La Bourlingueuse

11 mai 2012

Avant le départ...

Demain matin avant l'aube, je serai en route pour le Texas via Amsterdam, KLM étant le moins cher pour Nantes-Dallas, et à partir du moment où je ne dois pas pédaler dans l'avion... je privilégie la meilleure offre !

Mon muguet du 1er mai m'a bien désappointée : le bouquet que je vous avais offert a embaumé mon bureau pendant l'après-midi, mais très vite, n'a plus rien senti, et dès le soir, les clochettes ont commencé à se ratatiner. J'ai dû le jeter dès le lendemain ! C'est la première fois que cela arrive. Néanmoins, je vais cueillir ce soir ce qui reste pour l'offrir à Scottie et Joyce mes amies Texanes, bien enveloppé dans une boîte fraîche.

J'emporte trois de mes "oeuvres" avec moi. J'ai terminé rapidement un panorama depuis Montmartre sur les toits de Paris. J'y ai fait fumer des cheminées pour donner à la toile le style "vieux Paname" qu'affectionnent mes amis, et automnisé les feuilles des arbres. Contrairement à ce que laisse penser la photo, ma Tour Eiffel ne penche pas ! J'ai un peu moins "léché" ma toile, faute de temps.

Tabl 72 Regard sur les toits de Paris  

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01 mai 2012

Soleil captif !

La tempête s'est calmée, mais elle a échevelé les glycines éparpillées sur le sol. En ce 1er mai, j'ai voulu aller au jardin entre deux averses pour cueillir le muguet qui y pousse librement dans divers coins de mon petit domaine, et que je voulais vous offrir. Las ! le mauvais temps a dû retarder sa floraison, puisque je n'y ai trouvé que ces quelques brins (les rachitiques, je n'ai pas voulu les cueillir). Les voici donc, avec en prime un bourdon qui est venu se poser quelques secondes et puis s'en est allé...

DSCN4910

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Afin de mettre le coup de pinceau final à la dernière toile en chantier, j'ai modifié ma petite sirène dont le bras replié pouvait prêter à confusion, et j'ai cerné de bleu la boule de verre dans laquelle nos deux adolescents ont capturé le soleil... Le ciel plus ocré laisse le blanc de la boule plus net (le contraste apparaît davantage sur la toile)

Tabl 71 Jeux de lumièreTabl 71b Jeux de lumière

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25 avril 2012

Toujours des reflets !

J'ai repris les pinceaux... oui ! mais au ralenti, comme vous pouvez le voir !  Deux ados jouant sur la plage avec les rayons du soleil dans une boule de verre qu'ils tiennent entre leurs mains et les reflets de la mer m'ont inspiré cette toile. Bien que je l'aie signée, elle me semble incomplète, et je compte sur vous mes amis pour me dire ce que vous en pensez... et, par votre oeil critique, me permettre de l'améliorer. Je compte l'emporter pour l'offrir à mon amie Joyce de Dallas qui m'a invitée à l'accompagner pour une randonnée de trois semaines à travers les états du Sud. Vous reconnaîtrez (peut-être) la petite sirène qui a quitté pour l'occasion son rocher de Copenhague, mais sont j'ai dû modifier l'attitude pour qu'elle joue avec le soleil.

Tabl 71 Jeux de lumière

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27 mars 2012

J'ai repris les pinceaux !

Il y a longtemps que je n'avais ouvert cette rubrique... Comme toujours, j'ai aimé essayer de saisir les reflets de la lumière, et cette fois à travers de bouteilles. Si le fond du flacon bleu vous paraît bancal, c'est que ma photo a été prise sous un mauvais angle. J'ai essayé Photoshop, mais j'en Tabl 70 Bouteilles et fruitsai visiblement perdu le mode d'emploi !

 

 

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24 mars 2012

De Fort Lauderdale à Nantes où finit le voyage...

67 –Fort Lauderdale–Miami  -New York

Samedi 12 mars 2011

DSCN3268DSCN3277Après l’ultime breakfast sur le bateau, notre carte-clé sert une dernière fois pour enregistrer que nous ne sommes plus à bord. Desembarkement réussi.

Hans l’ingénieur chargé de la maintenance du Prinsendam qui a partagé notre table durant trois soirs, nous avait prévenues que le plus gros cruiser du monde serait à quai à côté de nous. La monstruosité annoncée est là : plus de 10.000 personnes s’entassent sur ce navire, passagers et équipage. Une ville flottante ! Il est flambant neuf et semble d’un luxe inouï. Je n’ai pas assez de recul pour le photographier en entier.

Notre bus n’est toujours pas là, et je décide d’en prendre un autre qui me conduira directement à Miami Airport, Joyce pense aussi que c’est la meilleure solution. Nous tombons dans les bras l’une de l’autre pour se dire « au revoir » et non adieu… Nous nous reverrons en juillet prochain chez moi à Nantes, mais aucune de nous ne le sait encore.

Des boutiques de bagages, ce n’est pas ça qui manque à l’aéroport. Mais la situation d’urgence dans laquelle se trouvent les voyageurs qui en ont besoin a fait monter les prix. La moins chère des grrrrandes valises qui me sont proposées est à 135 $. Je paierai peut-être moins cher en excédent de bagages et je ne reviendrai au magasin qu’au cas où je dois payer plus. Une balance qui affiche au choix le poids en pounds ou en kilos me fait voir la dure réalité : valise 27 k, sac 13 k ! Et j’ai laissé 3 paires de chaussures et 3 vêtements… Dejean le Haïtien de l’enregistrement qui, me sachant française, m’a d’emblée tutoyée, est adorable. Il me fait un forfait de 50 $ pour les 17 kilos en trop et le sac supplémentaire (deux bagages au lieu d’un)… Je lui avais parlé d’Antoine, bien sûr, et il m’a fait économiser 85 $ sur le prix d’une valise ! Antoine est l’aîné de mes petits-fils, volontaire à Haïti depuis le séisme de janvier 2010… et il y est encore à ce jour !

