La Bourlingueuse

19 juin 2017

Le panama du président

Le panama du président

Le panama du président

M’avez-vous reconnu ? Bien sûr, vous les Français vous m’avez oublié… Cependant, lorsque les Sammies (en juin 1944 on les appelait les GI’s) ont débarqué en France en 1917 pour aider l’armée française à vaincre celle de Guillaume II, je n’étais plus président des Etats-Unis, mais en France, ma popularité était encore immense.

Je vais vous donner un indice : plusieurs années après ma mort, on a sculpté mon visage dans les flancs du Mont Rushmore avec trois autres sommités : George Washington, Thomas Jefferson, moi-même, et à droite, Abraham Lincoln.

Donnez-vous votre langue au chat, comme on dit si joliment dans votre beau pays ?

Je vois que vous avez mon nom sur le bout de la langue… encore un petit effort de mémoire… Teddy bear, ça vous rappelle quelque chose ?

Bravo ! oui… je suis Théodore Roosevelt et je suis coiffé d’un panama, auquel on prétend que j’ai donné le nom.

Car ce chapeau est en réalité fabriqué dans le pays voisin, l’Equateur, et lors de ma visite au canal de Panama en 1906, il m’en fut offert un afin de me protéger de l’ardeur du soleil. Je me serais écrié :

Ah ! je me souviendrai de ce Panama hat !

Et voilà comment s’écrit l’Histoire…

On a aussi donné mon nom à vos nounours, le teddy bear :Teddy était mon diminutif depuis toujours, et même dans ma vie politique, ce surnom a perduré. A la suite d’une chasse à l’ours d’où j’étais rentré bredouille, l’incident fut publié dans la presse. Cela donna l’idée à un couple de fabriquer pour les enfants une peluche en forme d’ourson auquel ils donnèrent le nom de Teddy bear.

La Bourlingueuse et les présidents

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10 juin 2017

Quartier résidentiel

Quartier résidentiel

Quartier résidentiel

Vite ! Il faut vite que j’aille raconter à Jennifer que nos amis Frida Kahlo et Diego Rivera arrivent tout à l’heure de Mexico pour se marier en grand secret  dans notre jardin !

Elle va devenir verte de jalousie, mais il n’est pas question qu’elle assiste à la cérémonie, même de loin… Je n’ai pas oublié les piques acides qu’elle m’a lancées il n’y a pas si longtemps quand elle a mis en doute la relation que mon frère Bobby entretenait avec Frida et Diego, tous trois peintres célèbres.

Je ne suis pas mécontente de la faire enrager en distillant mes propos enveloppés de douceur apparente.

Le fleuriste a complété ce matin à la fraîche les compositions florales que le jardinier a préparées depuis quelques jours. Une tente a été dressée pour que nous soyons préservés du soleil trop fort, mais ne seront présents à l’événement que les intimes, c'est-à-dire moins de dix personnes.

Aucun journal n’a été averti, même s’il est inévitable que la chose transpire très vite : ce que veulent nos tourtereaux, c’est vivre leur mariage pleinement dans la discrétion et la chaleureuse amitié de Robert Kenton Nelson mon frère !

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05 juin 2017

L'inconnue du métro

L'inconnue du métro

L’inconnue du métro

Notre groupe des Manufactures de Saint-Gobain était à Moscou depuis quelques jours, et sous la houlette de guides soviétiques plus ou moins coincés, nous visitions les principaux monuments et points d’intérêt de la ville. Bien sûr, nous avions vu le mausolée de Lénine et sa momie cireuse, le canon de bronze et la gigantesque cloche brisée du Kremlin. Celle-ci était encore dans sa fosse de coulée lorsqu’un incendie embrasa le Kremlin alors construit en bois : l’eau destinée à éteindre le feu la fit éclater et l’énorme morceau qui s’en détacha est désormais posé à côté…

L’Université à l’architecture purement stalinienne est au bout d’un vaste boulevard planté de pommiers, dont on nous avait précisé que les arboriculteurs qui les ont créés avaient réalisé une prodigieuse performance, puisque ces arbres fruitiers résistent aux froids intenses de l’hiver russe !

