La Bourlingueuse

20 août 2019

Rite de pas sage

Rite de pas sage

Rite de pas sage

J’ai été une enfant sage… si sage… trop sage… Comme j’ai dû être ennuyeuse dans ma jeunesse ! Rassurez-vous, plus je prends de l’âge et plus je me lâche…

Excellent élève, sauf à l’encontre des maths qui m’ont beaucoup fait souffrir, je n’ai eu qu’une seule punition durant ma scolarité, c’est dire !

Pourquoi l’année de mes treize ans, Madame Holl ce profsseur de collège qui était censée nous donner des notions de comptabilité (pour laquelle je n’avais aucun penchant) avait-elle jugé que mon devoir avait été bâclé ? Elle décida que cela méritait bien cent lignes à rendre pour les jours suivants.

Je pris la chose avec philosophie et commençai la punition le soir même, pensant que faite en doses homéopathiques, elle passerait plus vite. Le lendemain, je m’avisai que l’alignement des ‘’je’’, des ‘’ne’’ puis des ‘’ferai’’ était assez harmonieux, et ce deuxième soir, je n’écrivis que ces trois mots en colonne, laissant pour lendemain la suite d’une partie de la phrase. Ce fut fait en quatre soirs et je rendis la punition en temps et heure… Seulement Madame Holl ‘’sentit’’ que quelque chose clochait en voyant l’alignement des colonnes aussi parfait que celles du Parthénon, décida de me condamner à la récidive.

 La seconde mouture fut écrite dans un style non ‘’architectural’’

Posté par bourlingueuse à 15:51 - - Commentaires [9] - Permalien [#]


16 août 2019

A l'école

A l'école !

A l'école

Quel âge avait Yves lorsqu’il est entré à l’école de son village pour la première fois ? Cinq, six ans peut-être… Il était le deuxième d’une fratrie de cinq et l’aîné des garçons. Sa sœur Louise qui avait 13 ans à la mort de leur mère, avait remplacé celle-ci au foyer : elle n’est jamais allée à l’école.

Son père aurait, préféré l’inscrire à l’école paroissiale, tellement plus convenable que l’école publique dont les prêtres dénigraient l’enseignement et qui avait une si mauvaise influence sur les jeunes esprits. Mais voilà... il n’avait pas les moyens de payer la scolarité d’Yves même si la somme devait être modeste, et il avait un deuxième garçon pour lequel il faudrait aussi payer…  

Yves aimait apprendre, son instituteur avait vite compris que cet élève là avait du potentiel (comme on ne disait pas encore) et il s’était intéressé à lui, le gardant parfois après la classe. Yves était conquis parce maître qui lui parlait d’autre chose que de changer la paille de l’unique cheval de la famille (et sa seule richesse) de tenir la charrue ou de déterrer les pommes de terre dans le champ. La traite des vaches était l’apanage de sa sœur aînée…    

Son esprit vif et curieux lui avait vite fait assimiler les bases du français (on ne parlait que le breton chez les paysans) et l’essentiel de l’arithmétique.  

Un jour cependant, le ciel lui était tombé sur la tête : il n’irait plus à l’école, son père avait besoin de lui. Yves s’est toujours souvenu de la douleur qu’il avait éprouvée et qu’il garda secrète : il avait seulement neuf ans !

Il a donc travaillé à la terre jusqu’à son service militaire (trois ans), puis a quitté le pays pour travailler à Paris. Il a commencé par être livreur hippomobile, sa connaissance des chevaux lui a été utile, puis il est entré chez les Frères Pathé qui entamaient leur production cinématographique. Très vite, on lui a confié non pas une caméra à laquelle il n’a jamais touché, mais un appareil photographique en bois  avec un voile noir : Yves, le petit paysan bouseux, était devenu photographe de plateau !  

Né le 11 novembre 1871, il s’est installé plus tard photographe professionnel en Bretagne jusqu’en 1940.

C’était mon papa, et il avait 61 ans lorsque je suis née !

Posté par bourlingueuse à 00:10 - - Commentaires [11] - Permalien [#]

05 août 2019

Je pars en balade

Ne vous étonnez pas de mon silence, je suis rentrée cette nuit de Guadeloupe, je dors à Roissy et m'envole demain pour Montréal et Québec. Je ferai ce que je peux pour vous tenir au courant.

