08 novembre 2009
Le chemin du retourL
Me voici dans la derniere ligne droite avant le retour. Ce soir grande fiesta pour ceux qui debarquent a Hong Kong; les autres continuent sur l Australie et la Nouvelle Zelande.
Je suis heureuse de rentrer, retrouver les miiens, mon cadre de vie, mes amis, mes pinceaux... et les blogueurs !
A dans tres peu maintenant.
Nous sommes entre Shanghai et HK en plein brouillard...
Gwen
07 novembre 2009
Et Shanghai... et Hong Kong
Lorsque vous saurez tout... vous direz que j ai perdu une belle occasion de rester tranquille chez moi, mais selon la sagesse populaire, les voyages formemt la jeunesse. J ajoute : et deformemt les valises !
Retour lundi apres avoir retrouve a l aeroport Kathy et Serina, les deux jeunes Chinoises qui avaient passe un ete a la maison en 2003. Heureuse de cette fidelite.
Et vous saurez tout de cette odyssee.
A bientot
Gwen
04 novembre 2009
Que de choses a vous raconter au retour !
Car il faudra que je reprenne les jours dans l ordre, en supprimant ce qui n est pas interessant pour vous, mais vous aurez les photos qui vont avec ! Et il m est arrive bien des aventures, dont une qui m aurait mise dans le petrin si elle n avait eu une fin heureuse !
Merci a Arlette Marcel Claire qui me laissent trace de leur passage a Montana et aussi a LGC
A bientot le retour sans regrets mais avec de sacres souvenirs pour le reste de ma vie !
Gwen
02 novembre 2009
Pas de nouvelles... bonnes nouvelles !
Nous allons manquer une autre etape par la faute du typhon Melinae, mais ce n est rien a cote de ceux qui vont une fois de plus en subir les consequences !
Je vous donnerai plus de details a mon retour ou je reprendrai toutes les etapes de mes aventures ! Et il y en a eu des emotions !
31 octobre 2009
Je vais devoir aller chanter pour payer Internet 1
J en suis a 330 dollars depuis le debut, et j ai l impression d avoir passe mon temps a refaire cent fois des messages qui disparaissaient mysterieusement.
Nous sommes deroutes par un troisieme typhon...
Je vous retrouve bientot
Gwen
25 octobre 2009
Ya aussi Hong Kong !
Arrives un jour plus tot a Hong Kong pour eviter un autre typhon qui menacait Taiwan et qui est finale;ent alle ailleurs, je vais aller faire un tour en ville comme une grande tandis que Joyce joue au bridge
J ai recu ce matin un diplome signe du Pacha qui qtteste que j ai realise grace au Volendam un tour du monde commence il y a vingt ans ! C est une des jeunes femmes du front desk a qui j avqis dit au a Shanghai je bouclerais mon tour, et qui m a telephone hier soir me dire qu elle avait pour moi une bonne nouvelle
Quelle surprise ! C est son initiative, pas la mienne...
24 octobre 2009
Jeudi 22 octobre
Lorsque j’arrive à la piscine vers 11.15 h Esher est déjà là, éparpillant sur des tables serviettes, livre, magazine, sacs, pour laisser croire aux serveurs que les occupants sont à l’eau. Nous rapprocherons les tables au moment opportun à mesure que les convives francophones arriveront. Esther est très intéressante et chacune de nous apprend à l’autre des expressions de son pays. Nelson son mari, puis Claude et enfin Ho et Giap, prennent place. Arrivent Anne-Marie et Samy, Monique et Michèle, mère et filles du Québec et Jean-Paul le pianiste du piano-bar, venu du Brunswick, et que je n’avais jusqu’alors qu’aperçu à son clavier en passant…
Ce dernier personnage ne donne pas dans la dentelle ! C’est un « grand format » tonitruant et rieur qui, dans de grands gestes, raconte ses histoires avec son savoureux accent québécois, et Samy lui donne la réplique avec brio. Pas facile pour nos Vietnamiens si discrets et un peu dépassés, d’autant plus que d’autres tablées célèbrent bruyamment un événement dans de grands cris et applaudissements… Le haut-parleur du bord donne des instructions que personne n’écoute, au sujet des formalités d’immigration puisque nous approchons du Japon et de l’île d’Okinawa.
