La Bourlingueuse

Carnets de voyages

22 octobre 2009

Jeudi 15 octobre

Une chose n’a pas changé en vingt ans, les interminables formalités d’entrée sur le territoire. La bureaucratie ne date pas de Mao : les premiers empereurs chinois y excellaient déjà. Le staff de dix personnes en uniforme informatisées semble étudier avec attention fiches et passeport avant d’apposer le tampon qui fera du candidat au séjour un persona grata. Comme si on avait envie de déserter le Volendam ! Avec le tampon sur le passeport nous est remis une fiche et un étui à accrocher au cou. De jeunes soldats aux casquettes raides et rondes surveillent la bonne marche des opérations. Une vingtaine de bus sont alignés devant le bateau. Joyce a choisi d’être dans un autre que le mien. Elle a fait le bon choix, car, lorsque le bus

9 a

eu l’autorisation de partir, ses amortisseurs hors d’usage n’ont cessé de gémir avec force. La jolie guide n’a pu utiliser le micro qui grésillait et hachait ses propos. Elle a compris que rien ne peut s’arranger dans l’instant et se déplacera pour redonner ses explications en avançant dans l’allée.

La Chine

vingt ans après ? C’est une autre planète ! Même si à Dalian (

la Hong

Kong

du Nord) on ne nous a montré que la vitrine post Jeux Olympiques, le nombre de voitures en circulation est de la même densité que chez nous, et j’y ai vu trois limousines blanches. Six millions d’habitants à Dalian, dont une partie seulement a une voiture, mais qu’il faut bien loger. J’ai entrevu de vieilles maisons derrière un mur, probablement vouées à la démolition.

Il n’y a plus de vélos ! Oh si… j’en ai compté pas loin de dix, et j’ai raté un « atelier de réparation » sur un trottoir, tel qu’il y avait tant autrefois. On a beaucoup détruit pour bâtir la ville nouvelle, mais, dit notre guide,  on a préservé les quartiers anciens les plus intéressants… mais nous ne les avons pas vus. Les immeubles à l’architecture hardie s’élèvent à perte de vue, d’autant plus que le bus gravit une colline où est plantée l’orgueilleuse tour TV qui domine la ville et fait sa fierté.

Il faut gravir une volée d’une dizaine de marches pour arriver au hall qui est orné d’un panneau célébrant le 60e anniversaire de

la Révolution.

Cet

édifice qui n’est pas équipé d’ascenseurs depuis le premier niveau laisse beaucoup de visiteurs dans les fauteuils du hall. Pour ma part, si mon dos me laisse en paix ces jours-ci, la contracture de ma cuisse est une douleur constante qui m’inquiète, d’autant plus que j’ai pris ce matin la pilule anti-douleur du toubib du bord. Faute de pouvoir gravir l’escalier jusqu’à l’élévator, je fais le tour de l’esplanade et, après le panorama embrumé par la pollution, je m’intéresse à un groupe de trois jeunes qui entourent une Susuki rouge qui doit sortir de chez le concessionnaire, tant l’attention de ses passagers est quasi-maternelle… Un aigle est peint sur le capot et un gris-gris pend au rétroviseur intérieur.

Il semble que l’horaire rétréci nous ait fait sauter une étape : celle du plus ancien parc de la ville. Mais au People’s Square où les vendeurs de cerfs-volants ne se font pas de cadeaux entre eux et harcèlent le client éventuel, c’est un régal des yeux, tant est variée la couleur des kites. Une vieille lady du groupe en a acheté un. Je lui demande combien elle l’a payé : « Trop cher » « Mais encore… » « Pourquoi voulez-vous savoir ? ». C’était seulement pour évaluer si l’effort d’aller chercher mon sac, laissé dans le bus, en valait la peine… Sorry Ma’am !

Xinghai Square est une vaste esplanade plantée se monuments symboliques et bordée par des petits marchands de bazar ou de sandwiches et Coca Cola. Celui du centre a l’air d’un totem indien… Des statues de bronze sont posées à hauteur du sol.

Le front de mer est luxueux, des maisons sorties des films de Walt Disney bordent le littoral, et il doit bien y avoir une classe qui s’est enrichie sous ce régime communiste, ou bien il s’agit de

la Nomenklatura. Notre

guide précise que le front de mer est devenu populaire parce que les familles veulent le bon air pour les enfants. Je lui fais tout de même remarquer que la ville est très polluée, malheureusement pour ses habitants. Pourquoi n’ai-je pas vu de statues de Mao Ze Dong qui est omniprésent sur tous les billets de banque ? Je crois qu’elle m’a répondu dans un large sourire qu’elles sont à Beijing (Pékin). Des restaurants de luxe sont bâtis entre la route et la mer, et le personnel que l’on aperçoit dans les jardins est en costume strict. Une mariée monte dans une calèche blanche à laquelle nul cheval n’est attelé. Peut-être seulement pour la photo ?

