Louisiane vendue

Pour donner une idée de l’importance de la Louisiane que Napoléon a vendue en 1803, sachez qu’elle avait plus de 2 millions de km² de superficie ! Elle était plus grande que les Etats-Unis de l'époque.

La célèbre prohibition, établie de 1919 à1933 qui interdisait la vente de toute boisson contenant plus de 0,5° d'alcool, entraîna l'apparition d'une véritable industrie de distillation illégale et le développement de débits de boissons clandestins, les fameux speakeasies, ainsi dénommés d'après l'habitude qu'avaient les patrons des tripots de demander à leurs clients de parler doucement, afin de ne pas attirer l'attention de la police. Joseph Kennedy, le père de JFK, fit fortune dans le trafic d’alcool avant de s’acheter une conduite une fois devenu milliardaire.

Al Capone

L'argent coulait à flots et en grande partie, dans les poches des policiers et des politiciens véreux. Ainsi, on a pu voir dans la presse le chef de la police poser en photo avec Al Capone… Ce dernier avait pour avocat un certain Eddie O’Hare, le meilleur de sa profession, qui avait pu éviter à son patron bien des ennuis. Grassement payé, il finit par avoir des états d’âme en pensant à son fils à qui il voulait donner toutes les chances dans la vie. Pris de scrupules, il finit par témoigner contre Al Capone qui fut ainsi condamné, non pour ses crimes (qu’on ne put prouver) mais que l’on fit tomber pour… fraude fiscale !

Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, un jeune pilote, lieutenant sur un porte-avion dans le Pacifique, décolla en formation pour une mission avant de s’apercevoir que le réservoir de son bombardier n’avait pas été rempli par les mécanos, et qu’il allait vite manquer de carburant. Son chef lui ordonna alors de retourner au porte-avion, ce qu’il fit. Son sang se glaça lorsqu’il vit sous ses yeux une escadrille japonaise qui se dirigeait aussi vers le navire. Jouant le tout pour le tout, il attaqua, put abattre cinq avions ennemis, et fit ainsi fuir les rescapés, ce que confirma l’enregistrement de la caméra qui était à son bord. Il mourut en combat aérien un an plus tard à 29 ans et devint alors un héros national. Son nom a été donné à l’aéroport de Chicago où nous avons atterri hier. Aviez-vous deviné que Butch O’Hare était le fils d’Eddie, l’avocat d’Al Capone ?

Une balade à pied jusqu’au « Bean » de Millenium Park : imaginez un haricot géant, en forme de boule de mercure qui reflète en les déformant les gratte-ciel, les arbres du parc, le ciel, les nuages, et tous les admirateurs qui s’en approchent !  L’effet est magique ! C’est l’œuvre d’un artiste anglo-indien qui a imaginé cette goutte de mercure en acier poli et a fait un étonnant kaléidoscope qu’il a nommé Cloud Gate : la Porte des Nuages !

bean

J’ai longuement parlé à David notre chauffeur, qui m’a confié que son père était déjà David, et que son fils est aussi un David… Il est très élégant et ne porte pas ses 66 ans. Il sera en retraite l’an prochain et passera son temps à pêcher et chasser. Voyagera-t-il ? Il pouffe quand je lui pose la question tant ma question lui semble incongrue.

La sculpture noire et blanche intitulée "Le monument à la bête debout" de JeanDuBuffet est située devant le James R. Thompson Center dans le Loop. Cela me remet en mémoire que Leister m’y avait emmenée là il y a plus de vingt ans, absolument fasciné par cette œuvre que je ne parviens toujours pas à trouver harmonieuse. C’était quelques jours avant l’élection présidentielle et nous étions venus applaudir Bill Clinton qui, en tant que candidat, faisait à Chicago ce jour-là son dernier « run for President »

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Francette annonce qu’une enveloppe va circuler pour notre guide qui a bien récité sa leçon avant de nous laisser dans un centre commercial proche du quai d’où nous allons embarquer pour une croisière sur la rivière Chicago.

IMG_0201Nous voici au cœur de la ville où les gratte-ciel dominent les visiteurs qui sont à leurs pieds. LeIMG_0204s ponts de fer forgé qui enjambent la rivière laissent voir un trafic moins dense en ce dimanche après-midi. La gigantesque bâtisse qui apparaît sur notre droite est l’ancienne poste de Chicago. Il faut se souvenir que Sears était au début du XXe siècle un grand magasin dont le catalogue de vente par correspondance était diffusé dans tout le pays, et que l’épouse du farmer qui vivait au fin fond du Kentucky ou du Minnesota pouvait commander à Sears tout ce qui lui faisait envie, ou dont sa famille avait besoin. La Redoute ou Manufrance à l’échelle américaine en quelque sorte. Les milliers de colis qui partaient chaque jour de Chicago nécessitaient une structure postale à la hauteur des circonstances et c’est ainsi que fut construit l’énorme bâtiment où travaillait une armée de postiers.

 

 

 

 

 

 

 

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Au cours d’une réunion à laquelle assistait le patron de Sears, un architecte ouvrit un paquet de

IMG_0222cigarettes et en sortit quelques-unes pour les offrir autour de lui avant de le poser verticalement sur le bureau. Qui eut l’idée géniale d’y voir l’ébauche d’un immeuble avec des étages décalés de différentes hauteurs ? Quoi qu’il en soit, la Tour Sears doit son architecture insolite à ce paquet de cigarettes… Longtemps cette construction fut la plus haute du monde, détrônée depuis par 13 autres gratte-ciel. Ainsi passe la gloire du monde… Noyée dans la brume, on ne peut l'apercevoir.

Sears Willis towerC’est en 1992 qu’avec Lester Steinberg j’avais vu Chicago du haut de cette tour et

P1090078nous étions quasiment seuls derrière les vitres closes. Depuis, deux terrasses de verre ont été ouvertes qui permettent aux visiteurs de voir le pied de l’immeuble et les passants qui déambulent sur le trottoir… quand il n’y a pas de brume ! Mais aujourd’hui est un jour « sans » : je veux dire sans visibilité et chacun doit se contenter de prendre en photo les copains placés sur l’autre terrasse… 

La Bourse aux grains de Chicago définit le prix des céréales du monde entier. La Cérès qui regarde la ville du haut de son dôme n’a pas de visage.

Les immeubles-miroirs jouent à se refléter les uns dans les autres et le soleil s’insinue dans la moindre paroi vitrée avant de renvoyer sa lumière dans la paroi d’en face !

La soirée à l’Andy’s Jazz Club nous plongera dans le modern jazz : le verre de burgondy se déguste à 9 $, mais la serveuse revient rendre à chacune de nous quatre 1 dollar qu’elle juge avoir perçu en trop puisque la note indique que la gratuity (pourboire) est incluse. C’est bien la première fois que cela m’arrive, parce qu’il est plus fréquent que les serveurs « oublient » de rendre la monnaie.

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