Sur la Place Rouge, la cathédrale de Basile le Bienheureux et ses bulbes multicolores dorés, les murs rouges crénelés du Kremlin et la vaste façade du magasin Goum nous avaient rempli les yeux…

En cette année 1984, avant le départ, il nous avait été bien recommandé de ne pas avoir dans nos bagages de revues trop occidentales qui auraient pu être prises pour de la provocation, et surtout, surtout… en aucun cas, d’emporter le livre de George Orwell Nineteen Eighty Four ! Celui qui serait pris en possession de ce brûlot subversif risquerait les pires ennuis avec Big Brother ou ses sbires.

Avant de quitter Moscou en train de nuit pour Saint-Petersbourg Leningrad,  il nous avait été accordé une après-midi libre… Bien sûr, nos passeports étaient restés à l’hôtel avec le responsable du séjour, et nous voilà partis à quatre (Jacques mon mari, moi-même et un couple d’amis nantais) à vouloir explorer la ville autrement

Nous avions entamé à pied le parcours du large boulevard désert qui mène au cœur de la ville, mais traverse une cité d’immeubles rectilignes à l’architecture tristement dépouillée. Par curiosité, nous avions voulu pénétrer dans l’entrée de l’un d’eux, avec l’espoir insensé de voir s’ouvrir une porte et d’être invités à entrer… Nous sommes montés jusqu’au troisième étage sans voir âme qui vive, mais je crois me souvenir qu’une odeur de chou se répandait jusqu’au palier.

Lorsque nous sommes sortis, deux hommes semblaient attendre à la porte, qui ne nous ont pas adressé la parole, mais ne sont pas entrés dans l’immeuble.

Le métro ! Le métro moscovite était, bien sûr, l’objectif principal de notre journée, mais pour y arriver, il fallait prendre un bus. L’encaisseur, muni d’une sorte de boîte à manivelle, nous a sorti deux tickets et demi qu’il nous fait payer pour quatre ! Soviétique peut-être… mais sûrement adepte des petits suppléments sans trop d’états d’âme !

Des machines distribuaient les billets du métro et chacun d’entre nous a eu le sien. Ouf ! Cependant, ma déception fut grande de voir que la station était grise, banale, mais d’une propreté absolue. Aucun papier, ni mégot… on aurait mangé par terre…

Très vite cependant, l’ornementation de chaque station s’était enrichie, et nous étions descendus plusieurs fois nous mêler à la foule afin de ne rien perdre des somptueux décors, avant de prendre la rame suivante et recommencer.

Nous entendant parler, une jeune femme souriante s’était approchée, avait fermé son livre et s’était adressée à nous en français. Elle avait étudié notre langue à l’Université mais avait peu d’occasions, disait-elle, de la mettre en pratique. La conversation s’entama sur notre littérature, qu’elle semblait très bien connaître, puis se prolongea sur les subtiles difficultés du français. Nous en avions oublié de descendre continuer la visite parce que notre rencontre semblait lui donner tant de plaisir que nous voulions aussi la prolonger. Peut-être nous aurait-elle invités à finir l’après-midi chez elle… Qui sait ? Il serait toujours temps de revenir par le métro pour en admirer les éblouissantes ornementations.

Elle était debout alors que nous étions tous les quatre assis, et elle devait parfois se pencher pour mieux nous entendre. Elle s’accrochait à la barre afin de ne pas bouger de place lorsque les voyageurs la bousculaient en voulant sortir. Elle avait plusieurs fois jeté des regards autour d’elle en nous parlant, et semblait parfois être plus vigilante à nos réponses sur la sémantique qu’aux questions que nous lui posions et qu’elle paraissait n’avoir pas entendues.

