La cane de Jeanne

La cane de Jeanne

Elle qui se croyait la plus belle, la plus intéressante parce que la fermière lui parlait, lui donnait plus de grain pour l’encourager à pondre…

 La voilà bien avancée à cette heure ! Elle qui nous regardait de si haut !

 Même Oscar le jars s’en était dégoûté, tellement elle le laissait tomber après l’avoir bien allumé. Quelle mijaurée…

 Elle a fini par le faire son œuf… et la patronne était aussi fière que si elle l’avait pondu elle-même ! Mais elle en est morte !

 Maintenant que la voilà plumée, elle va encore pouvoir être la vedette du repas que la cuisinière va préparer. Comment croyez-vous qu’elle sera servie ? Moi je pense qu’elle sera tout bêtement rôtie au four…

 Quelle horreur ! Mais après tout, c’est ce qu’elle aurait aimé : partager le repas des maîtres sur la grande table familiale… parce qu’elle se croyait de la famille !

Ce que ces trois cancanières ignorent encore, c’est qu’au repas a été invité un poète moustachu qui, en l’honneur de l’hôtesse, a sur sa guitare composé une bluette qui traversera le siècle ou presque…

La cane de Jeanne

Est morte au gui l’An Neuf…