Je me promène depuis quelques semaines dans l'arbre généalogique charentais de l'homme de ma vie, je saute de branche en branche, et découvre de nouveaux rameaux en lisant les vénérables actes griffonnés, raturés, illisibles au premier regard. Et j'avance...

Il y a une cousinade à Soubise le 31 juillet, et j'y reviendrai ici, car la vedette de la journée sera l'ancêtre premier du nom, qui transmettra à sa descendance un nom qui n'est pas le sien : Juillet.

Mercredi 4 novembre

J’ai fait le tour du cadran, et me suis attribuée un bonus de deux heures supplémentaires… Je crois que c’est la première fois que j’ai besoin de 14 heures de sommeil… C’est peut-être le signe qu’il est temps de retrouver la maison !

Lorsque j’entre à la bibliothèque, Joyce y joue au scrabble avec Sue cette Australienne si cordiale, et « ma » prise électrique est libre. Je vais pouvoir continuer le tri des photos et rédiger le carnet de bord. Nous naviguons vers Shanghai entre les côtes chinoises et celles de l’île de Taiwan (on ne dit plus Formose, comme j’ai appris à l’école). Par les grandes fenêtres, des flottilles taïwanaises sont groupées en action de pêche et le sillage du Volendam laissant très peu de vagues derrière lui, il ne devrait pas perturber les pêcheurs.

J’y passerai la quasi totalité de la journée, recevant la visite de gens bienveillants qui me parlent un anglais austral dont je comprends trois mots sur cinq. Une rapide incursion au Lido pour les sushis, servis seulement au lunch, et me voilà à nouveau dans mon cocon. Kimberley ne sera là qu’après 7.00 pm et je ne peux envoyer de lecture à mes « kids ». J’ai envoyé deux cartes de Hong Kong qui seront timbrées de Shanghai. Une à mon chirurgien, le Dr Michel Coisy pour lui dire que ses deux prothèses et moi avons fait le tour du monde (enfin, elles auront fait le tour du monde quand je le verrai dans trois semaines. La seconde est pour Odile, qui aura 85 ans vendredi 6 novembre.

Nous sommes ce soir conviées à la réception du captain au Crow’s Nest en grande tenue à partir de 7.15 h. Joyce passera me chercher à 6.30 h (6.10 h ?) ainsi, nous serons les premières… à attendre derrière la porte ! L’invitation prrécise que, comme la fois précédente, on ne se serrera pas la main pour éviter la prolifération des germes.

Joyce a frappé à la porte à 6.10 pm comme je l’avais prévu… et là j’ai râlé… La réception est dans UNE heure ! Pourquoi faire comme l’autre fois quand mon dos me faisait si mal : être parmi les premiers et attendre debout l’ouverture des portes ? J’avais dû m’appuyer à la rambarde de l’escalier pour soulager mes lombaires. Mais Joyce est un dictateur à la voix douce et dotée d’une bonne volonté que rien n’entame. Elle propose, puisque nous avons le temps, de voir les photos de ces jours derniers, et je l’installe devant l’écran le temps de finir de me préparer… J’aimerais avoir l’avis d’un psychanalyste sur la maladie de ceux qui ont si peur d’être en retard qu’ils arrivent beaucoup trop tôt. Peut-être un peu vexée, elle part et me donne rendez-vous au Crow’s Nest à 7.10 pm. A vos ordres, mon colonel !

DSCN6040A l’heure dite, persuadée de trouver Joyce devant l’entrée du Crow’sDSCN6039 Nest, j’arrive… la première : il n’y a personne, hormis les serveurs qui montent les plateaux des cuisines ! Il faut seulement quelques minutes pour qu’une dizaine de personnes n’arrivent, et parmi elles, Joyce à qui j’ai fait remarquer que j’étais là avant elle !

C’est une soirée plus intime que la première fois. DSCN6041Après avoir pris la photo de circonstance, j’ai remercié le captain d’avoir signé mon certificat de Tour du Monde. Avec un large sourire, Il admet que c’est « unusual » (inhabituel). Du champagne à gogo, des vins rouges pour ceux qui les préfèrent, du jus d’orange pour les plus sages, et enfin du Coca Cola pour ceux qui se veulent du mal ! Des canapés délicats, des fruits, c’est vraiment la classe !

Deux jeunes musiciens, une violoniste et un violoncelliste, jouent sansDSCN6044 DSCN6051conviction des sonates languissantes de Mozart, dans une indifférence bruissant des conversations mondaines ou chaleureuses. Ils restent stoïques et échangent parfois quelques mots entre chaque interprétation. Ils s'ennuient, visiblement, sans doute déçus de faire un "flop".

Peu avant 8.00 h Joyce est démangée par l’heure, et fait signe qu’elle veut manger… Relax… Be zen… DSCN6055Bon ! C’est à nouveau la course…

Pour une fois, je lui ai damé le pion : j’ai fait les présentations la première ! C’est une table de quatre et deux convives y sont déjà : c’est un couple british qui, voisinage oblige, connaît bien la Bretagne. Ils parlent au moins l’anglaisDSCN6059 classique et sont faciles à comprendre. Les pattes de crabe d'Alaska sont proposées à ceux qui ne souhaitent plus de langouste... Ce sont nos deux musiciens de tout à l’heure qui assurent l’ambiance du dîner, dans le même désintérêt que celui qu’il ont subi au Crow’s Nest.

DSCN6058Le pianoman s'est fait élégant ce soir et arbore une tunique de soie brodée.

Une longue journée nous attend demain à Suzhou, que j’ai visitée il y a vingt ans. Agus n’a pas laissé de petite bête ce soir…