La Bourlingueuse

13 novembre 2017

Maisons et jardins

L'histoire qui suit est vraie…

Maisons et jardins

 Maisons et jardins

Un coup de fil de mon benjamin m’avait appris qu’ils avaient enfin trouvé la maison dont ils rêvaient depuis si longtemps… et qu’en plus, elle n’était pas très loin de la nôtre, située dans ce quartier du Bas-Chantenay qu’autrefois on appelait « ouvrier » et qui ne l’est plus depuis que toutes les usines qui en faisaient sa renommée ont fermé. Le long de la Loire, y étaient installés des chantiers navals, trois conserveries, une brasserie (la Meuse), deux fabriques d’engrais chimiques… et j’en passe… Toute cette activité donnait « de la vie » et les heures de débauche voyaient remonter dans ses rues des cohortes de cyclistes ou de piétons qui regagnaient leur maison. Lorsque le vent venait du Sud, il arrivait que le « nitreux » chimique se fasse sentir… Mais les Chantenaysiens s’en accommodaient.

Mon garçon n’en finissait pas de me décrire ce qui allait devenir leur domaine, et même si la banque tardait à donner son accord, il avait la certitude que ce n’était qu’un détail qui allait se résoudre sans trop de délai. 

Une vaste maison plantée au milieu d’un jardin clos de murs en pierres : il avait l’enthousiasme si communicatif que j’avais hâte de voir dans quel cadre grandirait leur petite famille.

Dès le titre de propriété et les clés en poche, mon fils était passé me chercher afin de visiter la merveille des merveilles, cette maison coiffée de tuiles roses dont il m’avait abondamment parlé. Je n’avais pas voulu aller jeter un coup d’œil auparavant, voulant laisser le libre choix aux enfants sans leur donner un avis qui aurait pu les influencer… C’était l’achat de leur vie et cela les regardait seuls.

Lorsque la voiture s’est engagée dans l’impasse, des souvenirs sont remontés du fond de ma mémoire… N’est-ce pas là que mes parents avaient failli acheter une maison ? Les images se précisaient et j’attendais que la voiture stoppe pour en être sûre…

Oui ! c’était bien cette grande maison que, l’année de mes 13 ans, j’avais visitée avec ma mère et sous le charme de laquelle j’étais immédiatement tombée. J’aurais donné mon âme pour vivre dans ce qui semblait être presque un château à mes yeux d’adolescente.

Hélas ! mes parents avaient décidé d’acheter une autre maison beaucoup plus banale, mais dans un quartier résidentiel, loin de la fumée des usines dont la proximité leur déplaisait et dont le bruit des machines arrivait parfois jusque là.

Dès le portail franchi, je retrouvai le lieu de mes regrets et les larmes avaient jailli sous le coup de l’émotion qui soudain m’avait étreinte.

La maison et le jardin étaient encore plus beaux que dans mon souvenir. En ce bel après-midi d’été, les fleurs qui débordaient des fenêtres et les massifs d’hortensias donnaient au cadre un charme que je savourais intensément.

Pourquoi le cacher ? Je sentais que nous nous étions reconnues, cette maison et moi, et qu’elle aussi était heureuse de me revoir.

Ainsi, elle serait la maison de famille de mes petits-enfants, et, peut-être des enfants de mes petits-enfants…

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08 novembre 2017

Dans les rues de San Francisco

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La Chinatown de San Francisco est, après celle de New York, la plus grande ville chinoise hors d’Asie. Les premiers arrivants sont venus de Chine à la fin du XIXe siècle pour construire le chemin de fer, et leurs descendants vivent ici en gardant leurs spécificités. Beaucoup d’anciens ne parlent pas l’anglais. Ainsi Ping, la bru de mon amie Joyce de Dallas vient d’ici ; ses parents ne parlaient que le chinois. Ils avaient au départ une blanchisserie, puis en ont eu deux… puis plusieurs autres… Lorsque Ping a épousé Scott (celui qui travaille dans la Silicon Valley) elle a eu en dot 4.000.000 de dollars ! Vous avez bien lu : 4 millions… Est-ce la raison pour laquelle, malgré sa petite taille, elle me regarde de haut ? Elle a pourtant couché dans mon lit pendant la semaine où j’ai hébergé la famille qui est arrivée à huit personnes en 2012.