 

Posté par bourlingueuse à 21:46 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

Nostalgie

Nostalgie

Nostalgie

J’étais seule ce lundi de mai jour de ma naissance… enfin, le jour anniversaire de ma naissance, et l’envie soudaine de revenir sur les lieux où j’ai passé ma petite enfance me submergea soudain. En hâte je mis dans mon sac de voyage l’essentiel de ce qui me serait nécessaire pour les quelques jours où je mettrais mes pas dans ceux de l’enfant que je fus, sortis la voiture et filai tout shuss sur la N 165 jusqu’avant Lorient puis la N24 jusqu’au lieu où j’avais décidé de retourner.

Je ne connaîtrais plus personne… et qui pourrait se souvenir de moi ou de ma famille qui était partie depuis tant d’années ?

Beaucoup de lotissements avaient fleuri à la périphérie : de coquettes maisons recouvertes d’ardoises et dont les entourages des portes et fenêtres en granit soulignaient un style résolument breton.

Mais rien dans le centre du bourg n’avait changé. J’avais retrouvées intactes les halles fameuses dont la charpente d’origine est un invraisemblable fouillis de poutres de chênes cinq fois centenaires.

L’hôtel de la Croix d’Or sur la place était celui où j’avais vu couler de l’eau chaude d’un robinet… ce qui m’avais plongée dans un abîme de stupéfaction. Je m’y installai avant d’aller faire un tour à pied jusqu’à la maison de mon enfance toute proche. Si la façade bien que négligée ne donnait pas trop une impression d’abandon, ce que je pouvais voir de l’intérieur depuis la rue était un désastre ! Une femme s’approcha, semblant vouloir entamer une discussion que je ne souhaitais pas. Le cœur gros, je rentrai à l’hôtel pour en savoir plus.

-        Ah ! la maison Hervé ? il y a des années qu’elle est comme ça et personne ne veut trouver de solution, c’est un vrai panier de crabes cette famille où chacun déteste l’autre.

-        Pourquoi ?

-        Certains auraient été avantagés par le père et à sa mort, ils se sont déchirés au point qu’ils ont vandalisé la maison pour qu’elle soit invendable et personne dans le bourg ne prendrait le risque de l’acheter pour ne pas se créer d’ennuis.

Je finis par dire à l’hôtelière que j’étais née dans cette maison, mais mon nom ne lui disait rien. Elle me conseilla d’aller voir le notaire sur la place, juste en face, qui était chargé de vendre la maison, ce que je fis dès le lendemain.

La jeune clerc ne sembla pas étonnée de voir une étrangère au pays s’intéresser à cette ruine potentielle et elle fit de son mieux pour me vanter l’affaire. Ce que je voulais, c’est  qu’elle me laisse seule et que j’irais rendre les clés à l’étude  dans deux ou trois heures au plus, je m’y engageais. Elle me fit confiance.

On appelle cela ‘’faire le tour du propriétaire’’… mais je tournais en rond dans cette maison  où je ne reconnaissais rien, hormis la disposition des pièces, restée telle quelle. Je m’avançai vers le jardin, et je reçus un choc ! Les ‘’carreaux de ciment’’ étaient là, sous mes yeux, recouverts en partie de terre séchée mais si reconnaissables… J’étais  pétrifiée d’émotion et je finis par m’y étendre malgré la crasse qui masquait en partie leurs dessins très fouillés et j’ai longuement caressé ce carrelage que j’avais oublié.

J’ai rendu les clés, quitté l’hôtel et suis rentrée chez moi savourer le bonheur de laisser à mes enfants une maison qu’ils n’auront pas à vandaliser.

Nous avons fait une SCI...

Posté par bourlingueuse à 07:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]

04 août 2019

Quatre choses

Les quatre choses  d'Ambre Neige

 

Quatre  métiers que j’ai exercés !

  1. Employée de bureau aux Contributions Directes
  2. Mère de famille pendant 16 ans
  3. Enquêtrice d’opinion jusqu’à la veille de mes 65 ans
  4. Grand-mère et arrière-grand-mère retraitée et surbookée

Quatre films que j’aimerais revoir :

  1. Autant en emporte le vent (que je connais par cœur : je dis les répliques avant les acteurs)
  2. Au nom de la Rose
  3. La vie est un long fleuve tranquille (parce que je me souviens de la tragédie réelle qu’a été en 1950 l’affaire des enfants substitués de Roubaix)
  4. La ligne verte … et en plus pour la route
  5. Forrest Gump… Les petits mouchoirs… La couleur pourpre...

