Lundi 17

C’est un brunch qui est proposé ce matin jusqu’à 12.30 h au lieu du breakfast habituel. J’ai décidé de rester à bord et de faire l’impasse sur Saratov, trop industrielle. Il pleut des cordes, Ste Claire invoquée est sûrement occupée ailleurs. Cette pluie est une bénédiction pour la région qui n’a pas été arrosée depuis plusieurs mois. J’ai pu me brancher et répondre aux messages importants de la famille. Un couple est venu s’installer près de moi et la conversation s’engage. Comment en est-on venu à parler de Kravchenko et de son livre « J’ai choisi la liberté » que j’ai lu quand j’avais 15 ans et que m’avait prêté une camarade de collège ? Ils ne connaissent pas mais Google qui sait tout leur apprend que le livre est sorti en 1946 à New York où l’auteur avait pu se réfugier. Ils sont intéressés par le témoignage de cette époque d’un transfuge qui a réussi à quitter l’URSS et ils veulent le commander.

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Du coup, je ne suis pas allée à la piscine comme je l’avais prévu…

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Le salon s’est rempli d’un coup et je me souviens qu’une présentation des traditions du thé russe était proposée à cet instant. J’avais bien remarqué un samovar posé sur une table ronde à l’entrée du salon, mais je n’y avais pas prêté attention. J’ai « écouté ailleurs » pendant la présentation, trop occupée à lire mon courriel tant que la wi-fi est opérationnelle. Car autant lorsque le bateau passe près d’une ville, la connexion est aisée, mais lorsqu’il longe des rivages déserts, il n’y a plus rien. De plus, il faut se trouver dans le périmètre du salon et seulement là pour pouvoir obtenir Internet. Je n’ai donc rien entendu et le salon s’est vidé…  

Un quart d’heure plus tard, Hélène est montée me chercher : « Viens, en bas c’est la fête ! ». En effet, dans la salle du restaurant, des danseuses en costume traditionnel et deux musiciens, un accordéoniste et un joueur de balalaïka animent l’ambiance. Sur la table, deux verres de vodka, la blanche et une ambrée qui est parfumée au balsame. Andrej notre gentil serveur au sourire dissymétrique apporte des crêpes et de quoi se caler l’estomac après avoir fait cul sec (photo à l’appui). Le thé brûlant sort-il d’un samovar ? Nos amies qui ont une longue pratique de la Russie affirment que la bouilloire électrique l’a depuis longtemps remplacé dans les familles et que le samovar, s’il y en a un dans la maison, est devenu un objet décoratif. 

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J’aurais pu rater un bel instant de vie si j’étais restée à wi-fiter !

Catherine ajoute : Pour ma part, le samovar est encore très utilisé dans les campagnes, électrique bien sûr. Dans toutes les datchas ou je suis allée, il y avait un samovar, qui en plus d’être décoratif, fonctionnait. Ma famille russe, maman et moi utilisons un samovar.

Mais la journée n’est pas finie ! Le cours de russe nous attend où, après avoir appris les lettres cyrilliques et les chiffres, il va falloir déchiffrer des mots et en trouver la signification… Pour ma part, je sais que mon cerveau n’est plus capable d’absorber de telles difficultés d’apprentissage… mais je vais tenter de les mémoriser, comme je l’ai fait pour l’alphabet phonétique Alpha, Bravo, Charlie, Delta… Ca entretient les neurones et je prendrai cela comme un défi à relever, même si je n’aurai jamais à m’en servir.

On a élu hier soir le couple de la croisière et j’y ai été premier juré, un juré indulgent qui a presque toujours noté 5 pour ne décourager personne. Quatre couples se sont présentés, dont deux ménages qui ont décidé d’intervertir l’ordre des facteurs : les époux d’un côté, les épouses de l’autre… Les épreuves donnent dans le burlesque, et je suis stupéfaite de voir des Australiens auxquels j’ai parlé plusieurs fois danser le be-bop avec tant de souplesse ! Aux deux hommes a été attribuée la lambada, et les voir se tortiller vaut son pesant de cacahuètes.. Puis il a été demandé à tous de mimer un couple célèbre (tiré au sort) qu’ils doivent faire deviner sans prononcer un mot. Tous ont passé l’épreuve avec succès et tout cela finit encore comme chez Jacques Martin : tout le monde a gagné !

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