Ce n’est peut-être pas une si bonne idée, le pont de la piscine et des jacuzzis… Je me suis assise près de Ho qui soudain, me demande si je me souviens de « Maréchal, nous voilà ! » que chaque écolier devait apprendre et chanter durant l’Occupation. Oh oui ! et j’en connais encore toutes les paroles… De son sac, elle sort papier, pointe Bic et me les tend. Elle ne comprend pas le mot « gars » ni « la France enivrée ». Née et ayant grandi en Indochine, comme tant d’autres élèves de l’Empire français, elle a appris qu’elle avait pour ancêtres… les Gaulois ! et aussi, comme moi, elle a chanté l’ode au Maréchal Pétain.
Je sais qu’elle préfèrerait me parler de bouddhisme parce que je lui avais posé quelques questions au sujet des Japonais qui sont à la fois shinto et bouddhistes. Chacun est allé se servir au buffet dans la plus grande décontraction, et, de l’autre côté de la table, on plaisante dans de grands rires auxquels j’aimerais me mêler.
Bientôt nous ne sommes plus que six autour de la table et Anne Marie raconte leur traversée du désert du Sahara de l’Algérie jusqu’au Niger en camping-car il y a vingt cinq ans ; leur étonnement d’être abordés de nuit par des Touaregs dont ils ne soupçonnaient pas la présence, la magie des ciels étoilés… Jean-Paul parle de musique, de la grande qualité des pianos du bord, Steinway et plusieurs Yamaha… Nelson dit que la législation canadienne est scindée de telle façon que plusieurs services s’empêchent mutuellement de fonctionner. Ainsi une voiture volée sur le quai du port de Montréal peut-être embarquée plusieurs semaines avant que lesdits services ne commencent l’enquête. Et qu’un petit malin en avait fait un vrai business allant jusqu’à voler 8 voitures par jour avant d’être enfin arrêté !
Qui a parlé du décès d’une passagère à Shanghai ?
Je dois aller chercher mon ordinateur dans ma cabine pour essayer de gagner du temps au Cybercafé. Ma fiche Wi fi fonctionne bien ici, pas dans ma cabine mais Explorer refuse de me connecter à Google. Même Kimberley (la gourou informatique du lieu, celle qui ouvre les tiroirs pour brancher les clés USB) n’y parvient pas. Je vais donc devoir reprendre la galère du clavier qwerty et les manips hasardeuses et gourmandes en minutes qui vont vider mon crédit.
Si un mail à ma fille Corail est passé avec les quelques fichiers joints de ces derniers jours, les deux autres à mes enfants n’ont pu passer, l’interruption inopinée de la connexion me fait comprendre que nous sommes entrés dans les eaux territoriales japonaises. Et j’ai dépensé 58 minutes sur les 60 qu’il me restait ! La galère, j’vous dis… Le casino se vide pour les mêmes raisons. L’interdiction du Japon.
La flûtiste de ce soir est une virtuose qui a parcouru le monde avant de se poser à Salzbourg en hommage à Amadeus. Mais elle a mis aussi à son programme des fantaisies qui vont de l’ouverture du Mariage de Figaro à La Panthère Rose !
Ce soir a lieu le Master Chief’s Dinner dans la plus débridée des ambiances : chacun se voit coiffé d’une toque de chef et le personnel des cuisines et les serveurs défilent bruyamment en faisant tourner les serviettes et que d’autres tapent sur des casseroles avec des cuillers de bois. Joy et Mark sont un couple qui vient d’Australie (et y retourne puisque le bateau vient de Vancouver après l’Alaska et filera vers la Nouvelle Zélande et l’Australie après notre débarquement). Ils confirment que leur pays est peuplé de moins d’habitants que Shanghai, et Joyce m’apprend que c’est aussi la population du Texas : 20 millions !
Un tour en passant au piano-bar nous faire jouer les airs de notre jeunesse par Jean-Paul, installé derrière son demi-queue Yamaha, et il n’est pris de cours à aucun moment : il a en mémoire des quantités de mélodies et de chansons populaires… Lorsque, pour Joyce, il entame « Yellow Roses du Texas », elle va danser seule sur la piste déserte. En France, nous la connaissons aussi :
Je m’en vais revoir ma blonde
Je vais revoir ma mie
Puisqu’on dit à la ronde
Que la guerre est finie…
J’ai oublié le reste… et Jean-Paul ne connaît pas ces paroles françaises.
Demain nous serons au Japon et mon zoo personnel ne s’est pas enrichi ce soir d’un autre petit animal… Agus a dû être requis pour le dîner en fanfare qui a occupé tant de monde.
