La Bourlingueuse

26 juin 2022

Soixante deux ans après

Retrouvailles

Reterouvailles

Cet homme semble bien triste.
Il pense...
Mais à quoi ?
Sur quoi ou qui se penche-t-il ?
Qu’attend-il ?
Qui attend-il ?
Je n’en sais rien.
J’en saurai peut-être plus lundi.
Je saurai peut-être ce que vous en direz.
J’aurai pensé à quelque chose.
Une histoire.
Une prémonition…
À lundi donc...

Pour être franche, je ne sais ce que fait cet homme dans mon histoire où il n’a aucun rôle…

Vous avez sûrement oublié mon amie Joyce la Texane avec laquelle j’ai tant traîné mes guêtres autour du monde… Joyce donc, a eu des problèmes cardiaques qui l’ont contrainte à vendre sa maison pour entrer dans un ‘’ghetto de luxe’’ dans la banlieue de Dallas.

L’entrée de l’appartement voisin affiche une plaque avec un prénom ‘’Linda’’ et une Tour Eiffel. Intriguée, Joyce frappe à la porte, fait la connaissance de Linda et le courant passe entre les deux femmes.

_ Pourquoi la Tour Eiffel ? demande Joyce

-        J’ai vécu deux ans en France lorsque j’étais étudiante il y a près de soixante ans… répond Linda

Bien sûr, elles ont parlé de Blanche la Nantaise…

-        Mais c’est à Nantes que j’étais… dans une famille que j’aimerais retrouver…

C’est ainsi qu’il y a près de deux ans, j’ai reçu la mission de retrouver ceux qui survivent de la famille D. chez qui Linda a vécu !

Premièrement, je contacte mes amis de l’asssociation Experiment avec laquelle nous avons reçu tant d’adultes (dont Joyce et Weldon son mari en 1985) et d’étudiants venus de partout : USA, Japon, Chine, Hong Kong, Corée, Ousbekistan… et j’en passe…

La famille D. ne figure pas sur sa liste des familles. Les listes décennales des décès à Nantes m’ont permis de savoir que les parents sont morts depuis longtemps, mais aucune trace des deux enfants, adolescents à l’époque de Linda.

Ma quête a été longue, difficile. Le Rectorat a refusé de me communiquer les coordonnées de B… D. dont j’avais fini par savoir qu’il était professeur à la fac. Mais un de mes amis lui aussi professeur a pu se procurer la précieuse adresse. Il ne figurait pas aux abonnés téléphoniques et j’ai dû me déplacer, montr les trois étages d’un vieil immeuble nantais classé sur les quais du port, frapper à la porte qui ne s’est pas ouverte…

Mais j’ai au moins pu communiquer à Linda l’adresse de B. et ils sont entrés en contact.

J’avais presque oublié cette histoire lorsque récemment, j’ai reçu un courriel de Linda m’annonçant qu’elle venait à Nantes avec sa fille pour quelques heures et qu’elle souhaitait que l’on se retrouve dans un resto près de chez B.

Le croirez-vous ? J’ai accepté de sortir dans le pic de la canicule le samedi 18 juin alors que j’étais si bien au frais dans ma vieille maison aux murs épais. C’est ainsi que j’ai assisté aux retrouvailles soixante deux ans après, de deux vieux adolescents devenus grands-parents…

Et c’est aussi la raison pour laquelle, trop épuisée, je n’ai pas fait mon ‘’devoir’’ du lundi, mais au moins, notre prof Monsieur Le Goût peut lire mon billet d’excuses avec retard, certes, mais il me pardonnera j’en suis sûre

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13 juin 2022

Trois hommes dans un bateau

Trois hommes dans un bateau

 

 

Ce tableau d’Aldo Balding vous inspire-t-il quelque chose ?
Quant à moi je me demande ce que font ces trois hommes.
On verra bien lundi ce qui sort de nos cogitations…

Il y avait des années que les trois amis ne s’étaient pas revus, même s’ils avaient gardé le contact : Internet permettait à chacun d’avoir des nouvelles de l’un et de l’autre, mais aucun d’eux n’avait trouvé le temps de se libérer pour une réunion qu’ils souhaitaient.

Un beau jour cependant fut fixée une date pour des retrouvailles à Margate, à l’hôtel ‘’Golden Crown’’ dont la terrasse dominait la Mer du Nord. Ils avaient eu un peu de mal à se reconnaître, leur âge mûr avait quelque peu épaissi leur silhouette et modifié leur visage.

Mais très vite, l’ancienne complicité était revenue et l’évocation de leurs aventures anciennes les émut, particulièrement lorsque le nom de Montmorency fut prononcé.

Il y avait belle lurette que ce brave fox-terrier avait gagné le paradis des chiens, mais les souvenirs intacts de Georges les ramena d’un coup à leur jeunesse et à l’expédition qu’ils avaient entreprise sur les eaux de la Tamise. Expédition qui bien plus tard, avait fait rire tant de lecteurs lorsque Jérôme avait eu la bonne idée d’en publier le récit.

C’est Harris qui, le plus sérieusement du monde posa la question :

-        Et si nous recommencions l’aventure depuis Londres jusqu’ici ? Après tout, la distance à parcourir est infiniment plus courte et nos enfants seraient épatés de nous voir encore naviguer comme au temps de notre cursus universitaire.

Ebahis, les deux autres haussèrent les sourcils : épater leurs enfants, certes, mais ils étaient maintenant tellement habitués au confort douillet de leur home que l’idée d’avoir à ramer, même dans un canot moderne et des conditions différentes leur paraissait inacceptable.

§

Le lendemain matin, l’affaire était dans le sac.