Elle disparut d’un coup, avec un petit geste de la main, juste avant que ne se ferment les portes du métro qui démarrait… Nous en sommes restés ébahis !

Mais les deux hommes vus à l’entrée de l’immeuble quelques heures auparavant étaient dans la rame et nous observaient… 

Cette fois, je n'ai rien imaginé : cette rencontre a vraiment eu lieu dans le métro de Moscou en 1984.

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28 mai 2017

Valet de pique…

ou Dame de cœur ?

 Valet de pique ou Dame de coeur

 -          Curieuse tout de même cette coïncidence, comme si tu avais su à l’avance… Nous devions passer par Châteauneuf et non par Basse Goulaine. Qu’est-ce qui t’a poussée à faire ce détour non prévu mais qui t’a fait retrouver le portrait de la vieille Tante Emilie dans ce vide-grenier… Comment as-tu pu être sûre que c’était bien elle ?

-          Ce portrait, je l’ai vu autrefois : il était accroché dans l’appartement de mes grands-parents, celui qui a été soufflé lors des bombardements de Nantes en 1943. Bien que très sinistré, il n’avait pas été totalement détruit et on avait pu emporter l’indispensable de ce qui était récupérable avant d’aller se réfugier à la campagne pour de si longs mois...

-          Le portrait aussi ?

-          Non, bien sûr… il était resté au mur avec d’autres toiles dans le salon. Mon père venait de temps en temps au risque de sa vie parce que l’escalier de pierre, en partie descellé, était devenu très dangereux. Il rapportait ce qu’il pensait être utile, en espérant que la fin des hostilités permettrait à ses vieux parents de revenir dans leur appartement enfin réparé. Mais ils sont morts avant… Très vite, Papa s’est aperçu que des pilleurs avaient pénétré dans les immeubles, faisant main-basse sur tout ce qui était resté sur place. L’argenterie, les objets précieux et les tableaux avaient fait partie de leur butin. La police avait d’autres chats à fouetter même si elle faisait son possible pour coincer les indélicats qui faisaient leur beurre du malheur des autres.

-          Pourquoi Tante Emilie s’était-elle fait peindre ?      

-          Tu ne l’as pas connue, ou si peu… Car si tu as gardé d’elle le souvenir d’une vieille pomme ridée, sache qu’elle fut dans sa jeunesse une beauté éblouissante très courtisée, si courtisée qu’elle avait fini par se prendre pour une déesse inaccessible. Elle avait même été retenue pour présenter des robes de grands couturiers (on ne disait pas encore « mannequin » et encore moins « top model » à cette époque) dans un magazine féminin de prestige. De temps en temps, elle posait dans de somptueuses tenues de soirée, et parfois dans des costumes de bain que Grand-Maman trouvait tellement osés… même si on les fait de nos jours avec nettement moins de tissu ! Elle fréquentait la haute société, et aussi la gentry lorsqu’elle allait à Londres… C’est ainsi qu’au début des années trente elle a rencontré ce peintre anglais qui est tombé fou amoureux d’elle. Emilie est revenue avec cette toile, mais n’a plus jamais parlé de son auteur. Il l’avait fait poser faisant un tour de cartes qu’on appelle « l’horloge ». Les tiges de céréales et les pommes étaient des symboles dont j’ai oublié le sens.  

-          On va l’accrocher où ?

-          Ce tableau ne reprendra pas sa place : l’immeuble des grands-parents a fini par être détruit, et mes parents ont fait construire la maison familiale avec les dommages de guerre perçus après 1945. Mais Tante Emilie sera enfin dans sa famille, après 74 ans d’absence…

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22 mai 2017

Soleil du matin

Soleil du matin

« Rentre Jeannette ! Ne reste pas au soleil, tu n’as plus l’habitude ! »

 La petite Jeanne est revenue à la maison après de longs mois d’hospitalisation puis de convalescence au centre des Pervenches, au cœur de la Savoie. Après de si longs jours d’immobilité, ses petites jambes la démangent d’aller courir dans la prairie qui s’étend devant le manoir et mène à son coin préféré, la rivière bordée d’arbres sous lesquels il fait si bon se baigner en été…

Avec quel bonheur elle a ce matin chaussé ses sandales, enfilé le short fané de l’été dernier encore un peu grand et dévalé le vieil escalier aux marches grinçantes ! Elle s’est plantée sur le seuil et respire à grandes goulées l’air de « sa » campagne, tellement plus parfumé que celui du sanatorium !