J’ai hâte de rentrer mariner dans la glace…

… et je me suis endormie…

Joyce a dû se faire ouvrir la porte. Elle me dit quelque chose au sujet du show que nous avons déjà vu, j’entends vaguement : fifty minuts, shower, wash my hair… et elle s’en va… non sans avoir d’autorité glissé dans la serrure la fiche Ne pas déranger. Je pense que je la retrouverai à l’entrée de la salle Rotterdam et je vais l’attendre à l’heure habituelle où nous nous présentons à l’accueil. A 8.05 h voyant Steven et Kobe arriver, nous convenons d’une table à quatre et réservons une place pour Joyce, quine viendra pas… Quant aux immeubles ultra modernes, selon Steven, ils seraient inoccupés, comme le sont aussi les belles maisons style Disneyland du front de mer. Réflexion faite, tous ces quartiers manquaient singulièrement de vie… Personne aux alentours, aucun passant, pas de rideaux, ni de fenêtres ouvertes malgré la tiédeur du temps, aucune mère avec un enfant : le désert… Les petites maisons traditionnelles ont été détruites et les gens n’ont pas les moyens de payer pour les nouveaux appartements qui atteignent des prix démentiels.

Un seau de glace m’attend et un petit animal inconnu et malicieux repose sur un oreiller.

Merci Agus !

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Mardi 13 octobre

Avant de descendre à Pusan (Busan) grand port de la Coréedu Sud, il nous a été remis des papiers à remplir pour être autorisés à mettre un pied en Chine.

En Corée, on roule à droite, ce qui met en défaut l’affirmation de la guide japonaise qui affirmait que seuls les pays conquis par Napoléon roulent à droite… Le bus est décoré d’amusants rideaux festonnés et pomponnés, et un rouleau de papier toilette (à défaut de sac à vomir) est accroché en bonne place. Notre guide Joy vêtue de soie est mince et très jolie. La tour qui se dresse au cœur de la ville permet de surplomber ses maisons serrées entre les collines et la mer, et le port dont on ne peut voir qu’une partie. Le Volendam nous est caché par un promontoire. Au pied de la tour, les marchands du Temple n’ont à proposer que des articles d’artisanat de bazar. Je n’ai fait aucun change puisque je n’ai pas l’intention d’acheter quoi que ce soit. Ici comme au Japon, on ne prend pas les cartes bancaires. 

Le fish market s’annonce de loin… Ici, la propreté japonaise est un luxe qu’on ne s’offre pas ! Les égouts n’arrivent plus à absorber les déchets des poissons éventrés vivants qui, même étêtés, continuent de palpiter sur l’étal. J’ai perdu le groupe mais je sais où est le point de chute et je continue seule mon tour de marché. Il semble que les Coréens vivent auprès d’une mer qu’ils pensent inépuisable tant la quantité de marchandise offerte semble surabondante. Les chalutiers sont à quai et déchargent à mesure. D’un coup de couteau précis, la marchande entame en biais le dos d’un gros poisson, laissant apparaître le foie qu’elle va jeter avec la tête, et arrache d’un coup sec les filets dépiautés… Elle refuse la photo que je m’apprêtais à faire. Plusieurs autres ont tourné la tête sans plus, mais celle-ci m’a fait non d’une main ferme. Il y a tant de choses à voir ici, même si l’odeur peut faire tourner de l’œil les visiteurs à l’odorat sensible… mais pas que ceux-là ! Il faut s’accrocher pour ne pas défaillir, mais ce n’est tout de même pas l’odeur de viande en décomposition telle que le marché de La  Paz en Bolivie en était imprégné…

Un couple d’Hawaiiens m’a rejoint au point de rencontre, et ils me font partager les amandes qu’ils ont achetées. La femme va pour acheter une pomme dont la marchande lui demande 3 $US. Sa voisine de l’étal à côté lui en offre une ! Comme quoi, il faut se garder de jugement hâtif !

Je n’ai pas voulu aller au marché « international » et je n’ai rien perdu. Il s’agit d’un marché ordinaire pour les ménagères. J’ai fait une incursion au Phoenix Hôtel où se prépare un mariage, mais je n’en ai rien vu sauf un escalier fleuri, et une boutique de luxe. Plus loin dans la rue, une étrange construction de fer au sommet d’un immeuble se donne des allures de Tour Eiffel ratée et un panneau en français annonce «La Vue». La guide propose de prolonger la visite free pour compléter notre connaissance de la ville de Pusan, mais des voix s’élèvent : ça peut faire manquer le lunch ! Ya pas que les Français qui aiment la bouffe et qui ne veulent pas manquer une occasion…

Retour au bateau où, un peu avant 5.00 h je veux assister au départ annoncé : il devrait partir à 5 h et j’ai envie de voir ce qu’il se passe… Mais il ne se passe rien, parce que deux bus manquent à l’appel. Ils arrivent enfin, sous les acclamations ou les huées gentiment ironiques des spectateurs qui les mettent à l’amende. Et je vois Joyce sortir de l’un d’eux. Voulait-elle rester en Corée ?

Le largage des amarres est une opération lente et minutieuse. Dans un ordre précis, celles-ci sont dégagées tout à tour, et lentement, l’énorme vaisseau part en marche arrière, évitant un porte container amarré au milieu de la rade. Il commence à virer de bord et tourne avec majesté sa proue vers le large. L’allure s’est accélérée, le sillage est devenu bouillonnant, et le pilote va sauter dans son bateau qui s’est approché bord à bord, tandis qu’un coup de sirène le salue.

