Après une nuit douillettement passée dans leurs boîtes respectives recouvertes de tissu sombre, je vais le cœur battant rendre visite à mes nourrissons. Grand est mon désappointement : ils n’ont pas bougé d’un iota. Les instructions sont d’enlever et remplacer les flocons non digérés, et en l’occurrence, aucun ne l’a été.

En bonne apprentie scientifique, je leur donne de l’avoine fraîche à manger et, confiante, attends le lendemain…

Bis repetita pendant plusieurs jours pendant lesquels je m’impatiente avec inquiétude. Aurais-je fait une erreur ? J’avais pensé que cette expérience m’occuperait l’esprit de l’obsession de ma facture d’eau à payer de 3.580 € que me réclame Nantes-Métropole. Soit dit en passant, à ce jour, le problème n’est toujours pas réglé…

Un matin cependant, la boîte E1 me fait la surprise d’avoir colonisé tous ses flocons et offre à gauche, in joli réseau de ramifications. En revanche, C1 si elle a bien entamé sa croissance, celle-ci est insuffisante pour procéder à la phase 2 du processus.

Je laisse B1 décider de sa vie ou de sa mort  et décide de mettre en culture la souche DW après avoir prévenu le CNRS.

Ahhhhhh ! DW me donne entière satisfaction : elle a de l’appétit elle a droit à la ration entière !) et colonise ses flocons bien comme il faut.

Je vais pouvoir procéder à la phase suivante : couper la partie digérée qui a un bel aspect jaune d’omelette, et la transférer dans deux nouvelles boîtes E2 et C2 et leur donner leur ration de ‘’bouette’’ comme disent nos marins bretons. La nuit devrait leur permettre d’évoluer.

 

Quant à la partie initiale où étaient les sclérotes, il faut les passer 24 h au congélateur pour les tuer avant de les jeter à la poubelle qui serait colonisée.

Je n’ai pas vu le film qui a donné son nom au blob de laboratoire. Steve McQueen y a commencé sa carrière (un nanar m’a-t-on dit)  Une petite ville de Pennsylvanie a été atteinte par un météorite d’où sort une chose gluante qui envahit tout.

Chaque jour désormais, je vais devoir séparer les deux moitiés de chaque  boîte et les déposer dans le double de nouvelles boîtes et les nourrir jusqu’au lendemain où je répéterai le processus jusqu’à obtenir 2 fois 8 boîtes de Petri colonisées.

Ca c’est la théorie, et je ne suis pas près d’obtenir mon diplôme d’apprentie sorcière laborantine !

Quelques-uns des blobs ont un aspect inhabituel : ils sont cassants, gluants, sans consistance… Après vérification, j’ai dû accepter l’invraisemblable. Malgré toute mon attention, j’ai gardé les moitiés à jeter et jeté ceux qu’il fallait cultiver