La Bourlingueuse

03 juin 2019

Romance

Romance

Romance

                                                                                                                                Peder Monsted

 Frais ombrages, amers ou doux secrets

On se découvre, on se frôle,

les baisers se donnent ou se volent.

En route pour l'été

Ou pour l'éternité...

A vous de composer.

 PS : Phrase à inclure dans votre récit : 

"Une absence totale d'humour rend la vie impossible."

(tirée de Chambre d'hôtel de Gabrielle Sidonie Colette.)

  Belle fin de semaine à tous

A lundi !

§

Eugène était heureux : Amélie avait enfin accepté de poser pour lui dans le décor champêtre du bord de la rivière qui traversait le  parc du manoir de Montilleul où elle avait grandi.

Il y avait déjà longtemps qu’il avait posé des jalons afin de capter l’attention d’Amélie, la demoiselle du ‘’château’’ comme disaient les bonnes gens du village. C’était faire un bien grand honneur à la bâtisse familiale imposante certes, mais un peu délabrée, dont les villageois se sentaient si fiers. La famille prenait des allures qu’elle croyait aristocratiques, et le pater familias veillait au grain en ne laissant ses enfants fréquenter que du beau monde trié sur le volet, et Eugène lui paraissait trop jeune pour être un potentiel soupirant.

Ils se connaissaient depuis l’enfance. Eugène était né à proximité de Montilleul, sur le domaine de ses grands-parents, et, même s’il vivait à Paris, il revenait chaque été y passer les grandes vacances. C’est ainsi qu’il était tombé amoureux de la jolie voisine avec laquelle jouaient ses sœurs, même s’il faisait semblant d’être absorbé par ses lectures. Grand’Pa, le grand-père d’Eugène trouvait son voisin (le père d’Amélie) trop coincé pour en faire un ami, et ce bon vivant aimait à répéter  " Une absence totale d'humour rend la vie impossible." 

Au fil des ans, il s’était passionné pour la peinture et avait ainsi acquis ‘’un joli coup de pinceau’’ comme disait son professeur de dessin pour l’encourager.

Mais les temps étaient devenus difficiles parce que remplis d’incertitudes depuis l’assassinat de l’archiduc d’Autriche à Sarajevo quelques semaines auparavant. Puis l’impensable s’était produit la veille : Jean Jaurès le pacifiste avait été assassiné. Prévenu par téléphone, le père d’Amélie avait pris le train pour Paris afin de régler des affaires urgentes avant l’apocalypse.

Sitôt son père parti, Amélie, folle d’angoisse avait appelé Eugène qui avait suggéré qu’ils se retrouvent dans l’allée près de la rivière. Sautant dans sa Renault, il avait vite franchi les quelques kilomètres qui séparaient les deux domaines.

Ils ont cheminé longtemps, main dans la main, Eugène a oublié qu’il avait apporté ses peintures et son chevalet… Ils sentaient confusément que leur vie avait pris un virage définitif, et que rien ne serait jamais plus comme avant.

N’ayant pas même échangé un baiser, leurs mains ne s’étaient pas dénouées, et ils eurent soudain la certitude que leur jeunesse avait pris fin en ce 31 juillet 1914…   

§

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27 mai 2019

Festival de canes

La cane de Jeanne

La cane de Jeanne

Elle qui se croyait la plus belle, la plus intéressante parce que la fermière lui parlait, lui donnait plus de grain pour l’encourager à pondre…

 La voilà bien avancée à cette heure ! Elle qui nous regardait de si haut !

 Même Oscar le jars s’en était dégoûté, tellement elle le laissait tomber après l’avoir bien allumé. Quelle mijaurée…

 Elle a fini par le faire son œuf… et la patronne était aussi fière que si elle l’avait pondu elle-même ! Mais elle en est morte !

 Maintenant que la voilà plumée, elle va encore pouvoir être la vedette du repas que la cuisinière va préparer. Comment croyez-vous qu’elle sera servie ? Moi je pense qu’elle sera tout bêtement rôtie au four…

 Quelle horreur ! Mais après tout, c’est ce qu’elle aurait aimé : partager le repas des maîtres sur la grande table familiale… parce qu’elle se croyait de la famille !

Ce que ces trois cancanières ignorent encore, c’est qu’au repas a été invité un poète moustachu qui, en l’honneur de l’hôtesse, a sur sa guitare composé une bluette qui traversera le siècle ou presque…

La cane de Jeanne

Est morte au gui l’An Neuf…

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13 mai 2019

Losange

Poème en losange

Poème en losange

 

Bo Fransson  - Springtime in the garden.