DSCN3285L’avion pour New York JFK part à l‘heure, et la nuit est tombée lorsqu’il survole la « Grosse Pomme » en robe du soir pailletée. Difficile de situer ce que je vois du hublot, mais les ponts de Brooklyn et de Manhattan sont repérables, même si je n’ai pu apercevoir la statue de Miss Liberté.

Porte A12 pour Paris ; une heure et demie d’attente me laisse le temps de flâner. L’heureDSCN3304 de check in (8.15 h) est bientôt dépassée et rien ne se passe… Je ne suis pas inquiète, puisque j’ai près de trois heures de délai entre l’arrivée à 10.30 h à CDG et le départ du train à 13.18 h. Toujours rien à 9.00 pm qui aurait dû être l’heure du décollage. Personne ne pose de questions, j’entends parler français (surtout des jeunes). On ne s’impatiente pas. J’ai mes mots croisés et je laisse passer le temps. Ah ! Une annonce : l’avion est à la porte D22, assez loin. Je demande à y être conduite en voiture électrique, et je m’en félicite vu la longueur du trajet et l’encombrement de mes deux sacs. Porte 22, l’attente continue jusqu’au-delà de 10.00 h où je suis invitée à entrer la première dans l’appareil, un 757. Une seule hôtesse à la porte, et une autre tout au fond de l’appareil. Curieux, mais je le remarque sans y penser vraiment. Les passagers ont fini par s’installer. Tout le monde est assis, ceinturé, on n’attend plus que le film qui va nous montrer comment utiliser les masques à oxygène et le toboggan qui peut servir de canot de sauvetage… Toujours les deux hôtesses, des bruits nous parviennent du ventre de l’appareil. De mon hublot je ne vois rien d’anormal, mais les bruits persistent et je sens bien que la maintenance est en action. Une voix masculine annonce le départ dans 30 mn, mais cela va durer jusqu’à plus de minuit où, après une annonce en anglais qui indique que le vol va durer 7.04 h, j’ai déjà compris que je n’aurai pas mon train ! Une voix française nous remercie de notre patience, mais ne dit rien de ce retard prolongé. New York a déroulé pour nous toutes ses lumières, et une troisième hôtesse, la chef de cabine, a fait son apparition. Je n’ai rien mangé depuis le sommaire breakfast du matin, et je lui demande un plateau, puisque la plupart des passagers ont entamé leur nuit ; elle me rassure, disant qu’on allait servir soon.

 

68 – New York – Paris - Nantes

13 mars 2011

Il est 1 h à NYC et 7 h du matin en France lorsque les plateaux sont enfin distribués à ceux qui ont ouvert un œil. Mes deux voisins, ainsi que ceux de devant, ont dormi sans dîner. Je dormais aussi lorsque l’hôtesse m’a réveillée pour me reprendre le plateau, mais j’ai pu sommeiller deux heures ou plus avant que mon jeune voisin asiatique de dix ans ne me sorte des bras de Morphée en tapant sur son ordi où des guerriers crachaient le feu. Nous survolons la terre, peut-être l’Espagne, j’attends la fin du film pour savoir où nous sommes : au-dessus de l’Angleterre. Le petit déjeuner est alors servi, et je calcule que l’avion a repris un peu de son retard initial. Il est 12.43 h lorsqu’il se pose, et j’aurais pu avoir le train si je n’avais eu de bagages. Mais l’appareil est très loin de son point habituel me dit un jeune steward. Le personnel de Roissy se demandait les raisons d’un tel délai et DSCN3308l’avion a dû s’arrêter tout au bout du bout de la piste. Si mes bagages avaient été enregistrés à Miami parmi les premiers, ils ont transité par JFK, et ils quand ils arrivent enfin… mon train est déjà parti ! Mon billet, pris en décembre, coûtait 22 €. Les deux trains suivants sont complets et je dois attendre 18.25 h et voyager en 1ère classe à 116 € que je suis bien décidée à me faire rembourser par American Airlines, avec en prime, le préjudice d’avoir attendu à JFK et à la gare de Roissy pendant de longues heures, où je me suis glacée par le manque de sommeil et de nourriture… Je recevrai de la compagnie un voutcher de 200 $ que je n’ai pas utilisé mais dont j’ai fait cadeau !

Nous sommes le 13 mars, j’en suis à mon 70e jour de voyage… et pas le plus plaisant. Merci AA !

L’attente est longue à la salle d’attente de Roissy-gare et je lutte contre le sommeil d’autant plus que des annonces préviennent les voyageurs que des escrocs rôdent dans les lieux. Des micro-périodes d’assoupissement me laissent hébétée au réveil…

Enfin le TGV… qui va stopper en rase campagne et repartir au ralenti. Encore un sanglier ? Ce serait un gros problème pourla SNCF…

C’est si bon de se retrouver chez soi… et de préparer le prochain voyage !

 

 

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20 mars 2012

65-66 - Mer des Caraïbes - la fin du voyage

Jeudi 10 mars 2011 

Mer des Antilles – en mer

Nous avons atteint les 16.900 knots = 31.298,8 km. Il reste 700 et qq miles à faire jusqu’à l’arrivée à Fort Lauderdale (Floride).

DSCN3174DSCN3173Culinary Arts Center : Lorna Yee propose deux plats, dont un seul a pour moi de l’intérêt. Ses boulettes de viande nagent dans l’huile de friture et ne sont pas à mon goût. Mais ses amuse-gueules en pâte feuilletée, jambon de parme et parmesan peuvent faire le régal d’invités.

Je vais commencer ma/mes valises/sacs, car il va bien falloir faire le tri entre ce que je laisse et ce que je vais devoir rapporter sans dépasser les 23 kilos que m’octroient les American Airlines. Le tri est drastique, mais je serai sans doute overweight malgré tout ce que j’ai jeté. Je dois absolument acheter à Miami Airport une très grande valise dans laquelle je glisserai la mienne plus le sac de voyage offert par HAL. Ce qui excédera le poids autorisé, je le mettrai dans un sac de cabine… si je peux !

