Je pars jeudi prochain à Genève d'où je m'envolerai en famille pour San Francisco pour un prériple de deux semaines et retour le 27. Nous assisterons à l'éclipse totale de soleil depuis l'Arizona ou le Nevada. Dans la mesure du possible, je ferai en sorte de participer aux devoirs de vacances proposés par Lakévio chaque samedi.

Dernier été à Cumberland

Eté à Cumberland

 Le ciel est pâle et une légère brume voile les collines qui bordent l’anse de la plage toute proche. L’été finissant laissera bientôt les arbres du parc se parer d’or et la famille Graham devra quitter le manoir des vacances pour rentrer à Londres.

Le salon s’ouvre sur la lande ; la vue s’étend au loin sur la baie et ses eaux pâles. Un grand escalier de pierre permet d’accéder à la plage, mais personne ne se baigne : la température marine y est bien trop fraîche, même si le jeune Andrew prétende qu’elle est « tonique » : les baignades, c’est seulement à Nice, sur la Côte d’Azur où les Graham rejoignent chaque année leurs amis anglais dès le temps de Pâques. Ici, la famille préfère naviguer sur le voilier hérité du grand-père, et dont les cuivres étincelants sont entretenus par John, le jardinier factotum, au service des Graham depuis plus de quarante ans.

Le bateau a été mis à l’abri pour l’hiver dans son garage dont les portes s’ouvrent sur les eaux de la mer d’Irlande qui viennent en lécher le sas de l’entrée.

Mildred et sa mère savourent le thé que la vieille Anna vient de servir, tandis que Pussy semble quémander sa part de cake. Andrew est ravi : il aime tromper son monde en imitant le miaulement du chat, et rit sous cape car, une fois de plus, Mum s’y est laissé prendre !

Voilà déjà plusieurs jours que Daddy est rentré à Londres, où ses affaires à la City requièrent sa présence, mais il a tenu à ce que le reste de la famille prolonge son séjour jusqu’à la rentrée scolaire des enfants, d'autant plus que Mildred entame cette fois sa dernière année d’études dans un pensionnat huppé fréquenté par les filles de la gentry.  Au cours de l’été prochain, elle doit épouser Edward un jeune officier de la Navy, à l’avenir pleine de promesses.   

 On n’a pas intallé le téléphone à Greenspark Manor, Daddy voulant à tout prix que les vacances restent des moments privilégiés et hors du temps. On n’y reçoit pas non plus le journal, et la TSF (radio) a été depuis longtemps reléguée au grenier.

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Que pourrait-il arriver de fâcheux dans un tel cadre, où tout n’est que calme, luxe… et sérénité ?

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A Londres et à Paris, le même jour, on peut lire ces journaux  

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