Nous mettons le cap sur la petite ville de Circle, appelée ainsi par les premiers prospecteurs qui pensaient à tort être sur le Cercle Polaire, alors que celui-ci est 80 km plus haut.

Le pipe-line Trans-Alaska longe la route et les appareils photos se réveillent ! L’oléoduc semble en acier poli et son diamètre pourrait dépasser 1.40 m à l’intérieur duquel le pétrole brut est pulsé par des pales. Impossible de rester indifférent à ce monument de technique qui transporte l’or noir depuis le Nord du pays jusqu’à Anchorage. Des panneaux sensibilisent le visiteur à la faune sauvage qu’il risque de déranger, mais ils renseignent aussi sur les difficultés techniques qu’ont dû surmonter les concepteurs du pipe-line : les tremblements de terre mettent en péril l’intégrité de l’oléoduc et les risques de rupture ont dû être pris en compte et la disposition en zig-zag a été adoptée. De plus, la chaleur du pétrole risque de rendre instable le permafrost dans lequel est enterré le pipe-line... Selon la nature du terrain, la conduite est enterrée ou supportée par des poteaux à l’air libre, et nous pouvons comparer nos petites personnes au gigantisme du tuyau.

Nous saurons tout !

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La terre extraite des mines d’or a fini par faire des collines sur lesquelles vont être plantés des arbres, mais certaines exploitations abandonnées ont laissé sur place leurs engins de chantier rouillés. Un panneau propose au passant de venir jouer à l’orpailleur, et Joyce propose qu’au retour, nous fassions un arrêt pour tenter notre chance…

Un p’tit creux peut-être ? Mais comment trouver un restaurant dans cette nature sauvage ?  Et quelques kilomètres plus tard… un endroit comme on les aime est posé au coin de la route : aucun doute, oublions Circle et ses fantômes de losers et allons faire bombance au Chatanika Lodge !

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L’équipe ne sera pas déçue : dès le premier regard, nous avons senti que nous sommes dans un lieu tenu par des non-conformistes. Ce n’est pas Fort Knox, pas plus que la Central Bank of America, mais des dollars, DSCN1505il y en a partout ! Pas du sol au plafond quand même, mais, excDSCN1506epté dans une salle encore vierge, tous les murs et lesdits plafonds sont recouverts de billets d’1 dollar, tous signés ou marqués de grosses lettres au marqueur noir… Mine de rien, il y en a pour un paquet !

La propriétaire de cette étonnante gargote est Shirley, qui explique que le premier « tip » à la cuisinière lui fut donné en 1983, et qui fut punaisé par elle au plafond, juste au-dessus du passe-plat… Les autres clients ont suivi… L’histoire ne dit pas si la cuisinière continue à accrocher ses pourboires : elle a bien dû en garder pour son usage personnel !

La carte est variée et les portions généreuses. Shirley dit avoir eu une grand-mère native (entendez Indienne), et peut-être ses traits sont-ils typés ? Pas assez en tous cas pour qu’on le perçoive.

Ici, lesDSCN1514 moustiques sont considérés comme des dangers sur la route... si l'on en croit le panneau fantaisie accroché au mur DSCN1495! Les piliers qui soutiennent les poutres sont des troncs d’orme noueux, et dehors, des pelles d’excavateurs ont été transformées en jardinières. Je me suis attardée devant une Harley-Davidson sans voir tout à côté la outdoor cabin montée sur skis et qui est utilisée l’hiver pour participer à une course burlesque et désopilante avec des engins de même type. La outdoor cabin correspond à notre cabane au fond du jardin… Un détail : le cabinet est orné du nom du lieu Chatanika Lodge, mais en plus, on lui a attribué le qualificatif de Old Faithfull, du nom du grand geyser de Yellowstone !      

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C’est à cet instant que nous avons entamé le voyage de retour, le point extrême Nord de notre « trip » a été le Chatanika Lodge…

Joyce aurait aimé chercher de l’or à la mine toute proche, mais Bernard n’est pas d’accord, certain de « se faire avoir » ; elle devra ravaler sa déception... car notre driver ignore visiblement qu’il y a des accommodements avec le ciel ! Je n’ai jamais pris le rôle d’orpailleur à ce jour, mais ceux que je connais qui ont tamisé le sable d’une rivière en ces circonstances, ont tous trouvé des paillettes, voire de petites pépites (nuggets) au fond de leur tamis… vraisemblablement préparées à l’avance pour ne pas décourager l’apprenti. C’est ainsi que mon amie Marcia de Winston Salem a pu faire monter sa trouvaille en breloque sur un bracelet : mais de doit être exceptionnel !

DSCN1537Une cabane en rondins (encore une !) abrite une Art galery à DSCN1538Fairbanks, axée principalement sur l’art des Natives. Gisèle souhaite voir une statuette de maternité, mais, même si le prix lui avait convenu, la gérante précise qu’elle ne pourrait la faire entrer en France sans risquer une forte amende, l’objet étant en os de baleine, interdit chez nous. Elle devra se contenter de boucles d’oreilles ! Une vertèbre de baleine est devenue un eskimo, tandis qu'une corne d'élan évoque un oiseau.

Sieste à l’hôtel puis Wal mart et ses trésors, sauf pour Joyce qui n’a rien à y faire. Je ne suis allée qu’au rayon électronique, à la pharmacie pour mon Zirtec favori et au rayon des fruits. Ah ! il n’y a aucune poissonnerie dans le magasin : seulement de la sea-food surgelée...

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