit dans un cahier, confond la droite, la gauche, et « tout droit »… Elle est difficile à comprendre et Lisa finit par prendre le relai au grand soulagement d'Alina...

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Devant le kremlin, la statue en bronze d’un homme se libérant de fils barbelés mais les mains encore entravées symbolise la liberté retrouvée.

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Quel dommage que depuis le haut du belvédère, le regard soit encombré par des toitures de tôle qui ne masquent qu'en partie un parking presque vide !

 

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11 février 2019

A toute serrure une clé

A toute serrure, une clé

A toute serrure, une clé

Dix mots à caser, histoire de trouver des serrures à ces clés...

Jeanne jubilait en se rendant au parloir : elle avait encore en tête l’éclat des échos de la symphonie qu’elle écoutait tardivement en douce au dortoir et elle était certaine que la Bonne Mère qui l’avait convoquée dans son bureau allait monter sur ses ergots et qu’elle, la pensionnaire rebelle, allait encore passer un sale quart d’heure…

Elle ne fut pas déçue : le regard dur que la directrice fixait sur elle n’augurait rien de bon

« Trouvez-vous cela correct Mademoiselle, de profiter de l’influence que vous exercez sur vos compagnes pour les contraindre à partager vos goûts en matière d’une musique qui les empêche de dormir ? Vous serez consignée ce prochain dimanche »

Jeanne n’écoutait plus… elle regardait sans la voir la tenue religieuse de son interlocutrice, et la bordure blanche sur laquelle tranchait un cordon grenat au bout duquel dansait un trousseau de clés

Ce trousseau contenait celle qui ouvrait une mystérieuse porte que Jeanne avait toujours vu soigneusement close. Une onde de colère la traversa soudain et elle se jura qu’un jour prochain, elle irait la fracasser afin de savoir enfin ce qu’y cachait la  direction du pensionnat ! Elle finirait bien par trouver l’idée qui ferait que la Bonne Mère ne puisse prendre d’autre décision que de l’exclure définitivement : Jeanne ferait en sorte de commettre quelque chose d’impardonnable en laissant assez d’indices pour qu’il soit aisé de trouver la clé de l’énigme et l’identité de la fautive.

Car Jeanne ne souhaitait qu’une chose : braver les interdits, TOUS les interdits, afin d’être renvoyée de cette boîte où elle étouffait et prendre la clé des champs !

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04 février 2019

Miss Sarah est en colère

La colère

 

Mais qu'a donc bien pu écrire Saul Smitger à Miss Sarah

pour que celle-ci soit si en colère ?...

Je compte sur vous pour enquêter. Vous ragoterez lundi !

Hors d’elle, Miss Sarah trépigne, hurle, et je n’ai pas encore compris pourquoi. Elle habituellement si douce, si calme a ce matin refusé de me laisser la coiffer et  donner à sa chevelure les cent coups de brosse quotidiens. Elle vomit le nom de Lord Smitger (elle dit Saul, mais personne d’autre que lui ne porte ce prénom) et le voue aux gémonies. Qu’a-t-il pu écrire qu’il la mette dans un tel état ? La lettre froissée est en boule sur le tapis, mais Miss Sarah s’en est saisie avant moi lorsque j’ai voulu la ramasser… 

D’un geste désinvolte qu’elle n’a jamais eu auparavant, elle m’a congédiée entre deux sanglots, moi sa camériste, disant qu’elle n’avait plus besoin de moi avant ce soir au coucher.   

Dans le corridor, Mrs Johnson, la gouvernante sortait juste de la chambre de Madame la Comtesse ; elle semblait désemparée d’entendre Miss Sarah crier aussi fort, mais elle a fait semblant de rien en me croisant. Il faut dire que Mrs Johnson est à ce point rigide qu’elle pense qu’imiter les attitudes de la haute société qu’elle côtoie depuis ses jeunes années lui donne une distinction digne d’une lady. Je l’aime bien, parce qu’elle est gentille et indulgente avec nous le petit personnel, mais pourquoi se tenir aussi raide et compassée ? Visiblement, elle connaît la raison de l’emportement de notre jeune Miss Sarah, mais il ne faut rien espérer de son côté pour avoir la moindre idée de ce qui lui arrive.

