3 octobre 1992

Arrivée de New York où j'ai laissé la famille, à l’aéroport de Los Angeles, je dors à l’Holiday Inn pour 50 $ dans un appartement avec entrée, lit king size et grande salle de bains.

 4 octobre

Dans l’avion, une très vieille dame noire habillée de rose fuschia et gris perle, coiffée d’un incroyable chapeau, me parle doucement et me glisse à l’oreille : “Je m’appelle Laura et j’ai 90 ans.” Elle va à Little Rock, et avant d’arriver à Dallas, le steward vient lui lire un message radio de ses enfants qui l’attendent.

Dallas – Scottie m’attend. Il est bon de retrouver son sourire sa cordialité, sa chaleureuse amitié et prime son terrible accent texan !

Il faut 55 mn pour aller jusqu’à Rockwall, en évitant le downtown de Dallas. Elle habite dans un “landing”, une propriété privée où chacun est propriétaire, mais gardée par un service de sécurité à l’entrée. Là encore, le ghetto plaqué or. L’une des premières maisons est censée être la réplique d’un château anglais : il faut oser, mais ici, on ose ! En face, un portique à colonnPetitees commande l’entrée de la copie d’une maison coloniale.Scan0009

la maison

Celle de Scottie est en briques, fonctionnelle, et le garage, qui prend toute la facade, avec porte électrique, abrite 3 voitures.

L’intérieur est douillet, très féminin, des rideaux juponnés, la même toile tendue sur les murs auxquels sont accrochées des aquarelles de différents châteaux de la Loire, et de Paris. Les moquettes épaisses et claires font de cette maison une vraie bonbonnière. Les chiens (des Lhassa) Sing et Song me font la fête. Le jardin derrière est tout petit, et c’estDepuis sa kitchen le domaine des chiens.

Toutes les portes et fenêtres sont munies de grillage fin pour se défendre des moustiques du lac proche. Sur la terrasse, on se croirait au bord de la mer, pendant que le crépuscule mauve- orangé illumine la maison.

Avant de se coucher, Scottie me propose un tour du “Chandler landing” avec sa voiture électrique. Nous croisons le service de sécurité en patrouille.

Contrairement à ma première impression, il y a beaucoup de familles avec enfants. C’est un endroit qui vit.

5 octobre 1992

Je flâne, mets de l’ordre dans ma valise et prépare un colis pour Nantes avec les cadeaux que j’ai achetés pour les uns et les autres.

Nous allons faire les courses parce que, ce soir, Jack, le boy-friend est invité à dîner à 6.00 pm. Il préfère le blanc sec avec la viande, est sympathique et pas beau... et à 7.30 pm, il est déjà parti ! Je crois Scottie quand elle me dit qu’ils sont seulement copains pour la danse, le concert, les sorties.

Ca ne l’empêche pas d’être “sizzling” (pétillante).

Joyce, sa sœur, arrive peu après, et me confirme ce que je sais déjà : le train, que seulement 1 % des Américains utilisent, est une bonne formule pour aller à Seattle, mais y dormir est ruineux : 220 $ la nuit (+/-202 € de 2015). Car une femme seule occupe la totalité du compartiment et paye les 4 couchettes ! Si on peut, à la rigueur, dormir une nuit sur le siège (il n’y a pas de banquettes), y passer deux ou trois nuits relèvent de la folie. Dont acte.

Je n'ai pas retrouvé les photos de cette première rencontre avec Joyce : elles sont dans une malle avec plusieurs centaines d'autres et je n'ai pas eu le courage d'aller fouiller !