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La Chinatown de San Francisco est, après celle de New York, la plus grande ville chinoise hors d’Asie. Les premiers arrivants sont venus de Chine à la fin du XIXe siècle pour construire le chemin de fer, et leurs descendants vivent ici en gardant leurs spécificités. Beaucoup d’anciens ne parlent pas l’anglais. Ainsi Ping, la bru de mon amie Joyce de Dallas vient d’ici ; ses parents ne parlaient que le chinois. Ils avaient au départ une blanchisserie, puis en ont eu deux… puis plusieurs autres… Lorsque Ping a épousé Scott (celui qui travaille dans la Silicon Valley) elle a eu en dot 4.000.000 de dollars ! Vous avez bien lu : 4 millions… Est-ce la raison pour laquelle, malgré sa petite taille, elle me regarde de haut ? Elle a pourtant couché dans mon lit pendant la semaine où j’ai hébergé la famille qui est arrivée à huit personnes en 2012.

Fin de mes règlements de compte… et cap sur Chinatown, dont la porte aux tuiles vernissées vertes est la plus sobre de celles que je connais.

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Notre flânerie nous mène jusqu’au restaurant fameux, le Cathay House où, avant nous, est venu notre ami Bill Clinton, ainsi que l’attestent des photos accrochées à l’entrée. L’établissement est accroché sur une rue en pente telle qu’en 10 mètres, elle nous mène au premier étage, mais n’empêche pas le trafic des cable cars ! JY surprend au passage la grimace qu’un serveur fait au patron qui lui indique notre table. Il fait visiblement partie d’un personnel handicapé qui travaille et trouve ainsi sa place ici. Toujours fidèle à ses convictions, Lili ne déroge pas à son régime végétarien, toutefois amélioré de scallops (coquilles st jacques), Illinca préfère les pâtes tandis que JY et moi sacrifions avec délices au porc caramélisé.

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Les boutiques sont des cavernes d’Ali Baba où l’on trouve tout et n’importe quoi… surtout du n’importe quoi, mais quels fous-rires  lorsque Coccinelle et JY se coiffent de galures extravagants made in China !

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Il y a aussi de vrais ( ?) chefs-d’œuvre en (faux ?) ivoire, dont l’élégance et la finesse de taille sont un régal pour les yeux, et de la soie au kilomètre.  De grosses géodes d’améthystes coupées en deux reposent à terre, offertes à l’envie de collectionneurs. Mais il y a aussi les bijoutiers qui exposent leur joaillerie à bas prix : leurs pierres recèlent probablement des « crapauds » peu visibles aux yeux des néophytes qui les achèteront en croyant faire une bonne affaire ! Bouddha est ici ventru et hilare… et il suffit de lui caresser le ventre pour avoir de la chance.

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Mon sac à dos est fatigué : nous avons tant bourlingué et fait ensemble le tout du monde et je ne parviens pas à m’en débarrasser. Je flashe sur une besace de toile imprimée du plan de San Francisco, et le vieil homme qui le vend a bien du mal à s’exprimer en anglais : le langage des signes étant universel, ainsi que les chiffres du prix de l’étiquette, le marché est vite conclu sans que j’aie marchandé !

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Une carte Sim m’est indispensable pour garder le contact avec la famille par Whatsapp et appeler en cas de besoin. C’est chose faite dans un magasin comme il y en a des dizaines dans le coin. Ce n’est que le soir que je m’apercevrai qu’il y a un lézard que JY devra règler par téléphone.

Bien entendu, un voyage en cable-car est au programme, mais ce sera pour demain. Ces tramways tintinnabulants ont bien failli disparaître au profit de moyens de transport moins archaïques, mais les habitants de San Francisco ont obtenu leur maintien et tout le monde en raffole ! Ils sont conduits par des costauds (gripmen) qui ont pour mission d’actionner une sorte de levier-tenaille pour avancer ou stopper la voiture. Un câble sans fin court dans une gorge entre les rails sous la chaussée, et il faut serrer ou desserrer la tenaille pour maîtriser le véhicule, et croyez-moi, c’est un travail de force !