La poésie du losange

Un

chat noir

fatigué

se reposait

sur un doux coussin

quand la souris

chatouilla

son nez

fin.

(Pauline, CE1)

Sur ce modèle, créez un poème en losange en vous inspirant du tableau proposé ( mais jusqu'à dix pieds pour la ligne du milieu, car nous ne sommes plus au cours élémentaire !)

Géométrie, lundi !

L’inspiration n’était pas au rendez-vous, mais j’ai fait mon devoir dans les temps.

Et voici, non ma prose, mais mon p’tit poèm’ en losange… un peu boiteux toutefois !

 

Jean

 

songeait

 

en voyant

 

les oliviers

 

tordus par le temps

 

qu’étant nés avant lui

 

ils vivraient encore longtemps

 

après qu’il eût quitté cette 

 

vallée de larmes, fleuriraient encore

 

pour le bonheur des gastronomes héllènes

 

qui ont donné aux autres le goût

 

d’aimer ce fruit étrange et doux

 

qui enrichit l’apéro

 

 parfume le canard

 

qu’il va préparer

 

ce soir dîner

 

pour séduire

 

encore

 

Laure

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08 mai 2019

Le vers insaisissable

Une nuit

Une nuit

 

"Les lampes s'éteignaient derrière les rideaux

Il ne faut pas aller trop vite

Crainte de tout casser en faisant trop de bruit."

La nuit était bien avancée et ses amis s’étaient dispersés un à un : Jeanne se retrouva solitaire au bar du Jimmy’s maintenant déserté, juchée sur un tabouret duquel il allait bien falloir descendre et rentrer en taxi…

L’homme qui, un verre à la main s’était insensiblement glissé à côté d’elle semblait se parler à lui-même. Il murmurait doucement des mots qu’elle ne pouvait entendre, mais son visage empreint d’anxiété la toucha soudain. Intriguée, Jeanne le regarda mieux : coiffé d’un feutre sombre, vêtu d’un costume bien coupé, il avait de la classe, même si sa cravate dénouée sur la chemise ouverte lui donnait un petit air négligé. Visiblement, son esprit était ailleurs, et Jeanne eut soudain envie d’en savoir plus.

-         Seriez-vous malheureux ? Vous avez l’air de parler à quelqu’un qui ne vous entend pas…

L’homme leva les yeux et sembla la découvrir…

-         Nooooon ! Mais depuis ce matin je cherche à me souvenir d’un poème appris dans ma jeunesse et je ne parviens pas à retrouver le dernier vers… Bloqué… je suis totalement bloqué…

-         Il y a peu de chances que je puisse vous aider, mais voyons toujours

Les lampes s’éteignaient derrière les rideaux

Il ne faut pas aller trop vite

Crainte de tout casser en faisant trop de bruit

Jeanne, bien sûr, était restée coite ! hormis quelques bribes des fables de La Fontaine, depuis sa sortie de l’école primaire, elle s’était allègrement débarrassée l’esprit de tout autre forme de poésie, trop occupée qu’elle était à garder en mémoire les paroles des chansons des vedettes à la mode en ces années d’après-guerre, Georges Guétary, Edith Piaf, Yves Montand, Luis Mariano !

Jeanne aurait bien voulu inventer les mots qui manquaient à son interlocuteur, et elle aurait aimé encore plus que leur rencontre soit le commencement d’autre chose, car décidément, l’homme lui plaisait… lui plaisait même beaucoup.

Le visage de l’homme s’était soudain éclairé d’un grand sourire. Brandissant son verre qu’il avait à peine entamé, il se redressa devant Jeanne et déclama d’une voix triomphante :

-    Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire...

§

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06 mai 2019

Florence et Victor se sont enfin dit oui !

P1150292Je rendrai mon devoir en retard cette semaine... peut-être même pas avant jeudi. J'ai fait la fête au cours de ce dernier week-end et nous étions nombreux : près de 150 invités !

Promis, je vous raconterai un jour ou l'autre, car ce mariage n'est pas banal croyez-moi...

Je ne tricherai pas en lisant les textes déjà édités

A bientôt donc

Cwen la Bourlingueuse

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22 avril 2019

Retour à la terre ?

Mon jardin en devenir

Les barquettes attendent déjà depuis quelques jours et elles sont impatientes d'être replantées à leur place définitives, à savoir les jardinières et suspensions qui les attendent.

