Que je vous raconte, comme dirait le Goût...

Avec tous ces événements, j'ai omis de vous parler d'une aimable plaisanterie dont quelques Nantais (qui n'ont pas d'humour) n'ont pas apprécié la drôlerie.Jugez-en...

Le lundi 16 décembre peu avant midi, voulant préparer mon repas, j'ouvre le gaz sans méfiance aucune, ... et rien ne se passe... Je vérifie la clé pour être sûre que, par distraction ou par l'effet Alzheimer, je n'aurais pas inversé la manoeuvre.

Pas de gaz. J'appelle ma voisine qui répond que leur haudière est sans doute en panne et ils attendent le technicien. Ma remarque lui met du coup la puce à l'oreille et nous sonnons à la porte d'un autre voisin : celui-ci annonce que sa femme a appelé Gaz de France (je ne suis pas sûre que GDF existe encore avec toutes ces magouilles, je veux dire ces bouleversements financiers), sa femme donc, a téléphoné à la Société qui distribue le gaz et qui lui a été répondu que des travaux étaient en cours mais que tout serait OK avant le soir. Le chauffage en sommeil a fait descendre la température ambiante à 15°, mais c'était supportable. Que diantre ! on en a vu d'autres dans une vie de vielle dame. J'ai connu la guerre et l'Occupation, avoir froid dans la maision, je connais... Comme la Nature qui a prévu des couches de peaux superposées pour l'oignon, j'ai donc accumulé les lainages, enveloppé le tout dans une robe de chambre confortable... et attendu la renaissance de la petite flamme bleue. Ma cuisinière étant dotée d'un feu électrique, j'ai tiédi la cuisine grâce à lui, réservant le four pour l'instant où j'aurais vraiment trop froid.

Le mardi 17 au matin, toujours pas de gaz (ni de chauffage, bien sûr). J'ouvre frébrilement Ouest-France qui ne mentionne pas l'incident dont nous sommes victimes. Par chance, le courant électrique avait bon pied bon oeil, et confiants, nous attendions la fin des travaux. Cela d'autant plus que la rue où débouche la nôtre n'avait pas ces désagréments, ni celle de mes enfants dont la maison est à 150 m de la mienne... Nous ne comprenions pas où se trouvait ce chantier qui coupait le gaz aussi longtemps.

C'est une amie qui dans l'après-midi, m'appelle pour dire que la CGT à la radio venait de revendiquer la coupure de gaz dans "quelques rues de Nantes" et ce, depuis le dimanche 15 au soir. Youpiiii ! la nôtre a donc été tirée au sort ! On a gagné quoi ? Les grévistes sont formels : ils ne céderont pas... et les 1500 foyers nantais sans gaz cintinueront de se geler...

Mercredi 18 : statu quo on continue de se peler, et Ouest-France donne quelques détails prudents.

Jeudi matin 19 enfin... Une équipe de volontaires venue du Morbihan sonne à la porte et vérifie que tout est OK (chaudière et robinets de la cuisinière fermés) avant d'ouvrir la vanne individuelle qui est sur le trottoir devant chaque maison.

Je ne discute pas ici du droit de grève, mais laissez moi vous dire que je suis indignée de tels faits. Comment peut-on faire prendre de tels risques d'asphyxie ou d'explosion à une population qui ne peut rien pour faire avancer leur schmilblick ? Comment ont pu vivre une telle situation les mamans de jeunes enfants frigorifiés ? Par chance, le temps était plutôt doux. Ma propre maison est ancienne (130 ans) mais bien isolée et ses murs épais ont gardé la tiédeur ambiante... Mais il y a des immeubles et des habitations où il ne fait pas chaud en hiver... sans parler de ceux qui limitent le chauffage faute de pouvoir payer les factures.

J'ai parfois envie de mordre...