Ainsi que chaque lundi, je rends mon devoir à lakevio.canalblog.com qui soumet une image sur laquelkle les blogueurs peuvent broder...

Sur les marches

Sur les marches

 Lasse d’attendre sa mère en retard comme toujours, Meredith s’est assise sur les marches de la bibliothèque de son université.

Eleanor sa « mum » ne fait pas exprès d’arriver après l’heure… Elle ne sait pas gérer son temps, c’est aussi simple que cela : lorsqu’elle doit prévoir un trajet par exemple, elle opte toujours pour le temps le plus court, sans tenir compte des encombrements et des embarras de circulation pourtant prévisibles selon les heures de la journée.

Comme on ne refera pas Eleanor, autant prendre la chose avec philosophie et surtout sans impatience…

Le livre qu’elle vient d’emprunter est dans sa valisette posée à son côté, celle que son ami français Philippe appelle un « baise-en-ville », ce qui fait rire Meredith aux éclats, car il lui a expliqué les origines de cette appellation un brin coquine.

Pour passer le temps, elle pourrait commencer la lecture du gros pavé qu’elle a décidé d’étudier, mais il lui faut être au calme afin d’entreprendre ce gros travail de recherches pour la thèse qu’elle doit soutenir dans quelques mois. Pas de crosswords sous la main pour tromper l’attente… Que faire ?

Son regard est alors attiré par un groupe de vieilles ladies qui, groupées un peu plus loin sur l’avenue, semblent sorties d’un catalogue old fashion : des teintes pastel et beaucoup de dentelles habillent ces vénérables grannies dont les sacs à main doit recéler des trésors venus de l’autre siècle… Des bibis tarabiscotés coiffent leurs cheveux bleu azur mais leurs yeux au regard vif ont gardé l’éclat de la jeunesse. Elles s’exclament, s’esclaffent et semblent passer un bon molment avant que des taxis ne les emportent l’une après l’autre. Meredith est songeuse : comment sera-t-elle à l’aube de ses quatre vingts ans, si toutefois elle les atteint ?

Des coureurs à pied (on ne parle pas encore de joggeurs à cette époque des années 1950) soufflent en mesure de leur foulée et leur silhouette athlétique retient son attention... juste un instant.

Un jeune promeneur de chiens, vraisemblablement un étudiant, a bien du mal à canaliser les cinq animaux dont les laisses s’emmêlent mais comme il sait leur parler, la promenade se poursuit sans trop d’embarras, d’autant plus que le regard des chiens se pose sur leur compagnon de sortie avec une connivence infinie !

Des voitures longues comme pouvaient l’être les Buick, Chevrolet, Cadillac de cette époque, passent dans le bruit soyeux de leurs mécaniques bien rôdées, mais la Packard rose bonbon d’Eleanor se fait attendre…

Lorsque son ami Doug freine devant elle chevauchant sa Harley-Davidson, elle sait déjà que Mum ne trouvera personne devant la bibliothèque où elles avaient rendez-vous : Meredith est partie, assise sur le tansad de l’engin propulsé par un Douglas bien décidé à l’emmener vers les étoiles…

La prochaine fois, Eleanor arrivera-t-elle à temps ?