 La fillette n’a pas lâché la poignée de la double porte de la vieille bâtisse familiale au carrelage fatigué. La sentir dans sa main lui donne la certitude qu’elle ne rêve pas et qu’elle est vraiment de retour. Curieusement, la porte vitrée s’ouvre sur l’extérieur, alors que les lourds vanteaux renforcés ferment l’intérieur. C’est l’arrière-grand-père Frantz qui les avait fait ajouter pour mieux protéger la maison au cours de la guerre de 1914 devant l’avance de l’ennemi prussien Les casques à pointe avaient été repoussés, mais les panneaux n’avaient pas été enlevés et ils servaient maintenant à protéger la famille des rigueurs de l’hiver.

« Juste encore un peu, Maman ! »…

Jeanne veut savourer intensément cet instant de bonheur, se remplir les yeux du décor familier qui va désormais redevenir le sien avant de rentrer sagement se faire dorloter par Maman qui, dans la cuisine, a préparé son bol de chocolat aux reflets mauves.

 

Elle sait que, contrairement aux habitudes établies, ses cousins et cousines ne viendront pas en vacances au cours de l’été qui arrive : les conversations des adultes lui ont permis de comprendre que la peur de la contagion reste vivace, même si sa guérison est certaine.

 §

Jeanne est triste soudain et le soleil lui semble moins éclatant…

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15 mai 2017

Voyage en Italie

Voyage en Italie

Lasse d’avoir tant marché dans les rues de Florence, Isabelle s’était assise sous les arcades dont les bases plongeaient dans l’eau d’un bassin peu profond. Elle avait commandé un café-crème plutôt qu’un expresso parce qu’elle avait si mal dormi la nuit précédente qu’elle n’avait pu s’empêcher de sangloter en ressassant l’échec de sa vie dont elle avait tenté d’apaiser les regrets en revenant sur les lieux de leur voyage de noces cinq ans auparavant… C’était une folie dont sa famille avait tenté de la dissuader, mais elle avait tenu bon. Trop blessée cependant pour se sentir capable de conduire sa Peugeot sur une aussi longue distance, elle avait privilégié l’avion et pu voir Florence depuis le ciel. Son cœur s’était serré en voyant

le dôme célèbre de la cathédrale, celui-là même qu’ils pouvaient entr’apercevoir depuis la chambre qu’ils occupaient à hôtel Boticelli.

La semaine précédente, elle s’était soudain décidée sur un coup de tête et avait retenu dans cet hôtel par Internet, mais n’avait pu obtenir la même chambre.

Architecte, Philippe avait longuement expliqué à Isabelle les difficultés auxquelles s’était heurté le concepteur du dôme, et dont la réalisation avait constitué un exploit insensé. Elle avait fait semblant d’avoir compris, bien plus fascinée par le visage de son  mari que par la coupole et ses mystères.

Avec quelle émotion elle avait revu la rue étroite aux pavés inégaux où se nichait l’hôtel ! De sa chambre, elle ne pouvait voir le dôme de la cathédrale, mais seulement le globe doré surmonté d’une croix qui coiffait la coupole. Accoudée à la fenêtre elle avait tenté de comprendre les raisons du désamour de Philippe.

Comment en étaient-ils arrivés à ce point de rupture ? Sans doute, l’avait- elle aimé plus qu’elle n’avait été aimée de lui, à présent, elle s’en rendait compte avec amertume.

