Je pense, donc je suis

Je pense

Aquarelle d'Andrew Wyeth                            

Ce n'est pas à René Descartes, mais à Blaise Pascal, mon Auvergnat préféré, que j'emprunte cette jolie maxime que vous devrez caser dans votre devoir avec le sujet qui vous sied !

"Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie" (Pensées)

Vous penserez et vous serez là, lundi, j'espère !

La radio a annoncé une tempête de force 4 pour la soirée… Raison de plus pour venir sur les rochers de Pen Dû voir la mer s’agiter et laisser le vent ébouriffer mes cheveux. C’est plus fort que moi : j’adore la mer quand elle est en fureur (allusion au grand air des « Cloches de Corneville » une opérette de Robert Planquette qui faisait florès au cours des années 30 et que plus personne ne connaît de nos jours).

Donc, me voilà en bottes et ciré à guetter les vagues qui se fracassent sur le granit breton, éclaboussant la roche d’écume. Le vent a forci, mais n’a pas encore atteint le paroxysme prévu en début de nuit. Les chalutiers sont rentrés au port et chacun a amarré solidement tout ce qui peut donner prise au vent.

Les rochers bruns du Glazig qu’à marée basse on atteint facilement pour y cueillir moules et bigorneaux maintenant se recouvrent à chaque vague de mousse bouillonnante et les coquillages devront s’accrocher ferme pour ne pas être rejetés plus loin dans la baie ! Les berniques qui sont moulées à la roche ont tout prévu pour ne pas être arrachées de leur nid natal…  

Le vent s’est maintenant déchaîné et il est prudent de rentrer pour ne pas risquer d’être emportée dans cette mer familière où j’aime tant me plonger lorsqu’elle est calme. L’océan et moi, c’est une histoire d’amour qui durera  toujours, et même si j’aime le voir en colère lorsqu’il est déchaîné, je préfère l’admirer de loin…

Les grondements enflent, le vent siffle dans des hurlements de tempête, et le fracas des vagues devient énorme…  Pourquoi Pascal et ses « Pensées » me traversent-ils soudain l’esprit ?

 « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie »

 Si vous voulez mon avis, Pascal n’a jamais vu ni à plus forte raison entendu la tempête sur la mer, mais il a bien raison d’en être effrayé !

J’ai dû faire le dos rond et lutter contre le vent qui me poussait vers la maison à grands coups de boutoir sur les fesses…

 J’vous l’répète : j’adore la mer quand elle est en fureur !