116_Kennedy_Space_CenterVendredi 7 octobre

Il y a autre chose que nous devrons mettre au frais : ce sont les provisions mises de côté du buffet de ce matin à 10 $. Et... en voiture Simone ! Après avoir bigophoné at home... Pour le moral, nous utilisons la formule traditionnelle des Hardy Travels :  

         

Sainte Claire

Toi qui connais ton affaire

Garde la pluie en l’air...

Cap sur Cap Canaveral.

Les péages tous les 5 km ne vont pas tarder à épuiser nos quarters et nous mettre sur la paille. Cap Canaveral est à 80 km de l’hôtel, mais que ne ferait-on pas pour s’envoyer en l’air ? Trois ont finalement opté pour Sea World : Guy, Claire et Rémi.

L’entrée est à 25 $ + les taxes, et 5 $ pour l’audiophone. Les cerbères refusent de nous laisser passer avec nos sacs à dos, que l’on a bien tenté en vain de transformer en sacs à main... Rien à faire ! Je prends mon rôle de la vieille dame Française qui ne comprend rien, (ça marche quelquefois) mais l’homme en face me crache « Je ne vous comprends pas, vous ne me comprenez pas... alors, pas de sac dur. Go to your car, et prenez un sac plastique à la boutique ». Pas question de moufter. Jean-Claude doit faire fonctionner son caméscope, tout comme je dois montrer que mon appareil photo affiche normalement. Le groupe entier, sauf Christian dont le sac n’a qu’une bretelle, doit se défaire de l’essentiel, passeports, lunettes etc... Alice et Henri, chargés de rapatrier les sacs dans le van sur le parking, reviennent hilares en disant qu’ils ont déjà vu la lune ! Ils se sont régalés de la vue d’un short en jean ultra court qui laissait libres des fesses qui n’en pouvaient plus d’être enfermées !

117_NASA118_Saturn_VLes bus partent toutes les dix minutes pour les pas de tirs. C’est une curieuse sensation de se trouver sur les lieux mythiques des tirs vers l’espace, puis vers la Lune.

Saturne V est la plus grosse fusée jamais construite. Elle a servi de base au programme Apollo (1 à 17). Nous voici dans la 119_Apollo_IXsalle même des commandes du départ des fusées. Lorsque la simulation de l’ordre de lancement est donnée, les vitres tremblent, des particules crépitent sur les vitrages, la lumière extérieure change à cause de la lueur des flammes qui illuminent la salle, puis s’obscurcit par les vapeurs, le grondement enfle, s’intensifie, devient terrifiant, s’atténue, tandis que tout redevient normal.

Nous venons d’assister au lancement réussi de Saturne V... Car toutes n’ont pas connu le succès, et Apollo 1 a vu ses trois astronautes Grissom, Shaffee et White brûler vifs dans leur capsule au cours d’un entraînement.

121_Tuy_res_Saturn_V124_Bouclier_thermiqueLe hangar suivant abrite la « bête », cette gigantesque fusée Saturne V dont les cinq tuyères pourraient chacune aisément contenir ma maison. Une maquette permet de voir les réservoirs de carburants tels qu’hydrogène et oxygène liquides qui en faisaient de fantastiques bombes.

Si le LEM dans son habit doré est suspendu au-dessus de nos têtes, la 120_Le_LEMvoiture lunaire est à portée de main, tout comme une capsule, dont la rentrée dans l’atmosphère a carbonisé le bouclier thermique.

123_La_pierre_de_LuneLa « vieille Bud des familles » est vendue 4 $ (28 F) au « Rock Moon ». Pourquoi ce nom « la Pierre de Lune » ? Parce qu’un petit triangle poli de pierre lunaire noire 122_Pas_moyen_de_l_emporterrepose derrière une vitrine sous laquelle les visiteurs peuvent glisser la main et effleurer ce vestige venu de si loin. Pour ma part, c’est la deuxième fois que je caresse la lune, la première, c’était au "Air and Space Museum" à Washington DC, où l’échantillon est rocailleux.