Il fait frais sur le deck et j’ai parlé à cette passagère au profil de Maria Pacôme, qu’elle ne connaît pas, mais qui est très flattée de sa ressemblance avec une actrice française.

Le show du soir m’a totalement échappé, sauf une ou deux histoires de l’humoriste juif new-yorkais qui parlait à la vitesse d’une mitrailleuse. A table un couple d’Australiens et des Anglais.

Nous recevons une invitation à partager demain un lunch indonésien en compagnie du capitaine. Rendez-vous à 10.30 h ici dans ma cabine.

Horreur ! j’ai oublié de remettre au front desk les papiers nécessaires pour l ‘entrée en Chine… Vite ! je laisse mes sacs de glaçons et file les apporter en passant par le casino qui a fait le plein après la période d’abstinence japonaise. Ce n’est pas trop tard pour les papiers. Ouf !

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Lundi 12 octobre

Le téléphone grésille alors que je suis encore dans un profond sommeil. Un coup d’œil à la montre : 6.00 am. Je dis que je veux encore dormir, mais elle me persuade du contraire. Si je veux avoir une chance d’avoir mon voutcher à temps, il faut être à l’ouverture du bureau, après le petit déjeuner qu’elle va prendre au Lido bar et où elle monte sans m’attendre. Rendez-vous au Franz Hals Lounge, elle ne précise pas l’heure.

-- Hi ! Madame Blanche !

C’est Agus II, celui du Lido bar, qui a mémorisé mon prénom à la française : il ne dit pas Blintche comme la plupart des Américains que je n’ai pas encore tués… Joyce doit être déjà repartie, je ne la vois pas de ce côté du pont.

Un Canadien francophone et son épouse viennent prendre place en face de moi, et il sait immédiatement que je ne suis non Américaine et pas Québécoise. Il demande si je participerai au dîner francophone. Il est le voisin de cabine d’Anne-Marie et Sami, les autres Français. Bien sûr que je serai de la partie ! Avant de partir, je laisse au vol mon n° de cabine et file au bureau pour mon voutcher, mais c’est encore trop tôt. Faute de mieux, je vais tenter de rencontrer Ingrid, avec laquelle j’ai déjeuné à Kyoto, la responsable des excursions. Elle me prépare un double à la main au moment où Joyce arrive, brandissant au autre voutcher manuel. Soulagée, je la félicite de son « efficience » et je rejoins Esther, qui m’a réservé un siège dans le bus 1.

Le Muséum est plus qu’impressionnant. Des phots de Nagasaki avant, ville ordinaire qui n’aurait pas dû laisser son nom dans l’Histoire s’il n’y avait pas eu de brume sur une autre ville, qui était prévue comme cible de la seconde bombe atomique…

Le premier objet exposé est une pendule déformée qui s’est arrêtée à 11.02 h ce 9 octobre 1945. Une première bombe beaucoup moins puissante avait été lancée quelques jours avant sur Hiroshima, pour contraindre les Japonais à capituler après presque cinq ans de guerre féroce dans le Pacifique. Tout avait commencé à Pearl Harbor, à Hawaii, le 6 décembre 1941, quand des centaines de bombardiers avaient anéanti la flotte américaine, faisant des milliers de morts, tandis que l’Ambassadeur du Japon se présentait à la Maison Blanche portant la déclaration de guerre alors que les porte-avions étaient déjà près d’Hawaii et les kamikases prêts à décoller.

La salle suivante montre la façade reconstituée de la cathédrale catholique à l’époque la plus grande d’Asie. Il n’en reste qu’un pilier de façade et un fragment de portail  qui sont restés debout, et les maisons ont été reconstruites autour.

Des fragments de statues, de pierres arrachées à l’édifice soufflé reposent dans des vitrines, mais je traverse la salle sans m’arrêter. Ce qui est le plus touchant, ce sont les ombres des corps fixés à jamais sur les murs par le flash gigantesque, les humbles objets du quotidien, les tuiles fondues par la chaleur, les vêtements cuits, les bouteilles fondues, la vaisselle et les piles d’assiettes collées. Dans une vitrine à part, les os d’une main humaine ont été incrustés dans une masse de verre. C’est ce qui me restera de ce moment intense jusqu’à la fin de ma vie. Beaucoup d’autres choses encore, des photos de brûlés, d’irradiés, de cataractes causées par l’éclair atomique, le point zéro où l’impact de la bombe a creusé un gouffre qui n’a pas été comblé et dans lequel un mémorial a été édifié. Le Muséum est à proximité immédiate de ce que l’on appelle Ground Zero.

Sur une vaste esplanade une statue plutôt laide peinte en vert bronze montre un homme assis, la main droite élevée vers le ciel évoquant le danger nucléaire, l’autre étendue en signe de paix. Des quantités d’origami ont été déposés par des pèlerins, des statues de différents pays encadrent l’esplanade et une fontaine à jets d’eau occupe le centre de la partie opposée à la statue.

Ce lieu chargé de douleurs restera le moment fort de ce voyage.

