20 novembre 2009
07 Pacifique
Minuit ce mardi 29 septembre 2009
Une annonce générale par haut-parleur prévient les passagers du ms Volendam qu’un phénomène lumineux est visible dans le ciel.
Vous me connaissez : il n’en faut pas plus pour que j’enfile chandail et caban après avoir appelé dans sa cabine Joyce, qui préfère rester voir un film à
Le deck 8 est le lieu idéal d’observation, et j’y retrouve quelques visages connus. Accrochée au bastingage, je dois d’abord habituer mes yeux (mes pauvres yeux aurait dit ma mère) à l’obscurité, car les lumières du pont ont été éteintes.
Peu à peu, mon regard perçoit faiblement des lueurs étranges et mouvantes sur tribord, qui bientôt se précisent et s’étendent du NW au NE. De gigantesques draperies rouges ou orange avec des reflets roses s’agitent lentement, au
travers desquelles les étoiles apparaissent faiblement. Venues du fond de l’horizon, des
nuances jaunes et vertes apparues fugitivement laissent la place à une somptueuse palette de bleus.
Hypnotisée, sous le charme de ce fantastique show offert par la Nature
Le deck s’est peu à peu vidé des autres passagers que je trouvais trop bruyants, mais qui étaient peut-être un peu las ou blasés, et je reste seule sur ce pont à me remplir les yeux
La mer s’est creusée, la brise qui a forci jusqu’à devenir vent de tempête, semble venir d’une autre direction… ou bien est-ce le navire qui a changé de cap ? Vaille que vaille je me cramponne au bastingage, bien décidée à jouir jusqu’au bout de l’aurore boréale dont les mouvements se sont accélérés.
Est-ce une illusion ? Une colonne sombre et sinueuse semble s’élever dans la pénombre bleue que le ciel diffuse et un son grave et prolongé en émane. Fascinée, je ne cherche nullement à m’enfuir, intriguée par ce phénomène nouveau qui s’approche en grondant…
Comment ai-je pu être aspirée par cette tornade liquide ? Mes mains ont lâché la rambarde, je suis arrachée au pont du bateau comme saisie par un bras gigantesque… Je suffoque et ne respire que de l’eau salée. Je sombre dans un néant glacé avec une seule idée : je suis arrivée au bout de mon chemin et ne raconterai pas mon voyage à mes petits-enfants ravis… puisque je vais mourir sans avoir vu le Japon !
Je ne suis plus qu’un bloc rigide et douloureux, au-dessus duquel des voix me parviennent qui semblent venir de très loin dans un silence ouaté, je tente en vain de soulever une paupière avant de sombrer à nouveau.
4 miles 40 miles
… Mon corps chaud et nu repose dans un nid de fourrures qui
empestent le poisson. Trois jours déjà qu’un pêcheur eskimo m’a retrouvée, gisant sur la grève de Shemya Island, une île si petite que la piste de l’aérodrome couvre la moitié des
Eskimo = vient du franco-canadien esquimau lui-même dérivé de l’algonquin askimowew qui signifie mangeur de poisson.
Vous avez compris que cette odyssée n’avait aucun risque de se réaliser puisque rien ne pouvait m’arriver le 29 septembre 2009 : la ligne du changement de date nous ayant fait passer du 28 au 30 septembre, et ce texte aurait pu porter le titre :
Le jour que je n’ai pas vécu
§
Rappelez-vous ce que Corail avait écrit à ce sujet... mais si vous voulez voir les photos qu'elle y avait jointes, vous devrez remonter le blog à la date du 1er octobre, jour qui devait être initialement gommé de notre périple !