Fin de mes règlements de compte… et cap sur Chinatown, dont la porte aux tuiles vernissées vertes est la plus sobre de celles que je connais.

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Notre flânerie nous mène jusqu’au restaurant fameux, le Cathay House où, avant nous, est venu notre ami Bill Clinton, ainsi que l’attestent des photos accrochées à l’entrée. L’établissement est accroché sur une rue en pente telle qu’en 10 mètres, elle nous mène au premier étage, mais n’empêche pas le trafic des cable cars ! JY surprend au passage la grimace qu’un serveur fait au patron qui lui indique notre table. Il fait visiblement partie d’un personnel handicapé qui travaille et trouve ainsi sa place ici. Toujours fidèle à ses convictions, Lili ne déroge pas à son régime végétarien, toutefois amélioré de scallops (coquilles st jacques), Illinca préfère les pâtes tandis que JY et moi sacrifions avec délices au porc caramélisé.

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Les boutiques sont des cavernes d’Ali Baba où l’on trouve tout et n’importe quoi… surtout du n’importe quoi, mais quels fous-rires  lorsque Coccinelle et JY se coiffent de galures extravagants made in China !

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Il y a aussi de vrais ( ?) chefs-d’œuvre en (faux ?) ivoire, dont l’élégance et la finesse de taille sont un régal pour les yeux, et de la soie au kilomètre.  De grosses géodes d’améthystes coupées en deux reposent à terre, offertes à l’envie de collectionneurs. Mais il y a aussi les bijoutiers qui exposent leur joaillerie à bas prix : leurs pierres recèlent probablement des « crapauds » peu visibles aux yeux des néophytes qui les achèteront en croyant faire une bonne affaire ! Bouddha est ici ventru et hilare… et il suffit de lui caresser le ventre pour avoir de la chance.

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Mon sac à dos est fatigué : nous avons tant bourlingué et fait ensemble le tout du monde et je ne parviens pas à m’en débarrasser. Je flashe sur une besace de toile imprimée du plan de San Francisco, et le vieil homme qui le vend a bien du mal à s’exprimer en anglais : le langage des signes étant universel, ainsi que les chiffres du prix de l’étiquette, le marché est vite conclu sans que j’aie marchandé !

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Une carte Sim m’est indispensable pour garder le contact avec la famille par Whatsapp et appeler en cas de besoin. C’est chose faite dans un magasin comme il y en a des dizaines dans le coin. Ce n’est que le soir que je m’apercevrai qu’il y a un lézard que JY devra règler par téléphone.

Bien entendu, un voyage en cable-car est au programme, mais ce sera pour demain. Ces tramways tintinnabulants ont bien failli disparaître au profit de moyens de transport moins archaïques, mais les habitants de San Francisco ont obtenu leur maintien et tout le monde en raffole ! Ils sont conduits par des costauds (gripmen) qui ont pour mission d’actionner une sorte de levier-tenaille pour avancer ou stopper la voiture. Un câble sans fin court dans une gorge entre les rails sous la chaussée, et il faut serrer ou desserrer la tenaille pour maîtriser le véhicule, et croyez-moi, c’est un travail de force ! 

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06 novembre 2017

A la fenêtre

A la fenêtre

Lakévio récidive pour mon plus grand plaisir ! Elle propose encore son Jeu des Papous !

1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail." (emprunt à Simone, jeune fille rangée.)

2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Je vais laisser pousser ma moustache, décida-t-il" (emprunt à Jean-Paul, celui qui écrit sur le mur.)