Un court arrêt devant l’humble maison du médecin catholique qui a beaucoup œuvré pour la survie des irradiés et dont la photo figure au Muséum. Jean-Paul II est venu dans cette maison pour s’y recueillir.

Notre guide est née en août 1945, mais pas à Nagasaki, sa mère ayant eu la bonne idée de la mettre au monde chez ses parents dans une autre ville. Elle chante joliment Madame Butterfly de Rossini, dont elle évoque l’insuccès initial à la Scala de Milan.

Retour au bateau, 14 cartes écrites et timbrées pour 21 $US, sacs de glaçons pour ma petite santé, puis formalités de sortie du territoire parles douanes japonaises, et re-glaçons qu’Agus I m’apporte maintenant dans un seau à champagne.

Le coucher de soleil est bien pâle mais l’élégant pont suspendu est photogénique… Un concert d’adieu est donné par des jeunes lycéens de Nagasaki, et leurs pompoms girls. Sur le quai, ils nous font de grands signes d’au-revoir, ce qu’affiche aussi la grande banderole déployée au-dessous des trois drapeaux américain, japonais et hollandais. Steeven nous hèle « Alors les gamines ? » et son épouse Kobé s’accoude à côté pour profiter du spectacle que donnent des jeunes sur le quai. Je suis émue aux larmes de voir comme la vie a été la plus forte en ce lieu où l’horreur a été absolue.

Nous quittons le pont-promenade pour le Lounge où va se produire la pianiste classique japonaise ? qui a une frappe d’une force étonnante. Parmi Chopin, Beethoven, Mozart, Litz, elle glisse des Variations qu’elle a composées à douze ans. Elle raconte qu’au cours d’un concours international à Tel Aviv, elle en a été complimentée par Isak Rabin, à la table duquel elle avait été conviée, et ils avaient convenu d’un dîner chez lui le lendemain… jour où il a été assassiné.

Elle mérite la standing ovation qui l’acclame.

Nos voisins de table sont Ho et Giap de Pennsylvanie, que nous avons déjà eu le plaisir de rencontrer, et la conversation glisse sur le bouddhisme. Ho est très contente de savoir que je sais qui est Matthieu Ricard, même si je n’ai pas lu le livre qu’il a écrit avec son père Jean-François Revel Le Moine et le Philosophe que je m’engage à acheter et lire avant la fin de l’année. Elle cite Voltaire, Ronsard dont nous récitons ensemble l’ode à Marie, et cherche l’auteur du quatrain :

Si l’effort est trop grand pour la faiblesse humaine

De pardonner les maux qui nous viennent d’autrui

Epargne toi au moins le tourment de la haine

A défaut du pardon, laisse venir l’oubli…

Leur e-mail : dogiap@aol.com

Je chercherai et trouverai sûrement la réponse !

Nous sommes en route vers Pusan, en Corée du Sud. 

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Samedi 10 octobre

Pour la première fois depuis 6 semaines, j’ai passé une nuit sans douleur ! Les sacs de glaçons que je me cale dans le dos ont été efficaces, je continue de prendre les anti-inflammatoires jusqu’à totale disparition de ce mystérieux mal de dos. Bref, au moment de partir, je peux enfin me tenir droite… J’ai récupéré mon blouson, oublié hier dans le bus parce qu’une vieille dame avait pris mon siège.

A 8.30 nous sommes déjà à traverser Kobe sur la motorway qui nous mènera à Tokyo. Beaucoup de trafic en ce samedi matin. C’est que les Japonais ont exceptionnellement trois jours de vacances d’affilée, ce qui leur arrive deux fois l’an : on les appelle Golden holidays  ou Silver holidays (d’or et d’argent). Notre guide nous rafraîchit la mémoire avec les pictogrammes que nous tentons de déchiffrer.

Kyoto a été 1100 ans la capitale du Japon. Les moines bouddhistes ayant pris trop de pouvoir, l’Empereur décida en 1865 de déplacer la capitale à Tokyo. Les temples sont restés, et ont été restaurés.

90 % des Japonais sont bouddhistes

80 % sont shintoïstes

2 % sont chrétiens

Je sais… ça fait une drôle d’arithmétique ! En fait, la plupart d’entre eux sont les deux. C’est ce que m’avait dit Sumiré, la petite Japonaise neurasthénique qui a vécu quelques mois à la maison. Ses parents honoraient à la fois Bouddha et pratiquaient la religion shinto.

Notre première étape est le superbe Golden Pavilion Rokuon-Ji Temple bouddhiste dont l’architecture dorée d’une incroyable légèreté se reflète dans un large bassin planté d’iris. C’est le summum de la beauté. Pour moi qui suis absolument insensible aux temples et à l’art asiatiques c’est un moment de grâce infinie, et je laisse le groupe s’avancer dans les jardins afin de m’attarder seule. Car les visiteurs arrivent par grappes serrées, restent peu de temps, juste de quoi se faire immortaliser devant ce bijou d’or (et j’ai fait de même) mais repartent avant que d’autres n’arrivent… J’ai ainsi un répit d’une minute entre chaque intrusion pendant laquelle je profite seule du décor.