29 septembre 2009 Chapitre 666 : la retraite de Blanche Depuis minuit, impossible de joindre ma mère. Quand elle n'est pas joignable sur son téléphone satellite, je lui envoie un mail auquel elle répond de suite car outre la connexion 3Gplus, elle s'est abonnée à la liaison satellite du paquebot qui l'emporte vers le Japon. Son PC spécial nuit blanche lui envoie un message dès que je lui écris via Outlook et elle me dit : oui, tout va bien, le capitaine est superbe, très beau, très prévenant avec moi et m'a d'ailleurs invité à sa table (ça s'était le premier jour), invité à la passerelle (le lendemain), offert un coeur en or serti de 21 brillants (avant hier soir) dont il m'a appris l'histoire. Maman a décidé de le nommer : le coeur de l'océan, en souvenir de Jack et Rose du paquebot Titanic. A mots couverts, on vient de m'apprendre que ma mère est introuvable. La dernière fois elle aurait été aperçue au bras du capitaine entrant dans la boutique Chanel Duty Free du bateau... il était Je viens d'être jointe par Pieter (c'est le prénom du capitaine) qui m'informe qu'Interpol est sur le pied de guerre. Toute la boutique Chanel a été fouillée de fond en comble ainsi que toutes les autres boutiques du 3e plus grand centre commercial du niveau zéro du paquebot, mais personne ne l'a vue. L'employé Chanel, un Karl plus de première jeunesse mais parlant beau, tout retourné comme Je ne suis pas facilement joignable car mon capitaine à moi (Captain Troy), m'a emmenée directement de Saint François de la Guadeloupe en Dominique sans que notre vaisseau fasse escale à Marie Galante D'autre part, nous nous apprêtons à nous rendre en ville pour savoir si c'est bien Portsmouth ou Kingston, car s'il s'agit de Kingston nous aurons fait mauvaise route et aurions battu tous les records de traversée avec notre Le Café de la Plage. Une lueur de soulagement se dessine dans ses yeux ! "J'ai été enlevée dans une cabine d'essayage d'un paquebot qui m'emportait depuis Vancouver vers le Japon et puis, je ne me rappelle plus rien, il me semble que j'aie erré pendant une éternité dans des eaux turquoises, au Rien Maman, on te cherchait, on t'a trouvée, je pense que tu as été victime de la traite de Blanche et c'est tout ! Cette histoire abracadabrante n'aurait guère d'intérêt s'il n'y avait pas un petit fond de vérité. Il y a même beaucoup plus que cela: Maman est loin et ne donne pas de nouvelles alors que son bateau recèle un maximum de liaisons inter galactiques. Nous sommes vraiment arrivés en Dominique avec le message d'Orange : bienvenue en Jamaïque, nous avons vraiment visité une épave (pas du Titanic mais Pourquoi Pas ?), et surtout, surtout, Maman n'a jamais vécu ce 29 septembre 2009 et ne le vivra jamais ! C'est un peu le Tour du monde en 80 jours ! Bon je sais qu'elle a écrit quelque chose sur son manquement du 29 septembre, mais fidèle à mon envie de faire un "roman à deux", je ne lirai ses pages qu'après avoir envoyé les miennes ! Mercredi 30 septembre Nous allons comme chaque jour, retarder nos montres d’une heure, ce qui nous fait quatorze heures de décalage avec la France la Nouvelle Calédonie. Je crois comprendre pourquoi mes connexions Internet sont parfois si compliquées : il n’est pas toujours possible de capter à la TV Ce matin encore, pas de rendez-vous à la piscine avec Joyce à 8 h, je me suis fait servir le breakfast par le service-room et je tire la flemme pour essayer de me remettre les vertèbres dans le bon sens. Esther la Canadienne « Vous savez, pour beaucoup de Canadiens, leur grosse voiture est leur troisième testicule ». Malicieusement, elle a ajouté « Mon mari a une Mercedes S 430, dont il n’y a que quelques exemplaires au Canada ! »… Nous nous sommes une fois de plus retrouvées au Culinary Arts Center à suivre une démonstration de desserts philippins, suivie de dégustation, of course. Le tea-time réunit les gourmets autour de thés raffinés, de pâtisseries délicates… et nous trouvons l’occasion de reparler avec son mari de leurs ascendances indiennes, évidentes pour chacun d’eux, et que confirment les recherches ADN pour la plupart des Canadiens qui les ont faites. Il n’est pas facile de retrouver la trace des géniteurs, les prêtres de l’époque qui tenaient les registres considéraient comme infâmant le fait que l’enfant baptisé n’était chrétien qu’à moitié : sans états d’âme, ils falsifiaient donc l’identité du parent non « orthodoxe », un peu trop… coloré à leur goût. Le show de ce soir était un récital de clarinette donné par Larry Linkin, sexagénaire sémillant et talentueux, dont le jeu velouté soutenu par un orchestre de six musiciens a été un régal de virtuosité. Après dîner, finale du concours de talents entre trois concurrents : Debbie, une Anglaise à la voix puissante et harmonieuse, Betty, une lady qui, a capella a chanté pour son mari un vibrant cri d’amour (54 ans de mariage), et enfin un jeune crooner Japonais aux chaudes inflexions « presleyiennes ». C’est Debbie qui a gagné.
part, je suis inconditionnellement ravie. Des orchidées à chaque table, les couverts d’argenterie, les nappes immaculées, un personnel de service attentif et souriant, un bateau silencieux qui résiste bien à la grosse mer, des spectacles de grande qualité, quoi exiger de plus ? Il ne serait pas tellement silencieux dans certaines parties, et le bruit des moteurs empêcherait de dormir dans les cabines situées au-dessus.
