Astra est servie !

astra

« Le beurre frais pour tous. »
Ainsi salua-t-on l’arrivée de la margarine après le siège de Paris.
Bien sûr, ça ne sert pas qu’à se laver les cheveux même si on fait croire aujourd’hui que c’est excellent pour la santé du cheveu pour peu qu’on lui adjoigne un parfum de rose, la puanteur du monoï et une bonne dose d’optimisme pour en faire la publicité.
Mais je suis sûr que pour beaucoup, la margarine rappelle des souvenirs moins « bio » et diététiques que ceux censés venir à l’esprit aujourd’hui.
Ce serait bien si vous en faisiez part à vos camarades de blogs, tous ceux qui ont encore le courage de vous lire et surtout d’écrire...

 

Dans l’environnement de ma jeunesse bretonne où j’ai grandi, on ne connaissait pas la margarine. Seul le beurre faisait partie de notre quotidien, ce beurre que l’on prenait à la ferme voisine ou lorsque nous allions rendre visite à la famille qui élevait ces petites vaches bretonnes au lait si riche… Sûrement, peu de Faouëtais connaissaient le mot margarine, alors… la chose… vous pensez…

Il a fallu la guerre et l’Occupation pour qu’à Nantes, j’apprenne l’existence de ce produit vendu en emballage carré de 250 g. Celui de l’illustration doit être antérieur à 1940. Maman n’utilisait pas Astra, en cuisine, mais le beurre ne manquait pas… pas encore…

Puis vinrent les rationnements sévères et les cartes d’alimentation où il était attribué 50 g de beurre par personne et par mois !

Etait-ce pour faire des économies qu’Astra fut un beau jour livré aux épiciers en boîtes métalliques de 10 kilos ? La margarine n’était pas contingentée et les ménagères se ruaient sur ce qu’il fallait bien considérer comme un ersatz !

La pénurie de l’après-guerre (car ne croyez pas que l’abondance est rvenue après la fin l’Occupation) avait convaincu les cuisinières que ma foi… la margarine avait droit de cité, d’autant plus que le prix du beurre atteignait des sommets. Même Maman s’y était mise par nécessité plus que par goût, mais c’était entré dans les mœurs des Bretonnes. J’ai hérité d’elle un livre dont le papier a terriblement jauni et qui donnait aux femmes de l’époque des conseils pour ‘’faire avec’’… ou plutôt ‘’sans’’ : Bonne cuisinière quand même !

Où comment gérer la pénurie…

De nos jours, certains nutritionnistes prônent F… d’Or pour leurs patients. Pourquoi pas ?

Moi, je cuisine au beurre, mais très peu : je consomme par mois une plaquette de 250 g. Cinq fois plus que la ration autorisée en 1942/45 !

Ah ! que j’vous dise : j’ai gagné un pari en faisant un ‘’beurre blanc’’ à la margarine, et, sauf celle qui m’avait lancé le défi, mes convives ne se sont aperçu de rien ! C’était il y a au moins 50 ans.

 

Maintenant, quand on parle d’Astra, on pense ‘’vaccin’’. Triste actualité !