Oui, ils allaient recommencer l’aventure aussitôt que possible et ils allaient descendre la Tamise depuis Londres (évidemment, la Reine et les médias seraient mis au courant) jusqu’à la mer.

Et leurs enfants seraient épatés, bien sûr, mais pas qu’eux...

Ils se prirent alors à rêver : Elizabeth II avait en leur temps anobli les Beatles lorsqu’elle les avait reçus à Buckingham Palace… pourquoi ne réitérerait-elle pas en leur faveur ?

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06 juin 2022

Les paradis artificiels

La chambre particulière

La chambre particulière

Cette toile de Vettriano me fait irrésistiblement penser à Baudelaire.
Je verrais bien un devoir qui commence par :
« Je logeais dans la maison du principal, et j'avais obtenu, dès mon arrivée, la faveur d'une chambre particulière »

Et qui finirait par :
« Néanmoins un moment de réflexion me décida à attendre la fin de l'aventure. »
Ça, ce serait chouette…

 

Je logeais dans la maison du principal, et j'avais obtenu, dès mon arrivée, la faveur d'une chambre particulière.

Etendu sur le lit, je me pris au jeu en m’imaginant être Baudelaire. Bien entendu, comme les copains, j’avais presque toujours en poche de quoi tirer quelques tafs de hash et c’est avec un bonheur indicible que je regardais la fumée s’élever lentement au plafond. La lettre que j’avais reçue le jour même de ma mère était tombée sur le tapis : je la lirais plus tard, lorsque les effets de l’herbe se seraient atténués.

Ne croyez pas ce que racontent les pisse-vinaigre qui prétendent que quelques bouffées de hash plongent le fumeur dans des paradis artificiels qui les mènent tout droit à la déchéance, voire à la mort.

Je savourais ce joint dont je décrétai soudain qu’il serait le dernier...

Néanmoins un moment de réflexion me décida à attendre la fin de l'aventure

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30 mai 2022

Miss Tic, fleur de Montmartre

Miss Tic

Miss Tic

Miss Tic, que vous connaissez sûrement, est morte il y a quelques jours.

J’ai vu pour la première fois ses traces sur les murs de mon quartier il y a près de quarante ans.
J’avais été frappé par ce pochoir.
Et vous ?
Ce qui serait gentil, ce serait que vous y mettiez les mots suivants :

Mathématique – Papillon – Coquelicot – Terre – Soleil – Branche – Équation – Somme – Produit - Égal.

 

Miss Tic, le papillon de nuit n’a pas choisi de quitter la terre ce dernier dimanche.

Nous étions attablés dans le jardin inondé de soleil à l’ombre des branches de bouleaux où folâtrait un  papillon lorsque la radio a annoncé la nouvelle, mais aucun de nous n’a semblé réagir. Je pense avoir été la seule à qui ce nom de Miss Tic rappelait vaguement quelqu’un. Puis en y réfléchissant, les détails ont fini par remonter, même si j’ai dû consulter Wiki-je-sais-tout pour être sûre de ne pas me tromper.

Je ne crois pas avoir réellement vu de mes yeux les dessins à la bombe de cette fleur de Montmartre (un coquelicot ?).

La nouvelle nous a branchés sur les célébrités de la Butte et nous avons fini par évoquer Utrillo, mais aussi Dalida, Michou, Cora Vaucaire dont nous avons fredonné la ‘’Complainte’’…

Mais Diego a dû quitter la table pour préparer son devoir de mathématique qu’il doit rendre demain. Lui qui parle déjà trois langues couramment et apprend l’anglais peine davantage sur l’équation  dont le produit  doit être égal à la somme des facteurs.

Adieu Miss Tic ! Ceux qui t’ont aimée pleurent ton départ.

§

Merci au prof d'avoir voulu bousculer nos neurones

§

Diego et Matthieu le petit frère de 7 ans,  parlent parfaitement le français, l'espagnol et le catalan

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29 mai 2022

Anniversaire

Qui peut me donner les coordonnées d'Emma ?

Oui ! je viens d'entrer dans mes nonantièmes... avec deux absents qui se reconnaîtront
Et j'en parlerai plus tard, mais nous sommes encore en famille : Cannois et Gwad'loupéens me quittent demain et après-demain. Certains sont arrivés le 9 mai de Barcelone
Vous saurez TOUT !

Même sur la culture des blobs

Gwen

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23 mai 2022

Rue Blondel

 

Rue Blondel

Rue Blondel

C’est une toile de Mr Bernard Beauvais, elle m’a amusé quand je cherchais un tableau qui pourrait vous inspirer.
Elle a attiré mon attention car elle s’appelle « Rue Blondel ».
Je ne vous demande pas ce que le Monsieur veut de la dame.
Je ne vous demande pas ce qu’elle demande pour le lui donner.
Laissez courir votre imagination.
J’espère que nous en cueillerons tous les fruits lundi…

Eclairée par un pâle clair de lune et d’antiques réverbères, la rue Blondel semble déserte à cette heure de la nuit où les noctambules et les esseulés se pressent habituellement. Seul un couple et une silhouette ambiguë se profilent sur les trottoirs pavés

La femme qui semble sortie d’un tableau de Botéro est boudinée dans une robe rouge d’où jaillit une paire  de seins trop généreux pour être honnêtes… et d’origine.

L’homme lui, flotte dans un manteau verdâtre où l’on pourrait tenir à deux, et son pantalon trop long plisse sur ses chaussures. Il ne semble pas que son manque d’élégance le perturbe puisqu’il continue de discuter à voix basse avec son imposante interlocutrice

Mais ils sont restés en place quand on annonce ‘’Coupez’’ !