Isabelle remit à plus tard son introspection et se décida à aller remettre ses pas dans   ceux de ce jeune couple follement amoureux qu’ils étaient alors.

§

Deux jours s’étaient écoulés depuis son arrivée, et elle se sentait revivre. D’avoir tant marché l’avait mise sur les rotules, mais elle était flattée lorsque des regards masculins s’attardaient sur elle, et même quand on la sifflait au passage. Ces messages étaient clairs : elle était toujours séduisante et l’avenir lui sembla soudain s’éclaircir… Elle n’allait tout de même pas s’enterrer parce qu’elle avait été larguée par un homme qui avait été chercher ailleurs.

Sa décision était prise lorsqu’elle reposa sa tasse de café sur la table : elle allait faire son deuil de sa vie avec Philippe et accepter l’invitation muette que le regard de Bertrand lui lançait…

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13 mai 2017

Les Aliens auraient-ils des Problemos ?

Alien Covenant

 N’ayant pas vu le deuxième Alien Prometheus filmé par Ridley Scott, j’ai voulu voir le troisième Alien et j’en attendais beaucoup, ayant gardé du premier (sous-titré « Le huitième passager ») un excellent souvenir…

Hélas ! Scott n’a pas pris les mêmes, mais il a recommencé !

Reprenons l’histoire : un vaisseau spatial et son équipage sont en route pour une planète à coloniser. Ils ont en soute 10.000 embryons qui devraient devenir de futurs colons humains quand ils auront terminé le voyage. Le point de chute prévu au programme est encore loin lorsqu’une voix est captée venue d’une planète inconnue vers laquelle ils se déroutent au mépris du planning prévu, mais où les conditions atmosphériques conviennent à une colonisation. L’équipage sort du vaisseau sitôt celui-ci posé, et part se balader sans casque dans une nature presque terrestre qui semble idyllique.

Mais vous l’avez compris, ça va se gâter : l’un d’eux s’est éloigné pour fumer une clope (oui ! ce scientifique qui découvre un autre monde ne pense qu’à la cigarette qu’il a planquée dans une poche de sa combinaison spatiale et allumée avec un zippo) mais en marchant, écrase un œuf et ne s’aperçoit de rien… avant de mourir dans le quart d’heure qui suit en vomissant ses tripes.

Vous l’avez deviné, un œuf s’est aussi introduit dans le vaisseau, et, sitôt éclos, n’a qu’une idée : boulotter les humains à sa portée.

Rien de neuf dans ce film, et quelques rires dans la salle m’ont confortée que nous partagions le même sens du ridicule de certaines scènes.

Ridley Scott a deux suites en préparation. Que va-t-il pouvoir imaginer ?

Vous aimerez peut-être…

J’ai attendu la fin pour sortir, mais que ça m’a semblé long… et fatigant !

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§

   Problemos est une comédie qui se veut plus ou moins philosophique.

Eric Judor incarne un père de famille qui, de retour de vacances, fait un détour pour voir l’ancien prof de yoga de son épouse, qui vit dans une communauté retranchée pour défendre un site afin qu’il ne devienne pas un parc aquatique. Rien à voir avec N-D des Landes, bien sûr…

Le camp est cerné par les CRS qui un jour, disparaissent mystérieusement… C’est qu’une pandémie a anéanti les humains et les seuls survivants sont les « retranchés » de la communauté.

N’ayant plus de cause à défendre, ils vont devoir changer leur mode de vie et revoir la hiérarchie de la communauté. Cela va déclencher une lutte larvée pour le pouvoir et laisser apparaître les failles de chaque personnage et l’absurdité de la situation..

Je vous laisse découvrir le reste…

Eric Judor et Blanche Gardin, qui tiennent les rôles principaux, ont co-écrit le scénario, mais j’aurais aimé qu’ils  aillent  encore plus loin dans le délire !

