Fuerte Amador : l'adieu au Pacifique
61 – Fuerte Amador – Panama - Dimanche 6 mars 2011

Le départ de Joyce pour un « authentique village indigène qui a gardé ses traditions depuis plus de 600 ans » est fixé à 8.15 h, mais son réveil a sonné avant 6.00 h… et le bateau n’arrive à qu’à 8.00 h à Panama City. Je repars me blottir dans les bras de Morphée pendant une grande heure encore, puisque j’ai choisi de visiter Miraflorès, la première écluse du canal, et que le départ est à 8.30 h. Le Prinsendam est dans la rade, entre la sky-line de la ville de Panama et un isthme artificiel qui réunit trois ilots et entre les deux derniers se niche la marina et le Yacht
Club, et au-delà duquel les bateaux s’alignent pour prendre leur tour d’entrée dans le canal.
Ce fut un chantier pharaonique… Mais qui en eut l’idée le premier ? Je vous le donne en mille : Charles Quint en 1534 !
Plusieurs projets furent élaborés dans les siècles suivants, mais ce fut celui du Français Ferdinand de Lesseps qui venait brillamment de réussir le percement du canal de Suez, qui emporta la décision. En 1884, plus de 17.000 hommes provenant pour la plupart des îles Caraïbes s’efforçaient d’ouvrir cette tranchée gigantesque. Mais le chantier était différent de celui de Sue
z. Sec
et chaud en Egypte, le climat humide des jungles tropicales de Panama générait un sol très fragile qui s’éboulait sous la force des pluies. En quelques heures le travail de plusieurs semaines pouvait être anéanti. Les délais prirent du retard, le budget s’allongea… et la société française fit faillite. Au fléau économique s’ajouta celui des maladies (malaria, fièvre jaune) qui éclaircirent les rangs des travailleurs. En 1903, il en restait 700 et 6.300 étaient morts. Jusque là, le chantier était en Colombie, mais sous la pression des Etats-Unis, le Panama s’en sépara et devint indépendant en novembre de la même année… et du même coup, la « Commission du Canal » fut coiffée par les Américains.
Depuis le 31 décembre 1999 cependant, le canal appartient aux seuls Panaméens.
Le fleuve (rio Chagres) a un débit important, et il a permis de créer le lac artificiel Gatun sur lequel repose toute la structure du canal, dont le niveau est à 26 mètresau-dessus du niveau des deux océans. Un système d’écluses hisse les bateaux en trois niveaux jusqu’au lac, et il les fait descendre aussi en trois niveaux. L’eau monte et descend d’un bassin à l’autre par gravité, et chaque passage de bateau, quelle que soit sa taille, fait que cent mille mètres cube d’eau douce se déversent dans la mer… car le canal de Panama est un boulevard d’eau douce ! Boulevard… n’exagérons rien. Les gros porte conteneurs, tout comme le Princendam, ont tout juste60 centimètresde chaque côté, entre la coque et la paroi du couloir, dans la partie la plus étroite : mais de puissants tracteurs les maintiennent droits dans le chenal. Un troisième jeu d’écluses est en chantier, qui devraient devenir opérationnelles en 2019.
Un jour de 1914 enfin, le canal terminé permit le passage du premier navire, un modeste cargo nommé Ancon. Il paraît bien falot, ce bateau étriqué, si mince qu'il paraît délicat comparé aux monstres d'acier (cruisers et porte containers) qui hantent désormais les eaux de Panama, dont le chenal devenu trop étroit nécessite le percement d'une passe supplémentaire élargie qui est en chantier.
Fin de la conférence sur le canal de Panama.

Voilà tout ce que j’ai appris en visitant le premier jeu d’écluses à Miraflorès, où la foule se pressait en ce dimanche d’été. De la terrasse, nous dominons la "gare" de Miraflorès en face, et les deux chenaux du canal s'étalent sous nos yeux : deux chenillettes étincelantes maintiennent le navire de chaque côté pour lui éviter de dévier sa route, tandis que deux remorqueurs le suivent, attelés aux chenillettes.

