La Bourlingueuse

Carnets de voyages

14 juin 2008

Lien pour la video

Je ne suis pas sûre d'avoir compris tout ce que le Ch'ti Marcel a pris la peine de m'expliquer, alors je vais coller le lien qui vous permettra peut-être de voir ce fameux film.

http://www.dailymotion.com/video/x5ryf1_ciscogenealogie100608_people

On essaie de voir si ça marche ?

A plus

Gwen

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13 juin 2008

Six heures pour une minute

Le croirez-vous ? Il y a quelques semaines, j'ai été contactée par une journaliste de M6, qui m'a juin_08_049mis en rapport avec une de ses consoeurs, laquelle m'a convaincue d'accepter une journée de tournage pour, au finish... une minute de film sur la généalogie !

Vous avez bien lu : une minute...

J'ai accepté bien sûr et, le matin du jour dit, nous nous sommes retrouvés dans la cour du château de notre bonne duchesse Anne de Bretagne. Ils étaient quatre, venus de Paris pour l'occasion :

  1. Lionel, le metteur en scène et cameraman
  2. Zaccharie le régisseur, son ordinateur... et son Rubix cube
  3. Jean-Edouard, à l'impressionnante valise d'objectifs divers
  4. Lucas chargé des projecteurs

Le téléphone portable quasiment vissé à l'oreille des quatre pour prendre des instructions ou manager leurs prochains tournages, leur efficacité est redoutable...

Nous avons parcouru le château et ses remparts et ils ont choisi les meilleurs angles pour symboliser le temps qui passe et la pérennité de l'arbre (généalogique).

juin_08_050Zaccharie m'a même servi de siège afin que mon visage soit à la bonne hauteur dans la meurtrière quijuin_08_048 s'ouvre sur la ville ! Puis les Archives de Loire Atlantique fraîchement rénovées ont accueilli l'équipe qui a quelque peu perturbé le silence monacal des salles de lecture. Philippe, un cousin "à la mode de Bretagne" connu par l'Internet est venu nous rejoindre et s'est prêté au jeu... Pascale, en revanche, aussi cousine Internet, a renoncé à nous attendre, le timing aux Archives ayant explosé...

La journée s'est achevée à la maison dans mon "queendom-capharnaüm", devant les ordinateurs, les arbres généalogiques et les vielles photos de famille... Ma voix "off" a été enregistrée au grand galop... et tout a été replié à la hâte pour que l'équipe ne rate pas le TGV de 20 h (ça leur a fait une journée de 15 heures).

Reprenons : six heures de tournage, une vedette (moi !) un brillant second rôle (Philippe) quatre "machinos" un  matos impressionnant et, au bout du compte une minute de film qui passera sur la TNT mais que j'ai pu télécharger sans pouvoir l'éditer ici... Je vais demander conseil à Marcel le Ch'ti, expert en video... et, avec un peu de chance, vous pourrez voir où ça mène, la chasse aux ancêtres !

Même si je n'ai pu remonter jusqu'à notre Duchesse Anne de Bretagne disparue en 1514, mes plus anciens "ayeux" répertoriés vivaient au temps de son gendre François 1er (1515-1547).

Copie_de_juin_08_043

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22 mai 2008

Trente ans que je lui courais après !

Il y a quelques semaines à un congrès de généalogie, j'ai fait imprimer l'arbre familial pour chacun de mes enfants. On n'a pu y faire figurer que dix générations, car l'impression de la totalité eût nécessité une feuille de 7,5 m, la branche la plus complète s'étendant sur 21 générations, et une grande partie des autres sur 18... ce qui nous ramène mine de rien à des "ayeux" vivant sous le règne des enfants de Catherine de Médicis ! Louis Benon, lui, dit l'Ancêtre, est né vers 1535, sous le règne de François 1er, le gendre de notre bonne duchesse Anne de Bretagne...P1010001

Bon ! Je sens que je vous ennuie avec l'Histoire de France, alors revenons à notre arbre. Si vous jetez un coup d'oeil sur celui-ci, vous constaterez qu'il y a des manques, des "blancs" dont deux qui entament profondément le shéma : dans l'un des cas, pas de mystère... c'est que depuis 1848, le papa court encore sans avoir pris le temps de laisser ses coordonnées ! De cet enfant, Juillet auquel on n'a pas même donné un prénom, je vous parlerai un jour... J'ai trouvé son acte de mariage, son contrat devant notaire, avec le nom de sa mère et celui des parents de sa jeune épouse... et c'est là que les choses se sont compliquées : si j'ai pu remonter sans trop de peine son ascendance maternelle et celle du beau-père, rien n'a pu me mettre sur les traces de Marie Bonnin la belle-mère. Et j'y ai mis de l'obstination, croyez-moi ! J'ai compulsé les registres de recensement, ceux des mairies environnantes, mais Marie restait introuvable. J'ai fini par la laisser aux oubliettes d'où je la sortais de temps en temps sans pouvoir faire avancer le schmilblick.