Je m’amuse de la tenue des écolières en jupe plissée, dont la longueur varie de mi-mollet à mi-cuisse, ces dernières étant toutefois les plus rares. Leurs chaussettes blanches ou moins souvent noires dans des tennis gros calibre, elles ont des jaquettes à col marin et un sac à dos qui leur descend sur les fesses. Selon les écoles je présume, des détails changent : col blanc rond ou pointu, régate de couleurs diverses, et même les plis des jupes… Les garçons portent une veste serrée à boutons dorés qui les fait élégants comparés à leurs condisciples féminins ! Ils sont souvent accompagnés et restent sagement en rang. Mais d’autres loustics d’une douzaine d’années s’en donnent à cœur joie, et ceux-là ne portent pas l’uniforme. Ca rassure de voir des enfants qui débordent du moule !

Un arbre gigantesque plusieurs fois centenaire accroche mon regard et un des gardiens du lieu me prend presque d’autorité l’appareil des mains pour que je sois aussi sur la photo ! Plus loin le beffroi offre sa cloche et deux hommes m’invitent à garvir les marches, mais le coup de gong est tarifé : 200 yens ! Même Bouddha est dans la dèche…

Aujourd’hui le repas sera japonais, et le poisson cru se décline en bouchées gourmandes, accompagné de pousses de soja ou de cresson nain. Un régal… Il y a même quelque chose qui ressemble à des nems, mais différent de ceux  des Chinois. Les pâtisseries, à part le japanese cake dont la pâte semble crue et qui est sans saveur, sont une gourmandise partagée. L’infirmière du bord et la responsable des excursions partagent notre table. La nurse est satisfaite que le traitement prescrit me fasse moins souffrir souffrir.

Avant d’en voir plus, je reconnais Paris sur une toile accrochée aux murs de cet hôtel de luxe. Une boutique, une charcuterie vraisemblablement, porte l’enseigne Au Cochon Rose…

Un mariage arrive en même temps que nous au Shogun Castel, mais depuis le fond du car, j’aperçois juste le palanquin multicolore qui emporte la mariée, escorté par des hommes vêtus de blanc et je ne le reverrai plus. Les tuiles vernissées des toits ont un décor délicat. Il ne se mouchait pas dans les doigts, le Shogun, et il voyait grand ! Si grand que lasse, je reviens à la monumentale entrée pour m’asseoir à l’ombre sur le pont et observer le va et vient des visiteurs en espérant en mon for intérieur voir le cortège nuptial en sortir. La structure des énormes pierres taillées du soubassement est impressionnante, même si elle n’a pas la précision des maçonneries incas.

Deux femmes en kimono attendent. Elles acceptent de poser et l’une propose de prendre la photo de sa compagne avec moi.

L’entrée du temple shinto Heian Jingu Shrine peinte en rouge avec des tuiles vernissées vert sombre et encadrée de pins aux troncs tordus, est universellement connue. Mon dos tire à nouveau, et je me sens le moral dans les chaussettes tant j’ai cru à la fin de mes tourments. Préférant rester sur l’esplanade sans entrer dans les jardins et le temple, j’aperçois plusieurs femmes en kimono qui entrent ou sortent du temple. J’ai en main ma rédac et… vous avez gagné… J’ai demandé à deux d’entre elles si elles accepteraient que je les prenne, et, leur expliquant le parcours du papier que je tiens, elles rient et me prennent en photo à mon tour. Je vis là un grand moment !

Joyce a, pendant ce temps, vu de loin deux mariages shinto qu’avec mon Olympus, elle a pu saisir…

Vingt cartes postales pour 1.000 yens, c’est une affaire en comparaison des prix pratiqués à Hakodate. Mon voisin est revenu coiffé d’un bandeau de samouraï qu’il a mis à l’envers. Joyce a trouvé des chopsticks pour Cori, le fils de Marie qui m’avait peint une petite toile en gris.

La nuit est tombée lorsque nous parvenons enfin à Kobe illuminée dont les éclats des néons la rendent tellement plus belle ! Le Volendam aussi est dans son habit de lumière.

Pas de dîner ce soir, nous avons trop mangé au lunch.

Une incursion sur le pont pour voir se lever la lune, et prendre deux tasses pleines de glaçons pour la santé de mon dos.

Nous partons pour Nagasaki avec de nouveaux passagers, d’autres sont descendus ici à Kobe. Je n’ai que 20 $ sur moi et ne peux acheter que 12 timbres pour l’Europe… Le reste partira demain de Nagasaki.

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Vendredi 9 octobre 2009

Puisque Yokohama (port qui dessert Tokyo) a été évité pour cause de typhon Melor, nous sommes à Kobe un jour plus tôt et y passerons deux nuits. Nous avons toutes les deux choisi la visite de Kyoto, l’ancienne capitale, cœur et âme du Japon. Mais quoi faire ce jour ? Les sorties proposées exigent de beaucoup marcher et de gravir les marches de différents monuments. Joyce choisit l’UNESCO, pour ma part, je veux voir Kobe d’en haut…et sans fatigue.

