La semaine dernière, la Bourlingueuse était en vadrouille

Jean, François et les autres...

Jean, François et les autres

-  Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Que peut-elle bien faire encore au-dehors, dans ce noir ?" Emprunt à Jean et sa divine Ondine.

- Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Elle farda ses joues et ses lèvres, avec minutie; puis, ayant gagné la rue, marcha au hasard." Emprunt à François et sa Thérèse D.

Que peut-elle bien faire encore au dehors, dans ce noir ?

La soirée avait cependant si bien commencé ! Jean lui avait promis de lui consacrer tout son temps et elle n’avait aucune raison de douter de lui. Ils s’aimaient et avaient des projets de vie commune dans l’avenir… quand la situation se serait éclaircie. Ondine n’avait pas une idée vraiment précise des difficultés que son bel amour semblait devoir surmonter avant de mettre leurs projets à exécution, mais elle attendait avec confiance…

Elle avait pour la circonstance revêtu sa petite robe noire, l’incontournable accessoire de la femme distinguée selon les critères des rédactrices de mode du journal ELLE, l’incontestable arbitre des élégances, que chouchoutaient les grands couturiers.

Jean aimait cette robe dont le décolleté était assagi par un plastron blanc qui en atténuait l’audace, mais dont les fines bretelles mettaient en valeur la chair pulpée et la peau dorée d’Ondine. Elle se sentait belle, sûre d’elle et elle avait fait une entrée remarquée au bras de Jean, l’homme de sa vie, et avait savouré l’instant.

Le champagne coulait à flots et elle n’avait pas compté combien de flûtes lui avaient été présentées qu’elle n’avait pas refusées. Elle avait retrouvé avec plaisir des amis perdus de vue, tandis que Jean avait rejoint un autre groupe au pied du grand escalier qui menait au vaste salon où serait servi le dîner.

C’est en se rendant aux toilettes qu’elle se perdit dans le dédale des galeries. Elle prit son temps pour observer les toiles peintes accrochées aux murs dont certaines avaient des signatures prestigieuses. Poursuivant la découverte des lieux, elle regretta de n’avoir pas emporté sa petite caméra pour garder un souvenir précis du décor de ce somptueux hôtel particulier, propriété d’un  ami de Jean… homme d’affaires richissime.

Quel diable l’avait poussée à ouvrir cette porte ? Ce que vit Ondine la glaça ; elle réprima un cri, mais Jean sut immédiatement qu’elle n’accepterait jamais la situation dont il était prisonnier et de laquelle il n’arrivait pas à se délivrer. Il la laissa refermer la porte sans tenter de la retenir.

Ondine, elle, courut à perdre haleine dans les fastueuses galeries et elle finit par se retrouver où elle voulait aller. Le miroir lui offrit le reflet de son visage exsangue et crispé. Elle farda ses joues et ses lèvres, avec minutie, puis, ayant gagné la rue, marcha au hasard… ses chaussures à la main.