Entre les deux, casez ce que vous voulez !

A la fenêtre

Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail. Cette heure matinale a-t-elle été la raison pour laquelle je n’ai jamais aimé me lever tôt, préférant me coucher à pas d’heure après minuit ?  

Après une enfance choyée, j’ai dû batailler dur pour me faire une place au soleil et à 21 ans, tout juste majeure, je me suis expatriée à Kinsbridge, chez les Rosbifs en tant que préceptrice des enfants d’un lord dont le château était planté au milieu d’un vaste domaine du Devonshire. Son épouse, une chichiteuse qui faisait semblant de prononcer mon patronyme à l’anglaise avait fini par m’appeler « Castor », tellement plus chic à ses oreilles que beaver !

Les enfants auxquels j’enseignais le français mais aussi l’anglais (of course !) et des rudiments de mathématiques, étaient agréables, presque transparents et sans grande personnalité… Mais les longues marches dans le parc quel que fut le temps occupaient nos après-midis jusqu’à l’heure du tea-time que nous prenions avec Mrs Carson l’intendante.

Jean-Sol écrivait plusieurs fois par semaine et notre correspondance régulière atténuait la souffrance de la séparation.

Longtemps, je n’ai eu que peu de contacts avec Lord W. Un soir cependant, à une heure où il aurait dû être au fumoir, il entra alors que j’étais dans la vaste bibliothèque. Il s’approcha et je lus dans son regard un intérêt… certain… et la lueur me plut. Pourquoi le cacher ? Nous prîmes l’habitude de nous retrouver dans un hôtel d’Exeter les jours où il était censé être à son cercle et moi chez une parente installée sur la côte. Nous arrivions et repartions séparément, prenant grand soin de ne pas nous faire remarquer… et je vécus ainsi une année délicieuse… Lewis était très soucieux de son charme et, en tant que Française, il tenait compte des remarques que je formulais sur son apparence. Au moment de me quitter alors que je jetais un œil à la fenêtre, il s’était longuement regardé dans le miroir au pied du lit…

"Je vais laisser pousser ma moustache", décida-t-il 

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05 novembre 2017

Soleil noir sur l'Oregon (suite)

Mardi

San Francisco

 Notre « Airbnb » est à deux pas du Golden Gate Park où vivent quelques bisons repus qui ne se donnent même plus la peine d’approcher les visiteurs derrière la solide clôture. A ma première visite en 1992, notre guide nous avait dit que chacun d’eux portait un nom de la famille royale d’Angleterre… mais je n’en ai pas trouvé confirmation écrite. D’ailleurs, si nous les avions appelés, auraient-ils daigné tourner leur regard vers nous ?

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Deux moulins à vent hollandais font de la figuration, mais le jardin japonais nous ouvre largement sa grille, devant laquelle un superbe dalmatien se laisse caresser par Illinca… en réclame plus… et finit par lui léchouiller le visage avec une délectation visiblement partagée ! L’animal est peut-être chien d’aveugle si l’on en croit le harnais qui lui couvre le torse.

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Quelle paix se dégage de ces lieux préservés ! Des temples nichés dans la verdure et le pont en dos d’âne qui enjambe le paisible ruisseau donnent l’illusion d’être ailleurs que dans une mégalopole américaine… Même le bourdonnement de la ville qui arrive assourdi ne parvient pas à en troubler le calme. Quel jeu pour Coccinelle et son papa de franchir à nouveau en riant les marches malaisées du pont semi-circulaire superbement arrondi ! Des carpes dorées flânent dans l’eau dormante, Bouddha nous bénit au détour d’une allée tandis que des écureuils facétieux se poursuivent sur les pelouses.

