Violettes

Jeannette est revenue toute excitée du jardin, tenant quelques violettes dans ses petites mains serrées…

Vite ! je voudrais les mettre dans de l’eau pour les rapporter à Maman. Faute de vase assez petit, je lui ai trouvé un verre côtelé en véritable « cristal de moutarde » qui fera l’affaire jusqu’à l’heure du retour.

Ma nièce est heureuse… elle respire les fleurs dont elle est sûre qu’elles sentent délicieusement.

Ces violettes, dont j’ai acheté six godets il y a près de vingt ans chez Truffaut se sont multipliées, ont colonisé le jardin et se sont répandues jusque dans les interstices des vieux murs de granit qui cernent la pelouse qu’elles ont aussi envahie. 

Plus tard dans la soirée, ma sœur me passe un coup de fil pour commenter les événements de ce jour électoral, et avant de raccrocher, me dit tout le plaisir qu’elle a eu d’avoir ce petit bouquet de violettes qui sent si bon…

Elle n’est pas la première à imaginer des fragrances toulousaines à mes violettes de chez Truffaut : car la vérité est amère…

Mes violettes ne sentent RIEN !

Rien de rien !