Pas de photos cette fois... pas eu le réflexe d'en prendre !

Nantes 22 décembre 2012

Thibaud  conduit seul pour la première fois depuis son permis tout neuf de quelques jours, et je suis sa première passagère !  Il me laisse en voltige sous une pluie battante à l’entrée Nord de la gare de Nantes qui en a une autre côté Sud. J’ai cru bien faire, puisque mon train part du quai 1… côté Nord. Hélas !

Ma réservation TGV-Air a été retenue par Internet (et payée) depuis juin… mais pour obtenir les billets, il n’y a de guichet TGV-Air qu’à l’entrée Sud… celle où, précisément, je me fais déposer à chaque fois. Pourquoi faire simple s’est dit la SNCF… puisqu’on peut faire complique ?

Les ascenseurs et les souterrains n’étant pas faits pour les chiens,  je traîne mon gros sac qui roule heureusement très bien et parviens au guichet où il n’y a personne ! Un collègue appelle le responsable et me voilà enfin nantie  de mon billet SNCF. Personne non plus à la bulle d’accueil où je voulais demander à être assistée. J’ai pris cette habitude et m’en suis souvent félicitée, car dans le passé, cela m’a évité bien des embrouilles ! Et cette fois... comme j’ai par la suite regretté l’absence de la préposée !

Ce n’est qu’au moment de monter dans le TGV que je lis que j’ai une « place indéterminée ». Le contrôleur qui était sur le quai, a lui-même monté et déposé mon sac à l’endroit prévu pour les bagages, et me désigne une place où m’asseoir. J’ai été la première à monter dans la voiture et Ouest-France m’aide à passer le temps…. jusqu’à Angers où deux jeunes Chinoises  veulent les places. Je n’ai rien contre, puisqu’elles leur sont attribuées… sauf que je souhaite avoir une autre une place assise. !  Le contrôleur (un autre) est débordé, car il y a eu visiblement du surbooking à la SNCF et plusieurs personnes devront voyager debout. On m’a trouvé une place en 1ère classe tandis qu’une maman, sa petite fille sur les genoux, a dû s’installer sur un strapontin, pendant qu’une femme qui m’a-t-on dit plus tard, avait beaucoup râlé de devoir rester debout, le contrôleur un peu vachard acceptait de la placer en 1ère si elle voulait bien payer un supplément, ce qu’elle a refusé farouchement. Jusqu’à Massy, elle et d’autres se sont ostensiblement promenés dans les couloirs.

A Massy, mon sac est introuvable et je ne veux pas quitter le train sans lui : il contient tous mes cadeaux et le repas du réveillon, foie gras et homard à l’américaine faits maison. Un cheminot arrivé au trot sur le quai où j’ai posé un pied, râle, me disant que je retarde le TGV et que j’aurais dû m’y prendre plus tôt… mais c’est bien ce que j’avais fait ! Aidé d’un autre employé, il tire une à une toutes les valises entassées et mon sac est retrouvé tout au-dessous (normal il était entré le premier)

Vous voyez bien que c’est vrai : à la SNCF tout est possible !

Le quai de Massy est interminable et j’arrive bonne dernière à la navette qui conduit les voyageurs d’Air-Caraïbes et de Corsair jusqu’à Orly. Mais le chauffeur a fini son service il faut attendre la suivante, prise dans les embouteillages de ce samedi d’avant Noël !

Il faut qu’ici je vous précise que je ne voyage qu’avec la moins chère des compagnies aériennes, à la seule condition de ne pas pédaler dans l’avion. Cette fois, c’était Corsair le « mieux-disant », combinant train et avion. Je préfère dépenser sur place en famille l’argent que je n’ai pas donné pour le voyage. Ma fille, qui a ses raisons, ne voyage qu’avec Air-France…

La navette s’est arrêtée à l’entrée d’Orly et les « Corsair » sont invités à descendre, Air-Caraïbes étant plus loin, à une autre porte. Les voyageurs s’agitent dans tous les sens, se bousculent, s’énervent, se croisent dans l’entremêlement des valises, des enfants se font gronder par des parents dépassés… Youpiii ! c’est Noël !