Panama City est déserte en ce début d'après-midi de dimanche, mais la ville que nous n'avons fait que traverser respire la prospérité que lui a apporté le canal. Des adolescents s'entraînent au skate board sans complexes sur la bordure d'une fontaine en marbre qui doit commémorer un événement important.
J’avais espéré trouver d’autres « panamas », mais ils sont réellement l’exclusivité de l’Equateur, et je n’ai vu personne en 
porter, hormis les touristes du bateau. Un show est donné en début de soirée par la troupe nationale des danseurs du Panama, qui tourne dans le monde entier. La richesse des costumes montre que le canal a fait la prospérité de ce pays. Les danses sont très enlevées, mais la musique un brin répétitive. A la fin du show, les danseuses se sont approchées du public pour faire constater que tous les bijoux qu’elles portent sont en or !
Au cours du dîner, Joyce était intarissable sur le « wonderful » village indien qu’elle avait visité, vite refroidie par Dean qui était aussi du voyage et lui a fait remarquer que les habitants du prétendu village « inchangé depuis 600 
ans » offrent des rest-rooms étincelants (toilettes) aux visiteurs, et qu’ils ont très probablement la télévision dans leurs maisons à l’écart du village-témoin. Les habitants avaient beau être vêtus de pagnes mini, ils sont en jeans quand ils ne reçoivent pas les cars de touristes. De plus, insiste Dean, le lunch proposé comportait sandwiches au jambon ou dinde, fromage, salade et fruits divers venus de la supérette du coin.
Après le dîner, je me suis accoudée au bastingage regarder au loin les lumières de la ville
Panama, et celles de son port Balboa. Ronnie, le groom est venu près de moi ; ce soir, pas de phoques facétieux… mais de très gros poissons qui offrent leur dos sombre nettement visible dans l’eau claire de l’Océan Pacifique. Je réalise alors sans nostalgie que c’est sans doute la dernière fois que je le vois... mais je suis bien contente de l'avoir traversé en entier sur le Volendam !
Commentaires sur Fuerte Amador : l'adieu au Pacifique
dans l' histoire humaine, on a pu voir les trésors d' imagination que l' homme a su montrer pour faire passer des bateaux d' un endroit à un autre, mais d' en constater par soi même la réalisation doit être magique !
à Propos des reportages, j' ai souvent remarqué que les auteurs aimaient bien dire qu' ils étaient exceptionnels, et j' ai toujours un sourire, lorsque je vois un " sauvage " avec une montre autour du poignet !
Bonne soirée
bisous
je passe juste faire un petit signe car je n'ai pas trop le morale va voir ma page de mon blog.
calin de Michelotte
Ne me dis pas que tu penses déjà à repartir ?
Bonjour Gwen heureuse de te lire
Bisous
Votre adorable commentaire m'a permis de découvrir votre genialissime blog et sincèrement, je vous en remercie !
Je reviens tres vite bourlinguer avec vous et feuilleter tous vos articles !!
A vite ...
un coucou de ce dimanche :
Je souhaite que ton fils est content d'avoir sa maman auprès de lui ..profite sens bien et toi comment vas-tu ma copine ?..prend soins de toi..*
calin de Michelotte
bonjour Blanche accoudeé au bastingage et admirer de si jolis spectacles ne sera sans doute qu'un reve pour moi mais au travers de ton reportage c'est un peu comme si j'y étais bisous
Marcel
Tu es sur une croisière Costa?
Bonjour Gwen....... tu es une éternelle voyageuse.....que de voyages.... tu dois connaître le monde entier....j'ai bien aimé les dessins pour montrer comment fonctionne une écluse... Alors Gwen as-tu des fleurs dans ton jardin ? moi j'ai des violettes.... elles envahissent le jardin...elles sont résistantes ces petites fleurs malgré le froid... et la neige qu'il y a eu.... je te fais une bise
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