Je suis née au Faouët, et la plupart de mes ancêtres viennent de Querrien, qui parfois épousaient des "étrangères" de la paroisse de Lanvénégen. Ces trois villages entrent dans un triangle de 5/6 km de côté.

Il m'est revenu en mémoire une histoire abracadabrantesque qui s'est passée dans les années 1950 et qui a fait l'objet d'un film de FR 3 diffusé en mai 2012.

Je vais vous communiquer ce que j'ai retrouvé sur Internet concernant cette affaire étonnante. Vous me suivez ? Ca ne durera que trois ou quatre épisodes...

Une fois n’est pas coutume, Le Blog documentaire vous propose ici un regard sur un film qui a été diffusé sur France 3 le lundi 28 mai 2012 à 00h30. Un Village sans dimanche, c’est son titre, relate un « conflit exemplaire entre la République et le Clergé » dans une mairie socialiste au sortir de la Seconde guerre mondiale. Le film a été réalisé par Philippe Baron et Corinne Jacob, produit par Vivement lundi !. L’article qui suit est signé Jean-Marc Huitorel.

Un Village sans dimanche relate un pan de vie locale d’après-guerre sur fond de conflit idéologique. Le film, cosigné, est le fruit d’une collaboration entre Philippe Baron et Corinne Jacob. Le premier est un documentariste expérimenté ; la seconde, d’une certaine manière, appartient à l’histoire qu’évoque ce 52’. Petite-fille de l’une des protagonistes des événements qui ont secoué un village morbihannais, à quelques kilomètres au sud-ouest du Faouët, elle endosse ici la responsabilité de témoin en ce qu’elle a pu recueillir l’histoire de la bouche même de ceux qui l’ont vécue.

En 1947, Yvonne Hellou, tailleuse d’habits au bourg de Lanvénégen, profitant du récent droit de vote et d’éligibilité accordé aux femmes, se présente aux élections municipales sur la liste de gauche conduite par l’instituteur laïc, Jean Cadic. Elle n’est pas élue mais accepte cependant de faire partie du bureau de bienfaisance, ancêtre du bureau d’aide sociale. Si, comme la plupart des communes bretonnes Lanvénégen se partage entre « rouges » et « blancs », tout le monde ou presque fréquente l’église, au moins à l’occasion des sacrements dont pas un n’envisagerait de se passer. Yvonne Hellou, quant à elle, n’a pas à se forcer : elle allie en effet une solide foi catholique à une véritable fibre sociale. Faire le bien, aider son prochain, voilà son credo chrétien et… socialiste.

Dans un contexte nourri de rancœurs et de tensions que la loi de 1905 (séparation des églises et de l’état) et surtout l’inventaire des biens du clergé de 1906, avaient exacerbées, le nouveau maire décide d’augmenter sensiblement le loyer du pré où le curé fait paître deux ou trois vaches. Début des hostilités. L’évêché de Vannes réagit et le 6 novembre 1949, le vicaire général se rend à Lanvénégen pour déclarer en chaire, devant un parterre de fidèles qui ne savent pas encore très bien ce qui leur arrive : « Je viens vous annoncer la sanction la plus grave qu’on puisse prendre contre une paroisse : l’interdit ! (…) Le culte et toutes les cérémonies sont suspendues ». Concrètement cela signifie que l’église et les chapelles sont fermées, que les prêtres font leurs valises et que désormais baptêmes, communions, mariages et enterrements devront se célébrer dans les paroisses voisines.

La suite à demain