22 octobre 2009
Mercredi 21 octobre
Nous allons aujourd’hui prendre le train magnétique à grande vitesse qui atteint 430 kmh et relie la gare de Shanghai à son aéroport de Pudong. Notre guide est pour la première fois un homme, et il s’est donné beaucoup de mal pour nous convaincre que Mao était toujours le meilleur. La Révolution 1989. A
La gare ultramoderne, est-il besoin de le préciser ? affiche en haut de l’escalator une publicité pour le magazine ELLE qui me surprend tout de même un peu au pays de Mao. Nous prenons une sorte de green file qui nous fait arriver sur le quai après avoir passé sous le portique et passé les sacs au détecteur. Il y a une file VIP et une autre economic class… On ne mélange pas torchons et serviettes.
Il y a un train en gare, qui part sans nous.
Après un temps d’attente raisonnable, un homme casquetté en uniforme galonné fait signe au public (notre groupe de touristes) de reculer et un autre train arrive sur l’autre voie. Au début, aucune impression de vitesse, dont nous pouvons suivre la progression sur un cadran. Nul besoin de ceinture de sécurité, les voitures sont stables, comme le sont celles de notre TGV. Il faut bien réaliser que la vitesse dépasse bientôt les 300 kmh, jusqu’à atteindre 431 en quelques minutes. Un court instant, le challenge est atteint et la décélération commence, puisque le trajet est de quelques km seulement (15 à moins de 20, j’ai oublié…)
Je n’ai pas voulu jouer les rabat-joie en parlant de notre TGV qui va encore plus vite, dans des tentatives de record réussi, il est vrai !
Tout le monde a apprécié cette étonnante expérience, et ma vidéo est bonne. J’ai cru comprendre que la technologie était allemande.
Comment faire la différence entre un immeuble d’habitations et des bureaux ? Simple ! Du linge sèche aux balcons et fenêtres… et cependant 50 % et plus de la population possède machine à laver et sèche-linge. Mais les familles préfèrent faire sécher le linge au soleil et réservent le sèche-linge pour l’hiver ou les jours de pluie. CQFD… Ca c’est la version selon notre guide dont le nez s’est allongé.
La tour Mao serait l’une des plus hautes d’Asie, mais est-ce l’effet de parallaxe qui la fait paraître moins haute que sa voisine ? Oui sans doute, sinon c’est l’autre qui porterait le nom du Grand Timonier ! L’ascenseur nous emporte à 430 m
Le show de Jeff Bradley le gagnant Award des comédiens de variétés a été un petit bijou de fantaisie et de dextérité.
Le dîner nous a fait rencontrer Betty et Tommy du New Jersey. Tommy a servi dans l’Air Force et a passé trois ans en Allemagne, mais ne connaît pas la France.
Le bateau quitte Shanghai à 10 h ce soir, et une fête est organisée sur le deck 8 pour voir la ville illuminée dans toute sa splendeur. Les lumières ont été éteintes hier soir à cette heure-là, mais peut-être que nous aurons le privilège de les voir plus longtemps allumées ce soir pour célébrer notre départ ?
Nous changeons de fuseau horaire et devons avancer nos montres d’une heure. Nous revoici dans celui de Pékin, Hong Kong et Singapour. Demain est un jour en mer et le lunch entre francophones nous réunira à midi près de la piscine.
Joyce devait passer me chercher avant 10 h pour être sur le deck au moment du départ. Habituellement avec elle, il faut compter sur dix minutes d’avance ; je me suis laissé aller à écrire et n’ai pas vu l’heure passer. J’ai téléphoné à sa cabine, mais pa ni person’ à la casa. J’ai compris que ce soir, Joyce chassait. Lorsque, à 10.10 h je suis arrivée sur le pont, les illuminations venaient de s’éteindre et le navire reculait lentement. Après avoir viré de bord dans le large lit du fleuve, le bateau a pris tout doucement le chemin de la mer.
Ho et Giap m’ont invitée à prendre place à leur table et Esther est venue nous rejoindre. A minuit, le couple s’est retiré, Esther est venue s’accouder au bastingage voir Shanghai dérouler pour nous les lumières de son port et de ses chantiers navals. Puis Claude, passionné d’Histoire contemporaine, m’a longuement parlé de ce qu’il sait de la guerre en Europe. Les longues gerbes d’étincelles des soudeurs éclairent la nuit, tandis que péniches et chalands chargés de sable remontent le courant sans feux de position.
Je suis restée l’une des dernières sur le pont, sans avoir vu ma copine, probablement occupée à danser dans les lumières tamisées du Crow’s Nest.