Nous sommes prêts à reprendre le bus pour une autre aire, mais il manque les Fabre...  restés alunir ! Christian les retrouve et revient nous chercher dans la file. Nous remontons à contresens le fil de l’itinéraire, perturbant sûrement au passage la comptabilité de la préposée au comptage. Rentrant par la porte « Exit », ce qui est formellement forbidden, nous sommes des Français lâchés en liberté dans l’univers policé et politically correct des Ricains. De quoi mettre la Sécurité en émoi !

Comme toujours, nous passons de la glacière des hangars à la sauna de l’extérieur...

C’eût été dommage de manquer la reconstitution des premiers pas de l’homme sur la Lune, et c’est très réussi. Armstrong et Collins témoignent, et l’un d’eux y va du couplet habituel que les American people attendent : « Je regardais de là-haut notre Terre où tant d’hommes se battent et je me suis mis à rêver à un monde de paix »

125_CabineDehors, la maquette grandeur nature d’Explorer est flanquée d’une rampe qui permet au public d’accéder à chaque étage, et d’observer la cabine des pilotes, la cuisine, puis, au-dessous, le sas par lequel, en flottant, l’équipage peut rejoindre les toilettes et le dortoir. Les couchettes sont verticales, ou horizontales (dans l’espace, c’est sans importance), et munies d’attelles pour s’y amarrer. Les avant-bras restent au-dessus du corps, comme suspendus. Le reste du vaisseau est un vaste cargo capable de transporter un bus. L’énorme réservoir orange rempli d’oxygène qui est à côté, est largué et définitivement perdu, alors que les boosters remplis de poudre sont récupérés, nettoyés et servent plusieurs fois.

Retour par l’Imax où, sur écran géant, l’épopée de la navette Observer (excepté le tragique flop de la navette Challenger) est relatée, ce qui nous donne la dimension des problèmes qu’il a fallu résoudre. Le film nous fait revivre une des missions d’Observer, chargée de larguer plusieurs satellites de communication. Survol de la Floride, de l’Italie, où on reconnaît la baie de Naples, Alexandrie et Le Caire.

126_Un_saut_dans_les__toilesL’atterrissage du « fer à repasser » est si délicat qu’une piste de 11 km a dû être construite, et le contact avec le sol se fait à 380 kmh. S’agit pas d’être manchot !

Imax 2 en relief est la fiction en 2070 d’une ville artificielle de 10.000 habitants construite dans l’espace, où vit une fillette, et dont les réserves en eau s’épuisent. Une comète s’approche justement, et le grand-père, un savant, se dit : « Damned ! et si on la capturait ? ». Il envoie donc un robot chargé de la détourner avant qu’elle ne soit captée par Jupiter. Le robot a une panne et ne remplit pas sa mission... Qu’à cela ne tienne ! Le papa prend son vaisseau spatial, enfile son bleu de mécano prend sa clé de 12, et va réparer le robot récalcitrant qui va permettre de remplir le château d’eau de la ville, où ils pourront désormais vivre (en paix) à 20.000...

127_Victimes128_Il_reste_de_la_placeUn instant d’émotion devant le miroir poli en granit noir qui reflète le ciel, et qui porte gravés les noms des 17 astronautes morts en mission.

L’incontournable gift shop offre sûrement des choses intéressantes, mais je suis obsédée par les pennies à graver, et je n’y ai vu que des gadgets. Nous n’achèterons pas la photo de groupe parce que, ayant payé 25 $ pour un programme complet, alors que plusieurs attractions sont « closed », nous ne voulons plus ouvrir notre porte-monnaie !

129_Bonne_f_te_SergeA l’hôtel, les Sea Worlders nous attendent déjà, et Guy au balcon « is expecting » sa récente légitime qu’il nous avait confiée, en jouant une Juliette un peu surprenante. Un quart d’heure après, autour de la piscine le verre à dents à la main, nous pouvons enfin savourer le vin en l’honneur de la fête de Serge !

Claire, toute fiérote, nous annonce qu’elle a caressé en douce une raie manta, et, dans la foulée, que les premiers missiles sont tombés sur Kaboul.