Incipit... Excipit

1) Commencez impérativement votre devoir par la phrase suivante : "Voici l'heure où commence l'histoire de Germaine Malorthy, du bourg de Terninques, en Artois."(emprunt à Georges, sous le soleil de Satan).

 2) Terminez impérativement par la phrase suivante : "La nuit noire et le bruit assourdissant des criquets s'étendent de nouveau, maintenant, sur le jardin et la terrasse, tout autour de la maison." (emprunt à Alain et sa jalousie).

Entre les deux, casez ce que vous voulez.

Conduite de nuit

J'ai voulu m'inspirer d'une histoire qui m'est arrivée il y a quelques années sur une petite route au Nord de Nantes et qui est restée dans ma mémoire comme un très mauvais souvenir...

  « Voici l'heure où commence l'histoire de Germaine Malorthy, du bourg de Terninques, en Artois. »

Agacée par le ton monocorde de la femme qui lisait le livre de Bernanos, Jeanne tourna le bouton de son autoradio pour mieux se focaliser sur la route qu’elle devait suivre. La nuit était maintenant tombée et elle craignait de ne pas voir à  temps le panneau de la petite route sur la gauche qui la conduirait à la propriété que sa tante Anna venait d’acheter et qui, disait-elle serait son héritage…

Au détour d’un virage, Jeanne fut gênée par deux pinceaux lumineux puissants qui paraissaient avancer vers elle en l’éblouissant. Elle fit des appels de phare pour alerter l’automobiliste en face qui ne sembla pas comprendre puisqu’il continuait d’approcher sans réagir. Jeanne ralentit et pensa que la voiture était en panne puisqu’elle se rendit compte qu’elle n’avançait pas. Prudemment, elle serra sur sa droite et, à moins de cinq mètres des phares, réalisa qu’elle roulait sur la berme et finirait dans le fossé !

La voiture arrêtée se trouvait sur la partie opposée de la route sur laquelle elle aurait dû stopper ! Jeanne put l’éviter de justesse et dut s’arrêter quelques instants après, les genoux flageolants… Elle ne voulut pas retourner dans la nuit noire demander des explications à l’automobiliste fautif, mais attendit un peu avant de repartir, remettre la radio et écouter la suite du livre « Sous le Soleil de Satan » qu’elle n’avait jamais lu…

Tante Anna lui fit un accueil chaleureux et après le dîner qu’elle avait mitonné avec tant de plaisir, elles s’installèrent dans les fauteuils d’osier près du grand ormeau dans la tiédeur de cette fin d’été. Jeanne ne dit rien de la frayeur qu’elle venait de subir mais elle se souviendrait longtemps de cet accident auquel elle venait d’échapper…

La nuit noire et le bruit assourdissant des criquets s'étendent de nouveau, maintenant, sur le jardin et la terrasse, tout autour de la maison.