Bouche cousue est sa devise.

Dans le petit salon, j’ai croisé Mister Lewis, le majordome qui sert la famille depuis plus de trente ans. Il m’a fait signe de me taire en désignant le valet de Monsieur le Comte et la fille de cuisine qui nettoyait les cendres de la cheminée. Visiblement, il me croit dans le secret alors que j’ignore tout, mais je préfère lui laisser ses illusions.

En revanche, Edward, le valet de chambre de Lord Smitger, a longtemps travaillé à Grosvenor Manor avec Peter, notre laquais, et il suffit d’attendre dimanche prochain pour qu’avant la messe, ou après, les deux amis se retrouvent et la clé du mystère nous sera donnée…

 §

 Je me suis trompée, Edward n’a pas mangé le morceau…

Hercule Poirot saura-t-il le faire parler ?   

 

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30 janvier 2019

La Tchouvachie, vous connaissez ?

Vendredi 14

Cheboksary est la capitale de la Tchouvachie, dont j’ignorais alors jusqu’à l’existence. Le programme qui habituellement, donne clairement les caractéristiques du lieu que l’on traverse, est quasi muet pour cette ville.

J’ai décidé de rester à bord, et d’autres que moi ont fait le même choix. J’ai feuilleté à la bibliothèque un livre sur Albert 1er roi des Belges (dit le Roi-soldat) en pensant à Bernard, mon gendre unique et préféré, qui est sujet de son descendant Philippe 1er.

Michel Laclos a été le compagnon de cette matinée, et si je n’ai pu finir la grille 16 avec des mots que je ne connais pas (c’est rare chez lui), j’ai terminé la 17 en cinq sets. Hélène est revenue un peu déçue de la visite, mais ils ont rencontré dans son monastère un moine français qui leur a fait son numéro en leur racontant son histoire, que Jocelyne soupçonne en partie imaginée. Il est Vendéen et Luc ira voir sa famille à son retour en France.

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Je ne suis pas d’accord écrit Catherine car il est connu et reconnu, et son parcours est vrai

- Tu n’as rien perdu…  me dit Hélène à son retour...

Il y a eu une blessée qui va désormais se déplacer en chaise roulante à l’extérieur et avec des cannes visiblement trop courtes pour elle : France s’est fait (donné) une entorse et avec Catherine, elle a pu à son corps défendant, tester la qualité des soins hospitaliers de la Tchouvachie !

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France précise : En visitant la Russie sous un autre angle au cours de mon trajet en taxi, mon attention a été attirée par de gigantesques canalisations munies de leurs robinets non moins géants, courant le long des trottoirs, enjambant les rues, permettant aux piétons de traverser en passant en dessous. Première pensée : pétrole ? Mais renseignement pris auprès du chauffeur, ce sont les canalisations d'eau chaude de la ville. leur cheminement est pour le moins original.

 La cheville de France est plâtrée et le diagnostic incertain.

Une excursion est proposée pour voir le réservoir de Cheboksary qui est un lac de retenue achevé en 1982 pour alimenter une usine électro-électrique et permettre de réduire les inondations. Il faut une heure en car pour y parvenir et autant pour le retour. Quant à ceux (les plus nombreux) qui n’ont pas choisi l’option, ils iront se balader en ville ou ils verront la deuxième partie du film sur les Romanov, écouteront un concert de piano ou encore se brancheront sur la wi-fi qui n’est opérationnelle qu’à un endroit précis du bateau après une connexion compliquée, et encore lorsque le bateau est à proximité d’une ville.

Pas de suspense hélas ! pour la fin tragique de la famille impériale et l’assassinat de Raspoutine, devenu le vrai maître de la Russie. Ce dernier avait pressenti que sa vie était menacée ; il avait écrit au tsar : Si je devais succomber par un membre de ton entourage, sache que toi et tous les tiens, je dis bien tous les tiens, vous mourrez tous avant deux ans.        Grigory

Etrange prédiction… ou prémonition ?