Aussitôt, l’adolescent se défait de son encombrant manteau et saute au cou de sa partenaire, comme lui figurante (ou plutôt ‘’artiste de complément’’) qu’il a connue sur les plateaux de cinéma où l’un et l’autre se font quelques sous qui améliorent leur ordinaire.

C’est que la R’née qui a été larguée par son homme doit élever ses deux enfants en prenant parfois des rôles muets du style ‘’la grande Zoa’’ pour boucler son budget, tandis que le jeune Jeannot manque parfois le lycée pour le cinéma afin d’aider sa mère chômeuse, en rêvant toutefois d’un avenir radieux derrière les caméras.

Ces deux accidentés de la vie sont devenus une solide paire d’amis qui s’épaulent et s’apprécient…

Elle n’est pas belle la vie ?

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16 mai 2022

Accablement

 

 Accablement

 

Accablement

À quoi pense donc ce jeune homme si bien cerné par Aldo Balding ?
J’espère en savoir plus lundi…

J’ai une facture d’eau exorbitante à payer (presque 3.600 € ! Bien entendu, personne n’a volontairement ou par erreur  laissé s’échapper dans la nature 1700 m3 d’eau qui, ramenés au quotidien, ferait 3.300 l chaque jour…

La Ville de Nantes et ses services ne veulent pas admettre une défaillance de leur compteur, et moi, je n’ai que ma bonne foi à leur opposer. J’envisage d’aller chanter dans les rues et de faire la manche pour réunir la somme nécessaire. Je peux aussi ouvrir une cagnotte ? ? ?

Je blague, bien evidemment...

 

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09 mai 2022

Rue des Degrés

Rue des Degrés

Rue des Degrés

À la demande générale de deux personnes, je vous propose donc un « devoir de Lakevio du Goût ».
Et je remercie Alainx et Pivoine de leur intérêt pour ces « devoirs ».
Vous est-il arrivé d’emprunter une rue aussi courte que la « Rue des Degrés » ?
J’espère que vous avez une histoire pas trop brève à raconter sur une rue brève.
J’aimerais aussi que cette histoire commençât par :
« Hier, il ramassait les miettes de pain tombées sur son pantalon, par terre, en faisant des efforts énormes. »
Et qu’elle finît par :
« Nous étions debout sous la pluie, parmi les provisions de bouche. »
À lundi donc, si vous voulez…

Hier, il ramassait les miettes de pain tombées sur son pantalon, par terre, en faisant des efforts énormes… Il tenait à rester impeccable afin de mettre toutes les chances de son côté.

Il n’avait pas vu les murs peints devant lesquels il était passé sans les remarquer, tant il était anxieux avant sa rencontre avec la belle Agathe. Il comptait bien lui déclarer sa flamme et il était quasi certain que les choses se passeraient comme dans ses rêves…

Aujourd’hui, le cœur lourd, il s’est appuyé sur la rampe centrale et son regard a balayé le décor. Il semblait ne pas reconnaître ce lieu qu’il avait parfois emprunté, mais en sautant rapidement les marches pour attraper le métro Bonne Nouvelle.

Il s’attarde surpris d’être dans cette rue qui n’en est pas une, large de 3,30 m et longue de 2,24 m : la plus courte de Paris !

Quand je l’ai vu, il observait les peintures vives qui ornent les deux côtés des murs aveugles qui bordent l’escalier. Je revenais juste du Monop voisin avec mes sacs remplis des courses pour la semaine, et mes bras avaient bien besoin d’une halte. L’opportunité se présentait et j’entamai une causette avec cet inconnu au regard de chien battu. Il ne tarissait pas et après quelques considérations judicieuses sur les peintures, il finit par me raconter l’infortune… que dis-je ? le malheur qui l’avait frappé la veille : non seulement Agathe l’avait rabroué, rejeté, mais elle avait ri de ses sentiments !

Il était intarissable, et sa logorrhée me fascinait. Le crachin s’était fait plus dru mais nous ne  le sentions pas.

Nous étions debout sous la pluie, parmi les provisions de bouche.

 

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18 avril 2022

Les taches de rousseurs

Mon beau miroir

Mon beau miroir

Ne dites rien, je sais...
Les rousses, les peaux claires, le Goût et gnagnagna « et patin et couffin » comme disait la mère de mon père.
Mais cette toile de Richard Miller me parle.
Et à vous ?
Vous dit-elle quelque chose ?
Nous devrions tous en savoir quelque chose lundi…

Jeanne a quinze ans. Horrifiée elle a fondu en larmes lorqu’elle s’est vue dans le miroir qu’elle n’avait pas sorti depuis la veille.

Ses taches de rousseur, que tout le monde s‘accorde pour lui dire qu’elles lui donnent un charme fou, en réalité lui empoisonnent la vie depuis qu’elle a réalisé qu’elle était la seule de sa classe à en être dotée. Elle a lu dans Marie-Claire, le magazine féminin de sa mère, qu’en se badigeonnant le visage de jus de citron, les taches s’atténueraient avant de disparaître.

Elle y a cru !

Depuis, les citrons de la cuisine sont devenus ses complices qui ont porté tous ses espoirs jusqu’à ce qu’elle comprenne que sa peau n’était peut-être pas adaptée au remède… ou l’inverse !

Une annonce publicitaire lui est alors tombée sous les yeux : un traitement miracle venu d’Orient la débarrassera à coup sûr de ses maudites taches.