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LA carte postale la plus courante de Frisco (après le Goldent Gate dans le brouillard) montre six maisons victoriennes qui ont été appelées The Painted Ladies (les Dames Peintes) depuis les années 70. La maison bleue chantée par Maxime Le Forestier n’en fait pas partie, mais, situées devant Alamo Square qui domine la ville, elles sont devenues une attraction pour les touristes et un symbole du passé san-franciscain.

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J’avais gardé de la cathédrale moderne Ste Mary of Assumption une image erronée : je n’avais mémorisé que l’intérieur qui m’avait bluffée la première fois que j’y suis venue. Sa monumentale porte de bronze s’ouvre sur quatre voûtes qui s’élancent pour se rejoindre à 60 mètres au-dessus du sol, formant une croix formée de vitraux multicolores. 

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Des panneaux annoncent à l’entrée des rues le pourcentage de leur déclivité : 14%, 17% et jusqu’à 20%, mais il y en a de plus rudes encore, telle Filbert street, qui accuse 32% !

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30 octobre 2017

Qu'est-ce à dire ?

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Tu es sûre de ce que tu as entendu à la radio ?

Certaine ! Notre TSF est toujours branchée sur le Poste National et les informations y sont plus sérieuses que sur Radio-Andorra, Radio-Luxembourg ou même le Poste Parisien… Et le bulletin suivant a repris la nouvelle… Ce n’est pas un bobard…

Aurore, Manon et Geneviève, trois amies brillantes élèves du Conservatoire de musique de Paris sont consternées.

Ginette Neveu leur idole, la jeune violoniste virtuose était morte quelques mois plus tôt dans le crash d’un avion qui l’emmenait à New York pour une série de concerts. Le Constellation d'Air France s’était écrasé aux Açores sur l’île São Miguel et il n’y avait eu aucun survivant. Le temps avait passé et on venait d’apprendre l’étonnante nouvelle…

L’étui et le stradivarius avaient été retrouvés intacts. parmi les restes éparpillés de l’épave par un vieux paysan qui les avait gardés sans soupçonner la fortune qu’il avait entre les mains. L’affaire avait transpiré puisque des responsables d’Air-France s’étaient rendus chez lui et avaient repris l’étui, mais pas l’instrument qu’ils n’avaient pas identifié.

Nos trois amies violonistes s’étaient alors réjouies que le précieux violon n’ait pas été détruit dans l’accident et qu’il allait à vibrer à nouveau sous l’archet d’un autre artiste virtuose.

Mais le matin même, la radio avait confirmé que le violon retrouvé était bien le stradivarius de Ginette Neveu… mais que son « inventeur » refusait de le rendre !

Le stradivarius  n'a jamais été restitué, n'a pas été retrouvé et il a aujourd’hui disparu, probablement détruit. Si j’ai voulu raconter cette histoire pour illustrer le tableau de Lakévio, c’est parce qu’au cours de la semaine passée, quelqu’un a évoqué devant moi le crash de ce Constellation en octobre 1949 et mon interlocuteur sexagénaire +++ n’avait jamais entendu le nom de Ginette Neveu.

Pour la plupart des Français, cet accident n’a fait qu’une seule victime digne d’être gardée en mémoire.

Marcel Cerdan !

Dernière photo

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26 octobre 2017

Soleil noir en Oregon - de Monterey à Frisco

Lundi

Réveil difficile : mon mal de dos s’est réveillé et je ne suis pas vraiment bloquée, du moins chaque pas m’est devenu pénible et je ne peux me redresser. Lili masse doucement la zone douloureuse, et nous allons visiter l’aquarium de Monterey. En sortant de Bide e Wee une biche, puis deux, puis d’autres et d’autres encore suivies du chef de la harde, un chevreuil mâle aux bois élégants…

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Une chaise roulante que poussera JY me permettra de tenir le coup. Je me sens très malheureuse d’être une charge pour eux et m’inquiète pour les jours à venir.