Quatre lieux de vacances où je suis allée:

  1. Les plages de ma petite enfance en Bretagne qui sentaient le varech
  2. Les grands parcs nationaux américains 
  3. Kyoto
  4. Petra mais pas l’été

Quatre lieux où j’ai vécu :

  1. Le Faouët où je suis née
  2. Nantes maison de la pré adolescence
  3. Nantes maison de ma jeunesse
  4. Nantes dans notre maison où je suis toujours depuis 60 ans !

Quatre choses que je fais sur le net :

  1. Je lis mon courrier, vire les indésirables et réponds aix messages
  2. Je continue mon arbre généalogique et déchiffre les anciens registres paroissiaux  :  ces recherches m’ont amenée à l’informatique i y a 32 ans, puis à l’étude de la paléographie
  3. Je tente de reconstituer pour l’écrire, la vie d’une ancêtre née en 1814 qui est une énigme.
  4. Je lis vos blogs et fais mon devoir du lundi rt m’efforce de ne pas mourir idiote en m’informant

Quatre endroits où vous aimeriez être en ce moment :

  1. Ici en Guadeloupe que je vais quitter ce soir
  2. Sur des plages de ma petite  enfance en Bretagne et qui sentaient le varech
  3. Dans mon jardin à Nantes
  4. Dans les bras de mon chéri où qu’il soit

Jene refile le bébé à personne… Débrouillez-vous sans moi

Posté par bourlingueuse à 21:45 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


La terre a tremblé

Jeudi 25 juillet

Tremblement de terre de magnitude 5.4 dont l’épicentre est à Marie-Galante. Antoine a d’abord entendu un grondement qui s’est amplifié avant que ne tremble le lit où il somnole  encore. Bernard, déjà debout a ressenti moins fortement les secousses.

Quant aux autres membres de la famille, comme moi, ils ont décidé de ne pas sortir de leur sommeil pour de pareilles broutilles !.

Diego est prêt pour passer la journée au camp de loisirs qu’il a fréquenté l’été dernier. Depuis hier, il nous a rafraîchi la mémoire : c’est aujourd’hui sa fête ! Ceci nous rappelle que dans une autre vie, chaque 25 juillet, nous allumions la nuit sur la plage déserte un ‘’feu de la St Jacques’’ en l’honneur de notre Jacques à nous… Plusieurs jours à l’avance, les enfants avaient planqué au sec les débris de bois flotté rejetés par la mer. Quels moments magiques avons-nous vécu dans ces temps où il n’était pas interdit de respirer !

Journée de farniente, au cours de laquelle j’ai fait deux découvertes qui confirment que j’ai la mémoire qui flanche comme le chantait Jeanne Moreau :

  1. J’ai oublié mon Zirtec, l’antihistaminique qui est mon assurance tranquillité contre les agressions d’insectes qui me pourrissent la vie ici et là en voyage. Il n’est plus disponible (comprenez qu’il est interdit) en France depuis une vingtaine d’années, et son générique est sur moi totalement inefficace. C’est pourquoi je fais mes provisions aux USA où il est en vente libre chez Wal Mart au rayon des crèmes solaires et anticors…
  2. Plus grave : en prévision de mon séjour au Canada, j’ai changé 300 € en dollars canadiens, que j’ai mis dans une enveloppe glissée dans mon sac de cabine… où je ne les ai pas retrouvés ce matin. Panique à bord ! Vous voulez savoir où j’ai retrouvé l’enveloppe ? Dans le couvercle (à l’intérieur)  de ma valise que je ne ferme plus depuis longtemps autrement que par son zip, sans cadenas ni sangle… Les dieux étaient avec moi, les dollars ont traversé tranquillement l’océan une première fois.  Puis le 4 août ils reviendront en métropole, et enfin, après une nuit à Roissy où je retrouverai Andréa et Colette, nous repartirons pour Montréal toutes les quatre (les voyageuses et l’enveloppe !).

Diego profite enfin de la mer avec jubilation : au camp de loisirs, il se régale de foot et est un fan du Barça « son » équipe. Mais il rattrape le temps perdu dès qu’il rentre à la Maison Bleue ! Soirée conviviale au cours de laquelle il a reçu des cadeaux qui le comblent. Des Légo Harry Potter l’un de ses nouveaux héros, l’autre étant le binôme Astérix/Obélix que j’ai choisi de faire rencontrer Cléopâtre.