J’ai failli aller nager dans la piscine à minuit pour célébrer le passage officiel de la dateline et ainsi obtenir un diplôme, assurément le dernier de ma vie, marquant l’événement. Mais en revenant dans ma cabine me mettre en tenue, j’ai trouvé sur mon lit le dit diplôme, et j’ai laissé les volontaires aller seuls à la patouille !
Lequel d'entre vous aura eu le courage de lire jusqu'au bout nos délires littéraires et "voyageurs", à ma fille Corail et moi ?
Si au moins vous avez souri... c'est qur vous avez eu assez d'humour pour nous suivre...
Merci !
Et à demain peut-être... mais cela ne dépend que de vous...
19 novembre 2009
06 Pacifique
Lundi 28 septembre
Encore une heure à retrancher de nos montres, si bien que la France est à + 13 heures avant nous, qui sommes depuis la nuit dernière dans le fuseau horaire d’Auckland (Nouvelle Zélande) et des îles Fidji.
Dans un des salons d’où je regardais la mer et le ciel gris, je me suis mêlée à la conversation de trois personnes dont je comprenais bien l’anglais. Peter, un Allemand, racontait une vieille histoire de homard Thermidor, dont il pensait que le nom vient de ce qu’il est servi très chaud (ben oui : thermos = chaleur !). J’ai eu plaisir à leur raconter l’Histoire de la France et celle du calendrier républicain. Les deux autres personnes Micheline et Walter, sont 2 Belges d’Ostende, sur les 6 que comporte la liste des passagers.
Nous sommes 1.324 dont 5 Français, et j’en ai rencontré deux, venus de Poitiers et qui m’ont dit avoir pris l’habitude de voyager exclusivement sur des cruisers américains.
Afin de soulager mon dos, je marche courbée, ce qui me permet d’obtenir beaucoup de considération des Indonésiens qui me chouchoutent, le
steward Agus, et particulièrement Agung, celui dont l’épouse héritera de mes chaussures dorées !
Faut que j’vous raconte : rentrant l’autre soir inopinément dans ma cabine mes chaussures à la main après le dîner en grande tenue, j’y ai trouvé deux loustics rigolards, dont l’un tentait de se cacher dans une encoignure. J’ai alors pris le parti d’en rire tant la situation me semblait cocasse, et j’ai tendu mes chaussures au premier qui m’a dit que son ami, lui, était marié. Le second est donc parti avec des chaussures absolument neuves que mon dos ne supportait pas.
Aujourd’hui, je n’ai pas assisté à la conférence, mais après le tea-time
indonésien, je suis revenue me reposer et faire des exercices pour débloquer mes vertèbres.
Le dîner en tenue de gala nous a fait partager la table de Richard, le
conférencier dont les grands-parents vinrent de Finlande, et de son épouse Béatrice qui semble être connue des médias américains et qui fait ici des démonstrations culinaires. Il y avait aussi Bill du New Jersey, un ancien officier du Queen Mary, qui ne peut se passer de naviguer.
Le homard Thermidor était au menu, ce qui explique que Peter en ait fait son sujet de conversation cet après-midi.
Joyce est allée danser au Crow’s nest, le 9e deck.
Avec Bill ? Yes !!!!
Bonsoir et à demain.
18 novembre 2009
05 Pacifique
Dimanche 27 septembre
Il faut une fois de plus retarder les montres puisque nous avons atteint un autre fuseau horaire, celui de Samoa et Midway, le décalage, maintenant au maximum est de douze heures avec la France … et cependant, ce n’est pas fini !