Pour la première fois depuis la fin du mois d’août, j’ai marché aujourd’hui sans douleur, et je crois n’avoir plus besoin de mes sacs de glaçons. Je peux bien le dire maintenant, ce voyage a viré parfois au cauchemar, même s’il aura été dans ma vie une parenthèse lumineuse..
Ce soir, un éléphant de mer dort sur mon lit.
Mardi 20 octobre
Shanghai, que nous avons atteint ce matin, est le troisième port mondial, et non Busan comme je l’avais écrit par erreur…
Je n’arrive pas à y croire : j’ai fait le tour du monde ! Un esprit chagrin m’a fait remarquer que ce n’était pas un VRAI puisque je n’allais pas en Australie ! Descendant la passerelle ma rédac à la main (puisque en 1947, je me voyais déjà faire escale à Shanghai), je me disais que lorsque je poserais mon pied sur le quai, j’aurai fermé ma grande boucle…
Et ça a été un sacré moment dans ma vie !
Le Muséum de Shanghai n’est plus celui d’il y a vint ans, si poussiéreux même s’il contenait des merveilles… Une demi-heure d’attente dans la green file, celle qui passe en priorité alors que les individuels doivent s’aligner en longues queues, contrôle au portique et nous voici au pied de l’escalator où on peut emprunter des « audios » et où,miracle ! je trouve un plan en français... Ce nouveau musée est carré surmonté d’une coupole, suivant un principe chinois qui veut que le ciel rond surmonte la Terre
L’étape suivante nous fait aborder le Times Square de Shanghai et ses boutiques de luxe. Mais les Yuyuan Gardens, au cœur de la vieille ville ont gardé un air d’authenticité émouvant. Pour y parvenir, il faut se mêler à la foule, aux marchands de tout et n’importe quoi, et les spécialistes qui ont les touristes pour cible s’en donnent à cœur joie : cartes postales, stylos, Roleix presque véritables qui doivent donner l’heure aussi bien que les vraies. Quelques jeunes proposent pour 20 $US des roulettes à adapter aux talons des chaussures des roulettes qui permettent d’avancer comme sur des rollers. Un jeune m’en fait la démonstration éblouissante, mais bien inutile. et j’en fais un cliché.
Le musée de la soie expose l’élevage des vers, montre comment les cocons sont ébouillantés puis dévidés et enfin mis en bobines. Les tissus en nombre limité sont fendus dans une salle à côté et sont déclinés en motifs traditionnels ou fleuris, très orientaux. Mon choix se porte sur des satins unis. Mais celles à qui je les destine en aimeront-elles les teintes ?
Dans la rue où je me suis assise pour regarder la foule, un femme âgée me demande l’aumône. E lui ai donné quelques yuans en billets à l’effigie de Mao et elle m’a bénie. Au bus des marchandes proposent des cartes postales.
Pas d’arrêt pour voir le Bund, ce quai de Shanghai où étaient les banques et le siège des grandes sociétés. Il y a vingtans, de grandes banderoles rouges pendaient des balcons pour célébrer un événement que j’ai oublié !
Le Cibercafé est quasiment vide et je ne peux brancher ma clé USB puisqu’il faut ouvrir un tiroir fermé à clé et que Kimberley est absente. Les messages courriels seront donc réduits à l’essentiel.
Le ms Volendam est amarré au cœur de la ville, sur la rivière Huangpu, et du deck 8 on peut voir le Bund sans la courbe de celle-ci. J’y reviendrai ce soir, quand Shanghai aura accroché ses lumières.
Le show ce soir est donné par des jeunes enfants et adolescents de l’école internationale acrobatique de Shanghai, et c’est remarquable, même si on peut se poser des questions sur le devenir dans leur grand âge de ces corps torturés si jeunes. La plus petite 5/6 ans au plus, fait non seulement le grand écart facial, mais ses pieds montent à la hauteur de sa ceinture latéralement…
Je ne comprends rien à ce que me disent nos voisins de table. Après le repas, Joycem’avoue avoir aussi eu beaucoup de mal. Il est Espagnol, elle est Argentine et ils vivent à Mexico ! Me voilà rassurée !
Mon bestiau de ce soir doit être un dahut…
Samedi 17 octobre
6.30 h… C’est pas une heure pour des vacanciers ça ! Avant 8h nous sommes déjà en route pour Tianjin, où nous étions hier, mais pour une visite guidée cette fois. Le ciel est clair même s’il fait frais, et les ouvriers embauchent. Ils n’ont donc pas tous leur samedi.