L'impression des arbres ayant mis en évidence sa trace presque en négatif, j'ai lancé un appel sur Internet. Et... et... Non ! Zorro n'est pas arrivé! Mais il y a quelques jours il m'a été signalé un mariage de 1859 dans un tout petit village charentais, qui pourrait être celui que je cherche. La mairie n'est pas ouverte tous les jours, et j'ai dû téléphoner plusieurs fois avant qu'on me réponde. Au bout du fil, la voix aimable à laquelle j'ai exposé ma recherche me demande de patienter le temps de chercher le registre.

Bingo ! Marie Bonnin et ses parents sont désormais sortis du néant, après trente ans d'investigations, et je vais pouvoir (avec ses ancêtres), enfin la faire grimper aux arbres ! ! !

Les cases en jaune sont celles dont les titulaires entrent deux fois ou plus dans l'ascendance familiale.

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21 mars 2008

Elle n'est pas belle, cette calligraphie ?

Je voudrais lever une ambiguïté. J’ai compris que certains d’entre vous pensent que j’ai à la maison dans des dossiers, aussi bien le testament d’Estienne que le parchemin que je vous livre aujourd’hui… Non, ces précieux documents dorment depuis plusieurs siècles aux services des Archives ! Il faut bien de la patience pour les débusquer dans leurs cartons, mais lorsque vous les découvrez, quelle émotion vous saisit ! C’est à ce moment que, d’un doigt respectueux, vous caressez les signatures, vous posez votre main à l’endroit même où votre ou vos ancêtres ont aussi posé la leur. Tous ne savaient pas signer, loin de là, et l’acte le précisait « a déclaré ne savoir signer, de ce enquis »…

Je n’ai jamais vu de croix, contrairement à ce que l’on montre dans les films ou à la télévision. Le document ci-dessous est une dispense d’âge (à cette époque la majorité civile était de 25 ans, et la majorité matrimoniale de 30 ans pour les garçons). C’est un acte dont la beauté de la calligraphie est rare puisque je n’ai que cet unique témoignage, les autres actes étant … « scribouillés » si j’ose dire !

Les photocopies sont faites par les archivistes, seuls habilités, mais les pour les registres,  il est permis de les photographier lorsqu’ils sont en (relativement) bon état.

Vous ai-je donné l’envie d’en savoir plus ? Allez-vous, comme ma maman, entreprendre vous aussi la recherche de vos racines ?

Dispense d'ages du 20e 9bre 1728

                        LOUIS par la grâce de DIEU ROI DE FRANCE ET DE NAVARRE aux premiers jours huissier ou Sergent sur ce requis de la part d'Yves et Guillaume Conan tous deux frères enfants mineurs de deffunct Guillaume Conan et de Louise Nicolas sa femme vivante leurs pere et mere NOUS a esté exposé qu'ils sont Agés scavoir ledit Yves de dix neuf ans et ledit Guillaume de dix sept ans aussy ...

et bien et duement justifié par leurs extraits bastitaires et partant à cause de leurs dits ages suivant la coutume de notre province de Bretagne Incapables de jouir de leurs biens meubles et des droits de leurs héritages et qu'ils desireroient bien faire sous l'authorité de curateurs spéciaux qi'ils choisiront à cette effet suivant et conformément à la coutume estant comme ils sont  bons ménagers et capables d'avoir lad administration par les bonnes instructions qui leur ont esté donnés par leurs père et mère que ceux qui ont eü la conduite de leurs personnes par ce que toutefois ils ne pourront rien allienner ny mal malmettre mais craignant que les Juges de la juridiction de QUIMERCH feroient quelques difficultés de les recevoir et admettre à ce faire à moins d'avoir nos lettres de dispense d'ages à ce requises et necessaires humblement les requerant à ces causes et mandons faire de par nous commandement aux dits juges que si les parents des exposants deument appelés devant eux Iceux le consentir après avoir ouy le procureur fiscal de lad juridiction en ses conclusions conformément à la coutume pour quoy faire les dispensons par ces présentes de grâce spéciale de l'âge de vingt cinq ans leur acquis par nos ordonnances et coutume de nôtre ditte province de ce faire donnons aux Sieurs juges pouvoir et commission et à toy faire les exploits en a requis CAR TEL est nôtre plaisir donné à Rennes le vingtiesme jour de novembre l'an de grâce obü vingt huit de notre règne le quatorziesme