Réveillée à 6 h, j’ai eu des velléités de lever de soleil, mais j’ai un peu
tardé et il ne m’avait pas attendue. Mer forte (grosse disent les marins) le bateau me semble danser moins qu’hier, mais beaucoup de passagers sont malades. Des sacs sont à leur disposition, et les ascenseurs restent indisponibles pour cause de gros temps. Partout, sont disposés des appareils pour se stériliser les mains et les panneaux le rappellent à ceux qui l’auraient oublié qu’il faut se préserver de la contagion…
Après avoir consulté à la riche bibliothèque du bord les guides dont j’avais besoin, j’ai assisté à deux conférences : l’une sur Hakodate, le premier jalon de notre séjour au Japon, l’autre sur les combats sanglants qui, au cours de la Seconde guerre mondiale, ont eu pour objectif la reconquête des îles Aléoutiennes envahies par les Japonais qui en auraient fait leur base avant d’occuper le territoire de l’Alaska. Nous sommes en plein milieu de l’Océan Pacifique, et passerons bientôt au large de l’arc de ce chapelet d’îles.
Je me dirigeais vers la salle de l’Internet lorsque j’ai croisé Esther, une Québécoise avec
laquelle j’aime à discuter, qui veut lire ma rédac, dont Joyce lui a parlé et qui m’entraîne au piano-bar, où une jeune femme égrène les airs de jazz symphonique de ma jeunesse… et il est déjà temps de se presser pour le show de Danny, un bonimenteur qui parle à la vitesse d’une mitraillette, et dont la plupart des « jokes » m’ont échappé. C’est la raison pour laquelle vous n’avez rien lu sur mon blog aujourd’hui… La vie mondaine, ça vous bouffe le temps !
Après le dîner, les Indonésiens ont donné un spectacle pour la plus grande joie des spectateurs. Lorsque l’on sait qu’ils travaillent 11 h par jour, 7/7 la semaine et 10 mois l’an, on peut admirer d’autant plus leurs remarquables talents de danseurs, musiciens et chanteurs, dans des costumes chatoyants venus de là-bas, dis…
Le mal de dos semble m’accorder un répit, mais depuis ce matin, le nerf sciatique me donne des soucis.
I’d never been so old, it’s probably the reason.
17 novembre 2009
04 Pacifique
Samedi 26 septembre
Encore une heure de moins à nos montres : à cette latitude, les fuseaux horaires sont moins larges. Nous sommes désormais dans celui d’Hawaii et Tahiti.
Observant le monde qui m’entoure, la vérité m’oblige à dire que la majorité des participants à cette croisière ne sont pas des perdreaux de l’année… Si l’équipage, la troupe des artistes et le personnel de bord ne faisaient descendre la moyenne d’âge, les octogénaires auraient le rôle principal !
A la démonstration culinaire d’aujourd’hui, la femme assise près de moi m’a parlé d’un air consterné de la catastrophe que nous avions eue en France… Késako ? Je ne voyais vraiment pas… Elle faisait allusion à la canicule de 2003 dont avaient abondamment parlé les médias et qui, croyait-elle,
avait tué tant de « seniors » en France : je me suis soudain prise pour une rescapée. Nous avons eu droit à un bouquet de légumes savamment découpés. "Quel gâchis !" a soufflé ma voisine
La grippe sur ce bateau est persona non grata ; des annonces faites aussi bien par la radio que par la vidéo mettent chacun en garde contre ce que l’on pense être un fléau mondial, je parle du H1N1. Partout sur le navire, à chaque sortie d’ascenseur, à chaque entrée de salle, sont installés des distributeurs de gelée alcoolisée qui permet de se désinfecter les mains avant et entre chaque activité.
Bien que l’Océan Pacifique semble plat, le bateau tangue et roule avec lenteur, mais avec amplitude, ce qui rend difficile les déplacements de ceux qui n’ont pas le pied marin, et, au dîner, bien des places sont restées inoccupées. Nos voisins de table de ce soir sont de la Nouvelle Orléans, ce qui explique pourquoi, avec leur fort accent cajun de Louisiane, j’ai eu tant de mal à les comprendre.
Le concert donné par David Howarth, un jeune pianiste anglais, m’a plu infiniment : virtuose
classique, il a terminé dans la fantaisie la plus « décoiffante », récoltant une standing ovation enthousiaste. Un pur bonheur !
Ah ! Pour une raison que je ne m’explique pas, les liaisons Internet du bateau seront interrompues, tout le temps que nous serons au Japon ou dans ses eaux territoriales. On m’aurait dit ça de la Chine, j’aurais pu comprendre… mais au Japon, cela semble surréaliste !
16 novembre 2009
02 Seattle sur Pacifique
Jeudi 24 & Vendredi 25 septembre
Excursion rapide hier matin à Seattle, car Joyce tenait absolument à voir la fameuse
bibliothèque à l’architecture futuriste. Elle en avait parlé lors de notre séjour en mai
dernier mais, faute de temps, elle avait fait l’impasse. Je m’attendais donc à y rester une heure ou deux… C’est mal connaître mon amie : en moins de trente minutes, elle en avait assez vu. Pour ma part, je cherchais un visage connu parmi les lecteurs, car plusieurs personnes de ma connaissance auraient pu s’y trouver.
