28 février 2009
Le Paris des années 50
Je me défoule en mettant en couleurs ce qu'un célèbre photographe a immortalisé en noir et blanc dans les années 40/50. Aujourd'hui, nous sommes sur le pont des Arts où un peintre facétieux fait un nu inspiré d'un modèle chaudement vêtu ! Où est aujord'hui cette toile ? Ce peintre a-t-il fait carrière, ou est-il resté un rapin inconnu ? Qui saura nous le dire ?
22 février 2009
Mon petit dernier !
Bon ! les faux naïfs haïtiens, je crois que je les oublie pour le moment... Mes aurores boréales sont dans l'impasse en attendant que le talent me vienne...
J'ouvre un nouveau volet : le Paris des années 50, et excepté pour le tableau que je vous soumets (et qui n'est pas encore signé, donc améliorable !) seront directement inspirés et librement interprétés des clichés en noir et blanc d'un célèbre photographe de l'époque et que je mettrai en couleurs.
Je compte les offrir à la dizaine de familles qui vont m'accueillir lors de mon prochain périple en Outre-Atlantique, du Texas à Montréal en passant par une douzaine d'Etats. Sauf le Canada, je ne devrais pas allonger la liste des States que je connais (40 au compteur !) ce qui ne veut pas dire que je connais les 4/5 des USA...
Voilà donc mes petits poulbots qui s'essaient à la navigation, attendant peut-être d'être plus amarinés pour entreprendre la traversée du canal Saint-Martin. Qu'en pensez-vous ? Vos conseils devraient m'être plus profitables que trop de compliments ! Merci.
17 février 2009
Ce que nous aurions dû voir à Fiambala...
Je trouve ces photos qui montrent les thermes en leur état habituel...
Plouf !
Faute d'avoir de la peinture à vous offrir, je vous invite à continuer notre voyage en Amérique du Sud, puisque nous avons quitté le territoire de la Patagonie depuis quelques jours.
Les thermes engloutis…
Dimanche 23 mars
Lorsque Edmundo donne le signal du départ, deux lapins tra
versent en
sautillant devant nous et filent dans les buissons. L’étroite piste rouge qui serpente entre les montagnes est bordée de champs de saguaros. Au col, un panneau indique que l’altitude est de ? ? mètres et nous descendons vite vers Chilecito, l’ancienne ville minière où autrefois venaient travailler les Chiliens, d’où son nom. On exploitait dans la montagne des gisements d’or, d’argent, d’étain, de cuivre. Un petit musée retrace aujourd’hui
l’histoire de la mine et des trente cinq km de câble qui reliaient la station 1 en bas où nous sommes, jusqu’à la dernière tout en haut. La mine fut ouverte par les Allemands au début du siècle, en 1908, puis exploitée par les Anglais jusqu’en 1928 qui la fermèrent quand la chute du cours de l’or fit qu’elle n’était plus rentable. Rouverte un temps par les Argentins, elle est définitivement arrêtée depuis 1953. La gardienne sort les livres de comptabilité des années 20, calligraphiés à la plume, mais une impressionnante machine à écrire trône encore, et des téléphones d’époque sont alignés sur une étagère.
La noria immobile des wagonnets est encore visible sous un hangar
et ceux qui veulent en savoir plus grimpent dans les étages à la suite de la jeune femme qui explique les difficultés du travail, les accidents, et le contrôle rigoureux du poids des minerais, effectué à chaque station. Aux jumelles, on voit parfaitement le câble métallique et les innombrables poteaux de soutènement qui le supportent à perte de vue.
Des enfants se sont agglutinés autour des 4 x 4 et demandent « money ». Ils sont sales, morveux, certains à demi nus, les cheveux gras, mais ils sont visiblement en bonne santé. Une toute petite fille à la tignasse impressionnante, est totalement nue et marche sur le sol pierreux sans gêne apparente à la remorque de sa grande sœur.
Pendant notre visite, les z’Ed sont allés faire leur marché, et notre
lieu de
pique-nique sera le sympathique jardin du musée, qui était à l’origine celui de la direction de la mine. Les pleins de gazoline ne se feront pas à la station voisine, faute de combustible dans les citernes qui n’ont pas été approvisionnées.