DSCN3176A la classe de watercolor, je n’ai pas revu ma « cliente » qui est venue deux fois auparavant me rendre visite. J’ai mis le coup de pinceau final à la cascade dans un creux de rocher. En faire plus n’améliorerait rien. Depuis quelques semaines, une jeune femme d’Hawaï vient s’asseoir près de moi pour améliorer son français de débutante. Elle m’a dit que son mari et elle avaient dû rentrer plus tôt de leur visite d’Oranjstad afin de pouvoir assister à la messe du Father Leary en cet Asches Wednesday. Je l’y avais aperçue et son recueillement m’avait frappée. Qui, dans mon entourage serait capable de quitter un lieu de délices pour assister à une cérémonie religieuse le Mercredi des Cendres?

DSCN3186Le captain nous reçoit à partir de 7.30 pm dans le show-room pour la Farewell Party (Soirée d'adieux), mais dès 7 h Joyce est déjà sur place. Lorsque j’y arrive à mon tour à 7.18 h le pacha et Beth en élégante robe du soir grise accueillent les arrivants (sans serrer les mains !) et le champagne est servi. Je retrouve Joyce entourée de ses quatre danseurs qui sirotent champagne ou vin rouge pendant que des couples dansent en attendant le speech du capitaine. Il monte sur scène à 7.40 h, dit que sur le bateau il y a à ce jour 28 nationalités différentes ! La Tourde Babel… Il raconte aussi que, il y a quelques années, croisant déjà sur le Prinsendam sur un trajet de Buenos-Aires à Valparaiso, il s’était trouvé pris dans une tempête énorme qui secouait le navire, mais, suivant la route, il tenait absolument à passer par le Cap Horn pour que ses passagers puissent au moins l’apercevoir… et puisque c’était l’itinéraire prévu, il devait « suivre son cap ». A Valparaiso, il contacta un autre bateau de croisière qui avait fait la même route, et demanda au capitaine comment il s’en était tiré dans la tempête. L’autre pacha répondit qu’il avait pris le Strait of Magellan qui était au calme, avait choisi une île et avait déclaré aux passagers : « C’est le Cap Horn ! »… Notre captain Van Halle avoue qu’il n’y aurait pas pensé !

Firmin, l’hôtel-manager raconte ensuite un boniment sur ce que devrait trouver un touriste dans un monde idéal. C’est très drôle, même si je n’ai pas tout saisi, mais je lui en ai demandé une copie.

DSCN3199Le dîner « formal » voit tous nos gentlemen en nœud pap’ et les ladies en robe du soir qui ont sorti leur quincaillerie du coffre-fort de leur cabine. Le homard Thermidor (en fait une demi-langouste des Caraïbes) est curieusement servi avec une tranche de filet de bœuf (dont Diana déclare que c’est de la viande à pot-au-feu) accompagnés de carottes, de haricots verts et de purée… La gastronomie prend parfois d’étonnants détours. Comme je lui dis qu’on ne sert pas en France de homard avec de la viande, elle m’affirme le contraire en disant qu’on en mange partout ! La sauce de bœuf couvre le fond de l’assiette, mais c’est par la langouste-homard que je termine, en évitant de le « contaminer » de jus de viande.

DSCN3211On ne nous a pas présenté la carte des desserts, et une assiette a été posée devant nous… Les lumières se sont éteintes, et  les serveurs défilent, portant des plats d’où sortent des lumières colorées. Ils font le tour de la salle, tandis qu’arrivent par l’autre côté les pâtissiers du bord, sous les applaudissements des passagers… qui font tourner leurs serviettes ! Le dessert de ce soir a pour nom « Alaska dessert ». C’est une omelette norvégienne, qui aurait dû s’appeler « Antarctic dessert » non ? Yohat a rajouté des cherries flambés (en français sur le menu) pour ceux qui le souhaitent. La mienne, « mon » omelette norvégienne, n’est pas simplement recouverte de meringue trop liquide, mais d’un vrai mélange de blanc d’œuf battu auquel j’ajoute les jaunes sucrés, vanillés (éventuellement rhumés), une fiche couche qui est cuite et dorée au sortir du four. C’est autre chose… Donc, en plus du beurre blanc, je peux aussi proposer ma recette d’omelette norvégienne flambée au rhum des Antilles (et ma glace vanillée maison), avec en prime le homard à l’américaine si le chef cook en a entendu parler.

DSCN4882DSCN3213Les 3 Horizons, ce trio de chanteurs-danseurs from Harlem recueille tous les hourras qu’il mérite.

Sur le lit est posé l’ultime cadeau de cette croisière : une assiette en faïence de Delft décorée de la carte des Amériques et notre périple de 66 jours. Comment rajouter ce paquet à des bagages déjà obèses ?

To-morrow is another day (demain est un autre jour) disait déjà ma copine Scarlett O’Hara dans Gone With The Wind (Autant En Emporte Le Vent).

Une heure de plus à dormir…

 

66 – Mer des Caraïbes – en mer

Vendredi 11 mars 2011

Le bourrage de la valise devient critique… mais la TV que j’ouvre sur CNN m’apprend le terrible tremblement de terre qu’a subi le Japon, où un tsunami a fait des centaines de morts, que la Californieet l’Oregon ont eu des dégâts considérables, et qu’Hawaï est en alerte pour les mêmes raisons. La TVdonne en boucle des images terrifiantes…

DSCN3229Au théâtre, Champagne Mimosa Crew Farewell est l’adieu que nous fait tout le personnel du bateau qui défile, depuis les  artistes, tous les musiciens, l’orchestre, les danseuses/danseurs, le personnel administratif, les serveurs, cuisiniers et jusqu’aux stewards qui arrivent avec leurs aspirateurs. Ils sont bien 150 sur la scène et il en manque beaucoup plus Les dernières instructions nous sont données pour un débarquement sans problèmes. J’avais espéré pouvoir être conduite à l’aéroport de Miami par une navette de la compagnie, mais mon vol est à 2.55 h et ce transfert n’est possible qu’après 3.30 h.

