Demain lundi, j'aurai d'autres chats à fouetter et je risque d'oublier Lakévio : alors je prends un peu d'avance !

Bronzette sur la terrasse

Ah qu’il est doux de ne rien faire en se dorant au soleil !

Sur les planches de Deauville, la Promenade des Anglais à Nice ou sur la Croisette à Cannes, on ne parle plus que de cela : il FAUT avoir le teint hâlé pour être à la mode ! Ben oui… c’est nouveau… ça vient de sortir ! Pendant si longtemps, les élégantes ont protégé leur carnation sous des ombrelles afin d’en préserver la blancheur laiteuse… Seules les paysannes osaient montrer leur visage cuit et recuit qui prenait, quelle horreur ! des teintes de pruneau !

Puis est venue Gabrielle Chanel, dite Coco, coqueluche de la haute société qui n’était pas encore « branchée ». Fini tout ça ! Aujourd’hui en 1930, les blancheurs blafardes des bourgeoises sont  out,comme le dit Boy, son sweetheart. La grande couturière qui lance ses nouveautés dans le gotha avait subi un regrettable coup de soleil lors d’un séjour sur la Côte d’Azur qui l’avait fait revenir à Paris la peau dorée qui la rendait si belle que ses admirateurs (on ne disait pas encore les fans) adoptèrent illico son style de vie et sa bonne mine. De plus, tout le monde avait eu aussi un coup de cœur pour Joséphine Baker, et le bronzage était ainsi devenu une mode incontournable et un « must » social.

En ces années 1930, toute la gentry désormais profite du moindre rayon de soleil pour faire savoir au bon peuple des petites gens qu’elle passe son temps à ne rien faire d’autre que de se dorer la peau, mollement allongée sur des transatlantiques à la terrasse du Negresco, du Ritz ou du Carlton… en attendant de se faire servir les rafraîchissements. Le petit personnel est là pour son confort, quand ne rien faire est devenu un art de vivre, non ?