29 juillet 2014

Evangeline (notre GPS) a été programmée pour nous conduire au jardin botanique… Elle nous a menés tout droit à la base militaire au sud de la ville. Gisèle semble avoir trouvé à son goût le soldat qui lui a confirmé que le jardin botanique était à l’Université de Fairbanks et non cultivé par l’Armée. Demi-tour à droite réglementaire mais, puisque nous sommes sur la route, un arrêt s’impose au Pôle Nord et son post-office. Bien sûr, le panneau du village sert de prétexte à une série de photos pour épater les amis ; son nom vient du temps où des fermiers courageux quittèrent la cuvette de Fairbanks et son climat (relativement) modéré pour s’installer dans ce lieu aux conditions climatiques si rigoureuses qu’ils prétendaient vivre au Pôle Nord. Bien sûr, bien plus tard, l’endroit fit florès et le Père Noël Santa Claus en fit son quartier général. Des centaines de milliers de lettres arrivent chaque année au Post Office que les services postaux réexpédient au Pôle Nord, le vrai qui est à 1.400 km plus haut.

Panneau ville

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Le husky pour le jeune Ho-Hin de Hong Kong doit être envoyé d’ici, car Noël est, pour les Chinois aussi, devenu une fête de la famille, même si peu d’entre eux ont une idée de la signification de l'événement que ce jour est censé célébrer. Je sais que Katie-Chu et William ses parents saisiront le lien entre Pôle Nord et ce cadeau de juillet ! Les étudiants chinois se choisissent des prénoms occidentaux qu’ils aiment garder dans leur vie d’adultes._Baby Yeung_

L’adressDSCN1434e est compliquée, interminable et il me faut l’écrire trois fois ! Les timbres de mes cartes postales restent pour Joyce une énigme insondable. Elle ne peut pas comprendre que si j’en veux d’autres, c'est pour compléter ceux que j’ai rapportés qui ont au moins 10 ans et ne sont plus, bien sûr, au tarif actuel…

Ouf ! Ça a été long, mais il y avait la queue ; la guichetière a été OK, même si j’ai eu souvent du mal à la comprendre, et la traduction que Joyce m’en faisait me laissait KO debout. J’ai payé 14 $ et des brouettes. Le regard que me lance Bernard à notre retour dans la voiture n’augure rien de bon : je leur ai fait perdre du temps avec mes envois compliqués…

P1080269Cap maintenant sur la maison de Santa Claus et ses merveilles. P1080286Il y est en personne, vêtu de rouge et vert, reçoit du haut de son fauteuil, et de vieilles dames se font photographier assises sur ses genoux. Et comme le ridicule n’a jamais tué personne, elles survivent à l’épreuve. Tout ce qui, de loin ou de près peut concerner Noël est étalé dans ce vaste hangar où des lettres d'enfants sont exposées ici et là. Les boutiques de Christmas ouvertes aux USA toute l'année m'ont toujours étonnée : mais ici, c'est Noël à la puissance 100 !

Le choix de Bernard d’une casquette estampillée  NorthPole m’incite à faire de même : je trouverai bien des amateurP1080330s pour ces articles venus de si loin.

Evangeline consent à nous conduire au jardin botanique P1080302qui dépend de l’Université. Le prix d’entrée est de 5 $ que chaque visiteur dépose sans contrôle dans une boîte à l’entrée… mais la confiance s’arrête là, car la chaîne et le cadenas me paraissent énormes en comparaison de la valeur qui pourrait être dérobée. Ce n’est pas Fort Knox… quoique. Des variétés de légumes géants, et particulièrement des choux, ont été sélectionnées pour ce climat aux étés si courts, et quelques choux-pommes P1080340atteignent leur mètre de diamètre ! J’y ai vu deux sortes de fleurs inconnues…

Le musP1080345ée de l’Université de Fairbanks a des lignes futuristes et deux centres d’intérêt s’y côtoient : l’art indien sous toutes ses formes, qu’il soit le fait d’autochtones ou non, décliné en deux lieux différents : le classique de 1850 à 1950, et l’art moderne à l’étage; l’autre volet montre les objets de la vie courante des IndieP1080360ns, leurs vêtements, bateaux de pêche en peau de phoque, et quelques animaux empaillés dont un gigantesque ours brun nommé Otto, dont la masse imposante devait effrayer ceux qui se trouvaient en face. Difficile de survivre à un tel animal qui attaque.

Un panneau me semble insolite dans ce lieu : c'est une carte dP1080374e l'Alaska et de la chaîne des Aléoutiennes avec des coupures de journaux qui relatent l'attaque japonaise de juin 1942 contre ces îles, territoires les plus à l'Ouest des USA, qui mirent plus d'un an à déloger les Nippons.

Demain est prévue une balade en bateau à aubes sur la rivière Chena et l’équipe est allée retenir les places pendant que je reste à lire mon livre (du Grand Jury du Livre pour lequel j'ai été retenue).

La diablesse d’Evangeline va anéantir nos projets de retour ! Le driver suit l’itinéraire indiqué et tout semble baigner… Je suis toutefois un peu surprise de l’orientation du soleil, mais je me tiens à l’écart, certaine que quelque chose a dû m’échapper. La maison de Santa Claus devant laquelle nous repassons renforce mon impression que je suis dans l’erreur et que le GPS est sur le bon chemin ! Ce n’est que lorsque la voiture arrive devant le camp militaire de ce matin que le fou-rire nous prend ! Enfin… pas à tous ! 

Evangeline aurait-elle voulu voir le beau militaire qui a tapé dans l’œil de Gisèle ? Allez savoir !

On a envie de dire à la sentinelle « Eh oui ! C’est encore nous ! »

Quelle distance avons-nous faite dans le mauvais sens ? Quoi qu’il en soit, ça a creusé les appétits, et il n’est plus question de sandwiches, ni de Wal-Mart… Retour à la case départ : Fairbanks et ses restaurants. Impossible de retrouver l’adresse du resto d’hier soir, Evangeline l’a avalée. Subway peut-être ? Nous sommes passés devant à plusieurs reprises, et Joyce a envie d’une bière. Le périmètre de Wal-Mart ne comprend aucun resto autre que des pizzerias ou des endroits qui ne servent pas de bière, excepté un supermarché qui lui, ne vend que ça !

Le croirez-vous ? Nous avons dû revenir à l’hôtel redemander l’adresse du Brewsters, où Evangelins a bien voulu nous conduire.

Le menu choisi par B & G les conforte dans la certitude qu’hier ils ont été floués : on leur a facturé deux menus et ils n’en ont eu qu’un servi dans deux assiettes. Notre serveur d'hier n'est pas de service ce soir. Sortant du resto, un panneau affiche l'indéfectible amour que le peuple porte à ses boys GI's. Je vois difficilement l'équivalent chez nous... Et vous ? 

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Evangeline, conduis-nous d’une main sûre demain au steamboat (à aubes) de 8.30 am !