17 mai

Ma première aquarelle ? Une case créole au toit de tôle vermillon sous un cocotier et nichée dans la végétation colorée des Antilles.

Bonne nCase créole 1ouvelle : pour la première fois depuis plus de trente ans que je viens en Guadeloupe, les moustiques ne me causent pas les intolérables démangeaisons qui faisaient de mes nuits des cauchemars… Suis-je devenue moins sensible ou bien moins appétissante au goût des dames moustiques qui seules ont l’appétit féroce ? Allez savoir ! Je me suis, comme à chaque fois, munie de Zirtec, mon antihistaminique favori, (le vrai de vrai désormais introuvable en France) et non de son produit de remplacement Zirtecset, totalement inefficace sur moi. Pour faire provision du Zirtec d’origine, nul besoin d’emprunter des chemins illicites : il suffit d’aller au rayon pharmacie de Wal Mart où que vous soyez aux USA et vous pouvez en remplir votre caddy sans même qu’on vous demande une ordonnance !

Une femme a ce matin encore, acheté une prothèse à la boutique (la septième en trois jours). Bernard à qui j’en fais part dit que c’est la preuve que beaucoup de femmes doivent être opérées de cancer du sein. Pour DSCN0530moi qui vois toujours le côté positif des choses, je pense qu’elles auraient été malades de toute façon, mais que ladite prothèse « contact » leur permet de se sentir femmes comme avant ou presque. Elles tiennent seules sur la peau, ne sont ni allergènes ni irritantes, et même celles dont l’ablation a été totale et très mutilante peuvent à nouveau s’habiller. Cette prothèse a été mise au point par deux frères Allemands ingénieurs dont la mère avait subi une intervention sévère.

Maria est arrivée d’Haïti plus tôt que prévu …

UnDSCN0501e vingtaine d’invités sont attendus ce soir en toute simplicité, chacDSCN0525un devant apporter un plat salé. Tout le monde se connaît  et chacun a plaisir à retrouver les autres. Tous étaient présents au baptême du Gros JeF.

Un point noir cependant : Armel et Axel ne sont vraiment pas bien, et le diagnostic est à craindre : nos garçons sont visiblement les victimes de l’épidémie de chikungunya (il faut dire que depuis leur naissance ils font tout par deux !). Le champagne a été débouché à grand bruit, chacun s’est assis sur le deck selon ses affinités, les braises du barbecue sont à point pour les grillades, et la douce musique d’ambiance ne dérangera pas les voisins.

J’ai retrouvColette la navigatrice ; Bernard et Patriciaé Colette, cette navigatrice qui, il y a bien longtemps. sur son Tam-Tam, avait initié Hélène à la voile.  A-t-elle changé ?  Sa silhouette sèche et sa peau tannée par le soleil étaient déjà les même il y a quinze ans. Elle est abrupte et si le contact ne s’est pas fait d’emblée entre nous, sa carapace s’est suffisamment assouplie pour que nous entamions le dialogue. Soudain, fuse une question qui n’en est pas une tant cela lui semble une évidence : « Vous lisez ? » et comme je relis précisément un ouvrage lu il y a près de soixante ans  « La Vingt Cinquième Heure » qu’elle connaît par cœur ou presque, nous voici jouant aux critiques littéraires avec une grande complicité, dans un tutoiement  qu’elle a choisi… alors qu’elle prétendait en déplorer la banalité en début de soirée !DSCN0505

82 bougies à soufflerJe n’ai pas vu venir Maria apportant « mon » gâteau et ses 82 bougies qui se laissent un peu aller sur les fraises-chantilly. Vite ! il faut souffler avant que la brise marine ne le fasse à ma place… mais les appareils ne sont pas prêts. Je fais quelques essais volontairement maladroits pour retarder l’instant de l’extinction des feux, mais il faut bien se plier au rite avant que ce soit le gâteau lui-même qui flambe !

Trois au200 - 82 = 118 à souffler encoretres arrivent avec le nombre règlementaires de flammes à soufGros travailfler : 200, le compte y est ! Ils étaient quatre à se répartit la tâche de l’allumage, nettement plus longue et difficile que le soufflage. Qui a dit « souffler n’est pas jouer ». ?

Malgré leur bonne volonté, Armel et Axel s’éclipsent de temps en temps. Angie, qui est venue avec ses parents chDSCN0519ez moi il y a un an me rappelle avec enthousiasme les bonnes choses qu’elle a mangées à ma table et m’en détaille les menHélène a du souffleus. Elle a 19 ans, une silhouette pulpeuse mais nullement enveloppée, et me dit tout le plaisir qu’elle a de savourer la bonne cuisine. Je crois qu’elle est la première fille de son âge et de ma connaissance à clamer son bonheur d’être « gourmette ». Elle va poursuivre ses études à New York et connaîtra aussi les hot dogs de Time Square !

DSCN0509Yann a posé près de moi un paquet en disant : Tu verras ça plus tard »DSCN0507

Peu à peu les invités s’éclipsent : ne restent que deux amis qui s’attardent sans paraître voir que nous aimerions éteindre les lumières et rester entre nous pour s’offrir les cadeaux.

Armel a un vélo tous terrains qui lui sera bien utile et Axel reçoit les tambours de son papa disparu qu’Antoine a rapportés de St Domingue. Ils sont si malades qu’ils regardeDSCN0527nt à peine leurs cadeaux et s’écroulent sur leurs lits.

Maria et Antoine ont choisi pour moi un adorable tableau haïtien aux ceDSCN0552nt détails que je n’ai pas fini d’observer : une multitude de fins coups de pinceaux avec des teintes assourdies. Il fait immédiatement ma conquête et je sais où il sera accroché pour être mis en valeur au regard de tous.

Pour Hélène, ils ont fait fort et ont dû déclouer la toile et la rouler pour l’apporter. C’est un naïf haïtien de grandes dimensions. Le peintre a représenté un quartier populaire durant la semaine sainte, où les habitants démunis font venir un camion-citerne d’eau pour remplir ce qu’ils peuvent qui pourrait servir de piscine afin d’avoir l’illusion de faire comme les riches ! Le camion renferme pour 2.000 pesos d’eau dont ils se partagent la dépense.

Le paquet de Yann ? Un gros livre de petit format qui s’intitule « Voyages » et me fait voir que j’ai encore beaucoup de sites à découvrir dans le monde…