Je suis à essayer de me connecter (il me reste 9mn) pour lire la confirmation de mon vol sur laposte.net, mais c’est la galère : laposte se dérobe et j’ai juste eu le temps de lire une partie du message de Pierre… Joey me crie en passant « Où étiez-vous ? C’est à la cuisine que tout se passe ! ». J’avais oublié que le concours de recettes avait sa conclusion aujourd’hui, et c’est un homme du Kansas qui a gagné avec un tajine d’agneau (d’Afrique du Nord). Mon foie gras au sel n’a pas été retenu. Quand à la gibelotte de lapin… il y a encore trop peu d’amateurs pour oser y goûter aux USA ! Quant au beurre blanc nantais, il est imprimé par erreur qu’il faut 50 grammes  de beurre pour six personnes, alors que c’est la dose pour une personne et la cuisinière généreuse ajoute une dose DSCN3237de plus « pour la saucière », soit 350 gr.

DSCN3204J’ai juste le temps de filer au Lido où un Grand Gala Buffet est proposé, d’abord aux objectifs, ensuite aux palais. J’y retrouve Dean qui a retenu une table pour deux qu’il me propose de partager… Je suis surprise de le voir si disert (à table, il ne parle pas très fort et je ne l’entends pas) je comprends pratiquement tout ce qu’il dit, mais ce qui me stupéfie, c’est son incroyable capacité d’absorption. Moi qui le croyais un ascète ! Nous avons beaucoup parlé, et j'ai découvert un homme blessé, dont la seule femme qui a compté pour lui est morte il y a juste un an : sa DSCN3239DSCN3243mère centenaire. Il parle avec pudeur de sa vie, de son activité professionnelle dans un resort de luxe près de Toronto où il a commencé à 18 ans comme aide-jardinier et où il a fini sa carrière comme chef manager. Après deux pleines assiettées de king crabe, il a repiqué abondamment aux desserts !

 

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DSCN3264DSCN3267Je suis allée au casino dépenser les "quarters" qui me restent (1/4 de dollar). Comme prévu, j'ai été rétamée en quelques minutes, mais c'était là le but de l'affaire !

Les valises s'alignent sagement dans la coursive : elles seront bientôt rassemblées avant le débarquement de demain matin, où nous les retrouverons groupées par destination. Pour moi, l'aéroport de Miami, pour Joyce celui de Fort Lauderdale etc... D'autres voyageurs ont laissé leur voiture et reprendront la route jusqu'à leur "home, sweet home". Je n'ai pu résoudre mon éternel problème, qui est pour moi la quadrature du cercle : comment tout rapporter ?

 

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16 mars 2012

63-64 - Mer des Caraïbes et île d'Aruba

Vous avez compris que la vidéo de la traversée du Canal de Panama a pu être mise directement sur le blog grâce aux conseils avisés de l'ami Marcel le Ch'ti, qui sait se rendre disponible pour me tirer d'affaires. Grand merci ! 

63 – Mer des Caraïbes – en mer

Mardi 8 mars 2011

Depuis hier soir, j’essaie en vain de me connecter à Internet… Bernique ! Si je n’y parviens pas du bateau, j’irai demain au terminal du port pour expédier mes mails. J’y suis encore à pester contre la lenteur du processus, et DSCN2966DSCN2969quand je crois avoir décroché la timbale… pfuittttt ! c’est parti !

Onze heures et je devrais être déjà au Culinary Center où Lorna Yee, jeune « chef » chinoise doit faire une démonstration d’un plat de pâtes aux quatre fromages avec lequel elle a gagné un concours prestigieux, et un dessert au chocolat… Décidément, rien de sensationnel. Je préférais la cuisine inventive de Marisol.

Je tire des plans sur la comète pour savoir comment rapporter mes bagages, et décider de ce que j’abandonne.  Puisque je n’ai droit qu’à un seul bagage, le mieux est que j’achète à l’aéroport de Miami une très grande valise, dans laquelle je mettrai celle de l’aller + le sac de voyage dela Holland AmericaLine. Celui, plus petit, que j’ai acheté à bord devrait pouvoir m’accompagner en cabine avec les choses excédant les 23 kilos auxtorisés. Une femme m’a cependant conseillé d’aller me renseigner au service du deck 4 qui s’occupe d’expédier par Fedex les bagages dont les passagers ne veulent pas s’encombrer.

DSCN3176L’aquarelle commencée ne rend pas ce que je veux (un coin de canyon de roches rouges encaissé avec une petite cascade). Il faut que je contraste davantage, mais je devrais pouvoir l’arranger à mon goût.

Le dîner est sur le thème « chapeau de Panama ». N’ayant pas les miens restés en chambre froide dans leur coffret, nous allons prendre celui de Mexico trouvé sur nos lits. Mais la plupart des participants sont coiffés du « vrai de vrai », même si ceux de noDSCN2983s DSCN2977serveurs ne portent pas sur le ruban intérieur l’estampille Equator (seraient-ils des imitations made in China ?). Solé vient nous faire un pliage savant dont il tire un poisson avec une feuille de menu. Il recommence pour moi la démonstration que je filme. Il a un visage d’adolescent, et comme nous lui avions demandé son âge, il avait répondu : « sixteen » (seize ans), ce qui n’avait étonné personne. Puis il a fini par nous montrer qu’il est né en 1978 et qu’il va avoir 33 ans ! Il nous a bien eus…

Le show d’aujourd’hui a été une totale réussite : Brad Cummlings est un ventriloque avec trois DSCN2989faire-valoir auxquels il a fait dire des choses que j’arrive à comprendre. Le principal partenaire est un bébé dinosaure qu’il sort de sa coquille, qui cherche à être adopté et le demande à la cantonade. Je suis un moment sur la sellette, mais le choix définitif est un certain John, qui a fini par être assis sur l’un des genoux du ventriloque qui n’a plus son dinosaure (puisqu’il a été adopté). John, donc, doit le remplacer. Bien entendu, ils s’étaient entendus auparavant, car le numéro hilarant, a été parfait, John ouvrant la bouche au bon moment pour donner l’illusion qu’il donnait la réplique.

