Les redwoods

Vendredi 18 aout

Ce jour est la Ste Hélène, que toute la famille a célébré avant moi, mais j’ai la bonne excuse des 9 heures de décalage horaire ! 

Beaucoup de travaux sur la route qui obligent à une circulation alternée et qui font perdre du temps, même si aujourd’hui nous n’aurons pas à parcourir une longue distance jusqu’à Humboldt Redwoods Park.

JY a brusquement tourné à gauche… et soudain, je reconnais les lieux : nous sommes au Drive Thru où un gigantesque arbre évidé permet le passage d’une voiture, à condition de n’être pas trop large ! L’une d’entre celles qui nous suit fait des bruits métalliques qui ne trompent pas : c’est sa carrosserie qui trinque ! le conducteur a préféré reculer, et JY me permet de réaliser la même photo qu’il y a dix ans, lors de ma première visite avec Joyce ma Texane…

Il m’avoue être venu ici par le plus grand des hasards, juste pour faire de l’essence !

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Heureuse idée !

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L’arbre est le même : il s’appelle toujours le Chandelier et atteint 96 m de hauteur ; la seule qui ait changé est devant l’objectif !

Quelques miles encore dans un décor de plus en plus couvert d’arbres géants, et le camping du Humboltd Park est à nous : il faut d’abord choisir son emplacement et ensuite prévenir l’administration de notre choix. Pour nous, ce sera le 29, où, comme partout ici, il y a une boîte à ours, ou plutôt une boîte à déchets que les ours ne peuvent ouvrir. Avant toute chose, il faut monter la tente qui n’est pas, comme je l’avais pensé, une Quechua qui se monte seule, mais celle-ci a l’avantage d’être ultra-légère. Elle n’a jamais été utilisée ailleurs qu’en Amérique du Nord…

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Un éclair bleu traverse sous mes yeux… mais l’oiseau a filé comme une flèche.

Il nous a été bien recommandé de n’utiliser aucun produit odorant, quel qu’il soit, afin de ne pas attirer les ours, et de tout ranger dans le coffre de sécurité prévu à cet effet. Or les anti-moustiques dont nous nous sommes enduits sentent bon la citronnelle. Question existentielle : les ours l’aiment-ils ?

Ses parents ont convaincu Coccinelle de les accompagner pour une randonnée pédestre dans la nature. J’ai préféré rester au camp avancer ce journal. .. et tirer ma flemme. J’ai en vain guetté l’oiseau bleu avec l’objectif en alerte, mais s’il est revenu, il s’est fait discret ! Nos randonneurs ont vu des biches qui se sont laissé approcher et Illinca est ravie de cette rencontre.

Bientôt 6 h, il est temps de rechercher de quoi se sustenter (les Américains dînent tôt). Un soliste donnera un récital de flûte indienne à 8 h près de l’accueil et nous aimerions l’entendre.. L’allée des Géants porte bien son nom ; nous passons entre d’immenses fûts dont on ne peut voir le sommet, alignés comme à la parade.

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Le premier village croisé Redcrest 112 habitants, a bien quelques restaurants (3 tout au plus,) mais ils sont fermés. Un groupe d’autochtones nous indique qu’à 5 miles, nous en trouverons un. C’est à Miranda ; l’endroit est propret et l’accueil chaleureux. Rien à voir avec quelques bouibouis que j’ai eu à fréquenter dans cette Amérique profonde. Pourquoi me suis-je laissé tenter par des strips de poulet et des french fries ? Allez savoir !  Nous avons cependant goûté à la soupe délicieuse destinée à Lili et Coccinelle. L’eau nous a été servie sans glaçons (une rareté !) et nous n’avons pu résister à l’offre du jus d’orange fraîchement pressée Qui a parlé de pizza ? Au vu de l’importance de l’écart des mains de notre serveuse qui mime la taille desdites, JY juge que la medium devrait suffire… et lorsqu’elle arrive, toute chaude, on peut dire que pour un médium, c’est la dimension XXL. Rassasiée par mon plat que j’ai eu du mal à finir, je fais l’impasse sur la pizza qui sera notre dîner de demain soir… Rien de se perd. La jeune femme explique qu’elle est originaire d’un endroit à 70 km qui est actuellement sous le risque d’incendies de forêts dont les fumées parviennent jusqu’ici : c’est donc la raison de ce que nous avions pris pour des brumes d’automne… Elle adore vivre ici.

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Un colibri a voleté dans un buisson de fleurs juste sous nos yeux : c’est une première pour Lili et JY qui ne connaissent pas (pas encore. ?) les Antilles !

Le joueur de flûte n’est pas un naturel indien. Il est « tombé dedans » en rencontrant une virtuose célèbre qui lui a donné l’envie d’apprendre à jouer et qu’il a retrouvée par a suite.

JY a réalisé un cliché du ciel étoilé en laissant ouvert son objectif. Pas de doute, le ciel tourne, nous en avons la preuve… ou bien est-ce notre Terre qui pivote ? Dans son temps, Galilée a dû abjurer pour l’avoir assuré !

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Il reste au boss à préparer la voiture et rabattre les sièges afin d’y installer le matelas gonflable sur lequel je vais dormir. Illinca préfère rester avec ses parents sous la tente. Un flash… et voilà immortalisé l’instant où j’entame à nouveau ma vie de campeuse, que je croyais révolue depuis la Patagonie en 2003.

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En me couchant, je pense à tout le liquide que j’ai absorbé et sens que la nuit sera rude… Comme j’ai eu raison ! Je n’arrive pas à trouver le sommeil et l’idée d’avoir à surmonter toute cette complication que mes articulations rouillées n’acceptent plus me tient éveillée… Trois fois dans la nuit, j’ai dû sortir et courir (enfin courir… n’exagérons pas tout de même) jusqu’aux toilettes toutes proches. Le plus difficile pour moi  a été d’atteindre la porte automatique, après avoir déverrouillé les serrures, il m’a fallu allonger le bras très loin pour accéder à la poignée et sortir enfin de la voiture.  Ce n’est que le lendemain que JY me confiera la clé qui ouvre la porte automatiquement… ce qui aurait considérablement simplifié mes déplacements nocturnes… tout ça parce que nul d’entre nous n’y avait pensé !