Jeanne est au pain sec

Jeanne est au pain sec

Ce matin, Jeanne a suivi sa maman chez l’épicière juste en face de la maison familiale. Là il y a déjà deux de ses petites amies d’école qui, elles aussi, ont accompagné leur mère pour les achats de ce jeudi midi.

Mais Jeanne n’a pas envie de leur parler : elle fait comme si elle ne les avait pas vues et son regard s’attarde sur la table près de la porte où sont étalées les friandises qui lui font tellement envie, et que Maman n’achète que rarement.

Jeanne a attendu que les mères de famille entament la conversation en attendant d’être servies et que les copines regardent ailleurs…

Prestement, sa main a saisi une souris de chocolat et la voilà qui court, court à perdre haleine pour traverser la rue et arriver jusque dans l’arrière-cuisine où elle pense pouvoir savourer tranquillement le fruit de son larcin…

Mais Maman a vite compris et la voilà qui surgit en haut des quelques marches qui séparent la cuisine de la souillarde où elle s’est tapie. Jeanne a glissé ce qui reste de la souris sous le meuble contre lequel elle est accroupie… mais le chocolat qui a laissé des traces autour de sa bouche la trahit.

Maman s’est transformée en statue du Commandeur (même si Jeanne n’y pensera que bien des années plus tard) qui oblige Jeanne à prendre ce qu’il reste de la souris et à retraverser la rue pour s’agenouiller et piteusement demander pardon à l’épicière sous les regards moqueurs des copines hilares.

En outre Jeanne a été condamnée à rester dans la souillarde le temps du repas familial, et on ne lui a apporté qu’une tranche de pain sec et un verre d’eau…

Ne vous étonnez pas si, depuis ce jour, Jeanne déteste le chocolat !