La porte interdite

La porte interdite

Encore une histoire de porte.
Celles qui donnent sur de nouveaux mondes.
Celles qui donnent sur des mondes anciens.
Ce qui serait chouette, c’est que vous réussissiez à y mettre les mots.
- Attirer. Affoler.- Effrayer. Fermer. Ouvrir. Trouver. Aimer. Perdre. Mourir. Noyer.
Peu importe le temps, le mode, où que ces verbes soient usés de façon pronominale ou non.
À lundi j’espère…

Dans la grande maison où je suis née, il y avait en réalité deux bâtiments quasi identiques, séparés par une cour. Le second était le domaine de mon père photographe qui y avait son laboratoire au rez-de-chaussée, l’étage étant sa vaste salle de pose où les appareils en noyer et à plaques de verre attendaient les mariés de la semaine. Il arrivait aussi que le photographe soit appelé par une famille affolée pour faire le portrait d’un enfant qui venait de mourir et dont nul n’avait pris le temps de faire prendre en photo…

En face du laboratoire il y avait ‘’la porte défendue’’ toujours fermée  mais que je n’ai jamais tenté d’ouvrir. Savoir ce qu’elle cachait ne m’attirait pas et rien ne m’effrayait vraiment. Qu’y aurais-je trouvé ? Etait-elle fermée à clé ? Pas sûr…

La guerre 39/45 contraignit mes parents à s’installer ailleurs et je perdis l’univers que j’aimais.

Me croirez-vous ? je n’ai jamais su ce que cachait la porte interdite, faute d’avoir posé la question.