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11 mai 2017

Un compteur cachottier

J'ai reçu il y a quelques semaines un avis de la Compagnie des Eaux me signalant une consommation très au dessus de mes chiffres habituels et qui m'invitait à faire vérifier par un professionnel si je n'avais pas de fuite dans mes installations.

Mais, avant de déplacer un plombier, je voulais être sûre de la réalité d'une fuite... Il me fallait donc attendre d'être seule à la maison afin de maîtriser les réflexes de notre vie quotidienne qui nous fait ouvrir un robinet ou tirer une chasse d'eau sans réfléchir...

J'ai profité de l'absence d'Armel mon petit-fils retenu à Paris par un stage professionnel.

Me voilà donc dans le garage à essayer de lire les chiffres de mon compteur enterré. Damned ! pas moyen de déchiffrer les  deux dernières tranches (celles des décalitres et des litres, celles qui m'intéressent). Car ce compteur est relativement récent. Après un litige qui m'a coûté cher il y a quelques années, je reste très attentive au gaspillage sans toutefois priver d'eau ceux qui vivent sous mon toit quelques fois dans l'année. A la suite de quoi on m'a changé un vieux compteur que le technicien appelait sans ironie "la Rolls des compteurs" par un autre plus récent sur lequel je n'avais jamais eu l'occasion de jeter un oeil.

Compteur 4Ca, c'était la "Rolls des compteurs" !

La mémé (moi) ne peut plus se plier pour se mettre à plat ventre et se contorsionner pour lire un cadran en partie caché par une sorte de couvercle inamovible. J'ai téléphoné au service des Eaux pour me le faire confirmer, et au passage, il m'a été précisé que la non-lecture des trois derniers chiffres étaient sans incidence, puisque le

P1100994relevé n'implique que les m3... Moi, je voulais savoir combien de litres ou de décalitres fuient et je ne peux le vérifier. J'ai pu photographier en zoomant et agrandir encore sur l'écran de l'ordi afin d'être en mesure de comparer.

QUI a pu concevoir une telle aberration ? A mon avis, ce n'est pas le premier imbécile venu. Non ! pour cela, il faut en plus être diplômé, non ? J'aimerais qu'il m'explique pourquoi la fenêtre n'est pas plus échancrée pour perlmettre une lecture facile du cadran. Mais pourquoi faire simple, puisqu'on peut faire compliqué ? Après 18 heures de surveillance, j'ai pu être certaine qu'il n'y a aucune fuite...

Je pense que la surconsommation peut s'expliquer par le fait que ma famille est venue souvent au cours de l'année passée, et que nous avons été 12 à Noël pendant une dizaine de jours.

 

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08 mai 2017

Les enfants de Cornouaille

Ainsi que chaque lundi, je rends mon devoir à lakevio@canalblog.com

Enfants des Cornouailles

Enfants de Cornouaille

Arrivés depuis quelques jours à Kerviguennou, nous sommes pour trois semaines en vacances dans ce coin de Cornouaille bretonne où sont nés nos parents. Alain, mon jeune frère s’ennuie déjà ! Il a dû laisser à Paris ses copains et surtout, notre père n’a pas voulu qu’il prenne son vélo, un Alcyon de compétition qu’il lui lèguera un jour ou l’autre. Papa, ancien coureur du Tour de France, accompagne Alain chaque jeudi au Vel’ d’Hiv’ pour l’entraîner, mais le plus souvent, c’est à la Cipale de Vincennes qu’ils vont faire leurs chronos. L’Alcyon est une antiquité précieuse à laquelle notre père est très attaché.

Tante Jeanne sait où nous trouverons notre oncle Joseph, occupé à faire les foins, et elle nous a chargés de lui apporter le solide casse-croûte qu’il attend.  

Dans la vaste prairie où il travaille, assis comme sur un trône sur son nouveau tracteur Lanz, qu’il a maintenant bien en main. Après avoir fait cent fois (enfin… au moins dix…) le tour des bâtiments de la ferme avec les membres de la famille à chacun son tour, il avait ainsi pu se familiariser avec le maniement de sa merveille mécanique.

