Pour tout dire, le capitaine est rentré dîner dans sa cambuse et nous à notre table 10, la plus bruyante du bord. J’ai oublié de dire que la porte de l’office à un mètre de nous est quasiment ouverte en permanence, et les maniements de la vaisselle génèrent un vacarme que l’on peut difficilement supporter, nous empêchant de parler à nos voisines de table. Nous en avons parlé à Maria qui a semblé surprise de la remarque, mais cela n’a rien changé : Andrej notre gentil serveur, fait les efforts qu’il peut pour refermer derrière lui, mais que les autres serveurs rouvrent aussitôt. Il est vrai que, portant quatre assiettes dans les mains, il n’est pas facile de faire un geste… mais pourquoi ne pas avoir prévu une porte automatique ? Le bateau a 41 ans, et s’il était sans doute au départ un rafiot de luxe pour les hauts gradés du Kremlin, il a tout de même pris de la bouteille… et je ne crois pas que la vodka vieillisse bien ! Le dîner de ce soir a particulièrement été soigné... Jugez-en :

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 Le show proposé est assuré par les volontaires aussi bien passagers qu’équipage. Chacun a fait de son mieux, mais il y a eu des « mieux » qui ont atteint des sommets. C’est une de nos Françaises qui entame la soirée, accompagnée au piano sur lequel elle s’appuie. Sa voix n’est pas celle d’un amateur : elle a été travaillée, et sa technique est parfaite. Je n’ai pas retenu son prénom (Martine ?) même si j’ai plusieurs fois parlé à cette jeune femme qui a interprété un classique de la musique populaire russe.  Puis Jocelyne nous a séduits qui, de sa voix de contralto, a interprété avec brio une complainte traditionnelle. Elle a fait sensation et sa robe au dessin original a été conçue par un styliste talentueux… Massimo le mécano, est aussi bien joueur de balalaïka que pianiste virtuose. Il a magistralement accompagné un duo de femmes de ménage digne d’un concert professionnel : voix magnifiques et profondes, sur son de balalaïka, un vrai régal ! Une Espagnole a surpris l’auditoire en chantant la vieille et célèbre ballade irlandaise reprise à mi-voix par l’assistance. Mais les Australiens se sont mis à quinze au moins pour « revisiter » à leur manière les immortels Bateliers de la Volga, qui d’où ils sont, ont dû être bien surpris de cette nouvelle version. Gageons que Chaliapine se serait étranglé d’indignation à moins qu’il n’ait eu beaucoup d’humour !

Notre groupe français s’en tire avec les honneurs : leurs danses en costume bien répétées sont au point et les chants ont un bel ensemble qui nous a fait chaud au coeur… Vive la France… et les patates frites ! comme disaient les  "djeunes"de mon temps.

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