Mon phare du Bout du Monde

Qui a envie de passer Noël sur une île déserte ou au bout du monde ?

Oui, non, peut-être ?... Pourquoi ?

 

Phare du bout du monde

Me voici tout juste débarquée de la navette qui, deux fois par mois, relie l’îlot désert ou presque de Northland du continent écossais. Sandy et Fergus ont accroché les couronnes de Noël aux fenêtres du cottage qui jouxte le phare de White Cliffs dont ils sont les gardiens, et les uniques habitants du lieu. J’avais immédiatement accepté leur invitation à partager avec eux Noël, malgré l'obligation de rester au moins deux semaines sur leur île, la navette qui les ravitaille et assure la maintenance du phare ne traverse que le 1er et le 15 de chaque mois

 C’est mon premier Noël en mer, et loin de tout. Ils m’ont prévenue : ce sera simple, pour ne pas dire austère ; en tout cas, ce sera frugal. Je n’ai pu résister, et ai glissé dans mes bagages quelques comestibles qui amélioreront l’ordinaire de ce réveillon insolite, et des bulles champenoises couronneront ce dîner du bout du monde…

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phare du bout du monde

Phare du bout du monde 2

Pourquoi tout à coup me suis-je retrouvée par la pensée dans l’île du canal de Beagle près de ce qui fut l’un des phares dits du bout du monde, tout au bout de l’Amérique du Sud, en cet endroit où se rejoignent deux océans, l’Atlantique et le Pacifique ? Car ils sont deux « phares du Bout du Monde »… trois même si on compte celui de La Rochelle (mis en service le 1er janvier 2000) qui est une réplique de celui que Jules Verne a placé dans son livre éponyme. Ce phare en bois construit en 1884, ne résista que quelques années aux rigueurs du climat et à la force des vents du Cap Horn, mais il a été récemment restauré à l'initiative d'un Rochelais. Est-ce pour cette raison qu’à Ushuaïa, on attribua le titre de « phare du Bout du Monde » à celui érigé en ses lieux ? Je l’ai peint d’après une photo que j’ai prise en 2003, au cours de mon premier séjour à Ushuaïa. A cette époque, nous ne savions pas que le « vrai » était très au large sur l’île des Etats…

 Noël en Patagonie où c’est l’été ne serait pas un vrai Noël…

Il me plaît bien, ce phare écossais de White Cliffs, malgré son air pataud  et sa lourde silhouette. Chaque nuit, il fait son travail consciencieusement, comme le ferait un plus grand : il guide les navires qui, sans lui, risqueraient de se fracasser sur les brisants de la côte rocheuse.

Décidément, ce Noël… je sens qu’il sera l’un des plus beaux de ma vie.

Le plus insolite sûrement !

Tabl 19 Le phare du Bout du Monde