Rue Blondel

Rue Blondel

C’est une toile de Mr Bernard Beauvais, elle m’a amusé quand je cherchais un tableau qui pourrait vous inspirer.
Elle a attiré mon attention car elle s’appelle « Rue Blondel ».
Je ne vous demande pas ce que le Monsieur veut de la dame.
Je ne vous demande pas ce qu’elle demande pour le lui donner.
Laissez courir votre imagination.
J’espère que nous en cueillerons tous les fruits lundi…

Eclairée par un pâle clair de lune et d’antiques réverbères, la rue Blondel semble déserte à cette heure de la nuit où les noctambules et les esseulés se pressent habituellement. Seul un couple et une silhouette ambiguë se profilent sur les trottoirs pavés

La femme qui semble sortie d’un tableau de Botéro est boudinée dans une robe rouge d’où jaillit une paire  de seins trop généreux pour être honnêtes… et d’origine.

L’homme lui, flotte dans un manteau verdâtre où l’on pourrait tenir à deux, et son pantalon trop long plisse sur ses chaussures. Il ne semble pas que son manque d’élégance le perturbe puisqu’il continue de discuter à voix basse avec son imposante interlocutrice

Mais ils sont restés en place quand on annonce ‘’Coupez’’ !

Aussitôt, l’adolescent se défait de son encombrant manteau et saute au cou de sa partenaire, comme lui figurante (ou plutôt ‘’artiste de complément’’) qu’il a connue sur les plateaux de cinéma où l’un et l’autre se font quelques sous qui améliorent leur ordinaire.

C’est que la R’née qui a été larguée par son homme doit élever ses deux enfants en prenant parfois des rôles muets du style ‘’la grande Zoa’’ pour boucler son budget, tandis que le jeune Jeannot manque parfois le lycée pour le cinéma afin d’aider sa mère chômeuse, en rêvant toutefois d’un avenir radieux derrière les caméras.

Ces deux accidentés de la vie sont devenus une solide paire d’amis qui s’épaulent et s’apprécient…

Elle n’est pas belle la vie ?