Trois hommes dans un bateau

 

 

Ce tableau d’Aldo Balding vous inspire-t-il quelque chose ?
Quant à moi je me demande ce que font ces trois hommes.
On verra bien lundi ce qui sort de nos cogitations…

Il y avait des années que les trois amis ne s’étaient pas revus, même s’ils avaient gardé le contact : Internet permettait à chacun d’avoir des nouvelles de l’un et de l’autre, mais aucun d’eux n’avait trouvé le temps de se libérer pour une réunion qu’ils souhaitaient.

Un beau jour cependant fut fixée une date pour des retrouvailles à Margate, à l’hôtel ‘’Golden Crown’’ dont la terrasse dominait la Mer du Nord. Ils avaient eu un peu de mal à se reconnaître, leur âge mûr avait quelque peu épaissi leur silhouette et modifié leur visage.

Mais très vite, l’ancienne complicité était revenue et l’évocation de leurs aventures anciennes les émut, particulièrement lorsque le nom de Montmorency fut prononcé.

Il y avait belle lurette que ce brave fox-terrier avait gagné le paradis des chiens, mais les souvenirs intacts de Georges les ramena d’un coup à leur jeunesse et à l’expédition qu’ils avaient entreprise sur les eaux de la Tamise. Expédition qui bien plus tard, avait fait rire tant de lecteurs lorsque Jérôme avait eu la bonne idée d’en publier le récit.

C’est Harris qui, le plus sérieusement du monde posa la question :

-        Et si nous recommencions l’aventure depuis Londres jusqu’ici ? Après tout, la distance à parcourir est infiniment plus courte et nos enfants seraient épatés de nous voir encore naviguer comme au temps de notre cursus universitaire.

Ebahis, les deux autres haussèrent les sourcils : épater leurs enfants, certes, mais ils étaient maintenant tellement habitués au confort douillet de leur home que l’idée d’avoir à ramer, même dans un canot moderne et des conditions différentes leur paraissait inacceptable.

§

Le lendemain matin, l’affaire était dans le sac.

Oui, ils allaient recommencer l’aventure aussitôt que possible et ils allaient descendre la Tamise depuis Londres (évidemment, la Reine et les médias seraient mis au courant) jusqu’à la mer.

Et leurs enfants seraient épatés, bien sûr, mais pas qu’eux...

Ils se prirent alors à rêver : Elizabeth II avait en leur temps anobli les Beatles lorsqu’elle les avait reçus à Buckingham Palace… pourquoi ne réitérerait-elle pas en leur faveur ?