Ariane, un nom doux et sonore...

Ariane, un nom doux et sonore

Racontez-nous lundi un conte qui commencera par cette phrase du grand Albert :
« Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d’eux seuls préoccupés, goûtaient l’un à l’autre, soigneux, profonds, perdus. »
Conte qui se conclura par ces mots du familier Verlaine :
« Son nom? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila. »
J’ai hâte d’être à lundi, lectrices chéries...

Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d’eux seuls préoccupés, goûtaient l’un à l’autre, soigneux, profonds, perdus…

Le violoniste tzigane les observait sans trop en avoir l’air, attentif à l’harmonie de leurs corps enlacés qui ondulaient doucement au rythme de la valse lente. Ils étaient arrivés depuis quelques jours dans cet hôtel somptueux de la Côte d’Azur et n’étaient connus de personne, pas même semblait-il de ‘’l’homme aux clés d’or’’ pour qui le Gotha avait peu de secrets. Ils n’apparaissaient que le soir, où on les voyait s’enlacer, leurs regards ne se quittant plus, leurs mains serrées l’une sur l’autre et qui se caressaient…

─  Dis Coco, tu ne crois pas qu’il faudrait un peu alléger le script ? On est partis dans une histoire qui n’intéresse plus personne ! Tu parles ! Qui lit encore Cohen de nos jours ? Je sais que le contrat nous laisse peu de marge de manœuvre, mais il faut dé-nianniantiser cette histoire d’adultère, non ? Qu’en penses-tu ?

 ─  Ben ouais, mais le vieux va râler si on change une virgule ! Déjà,  il trouve que la blondasse qui a décroché la timbale n’a pas l’accent assez distingué pour le rôle, alors si on veut ‘’revisiter’’ le texte, attention les yeux !

─  La blondasse ? Tu sais qui c’est la blondasse ? C’est vrai qu’’Ariane D. a bien changé depuis qu’elle a perdu du poids et éclairci ses cheveux. Tu l’as donc pas reconnue ?

 ─  Ah ! c’est Ariane ? Non, je ne l’ai vue que de loin et après le maquillage… Mais pourquoi lorsque j’entends prononcer son nom, je me souviens qu’il est doux et sonore, comme ceux des aimés que la vie exila ?