P1150260

Il y a 158 plants et cela suffira à peine, tant j'ai la boulimie de fleurir la terrasse.

C'est habituellement mon occupation du 1er mai (allez savoir pourquoi ?) mais le soleil m'incite à profiter de ce lundi de Pâques pour flâner sous les bouleaux en écoutant la radio.

Je n'aurais pas dû mettre ceux de l'an dernier à l'abri sous ladite terrasse où ils ont manqué d'eau et où ils ont tous séché lamentablement : la seule jardinière oubliée sur le rebord d'une fenêtre a survécu et s'apprête à fleurir. Si je suis encore de ce monde à l'automne prochain, je les laisserai à l'air, juste protégés par un plastique. J'ai depuis longtemps renoncé à faire des boutures...

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20 avril 2019

Scène sur un parking

La bagnole du macho

Sur le parking de l’hyper où je fais mes courses deux fois par mois, j’ai été le témoin d’une scène que je croyais faisant partie d’un passé dépassé : un homme insultait grossièrement son épouse qui n’avait pas garé la voiture aussi bien qu’il l’aurait fait. Je dois dire qu’en effet, la portière très large côté passager ne pouvait s’ouvrir aussi largement que Monsieur l’aurait voulu parce que l’espace que lui avait laissé la conductrice était restreint (même s’il avait pu s’extraire de la voiture sans difficulté). J’ai compris que Madame conduit habituellement une voiture plus petite, et donc celle qu’aujourd’hui elle pilotait était la « bagnole de Monsieur »…

Je ne m’en suis pas mêlée, pas plus que les autres clients impavides qui poussaient leur caddie, mais cet incident m’a remis en mémoire une histoire qui, vieille de quarante ans, pourrait être encore d’actualité.

J’avais passé une après-midi avec une amie de jeunesse retrouvée par hasard au cours d’un séjour de vacances. Nous avions fait le tour des événements de notre vie d’adultes et la conversation était tombée sur Jeanne sa sœur aînée qui avait vécu une étrange situation. Mariée avec un homme autoritaire qui considérait son épouse comme une servante qui devait obéir, celle-ci rongeait son frein et avait sans le dire passé son permis de conduire. Il faut dire que la voiture du ménage, une DS Citroën, la prestigieuse Pallas, était LA propriété exclusive de Monsieur. Jeanne avait un jour déplacé de quelques mètres la Pallas garée devant la maison pour laisser un énorme camion manoeuvrer aisément. Ce que Jeanne entendit le soir fit écho dans tout le quartier et le mari apprit en même temps que non seulement son épouse savait conduire, mais qu’en plus, elle avait obtenu son permis !

Le mari alors déclara que JAMAIS plus elle n’aurait l’occasion de poser les mains sur SON volant… Quand elle sortirait, ce serait avec lui ou bien elle prendrait son Solex. Il ne pouvait lui faire confiance et la Pallas avait coûté trop cher pour risquer un accident aux mains d’une balourde…

Et puis un jour, le macho fit un sévère AVC qui le laissa paralysé. Bien sûr, au début, ses copains se relayèrent pour sortir l’invalide et l’emmener à la pêche ou à la pétanque en tant que spectateur… Et au fil du temps, les visites se firent rares, puis les amis ne vinrent plus du tout.

Combien cela dut être difficile au monarque déchu de suggérer à l’épouse de sortir la voiture pour qu’ils puissent s’aérer un peu à la mer ou a la campagne.

Jeanne attendait l’instant et avait préparé sa réponse :

J’ai mon Solex et il me mène où je veux. Tu n’es pas bien à la maison ?

La Citroën est restée plusieurs années dans le garage. Devenue enfin veuve, elle la vendit pour s’acheter une Peugeot 205 Roland Garros avec laquelle elle n’a jamais eu d’accrochage !  

 Citroen Pallas

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17 avril 2019

Au feu !

Un choc si douloureux...

Comme la pluoart des Français, je suis restée pétrifiée devant les images insoutenables que la TV diffusait. Comme la plupart des Français, croyants ou athées, je sais que Notre-Dame fait partie de notre vie.

incendie ND de Paris

J'y ai pénétré pour la première fois en juillet 1952, au ciours de mon premier séjour à Paris. Ma grande amie de l'époque, qui s'est fait religieuse quelques mois plus tard, m'avait demandé d'y brûler un cierge, et j'ai tenu ma promesse. J'avais noué un foulard sur ma tête (à l'époque, les femmes ne devaient pas pénétrer tête nue dans une église, tandis que les hommes, eux, devaient se découvrir. Or, en déposant le cierge sur l'un dese plateaux destinés à les recevoir, une voix, me dit soudain : "Surtout ne bougez pas !". La jeune femme a arraché le foulard qui s'était enflammé et le piétinait sur les dalles de pierre. Je n'ai pas eu le temps d'avoir peur...

