DSCN5208Mon train est à 12.35 h à Montparnasse, ma fille doit être à Orly avant 15 h : je commande un taxi pour 11 h rue Bichat, à deux pas du canal St Martin où nous avons passé une semaine de retrouvailles… traversant chaque jour les lieux où Arletty demandait à Louis Jouvet si elle avait une gueule d'atmosphère.

Après avoir composé sur l’ordi « taxis paris », je choisi d’appeler la première proposition offerte, et non les G7 pour lesquels il faut taper sur le clavier les renseignements nécessaires…

Une voix « humaine » répond au téléphone, je précise alors l’adresse et l’heure à laquelle je souhaite le taxi pour deux personnes, et la destination : gare Montparnasse.

Peu avant 11 h, mon téléphone sonne : c’est le chauffeur qui s’annonce dans 10 à 12 minutes, coincé qu’il est dans les embouteillages, mais non loin de la rue Bichat. Comme celle du premier interlocuteur, la voix est incontestablement d’origine africaine ; je note le fait sans y penser davantage.

Nous voilà sur le trottoir devant l’immeuble avec nos lourds bagages, à bavarder avec la propriétaire du loft que nous avons loué et occupé durant cette semaine. Le temps passe… nous patientons jusqu’au moment où, inquiètes, nous appelons la « société » qui nous rassure, disant que le chauffeur arrive incessamment. Celui-ci rappelé affirme qu’il est là dans les trois minutes… qui dureront un quart d’heure ! Il est trop tard pour faire appel à une autre société de taxis, et le train risque de partir sans moi.

DSCN5233DSCN5232Une grosse voiture arrive enfin, sans aucune spécification : c’est un véhicule banal, sans taximètre, sans GPS ni panneau d’identification apparent sur l’habitacle. Devant notre étonnement, le chauffeur (un Africain) annonce le prix de la course : 35 € ! Le jour de notre arrivée, pour venir rue Bichat depuis Montparnasse, le G7 nous a demandé 9 € ! Et pour les divers parcours de nuit faits à Paris après le spectacle où nous sommes allées chaque soir, le taximètre n’a jamais affiché  plus de 12 €.

Commence alors une discussion de « marchands de tapis » pendant que roule le taxi. Je m’entends dire qu’au téléphone, il m’a forcément  été au départ spécifié le prix de la course, et qu’il s’agissait d’une voiture de place de grande remise… ce que je nie, bien évidemment ! Notre seule besoin était de nous rendre le plus rapidement de la rue Bichat à la gare Montparnasse... en TAXI !

Notre chauffeur parle un parfait français, mais a le langage fleuri et un peu désuet d’un habitué aux palabres, et il nous glisse une carte professionnelle dans les mains. Il explique que la pénurie de taxis a contraint la préfecture de Paris d’élargir son parc en ouvrant la porte à des non professionnels, qui, toutefois, n’ont pas de statut « taxi » reconnu.

Puis il devient vite désagréable avant de menace de nous laisser au prochain carrefour, disant que nous avons unilatéralement « rompu le contrat ». Il accuse ma fille d’être belliqueuse, mais se calme aussitôt lorsqu’elle lui annonce son intention d’alerter la préfecture sur son comportement, et il propose alors de nous conduire à destination sans contrepartie. Un silence lourd s’est installé dans la voiture, et me remet en mémoire un reportage vu récemment à la télévision sur les taxis clandestins conduits par des Africains qui, autour des aéroports, rançonnent les voyageurs étrangers sous les yeux des vrais taxis et de la police qui en arrête quotidiennement quelques-uns, mais qui ont la faculté de se reproduire à la vitesse grand V !

Nous sommes tombées sur l’un d’eux… on ne m’y prendra plus !

NB – Je suis arrivée à temps pour prendre mon TGV…

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