Voilà ! j'ai fait avec retard (je n'étais PAS DU TOUT inspirée) le devoir que nous propose Lakévio pour le lundi, et je vais mieux : encore quelques séquelles mais je reprendrai d'ici quelques jours le cours normal de la tenue du blog et j'irai prendre de leurs nouvelles chez les copinautes.

Dialogue de bêtes

Dialogue de bêtes

 

Sur le siège arrière de sa Bentley, Sir Edward caresse doucement la tête des deux chiots dont son ami Lord Shaffey vient de lui faire cadeau.

Les bloodhounds tout juste sevrés sont les fils de deux champions qui obtiennent les grands prix d’honneur à chaque concours international auquel leur maître les fait participer. Ils valent une fortune mais Lord Shaffey est au-dessus de ces détails et c’est avec élégance qu’il a offert à son ami les deux petits les plus vifs de la portée.

Ils se serrent l’un contre l’autre dans la corbeille que Sir Edward tient sur ses genoux, prêts à adorer cet humain qui leur parle si doucement. A l’arrivée à Northborough Manor, celui-ci confie la corbeille à James le majordome, qui les installe sur un coussin moelleux dans le petit salon-fumoir où une flambée éclaire d’une lumière dorée les murs où sont accrochées des toiles de scènes de chasse.

 

-- Je ne sais pas ce que tu en penses Moogli, mais je crois que nous n’avons pas perdu au change ; on va se payer une sacrée belle vie avec Sir Edward

Chez Lord Shaffey, nous étions dans le chenil, confortable, certes, avec notre « mommy » qui nous dorlotait, mais ici, vraiment c’est le top, que pourraient nous envier les corgis de notre Queen Elizabeth II !

 

Moon est bien d’accord et ils se frottent la truffe de contentement…

 

-- Et si nous allions explorer un peu plus loin près de la porte-fenêtre ?

 

C’est alors que les deux chiots découvrent une chatte lovée dans une bergère de velours vert qui les observe depuis un long moment. Amie ? ou ennemie ?   Pearl estla maîtresse des lieux et de son œil vert amande, elle observe avec curiosité ces intrus. A l’évidence, nulle hostilité dans le regard, et le dialogue devrait pouvoir s’entamer, si toutefois la chatte leur adresse la parole la première…

 

-- Bienvenue à Northborough Manor, mais sachez que nous aurons peu d’occasions de nous rencontrer à l’avenir, car ne croyez pas que vous allez longtemps vous faire cocooner ici au château.

 

-- Pourquoi ?

 

-- Mais parce que vous êtes des chiens de chasse et la place de la meute est dans le chenil avec les veneurs. Ne croyez pas que Lord Edward vous gardera dans son fumoir : il ne tolère que moi qu’il laisse s’installe sur ses genoux lorsqu’il lit The Times. Les jours de chasse à courre, vous devrez avec les autres poursuivre le renard et rentrer au chenil fourbus, crottés et boueux…

 

-- Je ne peux y croire dit Moon, Qu’en dis-tu Moogli ?

 

-- Grr… Et si on retournait d’où nous sommes venus ?

 

Dépités, la queue basse, Moogli et Moon reviennent lentement vers l’âtre près duquel est posé leur coussin, ils échangent un regard, se sont compris… et se soulagent sans états d’âme sur le somptueux tapis persan, un précieux Chiraz…

 

L’œil vert de la chatte s’est éclairé d’une lueur perfide : Pearl est enchantée… son mensonge, aussi gros fut-il, a parfaitement fonctionné et elle a réussi ce qu’elle voulait : que les envahisseurs se mettent en tort et cessent de plaire à Sir Edward  duquel Pearl tient à rester la favorite, la préférée.

 

A elle les caresses du maître… à eux leur vie de chiens !

 

Ah mais !