Ils ont eu les applaudissements qu’ils méritaient. 

Chacune trouve sur son lit des sangles de valises qui devraient faciliter le bouclage des bagages.

Une tentative d’ouvrir Internet se solde encore par un échec, et c’est déjà le 9 mars en France…

 
Solé... qui n'a pas 16 ans !

63 – Mer des Caraïbes – en mer

Mardi 8 mars 2011

DSCN2993DSCN2996Joyce est levée depuis 6 h, le bateau est encore en mer, et le départ de la visite d’Aruba (dont Oranjestad est la capitale) n'est prévu qu'à 8.30 h. Heureusement, elle est revenue à la cabine un peu avant 8 h, car j’étais encore à m’acharner à décrocher Internet… Oranjestad vient du nom de la famille d’Orange, les souverains des Pays-Bas, et Beatrix est représentée par un gouverneur, qui, pour la première fois, est un natif d’Aruba.

Le sable blanc des plages est d’origine corallienne, mais la côte nord est rocheuse et rappelle la pointe des Châteaux guadeloupéenne. Le phare qui jusqu’en 1961 fonctionnait au gaz, a été électrifié, mais ne sert plus que comme vigie. Le GPS l’a rendu obsolète, comme presque tous ses semblables.

DSCN3019Une explDSCN3001oration dans un bateau à coque percée de fenêtres qui navigue sur les fonds marins poissonneux donne aux visiteurs l’illusion d’être dans un sous-marin. Une épave de cargo est le refuge de centaines de poissons et des bébés-sardines avancent par milliers en longs bancs serrés. Voilà qui augure bien des futures grillades estivales que feront les Français ! Les photos sont décevantes par rapport à ce que l’on peut voir, même si les tons rouges sont absents sous la mer.

La grande fierté de l’île est un pont naturel que l’océan a creusé dans la côte rocheuse, auprès duquel les vagues se fracassent en panaches légers. Peu de maisons dans cette DSCN3113DSCN3121partie d’Aruba, les villas se serrent sur la partie de l’île près des plages de sable blanc. Tous les hôtels de luxe sont groupés près d’Oranjestad, et le Ritz est en construction que la population espère bien être le dernier. Un amas de pierres gigantesques dont je n’ai pas compris l’origine est surmonté d’un plateau qui permet d’observer l’horizon où, par temps clair, on voit les côtes du Vénézuéla.

Au terminal du port, j’ai pu enfin envoyer mes courriels et Pierre a pu voir que je me suis souvenue de son anniversaire. Ouf !DSCN3097

Pourquoi suis-je allée à la messe que célébrait le Father Leary ? Pas pour prier… peut-être pour lui faire un geste d’amitié. La salle est pleine avant l’heure, et je fais une entrée remarquée à 5 h moins 2 minutes. Sont présents des gens que je n’aurais pas cru catholiques, et qui suivent avec ferveur le déroulement de la cérémonie. A un moment, chacun s’est levé pour passer devant le prêtre et j’ai pensé rester assise. Mais ce n’était pas la communion. J’avais oublié que nous sommes le lendemain du Mardi-gras : aujourd’hui est le Mercredi des Cendres, et le prêtre, en faisant une croix (de cendres) sur le front de chaque participant, lui rappelle qu’il retournera en poussière. La communion a été donnée à la fin de la messe moment où j’ai pu m’éclipser discrètement. Depuis combien d’années n’avais-je pas reçu l’onction des cendres ? J’ai fait le compte : 68 ans…

Au dîner, Marilyn qui m’avait saluée d’un sourire au cours de la cérémonie, en a parlé à Joyce qui me l’a redit… d’autant plus que la voisine de messe de Marilyn m’avait vue aussi, et que de me voir là lui était agréable. Ce microcosme de bigotes commères m’agace au plus haut point.

Descendues un instant à la cabine avant le show, nous avons trouvé un gros médaillon commémorant nos cent jours de croisière. La troupe du Prinsendam s’est donnée à fond pour une revue légère intitulée « Las Vegas » où leurs évolutions sur scène donnent le vertige…  et cependant le bateau roule pas mal d’un bord sur l’autre.


Elvis est de retour ?

DSCN3162DSCN3164Ce n’est pas fini : au Lido nous attend la soirée-chocolat-dessert Extravaganza, où les pâtissiers du bord sont fiers de montrer leur savoir-faire, et même si des impatients ont déjà entamé les chefs-d’œuvre, je les prends en photo en félicitant ceux qui les ont faits.

 

 

 

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06 mars 2012

Traversée du Canal de Panama

Lundi 7 mars 2011

DSCN2844Joyce m’a laissée dormir, et j’ouvre un œil à 8 h. Nous sommes entrés dans la première partie du canal à 4.15 h, attendant notre tour pour pénétrer dans les locks (écluses). J’ai donc perdu presque quatre heures de spectacle ! Le bord du canal est juste sous la fenêtre… et nous sommes déjà sur le lac Gatun. Je ne verrai que la descente des bateaux.

