Samedi 7 novembre 2009

Le voyage touche à sa fin, et tout compte fait, je suis heureuse de rentrer, de retrouver mon home douillet et mon feu de bois des soirs d’hiver. Je viens de vivre la période la plus étonnante et la plus inattendue de ma longue vie, car il y a moins de six mois, rien ne me préparait à traverser le Pacifique pour enfin connaître le Japon, objet de mes rêves depuis mes 15 ans... L’euro fort : 1.49 pour 1 buck (dollar) et l’incroyable discount obtenu par Joyce pour cette croisière (moins 55 % sur le prix initial) ont fait le reste.

J’ai dû jeter les pâtisseries offertes par Chu Kaï (Kathy) à Hong Kong : persuadée qu’il s’agissait de biscuits secs, je n’avais pas ouvert le paquet et c’est en préparant mes bagages que je me suis rendu compte qu’elles étaient moisies…

DSCN6384DSCN6397Joyce joue au scrabble avec Sue l’Australienne et Monique la Québécoise sur la belle table de marbre marquetée où j’aime à m’installer avec mon ordinateur. Le ciel est couvert, la mer grise et quelques bateaux de pêche loin sur l’horizon.

Mimi et Dore, cet adorable couple d’Américains que j’ai connu lors d’une réception donnée DSCN6399DSCN6400par le Captain Viesser et qui vit sa retraite à Nice depuis quelques années me fait promettre de leur rendre visite lorsque je serai sur la Côte d’Azur. Je suis bien décidée à les revoir en France et je n’aurai aucun mal à tenir ma promesse. Je ne sais pas encore que je perdrai leurs coordonnées, ainsi que quelques autres, restées dans la poche d’un blouson « disparu » au Qatar.

L’élégante Indonésienne qui accueille les dîneurs est l’une des femmes de ménage du paquebot quand elle ne joue pas à l’hôtesse en représentation. Combien d’heures de travail par jour DSCN6404DSCN6405pour tout ce personnel qui reste affable et souriant ?

Nous sommes à une table d’Australiens dont les hommes arborent à la boutonnière un red poppy (coquelicot), la fleur symbole des combattants du Commonwealth des deux dernières guerres mondiales, célébrés en ce 7 novembre. Australien, le convive à ma droite m’explique qu’un poète, soldat canadien de la Première Guerre Mondiale avait écrit quelques vers en hommage aux combattants qui gisaient sur les champs de bataille où les coquelicots poussaient en grand nombre. Plus tard, cette fleur avait été adoptée pour la Journée du Souvenir. Chez nous, n’est-ce pas le bleuet que l’on met à la boutonnière le 11 novembre ? Peut-être parce qu’on appelait « bleuets » nos tout jeunes soldats vêtus de bleu horizon…

DSCN6402DSCN6406L’étonnante ressemblance du voisin de Joyce avec le célébrissime avocat Jacques Vergès est troublante, mais comme il ne parle pas français, il ne peut y avoir aucune ambiguïté. L’animation est donnée par l’Homme-Singe qui passe de table en table en faisant des cabrioles acrobatiques, jusqu’au moment où le personnel des cuisines défile dans un tintamarre de DSCN6407DSCN6415casseroles frappées en cadence.

Au moment où je passe près de sa table, la flûtiste me fait un signe et m’invite à prendre place à ses côtés. Je ne saurai jamais plus son nom, car le menu qu’elle m’a dédicacé avec ses coordonnées m’est aujourd’hui introuvable. J’avais fait une liasse des programmes quotidiens et des documents sur chaque DSCN6423DSCN6426ville visitée au cours de cette croisière, je les ai eus chez moi où je les avais classés… mais après bien des recherches, je dois admettre que j’ai dû les jeter par erreur… ou les ranger dans un improbable coin de la maison sans que mon cerveau n’enregistre le fait ! Nous avions longuement bavardé, et elle avait eu plaisir à évoquer sa carrière de musicienne commencée avec des parents pianistes, jusqu’au jour où entendant un récital de flûte à la radio, elle leur déclara qu’elle avait trouvé la voie qu’elle suivrait désormais. Bien qu’encore une enfant, elle sût dès cet instant, que sa vie serait consacrée à la flûte.

