Captain Bernie et son équipage (Hélène) dorment encore… En grignotant des fruits, j'ai le  regard attiré par le village qui se réveille, même si les bateaux des marins-pêcheurs sont déjà sortis.

Marguerite Duras raconte longuement les tribulations d’un diamant et de son crapaud, mais je me suis prise au jeu et lis sans déplaisir le déroulement du roman inspiré de la vie de sa mère « Le Barrage contre le Pacifique ».

Joan apprend à faire des noeuds marins... ça peut toujours servir !

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Un gros barracuda s’est mis à l’ombre sous le voilier et Maria qu’il effraie a peur de se mettre à ’eau. Imaginez un dinghy auquel je m’accroche, et que Bernard va traîner à la nage jusqu’au « jardin de plongée» et nous voici à pied d’œuvre.

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Les masques de plongée et les palmes vont nous permettre de découvrir les splendeurs du « petitj ardin ». L’eau est si claire que l’on pourrait croire que les fonds sont à portée de main alors qu’il y a quatre à cinq mètres de profondeur. Hélène plonge plus bas pour faire sortir les poissons des coraux. Tout au long de cette découverte j’ai été coachée par Antoine qui ne m’a pas lâchée (il n’y avait plus de palmes à ma pointure dans l’échantillonnage du bord) et il m’a déclaré qu’il ne pensait pas qu’un jour il tiendrait sa grand-mère au bout d’une laisse ! Il a aussi évoqué je ne sais plus quoi d’intergénérationnel… Puis nous avons fait dans l’eau le tour du bateau pour saluer le barracuda qui se déplaçait à mesure, et si j’ai fini par l’apercevoir, nous ne nous sommes pas salués.

Maria a vraiment très peur de se mettre à l’eau : cela tient peut-être à un souvenir oublié, d’une frayeur liée à l’eau ? De plus, la présence si proche du barracuda la paralyse, mais bravement, elle surmonte sa crainte et finit par descendre. Matthieu est dans le dinghy.Pendant que la jeune génération se détend, j’ai repris Duras et j’y consacrerai une grande partie de la journée. Après le déjeuner (encore du poisson ?) il va falloir songer au retour. Le vent a forci, la mer est hachée le bateau gîte fortement et il n’est pas facile à manoeuvrer. C’est tout de même rassurant de savoir que la quille pèse 3 tonnes ! Se faire tout petit et surtout ne pas gêner l’équipage dans ses déplacements. Les moussaillons tiennent le coup… pour le moment…

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Hélène a remis sa ligne à l’eau… et quelques secondes plus tard, une coryphène est prise ! Cette fois c’est une femelle et vidée, elle fait 4,700 kg. On les reconnaît à la forme du front qui est arrondi, alors que celui des mâles accuse un angle droit.

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Les enfants sont malades… et ils sont un peu effrayés de la mer qui nous a envoyé de gros paquets d’eau salée dans le dos.  Il faut faire très attention aux casiers mouillés par les professionnels pour la langouste et veiller à les éviter. Hélène est à la barre, tandis que Bernard attentif prévient ; « casier à 11 h » ou « à midi »

La nuit est tombée lorsque nous abordons près de la marina, après avoir plusieurs fois viré de bord.

Les bouées sont maintenant lumineuses dans la nuit noire, indiquant le chenal, et « la » pilote connaît la passe comme sa poche.

C’est une journée intense que nus venons de vivre. Hélène et Bernard semblent épuisés ; c’est un effort physique intense que de manœuvrer un bateau de cette taille : hisser ou amener les voiles ; mouliner les winches, aller et venir pour tout contrôler. Merci à vous de nous avoir fait ce cadeau !