Mon beau miroir

Mon beau miroir

Ne dites rien, je sais...
Les rousses, les peaux claires, le Goût et gnagnagna « et patin et couffin » comme disait la mère de mon père.
Mais cette toile de Richard Miller me parle.
Et à vous ?
Vous dit-elle quelque chose ?
Nous devrions tous en savoir quelque chose lundi…

Jeanne a quinze ans. Horrifiée elle a fondu en larmes lorqu’elle s’est vue dans le miroir qu’elle n’avait pas sorti depuis la veille.

Ses taches de rousseur, que tout le monde s‘accorde pour lui dire qu’elles lui donnent un charme fou, en réalité lui empoisonnent la vie depuis qu’elle a réalisé qu’elle était la seule de sa classe à en être dotée. Elle a lu dans Marie-Claire, le magazine féminin de sa mère, qu’en se badigeonnant le visage de jus de citron, les taches s’atténueraient avant de disparaître.

Elle y a cru !

Depuis, les citrons de la cuisine sont devenus ses complices qui ont porté tous ses espoirs jusqu’à ce qu’elle comprenne que sa peau n’était peut-être pas adaptée au remède… ou l’inverse !

Une annonce publicitaire lui est alors tombée sous les yeux : un traitement miracle venu d’Orient la débarrassera à coup sûr de ses maudites taches.

Mais comment l’acheter et où se le faire livrer ? Jeanne a dû attendre son anniversaire pour que sa bourse lui permette de le commander, puis d'aller en cachette à la poste et donner l’adresse d’une amie compréhensive où le miraculeux produit sera déposé après plusieurs semaines d’attente…

Fébrilement, avant de se coucher, elle a enduit son visage du liquide verdâtre contenu dans le flacon, sans avoir pu lire la notice, écrite en chinois ou en japonais, mais sûre  que les médecins auxquels se référait la publicité étaient des savants.

Elle s’est endormie confiante, mais au matin, une sensation de brûlure l’inquiéta. Saisissant son miroir, elle ne se reconnut plus : ses taches de rousseur ne se voyaient plus, noyées qu'elles étaient dans une zone grenat devenue  insensible…

§

Mes histoires d’O(eau) ne sont pas finies : mon compteur expertisé a été déclaré ‘’conforme’’ et Nantes-Métropole attend que je paie les 3.528,81 euros que selon eux je leur doit pour avoir consommé 1.178.000 litres d’eau soit 3.227 litres chaque jour de 2021.

J’ai fait appel à Julien Courbet, priant pour qu’il prenne mon courrier en considération.