Le Mont Rokko domine la ville de Kobe et l’hiver, est une station de ski réputée. De là, la vue s’étend jusqu’à Osaka, mais le temps brumeux atténue la perspective. La route sinueuse, est un long parcours qui serpente au flanc de la colline dans un cadre de verdure couvert de chênes, mais aussi de conifères. J’ai grand plaisir à retrouver François le Canadien, dont la mère est d’Amiens. Il a 44 ans, est professeur, et me dit combien trois séances d’acupuncture l’ont guéri d’un mal de dos chronique. Je lui parle de ma rédac, il aimerait la lire et me prend en photo. Promis… ce rite se limitera au Japon. Faut quand même pas exagérer ! Même si je ferai une exception à Shang Hai…

Toutes les constructions que l’on peut voir sont neuves.

Notre guide dit avoir acheté il y a deux ans une maison à 50 minutes de Kobe. Elle précise que celle-ci est plus petite que nos garages… En fait, n’étant pas Américaine, mon garage français fait juste la surface de sa maison :

20 m²

, qu’elle a achetée la somme exorbitante de 360.000 US$ + les frais annexes de banque.

Lors du terrible tremblement de terre du 17 janvier 1995 de magnitude 7,2 qui fit plus de 5.000 morts et détruisit la quasi-totalité de la ville, Elle faisait sa toilette et sentit qu’elle s’envolait pendant que les murs ondulaient. Son mari regardait

la TV

qui s’éteignit et ils purent sortir avant l’écroulement de la maison. La secousse principale dura moins de trente secondes, mais plusieurs répliques moins fortes achevèrent de transformer la ville en décor d’Apocalypse…

Kobe fut reconstruite en moins de 10 ans, et c’est aujourd’hui une ville à l’architecture futuriste assez hardie.

Notre guide raconte une histoire qu’elle assure véridique, arrivée récemment à un homme d’affaires qui parlait mal le japonais. Pressé d’aller à l’aéroport il étendit ses bras afin de faire comprendre au chauffeur de taxi quelle direction il voulait prendre. Convaincu d’avoir compris, le driver conduisit son client à Nankinmachi, le Chnatown de Kobe, dans les meilleur restaurant de canard laqué !

Assise dans le fauteuil de la cabine avec deux sacs de glaçons, j’écoute

la TV

qui m’apprend qu’Obama vient d’obtenir le Prix Nobel de

la Paix.

Quel

parcours ! Joyce qui arrive connaît la nouvelle et en est très heureuse.

Nous sommes placées à une table ronde de six, et l’événement est évoqué. Ma voisine, Bostonienne, demande simplement « Pourquoi ?.. Je suis très choquée ». Les trois autres pensent de même. Nous sommes au moins deux à être fières du nouveau président. Je m’étonne de Joyce qui était une farouche adepte de G.W. Bush, le pire qu’ils aient eu, ait aussi vite changé de camp. Nous nous étions frittées une fois à son sujet. Elle le soutenait peut-être parce qu’il est Texan ?

Elle tient à ce que je fasse des photos de nuit depuis le pont-promenade 3, mais je veux, moi, aller au pont 8 qui domine le port et la ville de 5 étages. Une grosse lune rose ne se montre pas entière, mais lesphotos ne sont pas si mauvaises.

Un serpent est lové sur mon lit…

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Le cauchemar semble fini

Et je vais pouvoir m eclater dans le jacuzzi ! Depuis hier je suis delivree de la douleur...

Merci a ceux qui me suivent et a Montana de son humour. J aibien aussi Legio que la fumee ne derange pas trop

A bientot

Gwen

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20 octobre 2009

Lundi 5 octobre

Depuis hier soir, la nouvelle s’est confirmée : un typhon oblige le ms Volendam à changer d’itinéraire, et il se pourrait que l’on n’aille pas à Tokyo… et donc que le Fuji Yama ne soit pas la vedette de ma journée…

Aujourd’hui commence par la visite à Otaru d’une fabrique de saké, l’alcool de riz qui est aussi populaire au Japon que le cognac l’est chez nous, sauf que j’ignore si les Japonaises font flamber leur cuisine au saké.

Un très vieux bâtiment en bois flanqué d’une aile en pierres volcaniques abritant la distillerie proprement dite, encadre une cour où trônent deux très anciens tonneaux. Traînant la patte, je suis entrée une des dernières et y ai retrouvé Brennan, l’acupuncteur du bord, qui a fait semblant de ne pas me reconnaître (il aurait voulu que je continue ses séances à 125 $…). Je n’entends rien des explications, mais je sais déjà qu’il existe trois espèces de riz dont l’une est sans grand intérêt, la deuxième est cultivée pour la consommation humaine, la dernière est celle qui est exclusivement utilisée pour le saké. La qualité de l’eau de source est importante pour la valeur du produit final. Il est évident que nous sommes bien dans une fabrique de saké, mais plus artisanale qu’industrielle, et qui a fait en sorte d’être aussi un musée. Le visiteur suit un parcours où, à travers des vitres, il peut voir les ouvriers brasser le riz à pleines mains, et les outils en bois du vieux temps sont disposés avec les vêtements de grosse toile accrochés au mur.

Bien entendu, la visite se termine avec l‘inévitable dégustation et passage obligé par la boutique d’où beaucoup repartent avec des achats importants. J’ai préféré le « sweet » au « dry », mais je n’ai pas fait d’achat, les pauvres yens dont je dispose ne suffisant pas à cette dépense. Je les réserve pour les cartes postales et les timbres, et peut-être un chapeau de paysan pour compléter ma collection.