Mais comment l’acheter et où se le faire livrer ? Jeanne a dû attendre son anniversaire pour que sa bourse lui permette de le commander, puis d'aller en cachette à la poste et donner l’adresse d’une amie compréhensive où le miraculeux produit sera déposé après plusieurs semaines d’attente…

Fébrilement, avant de se coucher, elle a enduit son visage du liquide verdâtre contenu dans le flacon, sans avoir pu lire la notice, écrite en chinois ou en japonais, mais sûre  que les médecins auxquels se référait la publicité étaient des savants.

Elle s’est endormie confiante, mais au matin, une sensation de brûlure l’inquiéta. Saisissant son miroir, elle ne se reconnut plus : ses taches de rousseur ne se voyaient plus, noyées qu'elles étaient dans une zone grenat devenue  insensible…

§

Mes histoires d’O(eau) ne sont pas finies : mon compteur expertisé a été déclaré ‘’conforme’’ et Nantes-Métropole attend que je paie les 3.528,81 euros que selon eux je leur doit pour avoir consommé 1.178.000 litres d’eau soit 3.227 litres chaque jour de 2021.

J’ai fait appel à Julien Courbet, priant pour qu’il prenne mon courrier en considération.

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11 avril 2022

L'escalier de service

L'escalier de service

L'escalier de service

120ème Devoir de Lakevio du Goût
Hopper prétend que cet escalier se trouve au 48 rue de Lille, à Paris.
Je n’en suis pas si sûr.
Je connais trop bien cet escalier pour croire Edward Hopper sur parole.
Mais vous, le croyez-vous ?
Qu’en dites-vous ?
J’espère en savoir plus lundi.

 Cet escalier n’est pas celui qu’empruntent les invités des actuels occupants des immeubles cossus construits au XVIIIe siècle par les armateurs nantais enrichis par le commerce du ‘’bois d’ébène’’, et qui s’alignent encore sur le célèbre quai de la Fosse..

Les façades de ceux qui ont résisté aux bombardements alliés qui visaient le port (mais lâchaient leur cargaison au hasard depuis 5.000 mètres) ont été restaurées et retrouvé leur splendeur architecturale d’antan. Même si le tuffeau a perdu de son éclat à cause de la circulation motorisée, ces immeubles restent les vestiges d’un passé révolu que peu de Nantais revendiquent…

Néanmoins, de nos jours, ils sont très recherchés par la bourgeoisie aisée et font le bonheur des agences immobilières.

Lorsque le visiteur franchit le porche monumental, il a sous les yeux un somptueux escalier de granit* qui le mènera aux étages s’il n’emprunte pas l’ascenseur hors d’âge installé là depuis soixante ans…

Remarque-t-il une petite porte grise qui se cache un peu au fond du hall ?

Là se trouve l’escalier de service réservé au petit personnel des occupants et aux fournisseurs venant livrer. Celui-là n’est pas en granit, mais en bois : en cas de danger, les serviteurs devaient pouvoir sortir avec les maîtres… et les aider à descendre ?

Cuisinière, femme de chambre, valets, cocher, (plus tard chauffeur-maître d’hôtel) ne pouvaient utiliser les mêmes toilettes et les petits coins qui leur étaient attribués occupaient un angle dudit escalier à mi-étage.

§

Les temps ont bien changé, et le personnel de service est devenu trop rare pour que le mélange des torchons et serviettes ne soit devenu la règle commune de notre XXIe siècle, ce que regrettent sans doute quelques nostalgiques des temps bénis de l’avant-guerre où l’on savait encore vivre… et se faire servir.

 §

* Depuis le grand incendie de Londres au milieu du XVIIe siècle, les escaliers des immeubles nantais ont été construits en pierre afin de faciliter l’évacuation des habitants.

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04 avril 2022

Jeanne et Guillaume aux champs

Pique-nique dans les blés

Qu’est-ce qui les met de si joyeuse humeur ?
Je vous dirai lundi ce que j’en pense.
J’espère surtout lire ce que vous en pensez…

À lundi donc…

Guillaume n’était encore pas descendu du nuage sur lequel il vivait depuis que Jeanne, en visite chez ses parents, avait accepté sa proposition d’un pique-nique dans le champ de blé qui était juste derrière son corps de ferme.

Il faut dire que Jeanne était devenue une demoiselle de la ville depuis qu’elle avait quitté leur village pour devenir maîtresse d’école, et Guillaume, amoureux depuis leur prime jeunesse, n’avoir jamais osé montrer ses sentiments tant il craignait de se faire moquer. Même s’il avait décroché brillamment son certificat d’études avec la place de premier du canton, il se sentait tellement ignorant face au puits de science que devait être la jeune fille…

Néanmoins, une chose le rassurait : son métier était sa grande force, sa richesse et il ne craignait personne pour l’exploitation de la terre qu’il avait héritée de ses ancêtres. Ils l’avaient tant imprégnée de leur sueur qu’il en était ému en pensant à eux qui l’avaient précédé. Mais il avait voulu faire de leur (de son) domaine une ferme modèle et Guillaume avait commencé par installer une éolienne qui montait l’eau sans effort, puis acheté un tracteur, le premier du canton, lorsque ses vieux chevaux n’avaient plus eu assez de force pour tirer la charrue. Au fil des ans, ses idées de pionnier avaient donné de l’élan à ses voisins fermiers, mais il restait le précurseur. Des châssis de verre abritaient maintenant des légumes rares et des primeurs qui faisaient l’étonnement des villageois et se vendaient à prix d’or à la ville.

C’est pourquoi tout fiérot, il en avait apporté un panier qu’il avait négligemment posé derrière lui…

Jeanne avait paru ne rien voir d’autre que lui, Guillaume. Elle avait posé son chapeau et lui parlait de leur enfance commune, évoquant des souvenirs qu’il avait oubliés.

Osera-t-il lui poser la question qu’il garde depuis si longtemps ?

