Mélancolie active

Mélancolie active

Aquarelle de Luigi Zucchero

 Espérant ne pas plomber un peu plus l'ambiance, je vous propose le devoir d'étoffe, (intégrer la citation suivante dans votre texte). Extrait d'une lettre de Vincent Van Gogh. (Lettres à son frère Théo de Vincent Van Gogh)

"Au lieu donc de me laisser aller au désespoir, j'ai pris le parti de mélancolie active pour autant que j'avais la puissance d'activité, ou en d'autres termes j'ai préféré la mélancolie qui espère et qui aspire et qui cherche à celle qui, morne et stagnante, désespère."

Ne stagnez pas ! Rendez-vous lundi.

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Que fais-je ici dans ce petit matin brumeux d’hiver ?

Un coup de fil d’Antoine m’a sortie du lit dù, après des heures d’insomnie, j’avais fini par m’assoupir… D’abord furieuse, (je n’aime pas me lever tôt) j’ai vite compris qu’il avait impérativement besoin de moi : sa voiture a refusé de démarrer et il devait conduire à l’aéroport son épouse Geneviève, seule sélectionnée parmi de nombreux postulants pour suivre à Amsterdam un stage au prestigieux Van Gogh Museum. J’ai pris des risques en parcourant la distance qui sépare nos demeures à une vitesse excessive, mais le temps pressait… Pas question que Geneviève rate l’avion !

J’ai préféré laisser Antoine conduire seul jusqu’à Roissy et rester dans la tiédeur du salon qui sent encore le feu de bois allumé la veille.

M’approchant de la vaste baie qui s’ouvre sur la rivière, je me remplis les yeux du décor hivernal digne d’une aquarelle de Zucchero qui s’étend devant moi.

Notre campagne est si belle ! Bien sûr, le corolaire est que nous sommes loin de tout, un village rural ne peut offrir plus qu’il ne possède… Mais en revanche, quel silence, quelle  quiétude… comme si le temps est suspendu…

Un livre est posé sur le sofa où je me suis étendue, et j’en lis le titre sans surprise : Lettres à son frère Théo, par Vincent van Gogh !

Ainsi, visiblement, Antoine a voulu s’imprégner et mieux connaître le peintre, ce Néerlandais qui avait choisi de finir son œuvre en France, à Auvers sur Oise.

Un signet marque la dernière page qu’Antoine a lue avant de refermer le livre, et j’essaie de comprendre le sens de la phrase que j’ai sous les yeux :

"Au lieu donc de me laisser aller au désespoir, j'ai pris le parti de mélancolie active pour autant que j'avais la puissance d'activité, ou en d'autres termes j'ai préféré la mélancolie qui espère et qui aspire et qui cherche à celle qui, morne et stagnante, désespère."

J’ai refermé l’ouvrage et me suis assoupie jusqu’au retour d’Antoine et Geneviève.

Je n'ai pas été inspirée cette semaine qui a aussi été pleine d'activités; c'est la raison pour laquelle je rends mon devoir en retard ! Aurai-je un zéro pointé par Lakévio ?

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Je vous emmènerai demain continuer notre croisière sur la Volga... si toutefois vous souhaitez me lire