Une dernière photo du jeune Agus en uniforme (militaire ?) surprenant en ce lieu.

Mes bagages sont presque bouclés… mon esprit est déjà de retour à la maison.

§

Dimanche 8 novembre 2009

Ceux qui, comme nous, quittent le navire demain à Hong Kong, sont conviés à se rendre pour 10.30 h au Frans Hals Lounge, le théâtre. Joyce ayant mieux à faire, sans doute un bridge, je vais seule (avec toutefois un grand nombre d’autres passagers) recevoir les adieux de l’équipage. E. la Canadienne avant de débarquer à la première escale de Hong Kong, m’avait parlé de cette sympathique cérémonie.

DSCN6427DSCN6429Jimmy, le directeur de croisière, est seul en scène et bonimente avec brio comme il sait si bien le faire, lorsque des membres de l’équipage apportent trois gros sacs de voyage sur le plateau, censés symboliser nos propres bagages à nous, les partants. Les sacs révèlent bientôt leur contenu : les trois enfants de Jimmy, qui joue la surprise avec naturel. Le gag avait déjà été realisé lors du départ de Hong Kong, mais tout le monde fait semblant d’y croire. Jimmy est Irlandais, travaille pour la Cie Holland America mais vit avec sa famille en Australie ; c’est pourquoi durant les vacances de l’été austral, ils peuvent être réunis sur le bateau.

DSCN6434DSCN6436Après les ultimes conseils sur le déroulement des opérations de débarquement demain matin, s’avancent les matelots, officiers, cuisiniers, serveurs, femmes de chambre, stewards, mais aussi le personnel d’accueil du Front desk, et enfin les musiciens, la troupe théâtrale des danseuses et danseurs, chanteuses et chanteurs au complet. Ils sont plus de deux cents sur la scène à nous faire leurs adieux.  Très vite, il ne reste plus que la troupe artistique, les autres n’ayant pas plus de temps à perdre.

DSCN6440DSCN6442Chacun des artistes expose son parcours depuis ses débuts, avant de proposer la visite des coulisses du théâtre à ceux que cela intéresse. Seules une vingtaine de personnes restent et par groupe de deux ou trois, suivre leur guide, en l’occurrence l’un des artistes. Tableau des lumières, décors, mais surtout les costumes et accessoires sont rangés dans un espace étroit dont chaque coin est utilisé au mieux. pas de loge individuelle, mais une rangée de miroirs ne peut accueillir qu'une moitié des artistes.

Je vais réentendre une ultime fois la flûtiste pour mon DSCN6455plus grand plaisir durant l’une de ses répétitions, à laquelle elle m’a conviée hier soir. Quel dommage que je n’ai pas noté son nom dans mon ordi… Peut-être un jour retrouverai-je cette liasse perdue des programmes de la croisière ?

DSCN6464Dans l’après-midi, il faut se soumettre une fois de plus au test de température afin d’obtenir le feu vert pour débarquer à Hong Kong (risque de H1N1 je vous le rappelle). Une plaquette glissée quelques secondes dans la bouche et c’est OK. Que se passerait-il si ce n’était pas bon ? Devrait-on rester à bord ? Peu probable… plus sûrement, un transport sanitaire jusqu’à l’aéroport et isolement.

Je n’ai gardé aucun souvenir du dîner, ni de la soirée… Y ai-je seulement assisté ? Je suis arrivée non à saturation, mais j’ai envie de me retrouver chez moi, de revoir les miens, de vivre ma vie comme d’habitude après cette parenthèse lumineuse.


Ils étaient tous chargés de nous rendre la vie agréable
envoyé par bourlingueuse. - Evadez-vous en vidéo.