En chemin, notre guide Shew ( ?) explique les traditions qui perdurent et l’évolution des mœurs depuis quelques années. Avoir un enfant hors mariage est très mal vu en Chine, mais chez nous, il n’y a pas si longtemps, il en était de même. Elle a 26 ans, son mari 32 ans, ingénieur, est originaire d’une contrée du Sud, et elle prétend qu’il a un tel accent qu’ils communiquent… en anglais ! Est-ce vrai ?.. Leurs parents respectifs ont donné beaucoup d’argent pour qu’ils l’ajoutent aux économies du mari afin qu’ils puissent acheter un appartement. Ils n’ont pas encore d’enfant et n’en auront qu’un, même si c’est une fille. Elever un enfant coûte extrêmement cher, les écoles donnent une excellente instruction, mais certains parents souhaitent pour leur progéniture des écoles privées dont le prix est élevé. Le divorce existe, bien sûr. Elle est très fière de la gastronomie chinoise dont nous goûterons un échantillon au lunch. Une blague donne comme idéal de vie : Avoir une épouse japonaise, une maison anglaise… et un cuisinier chinois. Elle a omis le 4e élément peut-être parce qu’il est moins d’actualité : avoir les revenus d’un Américain.
Cinquante trois nationalités composent le peuple chinois !
A l’entrée de Tianjin, une drôle de Tour Eiffel surmonte un immeuble… La grande roue, aperçue hier du Muséum est maintenant sous nos yeux, mais nous ne sommes pas là pour voir la ville d’en haut. Une circulaire nous a appris hier que le Temple de Confucius est fermé pour cinq jours, suite à une décision administrative imprévisible. Quel fonctionnaire a-t-il pondu ça ? Nous verrons à la place un temple bouddhiste zen. Pour y parvenir, il nous faut traverser un pittoresque passage couvert où des boutiques s’alignent de chaque côté. Là je retrouve l’ambiance si chaleureuse des marchés d’autrefois, lorsque les étudiants de Pékin pensaient réussir leur chambardement qui changerait la Chine
Le temple est juste sur la gauche après les danseurs, mais c’est une dizaine de bâtiments décorés et couverts de tuiles vernissées qui s’offrent au regard, et les fidèles se pressent tenant des bâtonnets d’encens qu’ils allument avant de les déposer en se prosternant à l’entrée des temples où se nichent des statues de Bouddha. Selon notre guide, les Chinois ne sont pas superstitieux, mais photographier sa statue peut devenir « bad luck ». Message reçu 5/5, mais plus pour respecter les croyants que pour éviter le mauvais sort. Sur la place où sont toujours les danseurs, Joyce me rejoint et un jeune homme s’approche pour nous écouter. Il parle un peu l’anglais et nous emportons son souvenir. Un baby boy aux chaussons roses dans les bras de sa mère envoie des baisers. Les jeunes enfants ne portent plus ces drôles de combinaisons ouvertes qui leur permettaient de se soulager sans souiller de couche.
Un vieil homme vêtu à l’ancienne traverse l’entrée et se dirige d’un pas ferme vers l’un des temples. La foi de ces fidèles est évidente, et il a bien fallu que les autorités assouplissent leur férule… Une mosquée et une cathédrale accueillent les disciples à Tianjin, mégalopole de 9 millions d’habitants.
Je m’attarde un peu dans le passage bordé d’échoppes traversé à l’aller et où des pommes sont joliment présentées sous un filet. De mystérieuses marchandises sont proposées aux passants sous des emballages colorés. Là encore, les bébés répondent à mon sourire sous le regard ému des nannies.
L’Ancient Culture Street est pour moi le lieu de délices absolu. Nous sommes dans un vrai bouillon de culture chinoise, dans lequel les familles s’attardent en ce samedi matin. Mes yeux se remplissent du spectacle des artisans, sculpteurs sur cire ou sur bois, fabricants de tampons en pierre dure (j’en ai déjà deux à mon nom et à mes initiales), vendeurs de barbe à papa, vendeurs de jouets et de cerfs-volants, et une multitude de ces petites usines à bouffe où le riz vapeur, soufflé ou en galettes dures est vendu sous toutes ses formes. Je m’attarde près d’un vendeur de sucettes qui étale sur un marbre du caramel qu’il façonne avec habileté jusqu’à modeler un personnage, un oiseau, une fleur, qu’il détache du marbre après avoir muni son œuvre d’un bâton qu’il tend à un enfant ravi.