L’étape suivante est le canal qui, s’il a perdu de son importance maritime, a gagné en intérêt touristique. Creusé au cœur de la ville, il reflète joliment les maisons qui le bordent, et semble un des points vitaux de la ville. Un bâtiment  qui fut le siège d’une compagnie maritime est devenu mi-musée, mi-galerie commerciale. J’ai pu y trouver les cartes postales que je cherchais au prix « modique » de 105 yens, et les timbres à 70 qui se révèleront insuffisants, mes 3.000 yens me permettraient juste d’acheter 17 cartes et timbres, avant de savoir que pour les 4 que je prends aujourd’hui, je devrai ajouter 2 $ de timbres, ce qui ramène le compte à 13 pour 40 $ ! Reprenons les comptes : pour mes 40 bucks, j’ai le choix entre 1 melon et demi ou 13 cartes postales ! Qui dit mieux ?

Joyce revient des toilettes et me conseille d’aller y faire un tour : ça vaut le déplacement. Tout d’abord, un paravent de bois en dissimule l’entrée. La cuvette est au ras du sol, mais la tuyauterie permet aux moins souples de s’y accrocher.

Des vitrines abritent une collection d’appareils photographiques anciens tous japonais,cela va sans dire, depuis les appareils à plaques dont un Voighlander existe dans mon grenier, jusqu’aux plus récents argentiques (pré-numériques).

En sortant, j’aperçois mon premier pousse-pousse, traîné par un homme coiffé d’un chapeau conique… Il était déjà dans ma rédac…

Les Japonais roulent à gauche, et c’est le côté qu’utilisent les hommes d’instinct de puis toujours. Lorsque, au fil du temps, les hommes portèrent de armes, ils marchaient sur le côté gauche du chemin, ayant accroché leur lame prête à être saisie de la main droite pour se défendre d’un éventuel agresseur. Les troupes ont fait partout de même pendant des siècles… jusqu’à Napoléon 1er qui, gaucher, fit changer la norme qui s’étendit dans tous les pays qu’il conquit… sauf en Angleterre, l’ennemi héréditaire, qui resta farouchement à gauche parce que l’Empereur ne put mettre le pied sur son sol. Il aura fallu que je vienne au Japon pour l’apprendre !

Nous allons voir maintenant la luxueuse villa qu’un riche armateur d’une flottille de pêche fit construire en 1912 pour réaliser le rêve de sa fille de 17 ans. Les photos sont interdites et je laisse mon sac dans le bus. J’ai mal entendu, je le comprends trop tard : c’est seulement à l’intérieur de la maison. Les jardins sont superbes ; il y a le jardin de rocaille, dit « sec », et le jardin à la japonaise, tout en allées sinueuses, de ponts en arches qui enjambent des pièces d’eau où folâtrent des carpes multicolores. Il faut se déchausser avant de pénétrer dans la maison en bois, cossue et de pure tradition japonaise, même si les décors fleuris du plafond à caissons sont de facture moderne. Les parquets de bois précieux sont le plus souvent recouverts de tatamis. Quelques piliers d’une seule pièce sont hauts de plus de douze mètres et proviennent d’arbres plusieurs fois centenaires.

Je marine avec bonheur dans le jacuzzi, et la mer du Japon est sans rides lorsque le navire lève l’ancre. A 5.00 pm,  je descends avec Joyce consulter le médecin, car je marche pliée en deux avec une douleur cuisante au quadriceps. Tension artérielle : 16.4/9.7, normal, vu les circonstances… Le médecin dit que la chaleur est néfaste pour l’inflammation, pas de jacuzzi et reprendre les anti-inflammatoires. Pour la douleur, quelques tablettes à prendre avec précaution par demi-doses.

Après une heure allongée avec un sac de glaçons, je suis déjà mieux. Le dîner nous réserve une surprise : les serveurs sont tous coiffés comme des pizzaïolos, les menus sont insérés dans des toques de cuisiniers, et les entrées et desserts sont de l’inspiration du Master chef. Nous partageons la table d’un couple de Néerlandais Steven et Cory, dont le mari parle français avec aisance, même s’il pense l’avoir oublié. Il a grandi à Singapour et Djakarta où son père travaillait dans les services diplomatiques. Lors de l’invasion japonaise, son père fait prisonnier, il a été interné dans un camp où, grâce à son jeune âge, 4 ans, il ne fut pas séparé de sa mère, qui, il en est sûr, fut torturée par les Japs. Cela dura deux ans et elle ne lui en parla jamais… J’évoque le livre L’Empire du Soleil . « C’est exactement cela ».

C’est un lapin (ou un lièvre ?) qui attend sur mon lit.

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J ai boucle mon tour du monde !

Aujourd hui est un grand jour : a Shanghai, j ai boucle mon tour du monde et il n a pas cesse de tourner mais je suis fiere de l avoir accompli.

Je vous raconterai tout au retour, car c est la galere cet Internet qui pedale dans le riz (ya pas de semoule)

La preposee n est pas la pour ouvrir le tiroir qui permet d inserer la cle USB et je ne peux pas vous joindre une journee de mon carnet de bord

Quelle galere !