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Dehors en bordure de mer, une saynette en live explique la raréfaction du poisson par la surpêche inconsidérée à partir de la première et surtout de la seconde guerre mondiale. Les pêcheurs chinois qui étaient interdits de pêche par les Blancs devaient sortir la nuit pour pêcher en fraude.

C’est toujours un bonheur de se remplir les yeux du spectacle des fonds marins et Illinca s’attarde devant chaque « fenêtre » pour prendre des photos. Le personnel est là pour donner au visiteur toutes les explications que celui-ci sollicite et sait employer des mots simples pour se mettre à la portée de tous.

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Il me revient en mémoire une remarque faite à haute voix par ma maman au cours d’une conférence où le film montrait les premières images en couleurs de la vie sous-marine faites par l’inventeur de la camera étanche dont je n’ai pas oublié le nom : Dimitri Rebikoff. En ce début des années 1950, le poisson de nos marchés avait dû faire un long parcours dans des conditions difficiles avant d’être vendu et son œil éteint trahissait trop souvent les jours passés hors de l’eau… Maman, donc, s’était écriée à haute voix « Ah ! ça au moins, c’est du poisson frais ! »… ce qui avait fait éclater de rire le conférencier !

Ayant fait le plein de coquillages, d'algues ondulantes, d'élégantes mais terrifiantes méduses et… de poisson frais, il est temps de gagner Frisco.

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Dans ma jeunesse, j’entendais de vieux marins de la Royale parler de Frisco sans savoir qu’ils évoquaient San Francisco, que par ailleurs j’avais appris à situer sur une carte de géographie à mon école primaire de la Mut’…

Plutôt que la highway, JY propose la route côtière, et nous suivons des yeux l’étrange nuage qui, comme hier et chaque jour, se forme par condensation avant de recouvrir la baie de San Francisco en début de soirée.

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Arrivé à la petite maison jaune qui nous abritera 3 nuits, JY est déçu : il s’attendait à mieux, beaucoup mieux ! Pour moi qui y débarque sans avoir vu la présentation sur le Web, je la trouve très à mon goût malgré le jaune un peu agressif de la façade.

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A la droite du garage, une porte s’ouvre sur un couloir qui mène tout au fond à la partie de la maison que nous allons occuper : un vaste séjour-cuisine qui s’ouvre sur le jardin, puis deux chambres et salle de bain. L’hôtesse ne parle qu’anglais et russe, mais cela est suffisant pour se comprendre…

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JY et Lili me prêtent 400 $ afin de couvrir mes petits frais et nous constituer une cagnotte pour l’essence, les entrées de musée, etc…

Nous allons dîner à deux pas dans un resto chinois végétarien où Illinca avale le message traditionnel avec le gâteau !  Mon mal de dos s’est apaisé et je peux marcher un peu sans trop de douleurs.

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23 octobre 2017

lz bouqet d'auromne des Papous

Bouquet d'automne

Cette semaine, Lakévio a été machiavélique : elle a imposé l'inclusion de huit mots sans que l'on puisse en modifier l'orthographe et sans les conjuguer. Elle appelle ça "le jeu des Papous" ! Je ne sais comment s'en sont tirés les autres blogueurs et blogueuses, mais cela a bien ralenti mon inspiration comme vous le verrez !

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Dictionnaire - pianiste - hortensia - bouée - affreux-mordant  - pénible - éclairer

La jeune Meredith était songeuse en composant le bouquet qu’elle voulait offrir à sa granny en choisissant parmi les fleurs qui avaient été abandonnées près de  la  grosse potiche, trop nombreuses pour entrer dans l’énorme gerbe qu’elle contenait, ni dans le vase de faïence bleue où, en ces temps d’automne, se serraient au hasard asters et chrysanthèmes. Elle aimait particulièrement cette variété de chrysanthème qu’on appelle chevelu, qu’elle trouvait si… échevelé.. Mais elle avait décidé de faire un bouquet rond classique avec les « pompons » qu’affectionnait Granny. 