Comme les autres, nous nous étions accrochés à l’oncle pour ne pas tomber, alors que nos cousins qui fanfaronnaient, s’asseyaient sur les ailes couvrant les énormes roues, faisaient semblant de tomber, puis se rattrapaient vite fait en nous faisant des clins d’œil appuyés, nous renvoyant d’un coup à notre condition de citadins froussards...

Nous sommes restés longtemps, Alain et moi, à regarder notre oncle tracer son chemin en traînant la faucheuse dans la prairie blondie en ce début d’été puis nous avons couru vers ce coin d’herbe que la proximité de la rivière Ellé a laissée verte. Me débarrassant de mes sandales, je me suis laissé tomber tandis qu’Alain se roule dans le tapis fleuri, comme le gamin qu’il est encore. Soudain, il me tend une aigrette duveteuse de pissenlit, que j’ai saisie avec délicatesse. Mais mon souffle a suffi pour qu’elle laisse s’envoler ses fins filaments porteurs de graines.

« Je sème à tous vents »

Et, à l’instar de la semeuse du dictionnaire Larousse, nous avons cueilli toutes aigrettes et semé à tous les vents d’Ouest venus de l’Atlantique soufflant sur notre Cornouaille…

Sûrement un bel avenir attend les amateurs de « dents de lion » qu’ils mangeront en salade dès l’an prochain !

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07 mai 2017

De l'horreur aux Branquignols

Comme d’habitude, je suis allée voir Get Out (Tire-toi !) sans savoir de quoi il s’agissait. Je n’avais même pas jeté un œil sur l’affiche, ce qui m’aurait sans doute mis la puce à l’oreille… Le début du film m’a remis en mémoire Devine qui vient dîner ce soir, où un couple mixte  ou « domino » comme on dit aux Antilles, va pour la première fois rencontrer les parents de la jeune femme Blanche.

Dans Get Out, Rose, fille de famille bourgeoise née d’un père chirurgien et d’une mère neurologue vient leur présenter son amoureux Cris, photographe connu, bien sous tous rapports, très beau… mais Noir.

Jusque là, j’ai cru que j’allais voir une comédie légère, mais peu à peu l’atmosphère s’est épaissie, devenant plus pesante au fil des minutes.

Il y a, bien sûr, une volonté de montrer qu’aux USA, le regard des Blancs a peu changé vis-à-vis des Noirs, même si le père de Rose proclame qu’il aurait voté Obama pour un troisième mandat.

Il est regrettable que la fin extravagante du film lui enlève de la force, car Cris  doit faire face à des scènes gore auxquelles moi, spectatrice, je n’étais pas préparée..

Du grand guignol en somme, même si Get Out est présenté comme un film d’horreur. Au moins, vous voilà prévenus : ce n'est pas parce vous êtes invités que vous êtes les bienvenus !

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Beaucoup plus plaisant de voir Braquage à l’ancienne, où un trio d’octogénaires se voit contraint de faire un hold-up dans leur propre banque, qu’ils estiment responsable de leur ruine. Car les fonds de pensions constitués par la firme où ils ont travaillé 40 ans ont été confisqués par la banque pour se rembourser de la faillite de leur ex-entreprise. Rappelez-vous les milliards qu’a engloutis Madoff au détriment des petits épargnants floués.

C’est léger malgré les invraisemblances, distrayant, et vous passerez un bon moment à voir Michael Caine, Morgan Freeman et  Alan Arkin, trois pointures qui semblent avoir bien du plaisir à se retrouver. Au passage, il y a le « Doc » de Retour vers le futur dans un rôle secondaire.

Le film est sans prétention, mais comme moi, vous passerez un bon moment à voir ces pépés braqueurs un peu Pieds Nickelés, un peu Branquignols, honnêtes malgré tout, et débordants d’humour.

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