                                                           PAR LE ROY à la relation du Conseil

                                                                                              PIGON

Conan_0092

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17 mars 2008

Le testament d'Estienne

Pour vous donner une idée de la difficulté à lire les vieux documents, je vous livre un échantillon du testament d’un ancêtre le 1er avril 1652 (mais j’ai des actes encore plus anciens). L’étude des écritures anciennes est la paléographie. La photocopie est mauvaise...Testament mais vous en trouverez la traduction plus bas avec l'orthographe riginale.

Tout s’apprend, il faut seulement être motivé pour maîtriser la lecture de ces vénérables papiers (dont certains portent la mention "papier véritable" plus cher que le parchemin). Hélas ! certains registres ou des liasses sont devenus « incommunicables » le papier devenu friable tombant en poussière, et le parchemin trop sec devenu cassant. C’est une frustration pour le chercheur, et il faut alors se tourner vers d’autres sources : jugement de tutelle, inventaires après décès, contrats de location, procès et chicanes entre voisins…

Testament d’Estienne MARCHESSEAU du 1er avril 1652

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, amen. Sachent

tous prezants et futurs que je,  Estienne Marchesseau

laboureur à bœufs, estant au lict mallade de mon corps

touttefois saing desprit, mesmoire et entendement, considérant

qu’il n’est chose plus certaine que la mort, ne choses plus

incertaine que l’heure d’icelle, et ne désirant decedder de

ce monde sans tester et ordonner des biens qu’il a plu à Dieu

me donner en cestuy  mortel monde, fay et ordonne mon

testament et ordonne de dernière vollontés. Premièrement je recommande

mon âme à Dieu créateur, le supliant au nom et par le mérite

de la mort et passion de son filz bien aymé nostre Seigneur

et sauveur qu’il luy plaise la réception en son paradis

au rang des bienheureux mon corps estre mis es

simetières de l’esglize paroissiale de Geay es sépultures

de mes deffuncts parens et âmes trespassés remettant

pour les obsècques et funérailles qui se doibvent faire au

je…………………….

au bon vouloir de Jehanne Maurissonneau ma femme

et je, considérant les grands biens, fabveurs, bons et agréables

services et familliarités que j’ay receu et reçoy journellement

de ladite Morissonneau ma femme de la preuve desquels

service je l’en tiens quitte et relève de touttes peines

pour touttes ces causes et autres plus grandes et raisonables

considerations a ce nous mourans, je, moy, ledit

testateur ay donné et donne par iceluy mon dit

présant testament par bonne donnation testamentaire

faicte pour cause de mort xxxxx à laditte

Morissonneau madite femme à ce presante et

stipullante scavoir est tout et chascuns mes biens

meubles et acquestz paternels et maternels

de quelques nature  que le tout soit ou puisse estre

et en quelques lieux et endroitz qu’ilz soient situés

et assis pour par ladite Morissonneau en jouir

em pres mon deceps advenu du tout par

uzuffruict sa vie durant seullement et non autrement

à la charge qu’elle sera tenue nourrir et entretenir

Nicollas, Guillaume, Jehanne, Marie et Madelayne

Marchesseaux mes enffans et filles, jusques à ce...

C'est ainsi, quand on se pique au jeu, qu'on devient un rat de bibliothèque !

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15 mars 2008

La recherche de ses racines...

C'était un froid après-midi d'hiver au temps de l'Occupation. Ce dimanche-là, nous étions réunis avec des amis autour de la table de la cuisine, seule pièce "chauffée" de la maison, que la cuisinière arrivait à peine à tiédir, chargée qu'elle était de boulets de poussier de charbon aggloméré avec de la sciure de bois.