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29 janvier 2019

Nijni Novgorod et Jules Verne

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Première impression : la ville est verte, avec de grandes zones plantées de peupliers et de bouleaux d’où émergent quantité de bulbes dorés.

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Le Kremlin n’a aucun intérêt mais le boulevard en corniche offre un panorama inoubliable sur la ville et au-delà. Un monument en hommage à Jules Verne a été érigé il y a peu de temps : un ballon en bronze dont la nacelle est occupée par l’écrivain lui-même. La ville a voulu rendre hommage à l’auteur de Michel Strogoff, le hérosqui doit avec mille difficultés arriver à la grande foire de Nijni Novgorod.

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Mais le grand homme de la ville reste Maxime Gorki, qui y est né et dont la ville porta le nom de 1932 jusqu’à la perestroïka. Sa modeste maison natale a été restaurée et préservée.

Maison natale de Gorki

Nina ajoute ce qui suit : Désormais, Jules a sa statue en Russie. Elle a été inaugurée le 27 septembre 2015 à Nijni Novgorod. Première statue élevée à Jules Verne en Russie ! La sixième qui lui soit consacrée dans le monde. « La ville où Strogoff… » On se pose légitimement la question : et pourquoi donc à Nijni Novgorod ? Si le miracle s’est produit, pourquoi s’est-il produit dans cette bonne ville pourtant si éloignée de France et de Jules Verne lui-même ? Il est important de s’y retrouver. Tous les admirateurs de Verne, qu’ils soient Russes ou étrangers savent que le père de la science-fiction ne s’est jamais rendu en Russie. Et précisément, lorsque l’on vous demande de nommer le lieu, qui dans notre immense pays, aurait une relation si petite soit-elle, avec Jules Verne, vous êtes dans l’embarras. Ou bien ces lieux sont nombreux, ou bien il n’en existe pas du tout. Ca et là on retrouve des itinéraires ou une voie de chemin de fer fantasque, par endroits, on retrouve des lieux décrits par Jules Verne et rapportés par des témoins oculaires, il y près de 150 ans. Les gens qui ont décidé de lui élever un monument ne se sont pas posé tant de questions pour choisir le lieu. Ils ont simplement décidé que ça serait à Nijni Novgorod. Puisqu’un immeuble nommé Jules Verne doit bientôt sortir de terre, alors c’est ici que doit se dresser son monument ! Soulignons au passage que le promoteur de ceprojet immobilier est accro à Jules Verne. Aussi de sa part il faut y voir plutôt de l’amour pour le monde captivant du conteur d’Amiens qu’un calcul froid et intéressé.

Cependant, Nijni Novgorod n’est pas non plus un point géographique pris au hasard sur la carte de la Russie. Jules verne y est apparu parce que c’est la ville où Michel Strogoff achève son voyageen chemin de fer et embarque à bord d’un bateau à vapeur sur la Volga.

Nijni était autrefois fermée aux étrangers. Elle portait le nom de l’écrivain Maxime Gorki, l’enfant de la région. Ses statues sont partout comme l’est le nom de Jules Verne à Nantes.

Nijni fait sa publicité en françaius sur le Courrier de la Russie. Les articles laissent comprendre que Nijni et sa région, font des efforts pour accueillir les investissements étrangers en simplifiant leurs démarches administratives. La ville défend sa position géographique et des traditions commerciales.

Au dîner de pirates, très peu de convives ont accepté de jouer le jeu… mais nous quatre avons relevé l’honneur du groupe en faisant l’effort de nous ceindre la tête d’un foulard, et en sus pour nous deux, pull marin et pantalon corsaire. Hélène en outre, arborait sa bague « tête de mort » pour corser l’affaire !IMG_20180913_1917386

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Posté par bourlingueuse à 15:06 - - Commentaires [6] - Permalien [#]