Je file au Lido sans attendre pour rattraper ce qui peut l’être, au moment où se profile un élégant pont suspendu que je prends d’abord pour celui qu’on appelle « le pont des DSCN2855DSCN2889Amériques », mais celui-ci est à l’entrée côté Pacifique tout près de Panama. Tout est nouveau pour moi, et pour avoir bien étudié hier les particularités techniques du canal, j’en suis d’autant plus émerveillée. Je n’ai pas assez de deux yeux pour tout voir, mais je n’en perds pas une miette. Le lac Gatun est une gigantesque réserve d’eau douce alimenté par l’énorme débit fleuve Chagres, mais des vannes de sécurité sont prévues en cas de fortes pluies pour éviter les inondations et les eaux se déversent alors dans les DSCN2868DSCN2881deux autres lacs en contrebas, l’Aranjuela, à peine plus petit et enfin le Miraflores. Si on estime que la construction et les travaux d’élargissement ont été la cause directe ou indirecte d’environ 25.000 morts par accidents, maladies, affrontements divers, il n’y a eu aucun décès à déplorer depuis l’exploitation. Le canal de Panama est sûr. J’ai été intriguée par des troncs d’arbres qui flottaient entre deux eaux et me rappelant l’incident du fleuve Amazone, j’attendais presque le blocage des hélices… mais ce sont des crocodiles, dont plusieurs ont été vus sur les berges… Le canal est entretenu constamment, son lit drainé, les rives entretenues. En bref, les Panaméens dorlotent ce qui fait leur richesse. Une troisième entrée est en cours de construction côté Atlantique.

DSCN2896Certificat Crossing Canal de PanamaA midi est organisé le « Swim to Gatun locks » (nage vers les écluses de Gatun » à laquelle bien sûr je me suis inscrite (que ne ferait-on pas pour un diplôme et 5 $ en monnaie de singe ?). Nous sommes nettement plus nombreux que pour le bain avec les pingouins ! Joyce avait promis d’être présente, mais elle a eu visiblement d’autres chats à fouetter puisqu’elle brille par son absence. C’est Stan, l’un des danseurs, qui va assurer le reportage photo avec mon appareil. Dans ma hâte, j’ai oublié d’ôter ma montre… Dans le bain, je retrouve Elisabeth (Merle) Avery, la voisine de cabine qui, malgré son air de lady très convenable, participe comme moi à toutes les extravagances : elle était aussi dans le bain glacé des pingouins.

DSCN0664DSCN1327J’étais à observer l’entrée dans les écluses de descente quand une dame m’a abordée. C’est elle qui a acheté deux de mes aquarelles. Elle est Américaine de Porto Rico et non de Curaçao comme j’avais cru, et elle est… professeur d’art à l’Université ! Je suis stupéfaite et très flattée de l’apprendre, car elle me dit qu’elles sont vraiment très bonnes et qu’elle a choisi les deux meilleures pour deux cent cinquante dollars ! J’ai cru avoir mal entendu… Elle veut me prendre en photo, mais je suis échevelée, en sortie de bain, et nous convenons d’un autre moment. Elle s’est assise à côté de moi et ébauche un croquis : elle est chargée de créer un vitrail pour une église moderne. Je n’en reviens pas que cette femme ait apprécié mes peintures. Nous ne nous sommes pas revues et je n'ai pas de photo d'elle !

DSCN2942DSCN2943Les portes d’écluses semblent vraiment étanches et nul écoulement n’est visible malgré l’énorme pression qu’elles doivent contenir. Ce qui semble étrange, c’est de voir que le gigantesque porte-conteneur qui transporte 6.500 voitures, reste en haut dans son couloir, alors que le Prinsendam descend en douceur assez rapidement.

Nous avons fini de descendre et sommes maintenant dans la mer des Caraïbes, où les bateaux se pressent pour faire le chemin inverse vers le Pacifique. Il y a les moments où le trafic se fait dans un sens, puis dans l’autre, et cela chaque jour de l’année pendant 24 heures.


Ca monte... et ça descend !

Deux femmes ont été évacuées aujourd’hui du bateau. L’une en ambulance à Miraflores, l’autre avec le bateau du pilote, sans que j’aie pu en savoir plus.

La conversation du dîner a été un peu surréaliste, en partant des toilettes du village indien, et des périphrases que les Américains utilisent pour désigner la chose : la plupart parlent des bath-rooms (salles de bain) mais chez moi, les toilettes ne sont pas dans la salle de bain comme souvent en Europe et pratiquement toujours aux USA. Je les ai fait rire en parlant de pipi-room !

Rita McKensie a gagné l’Award One Woman Show et elle a de l’abattage, même si personne dans le public ne semble la connaître. Elle donne dans le comique léger des « musicals » de Broadway et sa cinquantaine bien sonnée  comme sa silhouette épanouie dont le silicone jaillit du corsage, ne facilitent pas ses changements de costume en scène. Elle est applaudie avec modération, et ne soulève pas l’enthousiasme. Elle dit avoir eu 4 maris, dont l’un était le directeur de la « Continental », un autre Ernest Borguine l’acteur, et le dernier… son jeune pianiste. A la sortie, je comprends mieux : sur scène, elle fait illusion, mais de près, son visage refait accuse impitoyablement son âge. Sans une ride, elle a les paupières tirées, et j’ai peine à la regarder en face lorsqu’elle s’adresse à moi.

Une heure de moins à dormir. Il faut avancer les montres.

 Si le coeur vous en dit, vous pouvez traverser vous aussi le canal en accéléré, toutefois en sens inverse  de mon parcours, puisqu'il part de l'Atlantique et arrive à Panama City dans le Pacifique. Je n'ai pas su isoler la vidéo seule... Suivez-donc le lien.


Traversée du Canal de Panama  

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25 février 2012

Fuerte Amador : l'adieu au Pacifique

61 – Fuerte Amador – Panama - Dimanche 6 mars 2011

DSCN2794DSCN2703Le départ de Joyce pour un « authentique village indigène qui a gardé ses traditions depuis plus de 600 ans » est fixé à 8.15 h, mais son réveil a sonné avant 6.00 h… et le bateau n’arrive à qu’à 8.00 h à Panama City. Je repars me blottir dans les bras de Morphée pendant une grande heure encore, puisque j’ai choisi de visiter Miraflorès, la première écluse du canal, et que le départ est à 8.30 h. Le Prinsendam est dans la rade, entre la sky-line de la ville de Panama et un isthme artificiel qui réunit trois ilots et entre les deux derniers se niche la marina et le Yacht imagesCA3BXZ5XClub, et au-delà duquel les bateaux s’alignent pour prendre leur tour d’entrée dans le canal.