Il n’en a pas eu le cran ce jour-là, paralysé par l’angoisse…

Jeanne acceptera-t-elle un autre pique-nique ?

§

Surbookée depuis ces dernières semaines, j'ai bâclé ce devoir en m'inspirant de l'histoire vraie de Louis et Marie Guillemot qui ont fini par se marier en 1920 mais ont fini dramatiquement leur histoire d'amour à cause de la crise financière du krack de 1929.

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28 mars 2022

Aline et Auguste rêvent

Le chemin montant

 

Le chemin montant

Je suis parti à rêvasser en regardant cette toile de Caillebotte.
Non, il n’est pas à Paris, pas sur le Pont de l’Europe.
Il n’est pas non plus en train de regarder des raboteurs de parquet au boulot.
Non, il regarde un couple qui part en direction d’un petit bois, sur « Un chemin montant. »
Je vous dirai lundi ce que j’en pense.
J’espère surtout lire ce que vous en pensez…

À lundi donc…

Sent-il la noisette ce petit chemin qui monte jusqu’au sommet d’une éminence que certains qualifient de colline, ce qui fait bien de l’honneur à cette modeste crête boisée qui domine cependant le paysage alentour.

Aline et Auguste sont venus découvrir la maison que leur ami Gustave vient d’acheter à la campagne et ils rêvent…. Et pourquoi ne s’installeraient-ils pas eux aussi dans un coin bucolique où les douloureux rhumatismes d’Auguste seraient moins douloureux au soleil ? Allons c’est dit : ils vont eux aussi quitter Paris et se mettre en quête d’un éden où il pourra peindre tranquillement dans un atelier mais aussi et surtout dehors au grand air.

S’il le pouvait, Auguste en sauterait de joie, il se contente donc d’esquisser un léger pas de danse.

Ils vont en parler à Gustave qui a sûrement de bonnes adresses et qui, pour l’heure, a installé son chevalet sur ce petit chemin montant et les immortalise sur sa toile.

Aline et Auguste Renoir ne savent pas que leur paradis les attend loin au Sud, qu’ils devront attendre encore longtemps avant de le découvrir, et ce sera ‘’Les Colettes’’ à Cagnes, que des milliers d’admirateurs venus du monde entier visitent chaque année.

§

L’inspiration n’était pas au rendez-vous, mon esprit est obnubilé par la facture d’eau qui reste en suspens. Les techniciens venus poser le mouchard n’ont constaté aucune anomalie : pour eux, le compteur est fiable… Ils ont changé celui-ci, mais ont demandé à visiter la cave où, bien sûr, il n’y a aucune humidité, et le jardin où je n’ai pas de piscine dissimulée.

Ma ‘’protection juridique’’ m’a demandé des tas de documents  (auxquels j’ai ajouté des photos du chantier et des tranchées) pour y voir plus clair, mais je ne suis pas sortie de l’auberge si vous voulez mon avis…

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20 mars 2022

Le blob et moi... et moi... et moi...

Le blob et moi... et moi... et moi...

L'histoire d'eau devrait pouvoir s'arranger. Jeudi, la ville m'a envoyé deux techniciens qui m'ont rassurée mais ont néanmoins posé un mouchard sur le compteur qui a eu la bonne idée de tourner sous leurs yeux !

Ledit mouchard relève l'index chaque demi-heure, et je leur communiquerai quand ils reviendront demain mes moments d'absence... Ils me conseillent de demander aussi le remboursement des diverses franchises qui restent à ma charge...

Mais si je ne peux poster mon devoir ce soir, c'est que j'ai été occupée à préparer l'arrivée des blobs qui m'ont été attribués.

Vous ai-je déjà parlé de cela ? Au tout début du mois de novembre, le CRNS a sollicité des volontaires pour une expérience scientifique : l'observation de blobs dans des conditions assez contraignantes, mais que j'acceptai avec enthousiasme. Le hic ? Mon âge... J'ai été tentée de me rajeunir de plusieurs décennies mais ai fini par tenter le coup et de m'inscrire en ne trichant pas.

La réponse a tardé à venir, mais au cours du mois de février, alors qie je ne m'y attendais plus, j'ai su que non seulement j'étais accptée, mais que mon âge avait été déterminant ! Je suis la doyenne des 15.000 personnes retenues.

Le CNRS n'ayant pas le budjet pour équiper les 15.000 volontaires, il a fallu acheter divers accessoires dont je vous parlerai au fil du temps car je compte bien vous faire partager cette passionnante aventure !

Aujourd'hui, j'ai préparé les deux "blob-house" qui abriteront l'une le groupe expérimental, l'autre le groupe contrôle que je laisserai vivre sa vie.

Mon temps a été absorbé par ces manipulations et aussi par l'acquisition des programmes à appliquer.

Vous voulez en savoir plus ? Allez voir le site du CNRS. J'écrirai mon devoir et vous le lirez demain, même si je ne suis pas inspirée par cette jolie toile.

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14 mars 2022

Permis de démolir

La porte ouverte

 

La porte ouverte

J’ai enfin réussi à savoir ce que cache cette porte.
En avez-vous une idée ?
Si j’osais, je vous demanderais de commencer votre découverte par :
« Ma songerie aimant à me martyriser s’enivrait savamment du parfum de tristesse »
Et plus encore, la clore sur :
« Ne t’imagine pas que je dis des folies. »
Si vous estimez être mal armé pour faire de la sorte, faites comme vous voulez.
Mais dites quelque chose lundi.