Un sculpteur expose ses œuvres en bronze (j’ai déplacé un lourd Karl Marx pour l’avoir dans le soleil…) et propose de réaliser votre statuette en cire. Il y a là Nelson Mandela, Elizabeth II, un champion probablement olympique, et des inconnus, dont l’un d’eux pourrait être Mao que l’on connaît surtout tête nue. Mais il n’est pas mis en vedette. L’étoile du Grand Timonier aurait-elle tant pâli ?
Une statue en bronze de Chou En Lai repose devant un restaurant. Il est parfaitement reconnaissable, et je cherche en vain son pendant de l’autre côté de l’entrée. Joyce arrive avec des gâteaux de riz couverts d’une gelée sucrée que je n’ai pas envie de goûter. En revanche, ce qui sert de plateau est une galette savoureuse de riz dur. Quel bonheur d’avoir plongé dans cette ambiance authentique de vie quotidienne !
Nous sommes attendus pour le lunch au Kaiser Palace que nous mettrons plus d’une heure à atteindre. Une pianiste en robe rose joue pour nous « La Lettre
Les toilettes western sont décorées de portraits de … Marilyn Monroe !
Le Muséum est au programme et me permettra de voir le niveau 1 que je n’ai pas visité hier. Sur le parvis, des jeunes s’essaient au skate bord avec des fortunes diverses et l’une chutera lourdement sous mes yeux, tandis que d’autres roulent avec aisance.
Les poteries anciennes, les porcelaines, les bronzes montrent bien le degré de civilisation de ce vieux pays !
Les boutiques vendent des répliques des objets précieux, mais aussi des statuettes parmi lesquelles celle de Mao, des livres en chinois, des reproductions de billets de banque, et un coffret de cent cartes postales consacrées à la Révolution.
Le chauffeur s’est trompé et a manqué une bretelle. Le croirez-vous ? Il a roulé en marche arrière près de 200 mètres
Une heure de route est nécessaire pour arriver à la Shi Family
Un vieil homme sans doute musulman me sourit lorsque je sors et ne refuse pas la photo. La remorque rouge est partie et c’est maintenant une calèche qui attend devant la statue. Dans les rues du village autour, des marchandes de nourriture en tricycle proposent leur marchandise à l’appétit du chaland. Sur la grande place, deux petits chiens blancs mâchouillent quelque chose sous la bécane de leur maître. Les bâtiments ont vraisemblablement été restaurés récemment, mais nous avons une vision plus authentique du pays que celle que donnent les froids chantiers de construction, même si ce n’est qu’une vitrine du passé.
La longue journée s’est terminée à l’accueil au terminal de Xingang par une tasse de chocolat chaud et des cookies proposés par le personnel du Volendam, et qui requinquent les passagers fatigués. Il y a des râleurs, comme partout, qui ne sont pas satisfaits de leur journée… Pardonnons-leur, ils sont blasés.
Un cygne en majesté est sur mon lit.
Les autorités sont à bord et il faut que le bateau soit « clear » pour avoir l’autorisation de partir. A 19 h, je suis sur le pont-promenade où se trouvent déjà Harry et Ellen son épouse, et où nous rejoignent Claude et Nelson les Québécois. Rien ne se passe, la passerelle est en place et les voitures de police attendent sur le quai. Qui… ou quoi ? Peut-être des passagers qui ne sont pas revenus à temps. L’attente se prolonge et nous rentrons chacun à notre tour.
Un tour au Lido bar pour faire le plein de glaçons fins qui s’adaptent si bien à mon dos encore sensible, mais plus douloureux. Le seau à champagne qu’Agus le steward a rempli de glaçons cubiques me sera précieux pour me caler dans un coussin froid qui soulage la contracture musculaire. Je suis en voie de guérison.
A 21.30 h enfin, un long frémissement me confirme que le bateau a quitté le quai, en route pour Shanghai, que nous atteindrons après trois nuits et deux jours de mer, et où je bouclerai mon tour du monde. N’étant pas allée cette fois à Pékin, même si ce n’était qu’à deux heures de route de Tanjing, je n’ai pas encore accompli totalement le trajet est-ouest. Quel parcours pour la petite fille du Faouët et l’adolescente démunie que j’ai été, qui à vingt ans, n’était pas encore allée à Paris !
Maman aurait aimé ça, elle qui avait un rêve : les îles Galapagos, dont, jusqu’à sa mort à 97 ans, elle continuait de parler…
