J'ai parléYole Martinique 3 dYole Martinique 1es courses de yoles sans illustrer mes propos. Les photos suivantes vous donneront une idée de l'équilibre précaire que doivent assurer les compétiteurs pour rester à flot !

 

 

9 mai 2014

Depuis hier matin, une douleur au pied prend sa place et va empirant : j’en connais les causes, même si elles ne se sont pas réveillées depuis mon dernier séjour aux Antilles. Je ne bois pas assez d’eau pour compense la déshydratation et c’est une crise de goutte !  Hier nous n’avons trouvé aucune pharmacie ouverte au cours de notre balade. Ce matin celle de la marina accepte de délivrer sans ordonnance à Bernard la Colchicine qui devrait me soulager, et je commence le traitement illico avec une grande gorgée d’eau…

Forte de la dernière expérience, je ne prendrai que deux comprimés en dose d’attaque au lieu des trois conseillées qui pourraient me causer des ennuis de tuyauterie. Mais la question se pose et la réponse est tout aussi évidente : la traversée Martinique/Guadeloupe sera trop agitée pour que mes Bernélenne prennent le risque de m’y faire participer. Je rentrerai donc par la navette pendant qu’ils se feront  secouer dans une mer  difficile.

DSCN0339Joséphine Tascher de la Pagerie est née aux Trois Ilets et a été baptisée dans la petite église fermée à cette heure, devant laquelle se tient le marcDSCN0341hé local : essentiellement fruits et légumes y sont ici proposés. Alors que je prends une photo sans viser un point précis, un rasta m’apostrophe pas content du tout… Comme je lui propose aussitôt d’effacer l’image, il me prend la main, prononce quelques mots en montrant ses dents jaunes dans ce que je prends pour un sourire et il s’éloigne…

Quelques achats de fruits et légumes au marché, et nous voici sur la route de la Savane aux esclaves, sorte de lieu de mémoire qui relate avec simplicité ce que fut l’esclavage et ses origines.

La Savane aux Esclaves a été ouverte aux Trois Ilets à l’initiative d’un homme né ici et qui a racheté des terres familiales pour en faire un lieu de souvenirs planté des végétaux qui

 

DSCN0342sont à la base de la pharmacopée traditionnelle dont les origines sontDSCN0353 venues d’Afrique. Dans la case où nous attendons que vienne notre guide, des panneaux racontent avec objectivité l’histoire de l’esclavage aux Antilles et du commerce triangulaire. Il y est clairement écrit que les chefs locaux africains échangeaient et vendaient les prisonniers de leurs guerres tribales ou les victimes de leurs razzias aux capitaines de navires venus d’Europe avec leurs bateaux pleins de « pacotille » selon le vocabulaire de l’époque : tissus d’indienne, parures fantaisie, eau de vie, vieilles pétoires, outils...DSCN0354DSCN0355

 

 

Toutes les constructions (y compris la case où nous sommes) étaient faites à l’époque avec les bois locaux  dont chacun avait  sa spécificité, tout comme les toits dont les feuilles de palmiers duraient plusieurs années. Des cases en bois tressé abritaient les familles d’esclaves dans deux parties communicantes : les parents sur une sorte de châlit rudimentaire, les enfants de l’autre côté sur des paillasses à terre. Les photos qui  sont accrochées au mur ne peuvent être du temps de l’esclavage, qui avait été aboli avant l’invention deDSCN0356Daguerre ! Il n’empêche : ceux qui y figurent ne respirent ni la prospérité, ni le bonheur de vivre !

Ce fut une balade pleine d’intérêt commentée par Hélène, jeune femme passionnée par son sujet.  

Le crépuscule tombe sur la plage au sable clair pendant que dans une eau transparente, un bain de mer nous rafraîchit.

NB - Mes photos ont fait de la résistance et ont refusé de se placer comme je les voulais !

 

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