Ma songerie aimant à me martyriser s’enivrait savamment du parfum de tristesse, et c’est la raison pour laquelle me voici revenue dans le vieil et somptueux immeuble qu’habitaient mes grands-parents, cet immeuble qui avait été parfaitement restauré après les bombardements qui l’avaient endommagé et qui est désormais voué à la démolition…

Les portes ne s’ouvrent plus désormais sur rien, hormis une lampe oubliée sur la cheminée de marbre noir…

Ses fenêtres s’ouvrent sur la Loire et la façade est ornée de macarons, signes de splendeur et de richesse qu’aimaient arborer les armateurs nantais qui pratiquaient le commerce triangulaire du ‘’bois d’ébène’’. Au fil du temps, les immeubles avaient été parcellés et vendus par appartements.

J’ai le cœur serré en pénétrant dans ces pièces du troisième étage où j’aimais venir déjeuner chaque jeudi midi avant d’aller avec Mamée ou Papy (souvent les deux) nous balader dans le centre-ville. Nous ne sortions qu’après qu’ils m’eussent aidée à finir les devoirs du lendemain, mais quel bonheur c’était alors d’aller jouer dans le grand parc durant les beaux jours, de flâner dans les musées en hiver et parfois finir au cinéma !

Les papiers qui tapissent les murs ne sont évidemment plus les mêmes, mais je ressens néanmoins la chaude ambiance des jeudis de mon enfance et je laisse mes larmes couler…

§

Revenue sur le quai, j’ai sous les yeux cette magnifique façade du XVIIIe  siècle un peu fanée mais en parfait état. Alors ? Pourquoi démolir ce témoin architectural de l’Histoire de notre ville ?

Des requins sans scrupules ont obtenu un permis de démolir pour y construire un immeuble ultra moderne en verre, qu’ils vendront un prix prohibitif à des clients nantis indifférents à l’Histoire de Nantes… Même si cette Histoire est le côté sombre de celle-ci.

§

Toi mon grand-père depuis longtemps disparu, tu n’auras pas le chagrin de voir votre demeure si chère à vos yeux anéantie pour enrichir des requins…

Ne t’imagine pas que je dis des folies…

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28 février 2022

Derrière la porte

La porte fermée

Petites ailes certes et j’espère que les vôtres vont se déployer largement d’ici lundi…
Les portes ont toujours suscité chez moi des questions ou donné des ailes à mon imagination.
Racontez des histoires s’il vous plaît.
Nous en avons tous besoin…

Pourquoi en voyant cette toile ai-je eu la quasi-certitude d’avoir déjà planché dessus ? Je me trompais sûrement puisqu’après avoir recherché même chez Lakévio, je n’ai pu trouver cette porte. C’est peut-être mieux ainsi, car j’aurais peut-être été tentée de resservir mon texte en le réchauffant à peine…

Il faut dire que je suis actuellement poursuivie par la scoumoune comme dirait notre amie Marthe Villalonga. Mon histoire d’eau avance à pas mesurés : mon assurance étant débordée par les dégâts causés par la tempête Eunice, j’ai fini par appeler vendredi ma ‘’protection juridique’’ qui m’a conseillé d’écrire à Nantes-Métropole une lettre recommandée avec A.R. pour contester officiellement le montant de la facture, les échanges avec la régie de l’eau n’ayant été que téléphoniques (sauf la facture !). C’est fait, la lettre est partie…

J’avais besoin de changer d’imprimante, celle que j’utilisais, achetée 3 francs 6 sous valait encore moins. Je m’en étais accommodée mais c’était la galère pour scanner ou photocopier. Puis elle s’est mise à renâcler en refusant de présenter la feuille à imprimer. Le divorce a été décidé jeudi et je suis allée acheter une autre imprimante à jet d’encre HP (je suis fidèle) et j’y ai mis le prix.

Saperlipopette ! Je n’ai pas pu l’installer ! J’ai fait appel au copain François qui a rencontré les mêmes difficultés quand il a voulu mâter la bête. L’écran indiquait que les cartouches d’encre n’étaient pas compatibles. Or, c’étaient celles qui étaient fournies avec l’imprimante… Faute de mieux, l’ami François est allé acheter pour moi d’autres cartouches (48,95 €) qui ont-elles aussi, été refusées par l’imprimante, alors que l’ordi les reconnaissait. Je suis allée samedi rendre l’imprimante qui elle aussi, comme le compteur dysfonctionne, et j’en aurai une autre mardi, que j’espère plus coopérative.

§

Me voilà tout essoufflée après avoir grimpé les six étages de ce vieil immeuble en vous racontant mes histoires. Je devrais pourtant savoir que nul n’aime écouter les malheurs des autres et j’aurais dû comprendre que je vous ennuyais… Pardon.

Une agréable odeur de cuisine embaume le palier et je prends le temps de savourer à l’avance le délicieux repas qu’a préparé ma petite-fille pour célébrer la Fête des Grands-Mères.

Je ne veux pas sonner tout de suite parce que mon cœur bat trop vite. J’aime laisser le temps en suspens.

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24 février 2022

La douloureuse

La douloureuse

Vais-je devoir ouvrir une cagnotte ou chanter dans les rues pour payer la facture d'eau que Nantes-Métropole m'a adressée lundi dernier ?

A vot' bon coeur M'sieux-Dames

 

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Comme quoi, les histoires d'eau...faut pas en rire !