DSCN2741Ce fut un chantier pharaonique… Mais qui en eut l’idée le premier ? Je vous le donne en mille : Charles Quint en 1534 !

Plusieurs projets furent élaborés dans les siècles suivants, mais ce fut celui du Français Ferdinand de Lesseps qui venait brillamment de réussir le percement du canal de Suez, qui emporta la décision. En 1884, plus de 17.000 hommes provenant pour la plupart des îles Caraïbes s’efforçaient d’ouvrir cette tranchée gigantesque. Mais le chantier était différent de celui de SueDifficultés d'excavationz. Sec 250px-Ferdinand_de_Lessepset chaud en Egypte, le climat humide des jungles tropicales de Panama générait un sol très fragile qui s’éboulait sous la force des pluies. En quelques heures le travail de plusieurs semaines pouvait être anéanti. Les délais prirent du retard, le budget s’allongea… et la société française fit faillite. Au fléau économique s’ajouta celui des maladies (malaria, fièvre jaune) qui éclaircirent les rangs des travailleurs. En 1903, il en restait 700  et 6.300 étaient morts. Jusque là, le chantier était en Colombie, mais sous la pression des Etats-Unis, le Panama s’en sépara et devint indépendant en novembre de la même année… et du même coup, la « Commission du Canal » fut coiffée par les Américains. 280PX-~1Depuis le 31 décembre 1999 cependant, le canal appartient aux seuls Panaméens.

Le fleuve (rio Chagres) a un débit important, et il a permis de créer le lac artificiel Gatun sur lequel repose toute la structure du canal, dont le niveau est à 26 mètresau-dessus du niveau des deux océans. Un système d’écluses hisse les bateaux en trois niveaux jusqu’au lac, et il les fait descendre aussi en trois niveaux. L’eau monte et descend d’un bassin à l’autre par gravité, et chaque passage de bateau, quelle que soit sa taille, fait que cent mille mètres cube d’eau douce se déversent dans la mer… car le canal de Panama est un boulevard d’eau douce ! Boulevard… n’exagérons rien. Les gros porte conteneurs, tout comme le Princendam, ont tout juste60 centimètresde chaque côté, entre la coque et la paroi du couloir, dans la partie la plus étroite : mais de puissants tracteurs les maintiennent droits dans le chenal. Un troisième jeu d’écluses est en chantier, qui devraient devenir opérationnelles en 2019.

Shéma 1

 

 

 

 

 

Shéma 2

 

 

 

 

 

Shéma 3

 

 

 

 

 

 

 

Premier navire à emprunter le canal en 1914

Cruiser actuelUn jour de 1914 enfin, le canal terminé permit le passage du premier navire, un modeste cargo nommé Ancon. Il paraît bien falot, ce bateau étriqué, si mince qu'il paraît délicat comparé aux monstres d'acier (cruisers et porte containers) qui hantent désormais les eaux de Panama, dont le chenal devenu trop étroit nécessite le percement d'une passe supplémentaire élargie qui est en chantier.

Fin de la conférence sur le canal de Panama.

DSCN2738DSCN2731Voilà tout ce que j’ai appris en visitant le premier jeu d’écluses à Miraflorès, où la foule se pressait en ce dimanche d’été. De la terrasse, nous dominons la "gare" de Miraflorès en face, et les deux chenaux du canal s'étalent sous nos yeux : deux chenillettes étincelantes maintiennent le navire de chaque côté pour lui éviter de dévier sa route, tandis que deux remorqueurs le suivent, attelés aux chenillettes.

DSCN2762DSCN2770Panama City est déserte en ce début d'après-midi de dimanche, mais la ville que nous n'avons fait que traverser respire la prospérité que lui a apporté le canal. Des adolescents s'entraînent au skate board sans complexes sur la bordure d'une fontaine en marbre qui doit commémorer un événement important.

J’avais espéré trouver d’autres « panamas », mais ils sont réellement l’exclusivité de l’Equateur, et je n’ai vu personne en DSCN2826DSCN2827porter, hormis les touristes du bateau. Un show est donné en début de soirée par la troupe nationale des danseurs du Panama, qui tourne dans le monde entier. La richesse des costumes montre que le canal a fait la prospérité de ce pays. Les danses sont très enlevées, mais la musique un brin répétitive. A la fin du show, les danseuses se sont approchées du public pour faire constater que tous les bijoux qu’elles portent sont en or !

Au cours du dîner, Joyce était intarissable sur le « wonderful » village indien qu’elle avait visité, vite refroidie par Dean qui était aussi du voyage et lui a fait remarquer que les habitants du prétendu village « inchangé depuis 600 P1010005P1010009ans » offrent des rest-rooms étincelants (toilettes) aux visiteurs, et qu’ils ont très probablement la télévision dans leurs maisons à l’écart du village-témoin. Les habitants avaient beau être vêtus de pagnes mini, ils sont en jeans quand ils ne reçoivent pas les cars de touristes. De plus, insiste Dean, le lunch proposé comportait sandwiches au jambon ou dinde, fromage, salade et fruits divers venus de la supérette du coin. 

P1010015Après le dîner, je me suis accoudée au bastingage regarder au loin les lumières de la villeDSCN2787 Panama, et celles de son port Balboa. Ronnie, le groom est venu près de moi ; ce soir, pas de phoques facétieux… mais de très gros poissons qui offrent leur dos sombre nettement visible dans l’eau claire de l’Océan Pacifique. Je réalise alors sans nostalgie que c’est sans doute la dernière fois que je le vois... mais je suis bien contente de l'avoir traversé en entier sur le Volendam !

 

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13 février 2012

Les panamas de l'Equateur

Vendredi 4 mars 2011

Certificat Crossing EquatorDSCN244915.307,4 knots parcourus =28.250 kmdepuis le départ. Le certificat attestant que j'ai franchi l'Equateur m'a été remis ce matin.

