La Volga au fil de l’eau

de Moscou à Astrakhan

 

Samedi 8 septembre 2018

Whatsapp m’apprend qu’Hélène venue de Guadeloupe est déjà arrivée à Orly. Elle sera à Roissy avant nous.

La gare de Nantes est en pleins travaux, les sorties Nord et Sud sont un parcours du combattant insensé… Bravant l’interdiction, Flo stoppe sur un espace réservé aux taxis et tient à rouler ma valise jusqu’au hall. Une dame en chapeau campagnard me pose la question : « Etes-vos Madame M.. ? » et pense que c’est Hélène qui m’accompagne. C’est ainsi que je découvre Elisabeth avec laquelle je n’avais jusqu’alors échangé que quelques mails. Dès que la voie est affichée sur le tableau des départs, Florence nous quitte. Merci à elle. Je fais la connaissance de Claudette, Luc et Marie–Luc déjà installés dans le TGV. Nous sommes six et cinq autres personnes devraient nous rejoindre à l’aéroport pour que notre groupe de 11 soit complet.

Luc et un jeune homme, celui précisément qui nous a aidées à monter nos valises, ont le même siège ; nous pensons à un surbooking. Ils comparent leurs billets et le jeune homme réalise qu’il est dans le train de Marseille et non dans celui de Paris qui doit être déjà parti !

A Roissy, nous voilà devant un guichet de l’Aeroflot, près de celui où des pèlerins s’apprêtent à partir pour la Mecque dans l’enthousiasme étourdissant de leurs familles qui les accompagnent et les youyous des femmes qui montent crescendo.

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Hélène nous attend à l’autre guichet de l’Aeroflot, celui où nous devrons enregistrer. Nina a les passeports de ceux qui devraient nous rejoindre et elle s’inquiète en pensant qu’ils sont peut-être retardés par un imprévu. Nous sommes largement en avance et lorsque notre groupe de 11 est complet, nos pouvons enregistrer afin de se débarrasser des encombrants.

Des fish’n chips dans un troquet où le client attend avant d’être servi puis nous allons passer en salle d’embarquement dans les meilleures conditions puisque je suis une « assistée » en fauteuil roulant et cela me facilite grandement la vie. Souvent en pareil cas, les contrôles sont allégés, mais cette fois, la toute jeune fille qui me tâte, me retâte, passe sa main dans mon soutien-gorge, vérifie que je ne cache rien dans mon slip… fait du zèle… Avant de me lâcher, elle me fait asseoir afin de vérifier si je n’ai pas d’explosifs planqués sous ma semelle ! Comme De Gaulle qui ne voulait pas commencer une carrière de dictateur à 67 ans, je n’ai pas plus l’intention de commencer à 86 ans une carrière de terroriste… La vie m’est trop précieuse !

On a changé nos sièges ; je perds un hublot ; mais j’ai deux sièges en bordure d’allée, Hélène aussi, qui s’emmitoufle dans sa capuche pour réduire ses 7 heures de décalage horaire. Claudette est au hublot à côté de moi, et pendant que je m’attelle aux mots croisés, elle sudokute et dort alternativement. En me levant pour faire un petit footing dans l’allée, ma gomme a sauté. J’ai beau chercher, soulever ce qui est sur le siège vide entre nous deux, je ne la trouve pas. Quelque chose cependant attire mon regard : juste un bref éclair métallique : ce sont mes clés de maison qui ont glissé entre les 2 sièges, où elles seraient restées si je n’avais pas eu à chercher la gomme !

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Frédérique nous attend avec une pancarte « Annie S… et ses amis ». Elle  explique le programme qui sera modifié et inversé : Moscou célèbre demain son 871e anniversaire et, de plus, ce sont les élections municipales ; les rues seront barrées pour les manifestations et la Place Rouge inabordable ; on fera avec ou plutôt sans… elle nous accompagne jusqu’au bateau et repart avec le bus. Il y a une heure de décalage entre Moscou et l’heure d’été de Paris : nous devrons avancer les montres d’une heure. Le cours du rouble est avantageux pour nous : 79 = 1 €.