Ce même jour, je suis montée dans la tour et caressé le gros bourdon qui m'impresionnait tellement ! J'ai eu sûrement une pensée pour Esmeralda et Quasimodo. Je suis sûre aussi d'avoir visité le "trésor", mais je n'en ai gardé qu'un souvenir flou.

En décembre suivant, j'ai accompagné une autre amie à la messe de Noël, et nous étions placées par le plus grand des hasard près du pilier où Paul Claudel a découvert la foi.

Je n'ai pas beaucoup fréquenté Notre-Dame lors de mes séjours à Paris, et je crois bien que la dernière fois, ce fut avec des amis du Michigan que j'avais retrouvés lors d'un "tour" qu'ils faisaient en Europe (cinq capitales en une semaine !)

Il n'empêche, Notre-Dame fait partie de MON patrimoine et je pense aux bâtisseurs de cathédrales qui ont édifié ces merveilles qui, des siècles plus tard, nous enchantent encore.

Je suis blessée, malheureuse, comme je l'ai été lorsque St Pierre de Nantes a flambé en janvier 1972 à cause d'un chalumeau, au cours de travaux d'entretien.

Incendie cathédrale Nantes

Je suis blessée, malheureuse, comme je l'ai été lors de l'incendie du Parlement de Bretagne à Rennes en février 1994 après une manifestation au cours de laquelle des fusées de détresse avaient été lancées sur son toit.

incendie Parlement de Bretagne

Ce n'est pas fini : les Nantais ont encore vu flamber la basilique St Donatien en juin 2015, elle aussi en travaux.

Incendie basilique St Donatien

Détruite quasi totalement,au cours d'un raid de la Luftwaffe en 1940, la cathédrale de Coventry n'a pas pu, comme celle de Reims en 1914, être reconstruite à l'identique.

incendie cathéfrale de ReimsCoventry

 

Je ne verrai plus jamais Notre-Dame comme avant, et mon coeur saigne...

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15 avril 2019

Le poète et l'inconnue

Mais voilà qu'il flotte !

Le poète et l'inconnue

John Salminen

"En haut de la rue Saint-Vincent, un poète et une inconnue,
S'aimèr'nt l'espace d'un instant, mais il ne l'a jamais revue.
Cette chanson, il composa, espérant que son inconnue,
Un matin d'printemps l'entendra quelque part au coin d'une rue."

(La Complainte de la Butte)

 C'est de "l'espace de l'instant" que je voudrais que vous me parliez.

 Histoire inattendue, éphémère, dès lundi !

 §

Lilian a relevé le col de son veston élimé aux manches trop courtes qui ne lui couvrent pas ses mains gercées bleuies par le froid. Il a quitté la rue des Saules où les cuisines du Lapin Agile laissent flotter alentour des odeurs de poulet frit qui l’ont fait saliver. Son ventre crie famine malgré le quignon de pain que ce matin, le commis du boulanger, celui d’en face le Consulat, lui a glissé dans la main en douce.

Il n’est pas pressé de rentrer dans la mansarde glaciale qu’il partage avec Arthur, ce gars de Charleville dont les coups de gueule avec Paul, autre poète, lui rendent la vie si difficile. Mais ils n’ont pas le choix, ils tirent tous le diable par la queue. La logeuse sachant qu’elle ne peut louer son galetas qu’à des loqueteux aussi pauvres qu’eux, n’est pas trop exigeante.

La nuit est maintenant tombée, l’allumeur de réverbères a rempli son office et ranimé la flamme de ceux du quartier Montmartre. Lilian est arrivé tout en haut des marches de la rue St Vincent et son regard s’arrête sur une silhouette blottie au pied de l’un d’entre eux. S’approchant, il plonge dans un regard bleu si pâle que son cœur se serre. Sans un sou en poche, il a relevé la jeune mendiante qui lui tendait la main et l’a serrée contre lui. Son fichu qui s’est alors dénoué a laissé flotter des boucles que la lune nimbe d’or roux. Ils restent ainsi serrés, aussi grelottants l’un que l’autre. Il voudrait tellement lui donner un peu de chaleur, mais son pauvre corps est aussi glacé que celui de la jeune fille. Ils se sont longtemps regardé, n’ont échangé aucune parole, mais un long baiser a scellé leurs lèvres gercées par le froid. Ils sont ainsi restés enlacés flottant dans un autre monde où ils n’auraient plus jamais froid ni faim.