Aux guichets Corsair, les voyageurs s’entendent dire que l’avion de Pointe-à-Pître est parti le matin et qu’il faut aller à Air Caraïbes qui les prendra en charge. J’avais lu sur les panneaux que l ‘enregistrement du vol de 14.40 h pour Pointe-à-Pître se faisait aux comptoirs 45 à 57, ce qui m’a évité la déconvenue de ceux qui se sont cassé le nez chez Corsair. Se frayer un passage avec un sac à dos et un bagage à traîner dans la cohue d’un aéroport un samedi d’avant Noël est un plaisir délicat que seuls ceux qui l’ont vécu peuvent comprendre. La foule s’est fait plus dense et j’avance avec de plus en plus de difficultés, jusqu’à ce que quelqu’un me dise « Vous n’irez pas plus loin, le passage est barré par des soldats ». Un vaste espace a été évacué que j’entraperçois au-dessus des têtes : on va pétarder des bagages abandonnés (oubliés). Le Père Noël ne passera pas partout !  

Quelqu’un ajoute que les enregistrements sont suspendus et chacun attend sans trop d’impatience le retour à la normale et que les barrages soient levés. Nous sommes assez  près des comptoirs d’Air-Caraïbes dont j’aperçois les derniers 56 et 57 déserts. Le temps s’écoule et les bagages sautent dans un bruit étouffé. Lorsque j’arrive enfin aux comptoirs, on me dit d’aller au 49, dont la préposée prend son temps pour régler au téléphone le cas compliqué d’une famille. La jeune fille avant moi se trouve dans mon cas et je comprends que nous n’aurons pas le vol de 14.40 h (il est un peu plus 13.45 h) mais j’entends qu’Air-Caraïbes fera en sorte de nous trouver un hébergement pour le cas où on ne pourrait partir ce jour. Derrière nous, c’est l’émeute ou presque pour ceux qui sont dans la même situation. Certains ont fait plusieurs fois l’aller-retour dans la cohue entre Corsair et Air-Caraïbes mais la responsable s’adresse visiblement à des sourds… Elle m’a dit de rester près du comptoir 57 où mon sac, a été enregistré mais m’a été rendu ; comme je me suis méchamment fait bousculer par un voyageur furieux, je suis invitée à aller m’asseoir sur les fauteuils plus loin où on viendra me chercher dès que la situation sera résolue. C’est le moment de prévenir que je ne serai pas à l’arrivée du vol de 14.40 h. Damned ! Mon portable que j’avais chargé hier soir est resté à la maison ! Je ne peux prendre le risque de chercher un téléphone public si on m’appelle. Je le ferai dès que je saurai à quoi m’en tenir. Sept personnes sont maintenant groupées près du comptoir 59 et on me fait signe d’approcher : nous allons embarquer dans l’avion de Fort-de-France en Martinique, puis nous rejoindrons la Guadeloupe par un autre vol… Nos bagages sont enregistrés et étiquetés tandis que notre petit groupe suit une hôtesse sous le regard surpris de ceux qui vont rester en rade.

 C’est la première fois que je passe par l’entrée « Ambassadeurs & Equipages ».Chaussée de tennis, je n’ai pas à les enlever. Le sac à dos, la banane doivent être vidés, et l’ordinateur ouvert ; en revanche, je fais comme toujours tintinnabuler le portique mais je n’ai aucun explosif sur moi, c’est confirmé. Une jeune fille a proposé son cellulaire pour que je prévienne du retard, mais il n’y a pas de réseau… nous voilà poussés dans l’A 320 qui attend pour décoller : il est 15.40 h. Je me considère comme privilégiée d’avoir pu prendre le vol. Mais que vont penser ceux qui auront fait 40 km pour m’attendre à l’avion que j’aurais dû prendre ?

Beaucoup de perturbations ont obligé les voyageurs à rester sanglés sur leur siège, un service un peu perturbé et des enfants affolés crient… Ceci a retardé l’arrivée à Fort-de-France et nous les huit de Pointe-à-Pître sommes invités à passer devant afin d’embarquer immédiatement sur le vol suivant qui nous attend. Clémentine a encore essayé d’appeler sa famille à Petit-Bourg sans succès. Nous nous trouvons assises à l’avant l’une à côté de l’autre et nous avons beaucoup discuté. J’ai pu appeler dès l’atterrissage, mais je devrai attendre leur arrivée.  

Il est près de minuit (+ 5 heures de décalage horaire) et j’ai sommeil…

C’est la seconde fois que mes enfants viennent ce soir me cueillir à l’aéroport, et ils n’ont eu que de vagues explications sur le fait que je n’étais pas au rendez-vous. L’avion de Corsair aurait été supprimé…

La prochaine fois… tu prendras Air-France ! m’a malicieusement conseillé ma fille.