A La Poza, le port de Manta qui est la capitale du thon (c'est le slogan de la ville), nous sommes à 00.55.90S et 080.43.27 W, il faudra attendre 00.00.00 pour être à l’Equateur géographique. Le bateau secouru avant-hier était immatriculé ici, où les quatre puissants moteurs du Prinsendam l’y ont conduits en 37 h30… Pas étonnant qu’à ce petit bateau il fallait cinq jours de mer (sans eau douce !)

DSCN2456DSCN2464Le ciel est couvert, des collines se dessinent à l’horizon. Je suis seule dans la piscine où je me suis laissé tomber. Pas de doute, c’est bien de l’eau de mer dont elle est remplie, je l’ai goûtée sans l’avoir voulu ! La chaleur est tout à fait supportable, même si le teck du pont  ne permet pas de s’y promener longtemps les pieds nus.

Manta est le port thonier pour l’Equateur, et toute l’activité DSCN2473DSCN2475tourne autour du poisson, que la ville exporte jusqu’au Japon. Les dauphins, qui se nourrissent de thons, ne sont pas les protégés des pêcheurs, et je comprends mieux la scène de jumping à laquelle nous avons assisté hier : les thons cherchaient à rester en vie, et les dauphins eux, avaient trouvé un restaurant ! Des bateaux en bois sont en cours de construction en bordure de mer.

Joyce est revenue en-chan-tée de sa visite de la ville, mais j’ai DSCN2477DSCN2488choisi de voir comment sont fabriqués les fameux panamas, ces chapeaux qui sont faits ici en Equateur, plus précisément à Montechristi, une petite ville dont c’est la spécialité depuis toujours. Lors de l’inauguration du canal de Panama en 1914, le président Théodore Roosevelt en reçut un en cadeau, et il aurait dit qu’il se souviendrait du chapeau de Panama. Le nom lui est resté…

DSCN2503DSCN2515Nous sommes attendus, et des chapeaux sont disposés sur notre parcours de chaque côté du chemin, jusqu’au centre du village où une dizaine d’adultes et autant d’enfants vivent. Hector le guide, va nous montrer une à une toutes les étapes (douze) de la confection du chapeau. Il faut en tout premier lieu une feuille de palmier qui sera ouverte, et dont seules les fibres du cœur seront utilisées : incisées à l’aide d’une grosse arête de poisson, elles seront de plus en plus fines et seront alors bouillies, puis séchées. DSCN2530DSCN2538Pour avoir un chapeau blanc, on soumet les fibres à des vapeurs de soufre (mais certains trichent et utilisent du chlore). Commence alors la confection du premier plateau, et les enfants sont initiés très tôt à l’apprentissage du fond. Des formes en bois vont servir de moule et les tisseurs/tisseuses travaillent debout, le buste appuyé sur la forme. Leurs mains ont une agilité incroyable et le regard ne quitte pas leurs doigts. Les bords des chapeaux sont encore à finir, mais ils en sont déjà à un lavage en eau savonneuse, rinçage, séchage. Vient ensuite l’étape du battage au maillet de bois, le finissage des bords puis la mise en forme au fer à repasser. Il faut six mois pour réaliser un panama de la qualité la plus fine, et son prix peut atteindre DSCN2532mille dollarDSCN2511s : roulés, ils doivent pouvoir passer dans une alliance ! Ceux de qualité fine sont un peu moins chers puisqu’ils ont pris moins de temps, mais le chapeau de qualité standard est tout à fait abordable. Il peut être lavé, roulé, et il vous est livré dans un coffret de bois estampillé. J’ai beaucoup appris au cours de cette journée, vu de très beaux visages d’enfants sains dans un village qui vit simplement de son travail (son art ?) avec beaucoup de dignité. Ils vendent leur production à une société quand ils n’ont pas la visite de touristes. Les chapeaux que d’autres passagers ont DSCN2494achetés sur les marchés valaient 15 $. Je les ai DSCN2514payés plus du double, mais je ne le regrette pas, puisque j’ai vu ceux qui les ont faits de leurs mains.

De retour au bateau, il a fallu déposer nos achats qui seront entreposés en chambre froide (congélateur) pour tuer les insectes éventuels des coffrets. J’y ai laissé mes chapeaux qui auront à subir l’épreuve du gel après l’ébouillantage.

DSCN2523DSCN2546La chaleur au village était très supportable, mais le ciel s’est à nouveau couvert, et ma Belle de Nuit restera invisible…
Le chapeau panama vient d'Equateur et non du Panama...

 Au spectacle après dîner, les boniments de l’humoriste m’ont presque totalement échappé, et j’ai écrit à mes kids les trois dernières cartes postales de ce périple, avec les lignes de Nazca, si énigmatiques. Ce qui n’a pas manqué d’attirer le regard de Thom le directeur de croisière, qui en a fait un sujet de conclusion, me « dénonçant » ainsi au public qui m’a applaudie de n’être pas partie malgré mon incompréhension des « jokes » (jeux de mots). Pour l'anecdote, je précise que sur les huit cartes que j'ai envoyées à chacun de mes enfants, seulement trois sont arrivées : les postiers revendraient les timbres après les avoir décollés...


Quelle grâce dans les mains de Romi la danseuse...

DSCN2607DSCN2583DSCN2584Le personnel indonésien nous a ensuite donné un show différent de la première fois, et ils sont nombreux sur la scène. On peut les admirer, car leur dur travail (11 h par jour 7/7 jours) leur permet tout juste de se reposer quelques heures. Il y a là beaucoup de ceux auxquels j’ai parlé, dont Mohamed qui, ainsi que quelques autres, affiche ouvertement son homosexualité. Pour lui en avoir parlé, il m’a dit que sur le bateau, il peut vivre sa préférence sans risquer la prison, alors qu’en Indonésie, c’est un délit très grave. Ils se sont donné un mal fou, tous ces jeunes, pour nous donner un spectacle de qualité, où le Roi des Singes avait la part belle, et où l’humour avait sa place.

Dans la baignoire, j’ai fait le test de Coriolis : nous approchons de l’Equateur et l’eau se vide sans tourbillonner autour de la bonde.


Ben oui... il ne se passe rien !

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