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En grand secret Nina a fait passer le message : Frédérique d’Est-Capade de Moscou lui a offert pour notre groupe deux bouteilles de champagne russe que nous allons siroter ce soir à la piscine du bord, et Maria la responsable des excursions de la compagnie sera des nôtres. J’aurais aimé pouvoir décoller les étiquettes de ce champagne russe, mais une nuit de bain dans le lavabo n’en est pas venue à bout. La colle utilisée n’est pas sensible à l’eau...

Oulianov a déroulé pour nous dans la nuit tombée ses rubans de lumières. Non ! ce n’est pas Lénine ressuscité, mais la ville à laquelle son nom a été donné.  Maintenant, elle a retrouvé son nom de Simbbirsk (Jocelyne)  

Dimanche 16

Samara. La guide est très fière de son musée dont elle dit qu’il est classé numéro un en Russie. Oublierait-elle l’Ermitage de St Petersbourg ?

Pour y entrer, il faut aller chercher le passage piéton et remonter sur l’autre trottoir. J’avoue avoir pris un raccourci : entre  le feu et le passage protégé, il y a un espace de cinq mètres marqué d’un « stop » devant lequel les voitures s’arrêtent impérativement. C’est sur cet espace que j’ai traversé me mettant en tort en cas de pépin… mais j’ai depuis vu des autochtones faire de même et je me sens plus à l’aise d’avoir contrevenu aux règles de la loi.

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Il n’y a que des peintres russes et les œuvres semblent de grande qualité (pourquoi seraient-elles là si elles ne l’étaient pas ?). Une grande toile attire mon regard : un cavalier porte un uniforme de l’armée française. Je me suis approchée et il s’agit d’Albert 1er roi des Belges qui, durant la première guerre fut appelé le roi-soldat. Je l’ai pris en photo à l’intention de Bernard, le Wallon de la famille. D’autres toiles m’ont réellement touchée par la finesse de l’exécution, ou par leurs teintes. L’une des peintures est incontestablement de l’époque soviétique : des moissonneuses travaillent à la main et lient des gerbes avec soin tandis que la babouchka s'occupe d'un enfant.  La visite se termine par les salles où sont exposées les œuvres d’avant-garde.  

P1140497Il y a eu ici une église catholique, construite en briques rouges DSCN0092et pierres blanches, les couleurs de la ville de Samara. Elle est à présent luthérienne. La fusée Soyouz à bord de laquelle Youri Gagarine a réalisé son exploit a été fabriquée ici, et sa réplique est sur une éminence près de la place de la Gloire. Un homme d’acier est juché sur une haute stèle et brandit deux ailes d’avion. La Volga, tout en bas, se pare du bleu du ciel : Ste Claire nous a entendues, et Hélène n’a pas en vain mangé son œuf dur chaque matin…

La coupe du monde est arrivée jusqu’ici puisque des matches y ont été disputés, et la mascotte est  restée à sa place.

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Nous sommes onze à avoir choisi l’option de la visite au bunker de Staline. Creusé de nuit dans le plus grand secret au point que les habitants des immeubles voisins ne soupçonnaient rien (ou fermaient les yeux pour ne rien voir et se bouchaient les oreilles pour ne rien entendre ?). Il est profond de 37 m, pouvait accueillir 115 personnes et être autonome 5 jours.  On y descend par un ascenseur qui est d’époque et fonctionne parfaitement, ou par des escaliers de 188 marches jusqu’au domaine de Staline qui comporte une grande pièce où un canapé et un bureau constituent le seul mobilier. Les murs semblent percés de trois fenêtres parce que le dictateur était claustrophobe. Le siège des toilettes adjacentes est-il recouvert d'un panneau afin qu'aucun visiteur ne soit tenté de laisser son adn sur place ?

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Le croirez-vous ? L'étoile de Staline a tant pâli que le touriste lambda peut se faire tirer le portrait assis au bureau du "petit père des peuples" le téléphone à l'oreille !

A côté, une vaste salle d’état-major meublée d’une longue table où des sièges devaient recevoir les hauts dignitaires, tandis qu’une autre table était prévue pour quatre sténographes  assises le dos tourné afin qu’elles ne puissent voir les visages des visiteurs qu’elles ne devaient pas chercher à identifier...

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Aucune preuve n’existe que Staline y soit venu et le bunker n’a jamais servi en tant que tel. Cependant, sa fille tant aimée Svetlana vivait à Samara où il venait souvent la voir. Il est plus que probable qu’il a visité pour contrôler l’endroit censé le garder en vie, lui qui était si méfiant et ne faisait confiance à personne !

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De retour à bord, nous avons pu visiter la salle des machines. Et tout de suite après « les filles », nos voisines Jacqueline et Jocelyne, nous invitent chez elles avant le dîner pour une dégustation de vodka agrémentée de saucisson sec et de fromage qu’Hélène a rapporté du marché. La technique : boire cul sec son verre de vodka, manger du salé aussitôt après et recommencer…

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