Plusieurs fois des derniers jours, Edmundo nous a parlé de thermes volcaniques et de bains chauds que nous pourrons prendre en pleine montagne dans un cadre… mais dans un cadre… à l’entendre, si ce n’est pas tout à fait le paradis, ça y ressemble !
A Fiambala, deux tours de place nous sont nécessaires à Ed
war pour
trouver du pain en cette fin d’après-midi dominicale, mais nous voilà enfin sur le chemin des thermes. La position des roues 4 x 4 motrices est nécessaire pour franchir certains passages de la piste, où des parties de la chaussée ont été emportées. Visiblement, Edmundo ne se pose aucune question, il est seulement impatient de se plonger dans l’eau chaude des thermes. Il nous assure que nous y serons seuls, nos tentes seront plantées à proximité immédiate de la dizaine de bassins qui se déversent l’un dans l’autre, les derniers étant plus tièdes que celles du niveau supérieur.
Soudain, une chaîne barre la route à laquelle, pendent des triangles de plastique rouge (danger). Un coup de klaxon fait bientôt apparaître un homme qui s’avance vers la portière d’Edmundo et ses dénégations en espagnol aux questions nous font vite penser que… tout est fichu ! Je crois bien avoir entendu un gros mot dans l’air ambiant… le chef d’expédition semble consterné : puis les choses s’accélèrent, le gardien va chercher quelque chose, monte derrière près de Jean-Claude, et les voitures grimpent sur la piste complètement défoncée, jusqu’à un espace entre deux tas de pierrailles.
C’EST LA ??? Où allons-nous planter les tentes ? Un paysage de désolation s’étale devant nous : la montagne est littéralement tombée sur le site, tout simplement. Fin janvier, un torrent de boue et de rocs a dévalé la pente pour remplir les 12 piscines naturelles aménagées par des murets de pierres. Deux bassins ont commencé à être nettoyés, mais l’eau détournée ne les pénètre pas encore. Seules, deux piscines sont utilisables, même si des cailloux restent encore dans le fond.
Où va-t-on planter les tentes ? Je saisis au vol une phrase qui, d’un coup, me requinque le moral : nous allons dormir dans le bungalow des fonctionnaires municipaux : 4 chambres à 4 lits individuels. Il faut seulement apporter son duvet. Le chemin qui grimpe dur n’est pas aisé entre les caillasses, les déblais, les trous, mais il ne nous faut pas longtemps pour nous mettre en petite tenue ! Le défilé des maillots de bain fait son petit effet, et, sauf Maïté qui ne trouve pas ses slips noirs, nous voici tous à la baille, pendant que nos z’Ed préparent un lomo saltado aux oignons frits dont le fumet nous chatouille les narines.
L’apéro se résume au whisky/rhum pour ceux qui aiment et il n’y a plus de vin pour les dîneurs. Dans la faible clarté de la lampe, assis sur des demi-parpaings autour d’une table ronde de lave polie échappée du désastre qui n’a pas été emportée, à la manière des scouts de notre jeunesse, nous entamons une veillée en chansons.
Que cache donc Edwar derrière son dos ? C’est un cadeau à la « Non Difunta Blanquita » (la non-défunte Blanche), et les deux bouteilles qu’il brandit ont fait plus de kilomètres que nous : c’est le reliquat d’une caisse de 12, offerte à Edmundo il y a longtemps par un ami, et cachées dans une cave secrète sur laquelle nous étions assis, et qui nous ont suivis partout…
Pendant la vaisselle, nos deux z’Ed se sont éclipsés, et les grands rires de nos éphèbes nus à la patouille s’entendent dans la nuit noire...
15 février 2009
Avons-nous l'esprit civique ?
J'espère pouvoir vous faire profiter du petit test que m'a envoyé ma Gwad'loupéenne préférée, et qu'il vous distraira un instant...Congs_2009
08 février 2009
Le désert de Talampaya
Je crois avoir trouvé la raison des décalages de la mise en page bouleversée du dernier message (et d'autres auparavant, mais dans une moindre mesure). Ce qui ne veut pas dire que je me l'explique... Si quelqu'un peut m'éclairer ? Donc, si j'écris dans un texte copié/collé "la Croix du Sud", le fait de mettre une majuscule à Croix perturbe la technique, mais si j'écris "ma Croix", ça fonctionne : de même pour la Vallée de la Lune, 3 m, bref... la technique n'aime pas !