C’était affreux ! Ses préférés, les hortensias du jardin avaient séché, et elle ne pouvait plus les cueillir en cette fin d’octobr. Mais une chose la tracassait, et elle avait voulu éclairer sa lanterne en prenant conseil auprès du nouveau voisin, dont la fille était une pianiste débutante. Ce qu’elle voulait savoir, c’était pourquoi le chrysanthème était exclusivement ou presque devenu la fleur des défunts. Harry serait sa bouée de sauvetage en la laissant chercher dans son dictionnaire anglais-français comment se traduit All Saints’ Day…  Elémentaire, mon cher Watson… on dit Toussaint ! Mais pour les chrysanthèmes, le dico ne lui avait été d’aucun secours, Harry non plus… et bien sûr, pas Eleanor la pianiste !  

Elle l’aimait bien Eleanor, même si l’harmonie des accords qu’elle plaquait lui était pénible à supporter… Elle avait aussi de l’humour, parfois même assez mordant, mais Meredith ne s’en offusquait pas…     

Meredith était décidée : elle irait seule au cimetière du village porter son bouquet de chrysanthèmes pompons que, faute d’avoir pu cueillir l’hortensia bleu devenu trop sec, elle déposerait sur la tombe. Qui sait ? Granny qui savait tout lui soufflerait peut-être la réponse ?

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18 octobre 2017

Soleil noir sur l'Oregon (suite

Dimanche

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La 17-Mile-Drive est une route panoramique fameuse qui longe un des quartiers les plus riches de la Californie. JY rappelle que c’est aussi le plus cher des USA, et la route qui fait le tour de la péninsule de Monterey à Carmel dessert des propriétés cossues cachées dans la verdure. Emprunter cette 17 Mile-Drive coûte 10 $. Elle est bordée d’un côté par des terrains de golf où, parmi les joueurs, folâtrent des biches, mais plantée de cyprès, elle s’ouvre en face sur le Pacifique. Des points d’arrêt sont placés aux endroits les plus fameux. Car ces cyprès sont célèbres, et plus particulièrement the Lone Cypress seul sur son rocher, le plus photographié, qui est devenu le symbole de cette route mythique. Un panneau explique que le fog (brouillard) est indispensable aux arbres côtiers.P1110355

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Voici comment je l’ai vue lorsque je suis venue la première fois en 1992 :

Nous remontons vers Monterey par la fameuse “17 miles drive”, route privée et payante (of course) qui nous conduit à travers les arbres le long de splendides propriétés où cerfs et biches se promènent en liberté. C’est ici que les plus riches parmi les riches se rassemblent comme des enfants apeurés afin d’être en sécurité et “entre soi”. Le ghetto platiné en quelque sorte, mais comme on est un peu “m’as-tu vu ?” on laisse le bon peuple s’esbaudir devant les coûteuses et somptueuses demeures où l’harmonie l’emporte tout de même sur le mauvais goût.

A Carmel, une quiche sympa va nous caler, et pour le dessert, nous avons renoncé aux gâteaux bleus au profit des ice-creams.

La Pacific Coast Highway est la légendaire route panoramique qui conduit jusqu’à Big Sur. La plage sauvage de Pfeiffer se mérite… car pour y accéder, le parcours du sentier n’est pas aisé pour la vieille dame que je suis désormais, et JY va chercher sur le sable des débris de bois pour compléter les quelques marches manquantes de l’escalier qui me permettent d’y poser le pied. Un curieux effet de nuages fait que la mer est d’un bleu soutenu à notre gauche, alors qu’elle reste très grise ailleurs. C’est sûrement la dernière fois que je plonge le bout de l’orteil dans les aux glacées du Pacifique, tandis qu’Illinca entame un jeu auquel elle excelle : le lancer de morceaux de bois le plus loin possible dans les vagues très fortes.

