Ma 205 et la Clio d’Armel ont été garées chez H..z où le trio reviendra après m’avoir confiée aux bons soins de l’aéroport et de son ‘’assistance’’. Vous ne pouvez savoir comme cela facilite la vie des passagers, sauf si vous-mêmes expérimentez ce service.

Oui mais voilà ! Il y a un hic… et de taille ! Le motif ‘’impérieux’’ que nous avons mis au point n’est pas accepté. Je suis censée entrer dans une maison de retraite près de mes enfants. Cela dure, l’heure s’avance, mais pas nos affaires. Je suis assise à l’écart, ne voulant pas risquer un impair qui ferait tout manquer… De guerre lasse, les enfants argumentent : l’une rentre chez elle en Guadeloupe par le prochain vol et l’autre à Cannes dans quelques jours. Que faire de moi, sinon me confier à l’aéroport de Nantes ?

Damned ! Il faut maintenant fournir un certificat médical : notre ami François est absent de Nantes, mais acceptera peut-être d’attester que mon état ne me permet plus de vivre seule. Il est au volant et va réfléchir… Avant qu’Hélène n’ait raccroché, l’hôtesse Air–France qui refusait mon passage s’avance souriante nous annoncer que les motifs impérieux sont levés depuis hier…

Ne serait-ce pas plutôt qu’elle a inventé ce prétexte afin de refiler le bébé aux  services de Charles De Gaulle ?

Ouf ! nous avons franchi le Rubicon nantais mais le règlement de compte avec H..z n’a pu être réglé faute de temps. L’aéroport CDG est quasi-désert et seuls deux terminaux sont ouverts. Près de trois heures d’attente et tout est OK.  L’avion est rempli au tiers ; j’ai 4 sièges mais Hélène au fond est seule au milieu de cinquante places disponibles ! Le départ va être retardé pour retirer de la soute le bagage d’un passager qui ne s’est pas présenté à l’embarquement. Vol sans histoires de 6774 km. En un peu moins de neuf heures.

J'aime voyager avec un sweat-shirt imprimé "carte du monde" que m'a offert Hélène. Comme toujours, le personnel de bord me complimente sur mon vêtement, et un steward en fin de service s’attarde longuement pour me dire que lorsqu’il sera en retraite, il voyagera beaucoup… mais pour son plaisir !

La nuit est tombée et les hublots laissent voir Pointe à Pitre piquetée de lumières. Il faut attendre que les passagers des premiers rangs évacuent, puis laisser passer les rares occupants du fond avant de quitter mon siège .Je reconnais le jeune athlète en dreadlocks qui me présente un fauteuil. C’est lui qui m’avait véhiculée en décembre dernier. La queue s’allonge au contrôle covid. Mon test et le certificat conviennent à la ‘’cerbère’’… mais je ne suis pas domiciliée en Guadeloupe où je n’ai rien à faire…  J’ai laissé à Hélène la direction des opérations, prenant l’air absent de l’invalide dépassée. Je ne serais pas surprise de savoir que des touristes ont été refoulés, au vu des drastiques conditions d’entrée.

Nous vivons une drôle d’époque…

Hélène a récupéré les bagages. Bernard qui travaille sur la Grande Terre et dort sur le bateau à St François n'a pu nos accueillir. Nous ne le verrons pas avant mercredi. C'est Axel qui nous a cueillies à la sortie dans sa nouvelle Kangoo. Plus d’une heure de traversée par la route des Mamelles entre l’aéroport du Raizet de Pointe à Pitre et Vieux Habitants où nous attend la Belle Lady sous ses bougainvilliers !

Et Titus le chat angora orange, propriétaire de la maison  depuis13 ans, qui a la condescendance de bien voloir nous accepter dans son domaine.