Lundi 7 mars 2011

DSCN2844Joyce m’a laissée dormir, et j’ouvre un œil à 8 h. Nous sommes entrés dans la première partie du canal à 4.15 h, attendant notre tour pour pénétrer dans les locks (écluses). J’ai donc perdu presque quatre heures de spectacle ! Le bord du canal est juste sous la fenêtre… et nous sommes déjà sur le lac Gatun. Je ne verrai que la descente des bateaux.

Je file au Lido sans attendre pour rattraper ce qui peut l’être, au moment où se profile un élégant pont suspendu que je prends d’abord pour celui qu’on appelle « le pont des DSCN2855DSCN2889Amériques », mais celui-ci est à l’entrée côté Pacifique tout près de Panama. Tout est nouveau pour moi, et pour avoir bien étudié hier les particularités techniques du canal, j’en suis d’autant plus émerveillée. Je n’ai pas assez de deux yeux pour tout voir, mais je n’en perds pas une miette. Le lac Gatun est une gigantesque réserve d’eau douce alimenté par l’énorme débit fleuve Chagres, mais des vannes de sécurité sont prévues en cas de fortes pluies pour éviter les inondations et les eaux se déversent alors dans les DSCN2868DSCN2881deux autres lacs en contrebas, l’Aranjuela, à peine plus petit et enfin le Miraflores. Si on estime que la construction et les travaux d’élargissement ont été la cause directe ou indirecte d’environ 25.000 morts par accidents, maladies, affrontements divers, il n’y a eu aucun décès à déplorer depuis l’exploitation. Le canal de Panama est sûr. J’ai été intriguée par des troncs d’arbres qui flottaient entre deux eaux et me rappelant l’incident du fleuve Amazone, j’attendais presque le blocage des hélices… mais ce sont des crocodiles, dont plusieurs ont été vus sur les berges… Le canal est entretenu constamment, son lit drainé, les rives entretenues. En bref, les Panaméens dorlotent ce qui fait leur richesse. Une troisième entrée est en cours de construction côté Atlantique.

DSCN2896Certificat Crossing Canal de PanamaA midi est organisé le « Swim to Gatun locks » (nage vers les écluses de Gatun » à laquelle bien sûr je me suis inscrite (que ne ferait-on pas pour un diplôme et 5 $ en monnaie de singe ?). Nous sommes nettement plus nombreux que pour le bain avec les pingouins ! Joyce avait promis d’être présente, mais elle a eu visiblement d’autres chats à fouetter puisqu’elle brille par son absence. C’est Stan, l’un des danseurs, qui va assurer le reportage photo avec mon appareil. Dans ma hâte, j’ai oublié d’ôter ma montre… Dans le bain, je retrouve Elisabeth (Merle) Avery, la voisine de cabine qui, malgré son air de lady très convenable, participe comme moi à toutes les extravagances : elle était aussi dans le bain glacé des pingouins.

DSCN0664DSCN1327J’étais à observer l’entrée dans les écluses de descente quand une dame m’a abordée. C’est elle qui a acheté deux de mes aquarelles. Elle est Américaine de Porto Rico et non de Curaçao comme j’avais cru, et elle est… professeur d’art à l’Université ! Je suis stupéfaite et très flattée de l’apprendre, car elle me dit qu’elles sont vraiment très bonnes et qu’elle a choisi les deux meilleures pour deux cent cinquante dollars ! J’ai cru avoir mal entendu… Elle veut me prendre en photo, mais je suis échevelée, en sortie de bain, et nous convenons d’un autre moment. Elle s’est assise à côté de moi et ébauche un croquis : elle est chargée de créer un vitrail pour une église moderne. Je n’en reviens pas que cette femme ait apprécié mes peintures. Nous ne nous sommes pas revues et je n'ai pas de photo d'elle !

DSCN2942DSCN2943Les portes d’écluses semblent vraiment étanches et nul écoulement n’est visible malgré l’énorme pression qu’elles doivent contenir. Ce qui semble étrange, c’est de voir que le gigantesque porte-conteneur qui transporte 6.500 voitures, reste en haut dans son couloir, alors que le Prinsendam descend en douceur assez rapidement.

Nous avons fini de descendre et sommes maintenant dans la mer des Caraïbes, où les bateaux se pressent pour faire le chemin inverse vers le Pacifique. Il y a les moments où le trafic se fait dans un sens, puis dans l’autre, et cela chaque jour de l’année pendant 24 heures.


Ca monte... et ça descend !

Deux femmes ont été évacuées aujourd’hui du bateau. L’une en ambulance à Miraflores, l’autre avec le bateau du pilote, sans que j’aie pu en savoir plus.

La conversation du dîner a été un peu surréaliste, en partant des toilettes du village indien, et des périphrases que les Américains utilisent pour désigner la chose : la plupart parlent des bath-rooms (salles de bain) mais chez moi, les toilettes ne sont pas dans la salle de bain comme souvent en Europe et pratiquement toujours aux USA. Je les ai fait rire en parlant de pipi-room !

Rita McKensie a gagné l’Award One Woman Show et elle a de l’abattage, même si personne dans le public ne semble la connaître. Elle donne dans le comique léger des « musicals » de Broadway et sa cinquantaine bien sonnée  comme sa silhouette épanouie dont le silicone jaillit du corsage, ne facilitent pas ses changements de costume en scène. Elle est applaudie avec modération, et ne soulève pas l’enthousiasme. Elle dit avoir eu 4 maris, dont l’un était le directeur de la « Continental », un autre Ernest Borguine l’acteur, et le dernier… son jeune pianiste. A la sortie, je comprends mieux : sur scène, elle fait illusion, mais de près, son visage refait accuse impitoyablement son âge. Sans une ride, elle a les paupières tirées, et j’ai peine à la regarder en face lorsqu’elle s’adresse à moi.

Une heure de moins à dormir. Il faut avancer les montres.

 Si le coeur vous en dit, vous pouvez traverser vous aussi le canal en accéléré, toutefois en sens inverse  de mon parcours, puisqu'il part de l'Atlantique et arrive à Panama City dans le Pacifique. Je n'ai pas su isoler la vidéo seule... Suivez-donc le lien.


Traversée du Canal de Panama