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Le pont Bixby  a permis d’éviter un détour de 22 km. Très élégant, Il enjambe sa rivière depuis 85 ans (nous avons le même âge !) et est l'un des plus grands ponts en béton à une seule travée dans le monde précise Wikipedia.

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Un cordon épais de nuages blancs se forme au-dessus de la mer : c’est l’heure où la baie de San Francisco se recouvre de ces brumes formées par la condensation et dont le phénomène se reproduit chaque fin d'après-midi.

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Dîner « à la maison » d’une salade de fruits… et j’essaie à nouveau d’ouvrir mon compte bancaire… sans succès. A tout hasard, je tente un autre mot de passe, mais je me fais une fois de trop, refuser l’entrée de mon compte qui menace de se verrouiller !

J’ai cogité et ai trouvé la solution à mes soucis bancaires : contacter mes Gwad’loupéens préférés par whatsapp et leur demander de faire un virement à JY… Hélène opte pour une autre solution : elle va d’abord m’envoyer 600 $ par Western Union et me confie un code compliqué que je décrypte sans difficulté, mais qui resterait hermétique pour le reste de l’humanité !

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16 octobre 2017

Feu rouge

Feu rouge

Feu rouge

Eugène Cadic était heureux : assis dans son jardin, il savourait l’idée qu’il allait faire de cet espace orienté plein Sud un petit paradis. Jusqu’alors, il n’y cultivait que les légumes indispensables à la famille qu’il était si heureux d’apporter à sa mariée, comme il aimait à dire. Il y avait assez de place pour y planter des rosiers, des dahlias, des hortensias, et même une glycine tout près de la maison, et que Marguerite (tiens ! des marguerites aussi…) pourrait voir depuis les fenêtres sans avoir à sortir.

C’était le premier jour de sa retraite et il avait été touché des adieux de la brigade qui, la veille, avait en son honneur organisé un pot d’adieu et lui avait offert une pipe en cadeau de départ.

Quarante ans déjà qu’il était entré dans la police nantaise comme on entre en religion : le grade de brigadier lui avait été attribué par le Ministère de l’Intérieur ces tous derniers jours et sa retraite s’en trouverait ainsi améliorée. Car Eugène n’avait jamais pu franchir ce cap au cours de sa carrière : l’école n’était pas vraiment son fort et il avait quitté son village sans avoir obtenu le certificat d’études qui aurait couronné sa scolarité.

Cependant, depuis son enfance, il avait un rêve : devenir policier, être du bon côté, défendre le droit et protéger les faibles… et aussi porter un uniforme qui lui donnerait du prestige.

Lorsqu’il avait posé sa candidature au siège de la police nantaise situé près de la Préfecture, il avait su convaincre que, bien que n’ayant pas le « certif », il avait néanmoins toutes les qualités pour être admis dans le cénacle.

Et ça avait marché !

Toute sa vie, il avait donc réglé la circulation aux principaux carrefours de la cité des Ducs de Bretagne sans avoir franchi le grade supérieur. Mais il n’était pas amer… Son bâton blanc donnait aux automobiles, aux voitures à chevaux comme aux cyclistes la permission de traverser au moment où lui, Eugène Cadic, le décidait. Il était sérieux, précis, sachant parfois anticiper pour faciliter le flux qui, au fil des ans, devenait plus dense. Il lui était parfois arrivé d’éprouver un sentiment de puissance lorsqu’il stoppait un énorme camion pour laisser passer un groupe d’écoliers chahuteurs, ou des « anciens » au pas lent.

Et puis, l’heure de la retraite avait sonné.

Et il était heureux de partir, car le maire avait décidé que la ville allait désormais être dotée d’une modernité qu’il avait déjà vue dans les rues de Paris, mais qui lui aurait ôté ses prérogatives s’il avait dû prolonger son service encore quelques années.

Des feux rouges !  