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18 octobre 2009

Dimanche 4 octobre

Je pensais me faire réveiller à 7 h et attendre les instructions du bord pour les formalités d’immigration qui sont remarquablement organisées. Joyce pense que 6 h c’est mieux to be sure. Les passagers de chaque pont doivent se rendre à une heure donnée dans le théâtre où les officiers des services d’immigration japonais ont installé leur matériel sophistiqué d’identification. Nos passeports qui ont été gardés par les autorités du bateau contre un reçu officiel, nous sont restitués le temps d’y faire apposer les tampons, et repris au sortir de la salle. Que faire en attendant 9.45 am l’heure du départ ?  Vous avez gagné : Joyce se refait un second breakfast et nous glandons… J’aurais pu dormir une heure de plus, mais comme c’est elle qui a l’habitude des croisières, j’ai pensé qu’elle savait mieux que moi…

Mes premiers pas sur le sol japonais ont été douloureux. Si la sciatique s’est atténuée, le devant de la cuisse reste contracté et le bas du dos me fait mal à nouveau : les anti-inflammatoires (génériques ?) sont impuissants. Je vais être contrainte de consulter le médecin du bord…

Première visite sous la férule d’une guide format mini au curieux rire saccadé de cartoon à la manière de Woody Wood Pecker.

Au marché, on y vend essentiellement du poisson et des crabes sous toutes les formes, vivants, crus ou séchés, dont les prix sont exorbitants. Ca crie, ça grouille d’activités, tout semble net et c’est avant tout une odeur de marée fraîche qui s’échappe des étals. Je n’ai pas vu de viande, du moins sous sa forme bouchère, ni de volaille, mais je n’ai parcouru qu’une partie du marché. Nous avons changé chacune 40 $ pour obtenir 3.000 yens avec lesquels nous pourrions acheter 3 melons d’eau en mettant nos ressources en commun = 80 $ ! Qui dit mieux ?

Les écolières nipponnes portent le col marin et des chaussettes. Une petite chienne sur le trottoir devant une boutiques est vêtue d’une sorte de tutu : elle n’est pas la seule : ses frère et sœur sont pareillement attifés.

Le mont Hakodate est équipé d’un cable-car qui n’a rien de commun avec celui de San Francisco : c’est un téléférique qui nous emporte au sommet de la colline d’où la ville s’offre à nous, et le Volendam à quai semble si petit… Un ciel d’orage décline pour nous ses tons de gris.

Des corbeaux volettent d’une antenne à l’autre en croassant, mais ils n’ont pas du tout le même cri que les nôtres… au point que j’ai d’abord cru que c’étaient de faux croassements émis par haut-parleur. C’est donc vrai ce qu’ont découvert les ornithologistes : les oiseaux ne chantent pas de pareille façon dans des régions différentes, et comme les humains, ils ont leurs accents !

La tour d’observation qui domine l’étoile à cinq branches qui délimitaient un fort bâti en 1864 après un traité d’amitié signé avec Commodore Perry qui ouvrait les ports japonais au commerce occidental, mais la Russie restait l’ennemi juré… De cette hauteur, la vue s’étend principalement sur les toits avoisinants ? Car la pluie qui s’annonçait noie tout le panorama lointain. Tout en bas, des lettres peintes en blanc se croisent sur un toit plat disent GOD et LOVE = Dieu et Amour. Ca a beaucoup plus à Joyce !

Je marine au Jacuzzi le temps qu’il faut pour avoir envie d’en sortir, et Esther vient juste me rejoindre afin de savourer ensemble le départ d’Hakodate dans le soleil couchant.

Un jongleur manipulateur est ce soir la vedette, et la corde avec ou sans nœud qu’il coupe et se reconstitue, les anneaux  : même de près, on n’y voit que du feu ! Un court instant, je suis sa partenaire qui doit tenir une ficelle tandis qu’il la déroule, la coupe, m’en tend les morceaux, et lorsqu’il les reprend, le fil est entier !

Dîner en compagnie d’un Canadien patron d’une compagnie de gaz et pétrole, et de sa femme Portugaise, étonnée que je connaisse la Révolution des Œillets…

C’est une tortue qui, ce soir, sera ma compagne de lit…

Posté par bourlingueuse à 22:20 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Entre Japon et Shanghai

voila nous avons quitte le Japon et ses interdictions d Internet et nous sommes en Chine...

Corail si elle le peut vous donnera des extraits de mon carnet de bord...

deux heures bientot que je rame pour lire mes messages et repondre a mes kids...

au prix que le captain me facture Internet vous comprendrez que je reserve mes bucks (dollars) pour eux...

Je vais devoir chanter le soir pour me payer Internet

Merci de vos commemtaires...

Un ;o;ent d emotion intense a Nagasaki ce lieu de tant de douleurs... qui sera le momemt fort de ce voyage

NB A Shanhai j aurai boucle mon tour du monde et je vais y retrouver deux etudiantes chinoises qui ont vecu a la maison quelaues mois

Posté par bourlingueuse à 11:28 - Ya pas que la Route 66 ! - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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