Le ‘’bungalove’’ est occupé par une famille qui y revient chaque année et Diego a retrouvé son copain Grégoire qui va fêter ses dix ans dans quelques jours. Pour vous faire une idée tapez : bungalove guadeloupe

Posté par bourlingueuse à 04:34 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

03 août 2019

Quatre générations à la patouille

Il fait 31° au Raizet, moins qu’à Paris précise le commandant de bord qui a remplacé le titulaire empêché. Tout le monde s’est retrouvé aux bagages où batifolent les enfants qui peuvent enfin courir après huit heures d’immobilité forcée.

Le lagon est libre de sargasses et c’est un bonheur de se retrouver à quatre générations dans notre petit éden protégé par sa triple barrière de corail où un simple tuba vous permet de découvrir la richesse des petits locataires si colorés ! Matthieu se laisse porter sur son morrey tout juste sorti de son emballage tandis que Diego étrenne son surf décoré par un artiste antillais. Les alizés rafraîchissent l’air ambiant et c’est au soleil couchant que nous sommes revenus à travers le jardin fleuri où les colibris font du sur-place au-dessus des hibiscus.

Planteur aux maracudjas du jardin, avant de se rendre chez  l’amie Jocelyne la spécialiste locale du poulet grillé où l’on fait la queue et où il vaut mieux avoir réservé ! Marie-Claire la serveuse, a ses têtes, et Bernard fait partie des privilégiés.

 La journée de 30 heures s’achève (24 + 6 de décalage horaire) il est temps d’aller dormir sous les étoiles… et la moustiquaire !

P1130799

La j'avoue tout : cette photo date de l'été dernier prise depuis la poupe du Gros JeF mon filleul. Nous allons rarement au lagon avec les appareils photo !

Posté par bourlingueuse à 07:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

02 août 2019

Gwad'loup' l'île aux belles eaux

Le vol pour Cayenne emportant "N" a décollé à l’heure et les Barcelonais ne sont pas encore là. Pas de panique, ils ont atterri à Roissy et la navette Air-France mettra près de deux heures dans les embouteillages pour franchir la quarantaine de kilomètres qui sépare les deux aéroports.

Comme Matthieu et Diego ont changé ! Grandi, bien sûr, depuis le Nouvel An que je ne les ai pas vus, mais ils ont tous deux franchi une étape. Si Diego semble avoir 10 ans, Matthieu compose des phrases, aussi bien en français, encatalan  qu’en espagnol : il est calme, écoute avec intérêt ce que je lui dis : et voilà… le bébé n’est plus, c’est devenu mon ti-mec… le 7éme ! chez nous, on n’a su faire de fille qu’une seule fois, et la voilà grand-mère de ce petit franco-catalan. J’ai peaufiné mon entreprise de séduction et ai prévu des Playmobil pour Matthieu et un Astérix (chez les Hispaniques bien sûr !) pour Diego… Ca a bien marché !

On nous annonce que le commandant de bord est indisponible et qu’il faut attendre un remplaçant venu de Roissy. Nos décollerons donc en retard mais lorsque nous sommes installés, le nouveau commandant affirme qu’il arrivera à l’heure dite. C’est dire qu’il va pédaler vite !

Notre Boeing 777 a de la bouteille et donne des signes de fatigue évidents. Un panneau derrière moi vibre très fort quand l’avion roule sur le tarmac avant l’envol… Pourvu que ça tienne jusqu’à Pointe à Pître !

Vol sans histoire tout au fond de l’avion siège 58A pour avoir le nez à la fenêtre, les mots croisés de Michel Laclos, le film l’Arnacoeur que je n’ai jamais vu mais dont je ne peux écouter les dialogues faute de puissance du son défaillant de mon écran miniscule (notre Boeing 777 a de très longues heures de vol et il geint lors des passages de turbulences). J’ai lu les dialogues en anglais après avoir remisé mes écouteurs…

Posté par bourlingueuse à 04:41 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

29 juillet 2019

Soldat Joe à Paris

La place Blanche

Place Blanche

Le soldat Joe est sur un petit nuage… mieux… il vole au-dessus de la place Pigalle et redescend vers la place Blanche pour voir de ses yeux le fameux Moulin Rouge… Comment lui, pôvre commis de la plantation du grand Mr Davidson de Jakson état du Mississippi, a-t-il pu vivre toutes ces choses depuis avant-hier ?

Il a obtenu une permission de 48 heures, avant de reprendre une guerre qui l’a conduit depuis les rives de Normandie jusqu’aux frontières allemandes… Vraiment Joe n’en revient pas, et il est sûr que personne ne le croira à son retour au pays…

Oh ! bien sûr, il n’a pas combattu… L’Armée des USA ne pouvait prendre le risque de donner une arme à des soldats qui auraient pu la retourner contre leurs officiers et même d’autres GI’s. Mais Joe avait fait de son mieux pour faire le boulot qu’on lui demandait : cuisiner pour les combattants.