J’ai voulu passer dans une pharmacie acheter un shampooing qui n’est plus autorisé en France, et la chanson de Charles Trenet m’est revenue en mémoire. Ici aussi, comme dans celles du Canada, on vend de tout, y compris tabac et cigarettes.
C’est au retour, au passage du portique de la sécurité que, comme d’habitude, mes prothèses ont déclenché la sonnerie. L’officier de service m’a pris le Nikon des mains, a posé mon sac sur le tapis pour le contrôle, appelé une femme pour une fouille plus approfondie… la routine, quoi ! Ce n’est que deux heures plus tard, peu de temps avant le départ, que je me suis aperçue de l’absence du Nikon ! Redescendue en catastrophe, j’ai retrouvé l’officier qui s’est confondu en excuses en me le rendant. Aurait-il eu le réflexe de le déposer au personnel de bord ?
J’ai regardé Seattle s’éloigner pour la dernière fois, même si c’est la première où je ne lui tourne pas le dos en partant ! L’eau du Pacifique est claire et nous ne verrons plus la terre avant le 4 octobre, jour où nous aborderons Hakodate au Japon.
Nous sommes passés cette nuit dans le fuseau horaire d’Anchorage, ce qui nous fait dix heures de décalage avec la France…
Mon dos a décidé de m’accorder enfin du répit : je ne souffre plus ce matin, et si j’avais subi hier la séance d’acupuncture, je lui en aurais attribué tout le mérite… mais peut-être est-ce psychosomatique ? Pourvou qué ça doure ! disait Laetitia, la mère de Napoléon 1er.
A ma grande surprise, les aiguilles m’ont été plantées dans l’oreille gauche, puis dans le pied
droit, dans la hanche et enfin sur la tranche de la main gauche. Une heure pendant laquelle tout en bavardant, Brendan le praticien néo-zélandais titillait parfois l’une ou l’autre de ses aiguilles jusqu’à m’entendre dire « Oh ! là là ! » ce qui lui plaisait beaucoup ! La facture a été à la hauteur de ses efforts, mais au-dessus de mes prévisions : 125 $.
Des démonstrations de cuisine ont lieu quotidiennement au Culinary Arts Center et je m’y suis rendue. Rien d’exceptionnel, mais en fin de séance, dégustation générale. Je découvre enfin le bateau et les diverses activités proposées pour passer le temps. Outre des conférences, concerts, shows et autres manifestations élitistes, il y a un casino qui ne désemplit pas, un buffet quasi-permanent où l’on peut bâfrer à toute heure, des tournois de bridge, de tennis… j’en passe !
A la bibliothèque à l’entrée de laquelle trône une statue de Voltaire, j’ai fait cet après-midi la rencontre étonnante d’une Américaine qui, avec son mari, a fait le choix de vivre en croisière d’un bateau à l’autre toute l’année… Plus de maison, de charges à payer, d’assurances, de voiture à entretenir, plus rien d’autre à faire qu’à se laisser vivre. Elle dit que ça leur coûte moins cher que leur vie d’avant…
Le welcome toast du capitaine qui réunit les passagers en grande tenue
(nœud pap’ pour les messieurs) est suivi d’un show de grande qualité où les airs fameux des grandes comédies musicales ont eu la part belle.
Le dîner de gala dans la salle « Rotterdam » panoramique nous a fait rencontrer John de la police montée canadienne, hélas sans son uniforme ! La salle a deux niveaux : à la mezzanine se retrouvent ceux qui sont en famille ou entre amis qui veulent rester ensemble. Joyce préfère l’autre formule du niveau principal où les passagers peuvent demander selon leur désir une table à deux, quatre, six ou huit places. Une table ronde pour 10 convives est réservée pour le lunch aux célibataires et personnes seules (et qui souhaitent peut-être trouver l’âme sœur ?). Le plus souvent, nous avons choisi d’être six, les échanges sont beaucoup plus vivants et chacun peut participer facilement à la conversation. Nous avons ainsi fait connaissance avec des gens sortant de l’ordinaire que nous revoyons dans les coursives ou sur le pont et les échanges reprennent…
D’autres en revanche, ne donnent pas envie de les reconnaître…
13 novembre 2009
Nantes - Paris - Dusseldorf - Vancouver
Carnet de bord du mercredi 23 septembre 2009
Il aura fallu que je pose le pied sur le ms Volendam pour être sûre que tout n’allait pas rater… Car il faut si peu de choses pour que les rêves s’écroulent : le dos trop douloureux, un réveil que l’on n’entend pas, un train raté, une grève, un avion détourné, un pilote facétieux, une compagnie aérienne qui fait faillite, tout peut arriver… Et puis mon passeport, revenu juste à temps avant le départ, revêtu des précieux visas obtenus des Ambassades de Chine et du Viet Nam, qui m’a donné quelques angoisses… Car sans lui, je n’aurais pas même pu quitter le territoire !
