Petites annonces

Petites anonces

Tout juste rentrée de mon périple en Russie et l’œil à peine ouvert sur le journal du jour, je savoure le moka et les croissants de mon petit déjeuner… 

Quel choc ce matin ! Comme chaque jour, j’aime jeter un coup d’œil sur les petites annonces immobilières afin d’évaluer grosso modo la valeur du patrimoine que je laisserai à mes enfants, soit une maison ancienne dans un quartier résidentiel d’une grande ville de l’Ouest…

La photo du journal ne laisse aucun doute : la maison où ont vécu mes grands-parents (et avant eux la branche maternelle de Mamée Jeanne) dont l’oncle Henri avait racheté leur part à ses frères et sœurs est en vente ! Celui-ci a depuis longtemps rompu tout lien avec la famille et, n’ayant pas eu d’enfant, avait fait de sa filleule son héritière... Nous avions su par la presse que celle-ci avait disparu accidentellement, et nous, ses jeunes neveux et nièces, avions tenu à assister à la cérémonie et qui sait ? renouer le lien familial rompu. Quelle mouche avait donc piqué l’oncle Henri ? Il avait déclaré que nous n’étions que des rapaces à l’affût mais que nous en serions pour nos frais…

Il veut donc vendre la maison familiale sans en avoir parlé à quiconque et mon cœur saigne, car les souvenirs heureux des vacances où je retrouvais mes cousins et cousines remontent à ma mémoire. Je suis farouchement attachée à cette demeure, et ne suis pas la seule.

Une idée folle me traverse soudain : et si nous rachetions ensemble la propriété ? Nous sommes assez nombreux pour constituer une SCI et même s’il faut s’endetter, cela en vaut la peine. On sent que la maison n’a pas été entretenue comme elle aurait dû l’être (les briques apparaissent sur la façade Ouest) et il est précisé que le prix est à débattre…

Je décroche le téléphone et lis à Philippe, mon frère aîné ébahi, l’annonce immobilière parue dans Ouest-France de ce jour :

Affaire à saisir : dans la région nantaise, en bordure de la Sèvre, maison de caractère début XIXe en pierres et briques orientée plein Sud, toit d’ardoises, implantée dans un parc d’un hectare. Cinq chambres, salle à manger, salon, grande cuisine, deux salles de bain. Prévoir quelques travaux de rénovation. Prix à débattre.

Je suis confiante… la maison, notre maison, va revenir dans le giron familial !