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15 octobre 2017

Soleil noir sur l'Oregon (suite)

Sheraton de Palo Alto – Université de Stanford

Breakfast copieux au soleil près de la piscine.

L’Université de Stanford est toute proche et l’immense campus boisé est coquettement fleuri et superbement entretenu par un personnel qui s’active. Il y a sûrement encore des étudiants sur place, vu le nombre de vélos rangés sur les socles. Une tour a été érigée en l’honneur d’un « ancien » qui est devenu Président des USA, Herbert Hoover, à ne pas confondre avec le fondateur de la CIA, Edgar Hoover le sulfureux. Une tour qui porte son nom permet de voir à 360° la Silicon Valley, où travaille Scott, le fils de mon amie Joyce. Quelle surprise si on se croisait !

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Il n’est en tous cas pas dans la tour Hoover d’où l’on aperçoit Google, HP, Microsoft, Facebook et quelques autres géants qui ont bouleversé notre vie quotidienne. Surprenant : un carillon flamand de 48 cloches occupe le centre de la plate-forme donne parfois des concerts. Vous vous doutez bien que la tour n’est pas là que pour permettre aux curieux d’y monter : c’est aussi et surtout une gigantesque bibliothèque où sont rassemblés plus de 27.000 ouvrages.

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Une longue perspective laisse apparaître la façade d’une église. Je suis toujours intéressée par l’architecture et l’intérieur des édifices religieux, et je me dirige vers l’église quand mon regard est attiré par un groupe de statues de bronze sur un coin de pelouse… Rodin ! Les six bourgeois de Calais en ces lieux !

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Ils sont un peu plus grands que nature et les visiteurs laissent leurs enfants grimper sur les statues quand ils ne les posent pas eux-mêmes. Le jeu consiste en plus à imiter le geste de ces condamnés qui expriment tant de souffrances ! Je pense que nous ne devons pas être nombreux (trois au plus) à connaître l’histoire de ces six bourgeois qui, en chemise et pieds nus, durent livrer au roi d’Angleterre vainqueur, les clés de leur ville afin d’épargner la vie de ses habitants. Cet ensemble ne fait pas partie des 12 éditions originales de l’œuvre de Rodin : des statues ont été modifiées. Il n’empêche : elles sont impressionnantes et si expressives !

La Green Library n’est ouverte qu’aux étudiants, JY est déçu, il aurait aimé y  jeter un coup d’œil.

 La route vers Monterey longe le Pacifique et un incendie s’étend sur les collines en bord de mer. Deux avions et un hélicoptère sont sur place. L’un d’eux ne tarde pas à déverser une masse énorme de poudre rouge, un retardateur de feu. Je n’ai pas eu le réflexe de prendre des photos.

La circulation s’est ralentie, sans doute à cause d’un accident. Au moment où nous passons, le puissant 4X4 de la police pousse et déplace carrément la voiture accidentée pour la mettre sans ménagements sur l’accotement.

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Illinca la Coccinelle est plongée dans Whattsapp et les échanges par I-phone avec la famille en France. Sa tablette est posée sur le siège entre nous avec mon petit ordi notebook Samsung sur lesquels est sagement assis le raton-laveur.

A Monterey, nous posons nos valises chez Bide e Wee, qui offre des bungalows individuels pour accueillir les touristes. Nous sommes à l’étage de celui qui nous est attribué. L’appartement est constitué d’une chambre-salon, d’un coin dînette, d’une salle de bain et d’une autre chambre où nous dormirons Illinca et moi.

J’invite la famille au Fandango où le pavé de saumon est goûteux et sûrement sauvage, parce que pas du tout farineux…

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Comment expliquer que mon compte bancaire refuse de s’ouvrir malgré le mot de passe dont je suis certaine de l’exactitude ? Comment se sortir de cette impasse puisque je ne pourrai faire le virement qui me permettrait de résoudre le problème que me cause l’oubli de ma carte ?

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