Paris-Dusseldorf par Air Berlin (qui était nettement moins cher), puis Dusseldorf-Vancouver avec la même compagnie, dans un avion qui réalisait son premier vol… Dix heures pour cette dernière traversée et neuf heures de moins à la montre
: Joyce mon amie texane, m’attend à l’aéroport. Ce n’est que le lendemain que nous découvrirons l’une des curiosités de Vancouver : la steam clock… l’horloge à vapeur ! Même le nettoyage des trottoirs se fait à la vapeur ! La preuve...
Elle fonctionne… l'horloge... mais ne donne pas toujours l’heure exacte. A notre premier passage, elle indiquait 9 h et a vaillamment sifflé l’air de Westminster en laissant échapper de ses tuyaux la vapeur qui l’anime, mais l’appareil photo est formel : il était 10.19 h. Repassant un peu plus tard, nous avons vu qu’une bonne main avait redressé la situation et mis l’horloge au pas !
Si j’ai l’air aussi rébarbatif auprès de la steam-clock, c’est que mon dos me torturait. Et j’ai demain rendez-vous pour une séance d’acupuncture par le praticien du bord.
Promis, je vous tiens au courant !
Dans le parc Stanley, l'emblème des prochains Jeux Olympiques d'Hiver est implanté, sans que j'aie pu savoir ce qu'il représentait. Si quelqu'un peut éclairer ma lanterne ? Sans doute un symbole amérindien...
J'ai aimé le reflet de ce vénérable bâtiment dans le miroir du gratte-ciel qui lui fait face.
Après avoir découvert ma cabine (sans hublot = la moins chère) je suis montée sur le deck pour assister au départ de ce qui restera le voyage de ma vie. Venez... je vous emmène !
08 novembre 2009
Le chemin du retourL
Me voici dans la derniere ligne droite avant le retour. Ce soir grande fiesta pour ceux qui debarquent a Hong Kong; les autres continuent sur l Australie et la Nouvelle Zelande.
Je suis heureuse de rentrer, retrouver les miiens, mon cadre de vie, mes amis, mes pinceaux... et les blogueurs !
A dans tres peu maintenant.
Nous sommes entre Shanghai et HK en plein brouillard...
Gwen
07 novembre 2009
Et Shanghai... et Hong Kong
Lorsque vous saurez tout... vous direz que j ai perdu une belle occasion de rester tranquille chez moi, mais selon la sagesse populaire, les voyages formemt la jeunesse. J ajoute : et deformemt les valises !
Retour lundi apres avoir retrouve a l aeroport Kathy et Serina, les deux jeunes Chinoises qui avaient passe un ete a la maison en 2003. Heureuse de cette fidelite.
Et vous saurez tout de cette odyssee.
A bientot
Gwen
04 novembre 2009
Que de choses a vous raconter au retour !
Car il faudra que je reprenne les jours dans l ordre, en supprimant ce qui n est pas interessant pour vous, mais vous aurez les photos qui vont avec ! Et il m est arrive bien des aventures, dont une qui m aurait mise dans le petrin si elle n avait eu une fin heureuse !
Merci a Arlette Marcel Claire qui me laissent trace de leur passage a Montana et aussi a LGC
A bientot le retour sans regrets mais avec de sacres souvenirs pour le reste de ma vie !
Gwen
02 novembre 2009
Pas de nouvelles... bonnes nouvelles !
Nous allons manquer une autre etape par la faute du typhon Melinae, mais ce n est rien a cote de ceux qui vont une fois de plus en subir les consequences !
Je vous donnerai plus de details a mon retour ou je reprendrai toutes les etapes de mes aventures ! Et il y en a eu des emotions !


