Un sifflement bref a soudain sorti les amoureux de leur rêve éveillé. L’adolescente a bondi et couru à toutes jambes vers l’homme massif qui se tient dans la lumière avare d’un réverbère et semble lui demander des comptes. Lilian a esquissé un pas pour secourir son inconnue, mais l’homme a vivement entraîné la jeune fille, lui entourant les épaules d’un châle qu’il avait apporté. Le papa peut-être… que la misère a contraint à envoyer mendier ses enfants ?

Lilian le sait : il la retrouvera et pour cela, il va remuer ciel et terre et composer une chanson qu’elle entendra forcément puisqu’il mettra dans la confidence ses compères musiciens montmartrois qui chanteront pour elle le message qu’il lui lance comme une bouteille à la mer et qu’il appellera :

La Complainte de la Butte

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08 avril 2019

Jusqu'à qand faut-il garder son âme d'enfant ?

 

La vie de quartier

La vie de quartier

En voici une, en voici deux, en voici trois !

De quoi nourrir une vie de quartier, n'est-ce pas ?

Les rideaux se soulèvent...

 On attend les commères... lundi !

 §

Lester Street est animée en cette fin de matinée veille de Christmas : la jeune Jennifer court et semble bien avoir oublié de revêtir son duffle-coat. Mais que fait-elle avec cette allure pressée et un peu ridicule qui ne lui ressemble pas ? C’est une enfant habituellement so quiet !

A la grande surprise du jeune Andrew  venu livrer le pain des Smith, Margaret la voisine d’en face qu’il connaît depuis toujours, a surgi, sauté la barrière et ajustant à la hâte son bonnet de laine grise, court aussi vite qu’elle le peut dans la même direction, sans toutefois tenter de rejoindre Jenny, suivie du jeune Harry échevelé qui a pris la peine d’ouvrir le portillon et s’apprête à courir derrière sa sœur et Jennifer leur voisine qui ouvre la marche.

Andrew a son job à effectuer avant midi et qu’il n’est pas question qu’il aille aux nouvelles afin de comprendre ce qui l’intrigue tellement ! Car il a bien tenté de leur crier « Où allez-vous si vite ? » aucun d’eux n’a répondu, pas même Harry, le galopin en knickerbockers qui lui laissent les genoux découverts.

Mrs Smith a ouvert sa porte et Andrew n’a pu s’empêcher de lui raconter la scène dont il vient d’être le témoin et qui l’intrigue. Saurait-elle par hasard les raisons qui ont fait se précipiter les trois enfants en direction du port ?

  •       Ah ! c’est donc cela ! J’ai en effet entendu dire qu’aujourd’hui peu avant midi, un clipper venu de l’Antarctique par le Cap Horn et transportant Santa Claus ferait escale au wharf 32. Le vieux bonhomme aurait voulu laisser ses rennes se reposer cet hiver et, profitant des avantages de la modernité, a cette fois pris le bateau…
  •       Mrs Smith, vous vous moquez de moi… ce n’est pas gentil…
  •       Non, Andrew… Je n’ai pas lu cela dans le Times, bien sûr, mais Mrs Glover m’a assurée de la chose…
  •      Si encore nous étions le 1er avril, je pourrais penser que Mrs Glover vous a joué un tour, mais nous sommes le 24 de décembre !
  •       Pour être certaine que l’information est bonne, je vais y aller moi aussi. Donnez-donc ce pain à Mr Smith et dites-lui que je suis partie aux nouvelles. Santa Claus aura besoin de toutes les bonnes volontés pour faire avancer son traîneau, d’autant plus que nous aurons cette année un Christmas sans neige…

§

Dubitatif, Andrew a fini sa tournée, mais, ne sachant « si c’est du lard ou du cochon » comme on dit en France, il a couru lui aussi vers le port où le clipper « Victory » était bien amarré au wharf 32, mais il n’y avait plus personne sur le quai désert… et il se pose la question : aurait-il son cadeau ce soir s’il dépose ses socks au pied de son lit ?

§

Réponse peut-être la semaine prochaine !

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