Le pâle rayon de soleil qui traversait la pièce matérialisait notre souffle. C'est une image qui m'est pour toujours restée gravée en mémoire... La conversation roulait sans que je m'y intéresse vraiment, sauf qu'à un moment, chacun s'était tourné vers ma mère, et quelqu'un alors  a demandé : "La généalogie... c'est quoi ? ? ?"

"C'est la recherche de ses racines" répondit-elle superbement...

Ce qui me plongea dans un abîme de perplexité... car Maman n'allait jamais dans le jardin sinon pour étendre la lessive à sécher, et qu'elle n'en cueillait pas même les fleurs, ou si rarement !

Elle lisait beaucoup plus que les femmes de son âge et de notre milieu, et pas n'importe quoi : son  "Mein Kampf" est encore dans ma bibiothèque. Je présume qu'elle venait de prendre connaissance des recherches que l'on peut aisément faire en France pour reconstituer l'histoire de sa famille, et elle avait ajouté le mot "généalogie" à son vocabulaire déjà riche.

Lorsqu'elle serait en retraite, disait-elle, elle irait chercher ses racines.

Bien entendu, la retraite venue, elle n'a rien entrepris... mais la graine qu'elle avait semée ce jour froid de mon enfance avait doucement germé, et je l'ai emmenée dans notre Bretagne natale entreprendre les premières recherches... Dès premier jour, nous avions remonté une partie de notre lignage jusqu'à une ancêtre née sous Louis XV !

Et voilà comment, à l'instar d'Obélix, je suis tombée dans la marmite ! Et j'en suis à 18 générations certifiées pour quelques-unes de nos lignées.

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29 février 2008

Un cousin venu d'Amérique

Surprise il y a quelques jours : un mail m'est arrivé, venant de Canaan, Vermont, USA d'un presque homonyme (... ault et nous en France ... eau) m'assurait que nous devions être cousins... lointains sans doute, mais cousins...

Louis est le généalogiste des ...ault d'Amérique du Nord et il compte 11 générations sur le sol de la Nouvelle France et des USA. Me piquant au jeu, j'ai cherché dans mon ordi parmi 23.554 personnes, si j'avais quelque chose en mémoire concernant son aïeul premier venu de La Rochelle au Québec en 1703. Rien ! Mais je pratique les recherches généalogiques depuis près de 35 ans et je connais pas mal de ficelles pour débusquer les ancêtres. Avec l'aide d'une "cousine" généalogique qui a fouillé dans ses données, j'ai pu communiquer à mon Louis de Canaan non seulement la date du mariage des parents du premier émigré : 10 mai 1676, mais aussi les noms (tronqués pour deux d'entre eux à cause du mauvais état du registre) des grands-parents, nés autour de 1620/1625.

Nous avons fait un heureux ! Car l'enquête continue... Nous allons maintenant chercher le contrat de mariage s'il y en a un. Il faut savoir qu'aux XVIIe et XVIIIe siècles en Angoumois, Aunis et Saintonge, les contrats de mariage étaient monnaie courante, même chez les plus pauvres. Le notaire se déplaçait à cheval accompagné le plus souvent de son greffier juché sur un âne, jusqu'à la maison des parents de la proparlée (promise) où était assemblés les parents, la famille élargie et les amis. Le contrat était rédigé à la main par le greffier sur son écritoire, et chacune des personnes présentes était désignée nommément avec son degré de parenté : une mine d'or pour le chercheur, qui peut ainsi aisément reconstituer les familles. Ces contrats étaient avant tout des promesses de mariage écrites. En Bretagne, où vivaient mes aïeux, rares sont les contrats de mariage : les futurs fiancés s'engageaient publiquement en face de l'église le dimanche avant la grand-messe et le curé notait simplement le fait sur ses registres. Bien souvent aussi, il omettait le jour des noces, de citer le nom des parents, se contentant d'un succinct "en présence des parents et amis". Grrrr !

La généalogie m'a amenée à pratiquer l'informatique : j'ai commencé avec un 282 qui ne comprenait que le DOS mais qui m'a donné de grandes satisfactions. Puis, avançant dans mes recherches et remontant le temps, j'ai dû apprendre à lire les écritures anciennes et faire de la paléographie pendant dix ans...

Je vous parlerai encore de mes aïeux et vous montrerai sur quoi nous travaillons...

Posté par bourlingueuse à 01:55 - Aîe mes aîeux !.. - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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