Il avait tant rêvé de Paris ! Peter, le vieux contremaître de la plantation aimait raconter aux jeunots tout ce que lui avait laissé en mémoire son bref séjour de ‘’Sammy’’ en 1918 dans la Ville-Lumière. Et voilà qu’à son tour…

Il ne pourrait tout raconter ; ni le pasteur de la paroisse, ni sa mère ne sauront jamais qu’il a couché avec une Française, une prostituée blonde aux yeux clairs…

Non… mais Joe est maintenant sur la Place Blanche, assis à la terrasse du bar juste en face du Moulin Rouge, et il savoure la bière que lui a apporté un serveur Blanc !

Yes Sir… J’ai lui ai donné un ordre et il m’a obéi !  Je le jure sur mon âme ! 

§

J’ai cru longtemps (sans doute me l’avait-on suggéré) que la Place Blanche avait été nommée ainsi en l’honneur de ma demi-sœur morte à 16 ans de tuberculose (un secret de famille) treize ans avant que je ne vienne au monde avec le même prénom : j’étais en quelque sorte la pièce de rechange !

Jesètou-oupresk nous apprend que la place tient son nom de l’ancienne carrière de la Croix Blanche  devenue carrière Blanche.  Fin de la minute culturelle.

Posté par bourlingueuse à 07:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]

26 juillet 2019

Une belle rencontre

Une belle rencontre

Comme toujours désormais, j’ai demandé une assistance qui me facilite bien la vie dans les aéroports. Nous sommes deux dans la salle d’attente de Nantes-Atlantique et n’échangeons que quelques mots. C’est une femme d’une cinquantaine d’années, plutôt fluette qui marche sans difficulté, et un bref instant, je me suis demandée ce qu’elle faisait là. Elle rentre en Guyane ses vacances finies, pour reprendre son travail.

C’est dans le hall du nouvel Orly que nous avons eu le temps d’entamer une conversation au cours de laquelle elle me parle se sa prothèse. Sa prothèse… quelle prothèse ? Elle rit : « Ah ! vous n’avez donc rien vu ! »

Je n’ai en effet pas remarqué ce que ses manches courtes ne dissimulent pas : elle a un bras artificiel. J’ai, bien sûr, posé la question :

-       Que vous est-il arrivé ?

-       C’est de naissance

-       La thalidomide ?

-       Je me doutais que vous y penseriez, mais non, Maman a fait une chute alors qu’elle était enceinte de 2 mois ½. Les médecins ont dit que mon cerveau avait alors été lésé et qu’il en avait ‘’oublié’’ de programmer la croissance de mon bras.

Elle parle avec légèreté. Je sens qu’elle a décidé de ‘’faire avec’’ ou plutôt sans. Son père, dit-elle a contribué à mettre au point la prothèse qu’elle porte, au bout de laquelle est fixée une main en sillicone au toucher tellement naturel qu’on pourrait la croire vraie. La prochaine dit-elle, sera vieillie pour ressembler à sa main, parce qu’en plus, son corps est victime d’un vieillissement précoce.

Elle parle aussi de son ‘’petit coude’’ et de sa ‘’petite main’’, mais je n’ai pas voulu lui poser trop de questions. Aurait-elle dans sa prothèse, une main gauche qui n’a pas pu grandir ?

Elle a été mariée peu de temps, son mari est mort alors que leur fils n’avait qu’un peu plus de trois ans. Elle a grandi à Lorient où son père était dans la Marine (la Royale). Il a ensuite travaillé en Guyane où sa famille l’a suivi et où ‘’N’’ vit toujours en attendant sa retraite. Sa mère est à Vannes où vit sa sœur, dans un ehpad parce qu’atteinte d’Alzheimer.

Dans la salle d’embarquement où elle attend l’avion qui décollera dans peu de temps, elle m’apporte un croissant tiède et doré et nous échangeons nos coordonnées. Sa prothèse lui sert d’appui pour écrire ou utiliser son téléphone.

Aujourd’hui, j’ai fait une belle rencontre : j’ai connu une femme épanouie, lumineuse, qui a sûrement passé de sales moments, mais il émane d’elle un tel optimisme, un tel concentré de bonheur, que je souhaite que nos chemins se croisent à nouveau… 

Posté par bourlingueuse à 18:25 - - Commentaires [9] - Permalien [#]