Avant de vous parler de l'Acadie, vous devez savoir qui sont ceux qui l'ont bâtie, et ce que ces pionners ont subi et qui restera dans la mémoire de leurs descendants après plus de 250 ans

Comme la plupart des Français, je ne savais rien des Acadiens et c’est la chanson de Michel Fugain qui m’a fait entendre ce nom pour la première fois, que j’associais uniquement à la Louisiane. Puis une fresque a été peinte dans une rue de mon quartier et j’en ai appris un peu plus sur cette population chassée du Canada et qui partait s’installer en Louisiane. Ce n’et que bien plus tard que mes ‘’cousins’’ canadiens m’ont parlé du Grand Dérangement. Mais il a fallu que je rencontre fortuitement des descendants d’Acadiens pour apprendre quelles tragédies leurs ancêtres avaient vécues, dont les blessures ne sont encore pas refermées après plus de 250 ans.

Leur histoire a commencé au début du XVIIe siècle.

Henri IV décide en 1603 de créer une colonie sur les territoires qu’avait découverts le malouin Jacques Cartier en 1534 et qu’il avait appelés Canada. C’est la toute première colonie française à laquelle fut donné le nom de Nouvelle France.

Dès l’année suivante en 1604, de Mons et Champlain partent s’installer avec des engagés et 50 ‘’hommes d’élite’’. Le premier hiver est terrible et plus de la moitié des hommes périssent malgré l’aide des Mi’kMaq, les autochtones près desquels ils s’étaient installés.

Il faut attendre 1635 pour que des familles originaires de France viennent s’établir. Le noyau initial des Acadiens comporte 60 familles, parmi lesquels les descendants métis des premiers arrivants et de femmes amérindiennes (même si ce terme est aujourd’hui jugé impropre).

Avant de pouvoir mettre les terres en culture, il faut assécher les marais et cela ne peut se faire qu'en plusieurs années par un système de drainage efficace : les aboiteaux. Des digues sont construites en aval pour empêcher la mer d’inonder les marais, et les aboiteaux sont équipés de clapets qui selon que l’eau descend ou monte, s’ouvrent pour laisser s’écouler l’eau douce des marais et se referment pour empêcher l’eau de mer de rentrer à la marée montante. La neige abondante et les pluies lavent la terre qui, dessalée, peut alors être cultivée.

Mais les Anglais lorgnent sur ces territoires fertiles, qu’ils occupent à plusieurs reprises, jusqu’au moment où, en 1713, le traité d’Utrecht cède l’Acadie à la Grande Bretagne qui devient la Nouvelle Ecosse, sauf l’île St Jean (aujourd’hui Ile du Prince Edouard). Il est alors exigé des Acadiens de prêter un serment d’allégeance au souverain d’Angleterre. La plupart refusent et ils sont alors menacés d’exil, car les Anglais ne veulent pas de ‘’neutres’’ qu’ils croient prêts à prendre les armes.

La suiteà demain...