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21 février 2022

La roulotte de mes remords

Les roulottes de Van Gogh

Les roulottes de Van Gogh

 

J’espère que vous serez inspirés par cette toile de Van Gogh.
Elle m’inspire, cette image du nomadisme dite « Les roulottes, campement de Bohémiens ».
L’arrivée du printemps est toujours pour moi « L’invitation au voyage ».
Surtout ces temps-ci !
À lundi j’espère…

Après les bombardements de Nantes en septembre 1943 où la ville avait été écrasée par les bombes lâchées de 5000 m par les forteresses volantes américaines, j’étais restée dans ma famille quimperloise où je passais habituellement les vacances. J’étais entrée en sixième sans dossier, avec les Lorientaises qui étaient là pour les mêmes raisons. Mon texte est tiré de mes souvenirs "Une petite fille à l'heure allemande" écrits pour ma descendance et dont je n'ai pas changé une virgule…

Une roulotte avec un pauvre cheval avait fait étape pour plusieurs semaines en haut de Kerneuzec, face à la ferme des Esvan, près du chemin qui menait chez Caille. N’imaginez pas une caravane comme de nos jours. Souvenez-vous plutôt de la peinture de Van Gogh et vous en aurez le modèle exact, avec une large avancée de son toit arrondi au-dessus d’une balustrade. Elle était habitée par un couple, et une jeune fille d’une quinzaine d’années, aux longs cheveux raides d’un blond filasse. Je la voyais chaque jour en passant pour aller au collègee, et nous avions fini par nous dire bonjour, puis à échanger quelques mots. Je ne suis jamais entrée dans la roulotte, et elle semblait craindre ses “patrons”, comme elle disait, rarement là au moment de mon passage. Lorsqu’elle a su que j’étais de Nantes, elle réagit soudainement, disant que sa sœur y habitait, et me demanda de lui faire une lettre parce qu’elle ne savait pas écrire. J’acceptai d’emblée et j’étais si heureuse de lui rendre ce service, à elle qui avait l’infortune d’être illettrée. Il fallait que je vienne un jeudi ou un dimanche, mais le jeudi c’était plus facile, parce que le dimanche, j’étais moins libre. Pourquoi ai-je éprouvé le besoin d’en parler à table, le soir ? Odile m’interdit de parler désormais à cette “fille bohémienne”, et surtout, d’écrire quoi que ce fût. Honteuse, je passai à dater de ce jour devant la roulotte sans lever les yeux, et sans répondre aux demandes timides qu’elle m’adressait parfois. Croyez-le ou non, à ce jour, après tout ce temps, j’ai encore le remords de n’avoir pas transgressé l’interdit.

§

Savez-vous ce qu’est un BLOB ? Je l’ignorais jusqu’à une date relativement récente disons quelques mois, et voilà que je vais en avoir à la maison pour les observer ! Le CNRS a accepté ma candidature pour être la nourrice de ce phénomène qui n’est ni un végétal, ni un champignon, mais une « chose » unicellulaire qui a une forme d’intelligence

Promis, je vous en dirai plus le moment venu !

§

Mon histoire d'O/eau n'est oujours pas réglée, le détecteur ne fuite n'a rien détecté et j'atteds la facture pour continuer ma défense. Je vais demander qu'on m'installe un compteur électronique qui pourra être consulté à distance

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07 février 2022

Histoire d'O... ou d'eau ,

Histoires d'O... ou d'eau ?

 

Le releveur des compteurs d'eau est passé en mon absence et demande que je fasse moi-même le relevé et que je le punaise à la porte le lendemain.

Le compteur affiche un chiffre que je relève. En bonne élève, je note ce que je lis sans états d'âme. Pourquoi serais-je suspicieuse ? Bien sûr, le compteur a été changé il y a tout juste 3 ans, le 11 février 2019, et je lis bien 1.346 m3...

A mon retour le lendemain, je trouve une note du releveur m'alertant d'une surconsommation anormale avec probabilité de fuite importante. La vérification du compteur me permet de constater que le chiffre les litres reste statique, et que la petite hélice qui tourne pour enregistrer le moindre filet d'eau est immobile : je n'ai (ouf !) nulle fuite d'eau. d'autant plus que depuis le dernier relevé par le Service des Eaux qui date d'un an était 168. Un calcul rapide me dévoile que  1.178,00 : 365 = 3,227 m3/jour, soit 3.227 litres quotidiennement !

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Où serait donc passée cette eau ? Car le releveur joint au téléphone campe sur ses certitudes mais il accepte néanmoins de suspendre le prélèvement mensuel à la banque. Car il me prévient : cette histoire risque de me coûter entre 3.500 et 4.500 €.

Je suis abasourdie. Comment me défendre ?

Un ami dont le métier est la recherche des fuites d'eau accepte de passer le soir même avec son matériel, bien qu'il sache au vu de ce que je lui affirme qu'il n'y a aucune fuite. Je compte surtout sur ses conseils et ils me seront réellement profitables. J'apprends ainsi que la loi Warsmann limite la facture de "surconsommation" au double de la précédente... ce dont s'est bien gardé de me prévenir mon interlocuteur au téléphone.

Comment expliquer ce qui m'arrive ? La chose s'est déjà produite il y a une dizaine d'années et j'avais dû payer plus de 450 € sans avoir pu me défendre. L'argument de la Régie était que mon arrosage automatique s'était déclenché accidentellement (et s'était donc arrêté seul ?). A l'époque, il y avait eu de gros travaux de canalisations d'eau dans niotre rue, et mon plombier m'avait dit plus tard que, lors de la remise en eau, mon compteur avait pu subir un "coup de bélier" qui avait sans doute fait sauter les chiffres du cadran.

Damned ! J'y pense soudain...

Le réseau de gaz nantais est devenu obsolète et les canalisations comme les branchements dooivent être changés. Depuis le 15 décembre et jusqu'à fin février, notre rue est défoncée d'une fosse profonde d'un mètre qui met au jour les canalisations d'eau et de gaz... Y aurait-il un lien de cause à effet ? Samedi dernier, j'ai mis en branle les services de mon assurance qui a dilligenté une société de recherche de fuite. Cette dernière sera négative bien sûr, mais c'est le processus et il faut s'y conformer.

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Le compteur d'eau est enterré à l'entrée du garage à gauche, sous la petite plaque métallique adossée au mur.

Promis, je vous tiens au courant.

 

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31 janvier 2022

Attente au Café de la Gare

Elle attend... mais qui ?

Elle attend

Cette toile de Joseph Lorusso me pousse à me poser quelques questions.
Dont celle-ci : Que fait cette femme, là, dans ce café ?
Je crois avoir une idée.
Elle ne vaut sûrement pas les vôtres mais je vous en ferai part lundi.
Si je n’ai pas trop de cartons à faire…

Marthe avait cru défaillir lorsqu’elle avait reçu un mot bref d’Etienne lui fixant un rendez-vous au Café de la Gare vers 10.25 h, heure où arrivait le train de Paris.

Elle avait été si heureuse qu’il reprenne enfin contact avec elle ! Marthe s’était mise à rêver : et si c’était le début d’un recommencement ? De toute son âme, elle souhaitait qu’ils noueraient à nouveau les liens qui s’étaient violemment rompus un soir de dispute. Etienne était parti en claquant la porte et n’avait plus donné de nouvelles. Deux ans… oui deux ans sans rien savoir pendant lesquels amis ou relations prétendaient ne rien savoir…

Il allait donc lui revenir puisqu’il avait fait le premier pas !

Elle avait voulu se faire belle pour qu’il la voie avec les yeux de l’amour comme il le faisait du temps heureux où ils vivaient ensemble. Elle s’était longuement regardée dans le miroir : verrait-il les pattes d’oie qui s’étaient accentuées sur ses tempes ? Un soupçon de rouge sur les lèvres, un nuage de poudre de riz… oui... elle faisait encore illusion.

Elle n’avait pas mis la robe de deuil qu’elle portait depuis le décès de sa mère mais avait choisi de porter celle qu’il lui avait offerte pour un anniversaire et qu’elle aimait particulièrement. Fleurie de roses sur un fond presque noir, mais agrémentée d’une modestie de dentelle qui corrigeait le décolleté, Marthe se sentait belle et guettait l’entrée, le visage posé sur son poignet. Elle avait fini son café et avait commandé pour lui une demi-bouteille de son bordeaux préféré.

Le train avait un peu de retard, mais lorsqu’Etienne entra, elle eut un choc, car il s’avançait vers elle le visage dur, un visage qu’elle ne lui avait vu que le soir où il était parti.

Il s’assit en face d’elle et, sans la saluer, entra immédiatement dans le vif du sujet.

Maintenant que grand-mère est morte, tu as hérité et tu es pleine aux as. J’’ai besoin de liquidités pour mes affaires. J’ai donc pris rendez-vous chez ton notaire dans une heure pour que tu me fasses donation de sa maison, et que tu me rétrocèdes une partie de tes biens qui, de toute façon, seront à moi un jour ou l’autre.

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24 janvier 2022

L'aube se lève

Aube sur le Bas-Chantenay

Aube sur le Bas-Chantenay

Encore une toile de Marc Chalmé.
Est-ce un nième épisode de « L’assommoir », simplement le lever du jour devant un bistrot ou autre chose ?
Pendant que je me remets aux cartons avec la lumière de mes jours, j’espère que vous aurez une explication à nous donner lundi.
Je passerai en retard mais je passerai…

En ces temps de l’immédiate après-guerre où le pays ravagé par quatre ans d’oppression était à reconstruire, les usines tournaient à plein régime. Et pour ce faire, l’électricité était coupée chez les particuliers chaque soir pendant une demi-heure pour la réserver à l’industrie.

Les longues cohortes d’ouvriers en bleu de travail descendaient à vélo les rues encore éclairées par des becs de gaz, pour embaucher dès l’aube dans les chantiers navals, les conserveries, les usines d’engrais chimiques, les brasseries de la Meuse ou les raffineries de canne à sucre. Les quarante heures du Front Populaire n’étaient plus de mise : il fallait ‘’travailler, travailler, travailler’’ ainsi que le disait le camarade Maurice Thorez qui, pour l’instant, ne pensait plus à la grève…

Pour ceux qui n’avaient plus de vélo en bon état, il fallait en acheter un autre qu’ils pouvaient payer en 12 mensualités chez Bautru l’ancien champion cycliste.

Les bistrots qui abondaient autour des usines ouvraient leurs portes avant l’aube pour proposer un ersatz de café-chicorée ; le gros rouge ce serait pour plus tard, quand la journée finie, on s’attablerait entre copains avant de rentrer chez soi.

Les soirs de paye étaient parfois très animés, et Bobonne ne recevait souvent qu’une somme amputée du tribut laissé au cafetier.

Peu à peu, les conditions de vie ont changé ; les syndicats ont aidé les ‘’galériens’’ à relever la tête, les salaires ont augmenté.

Puis les usines comme les buvettes ont fermé les unes après les autres, et aujourd’hui, Chantenay est devenu un quartier très prisé par les agents immobiliers et les bobos.

§

Face à la Loire, un ‘’Jardin extraordinaire’’ a été créé sur le site des anciennes brasseries, où un gigantesque ‘’arbre aux hérons’’ métallique y sera installé dans quelques années.

Chantenay aurait-t-il perdu son âme ?

Ou faut-il se réjouir que les forçats du travail aient quitté les lieux où désormais, les touristes seront attirés par le cadre enchanteur de ce jardin, comme ils sont venus en masse se promener sur le dos de l’Eléphant ?

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