Je repars à zéro pour les peintures, donc, prenez patience et continuons de voyage en Patagonie... si vous le souhaitez !
La nuit dans le désert
Samedi 22 mars
On ne parle plus du suicide de Saddam Hussein, même si Bagdad est toujours sous les bombes, et les perruches qui n’ont pas sans doute pas regardé la télévision commencent leur journée, et tournent en un grand vol circulaire avec des cris prolongés et discordants.
Aujourd’hui, la traversée des villages montre plus de vie : c’est samedi… Les écoliers sont en congé et courent dans la rue, des vaches ont été sacrifiées dans un cagibi qu’il est difficile d’appeler abattoir, et la piste est toujours aussi poussiéreuse ! Un cheval mort au pelage roux gît sur le bas-côté, que les charognards n’ont pas encore entamé. Je suis aujourd’hui dans le « greyhound » d’Edmundo qui a dû stopper afin d’attendre Edwar et sa remorque qui roulent moins vite. Un coup d’œil de l’autre
côté de la piste révèle une fleur blanche qu’un cactus nous offre en cadeau, et dont nous emportons le souvenir.
Deux maras (lièvres patagoniens) courent devant les voitures d’une curieuse allure sautillante, sans avoir le réflexe de sortir de la route. Pendant près de 500 mètres
Un condor nous accueille dans le ciel du parc de Tulampaya, puis un autre mara qui marche sur le côté de la piste : il est perché sur ses hautes pattes et se déplace comme un chien. Un petit renard gris déambule sans crainte à l’endroit sans un arbre où nous allons planter nos tentes, sous un soleil de plomb et à midi solaire… Pas une ombre, seulement des grosses pierres qui ont délimité un foyer, et quelques résineux autour desquels rôde toujours le renard gris. Notre linge, pas sec de la veille
ne tardera pas à l’être, étalé sur les tentes ou sur les buissons alentour. Avant le repas pour lequel nos z’Ed refusent de l’aide, nous allons voir ce que propose la petite cabane de souvenirs (qui tient lieu de visitors center) où une jeune Indienne vend d’adorables poupées de papier.
Le plat péruvien (arroz ?) qu’ils nous ont préparé est un délice que nous préférons manger au soleil, où il fait plus frais (enfin… disons nettement moins chaud) que sous la tente du mess. Marylène est volontaire pour laver la vaisselle, histoire de se tremper les mains dans l’eau « froide ».
L’accueil du parc est un vaste bâtiment avec toilettes et lavabos rudimentaires, sans électricité, et une salle de restaurant un peu boui-boui qui permet au visiteur de boire l’eau ou la bière tièdes, et de manger simplement. Avant d’aller y prendre le café, nos deux zèbres s’adossant au mur semblent faire la manche. N’écoutant que son grand cœur, Jean-Claude leur file une pièce.
Le départ est donné par un guide assermenté du parc
qui va nous faire visiter le cañyon, et les quatre voitures se suivent en cortège dans un paysage de grès rouge aux étonnantes sculptures. Des pétroglyphes vieux de – 500 à + 900 ans de notre ère posent leur éternelle énigme à laquelle personne n’a encore donné de réponse.
Une « cathédrale gothique » naturelle est taillée dans la paroi rose, et des couples s’y seraient mariés, selon le guide. Un condor de pierre semble la sentinelle du lieu.
Les falaises entre lesquelles nous progressons rappellent curieusement Bryce Canyon par la couleur de ses cheminées, mais aussi Petra lorsque les parois se rapprochent en un étroit défilé. Un oasis est niché au fond du canyon : la nappe phréatique est à trois mètres au-dessous et des caroubiers de 300 ans étendent leur ombre sur un surprenant jardin botanique. Beaucoup de végétation dont la présence s’explique par la présence de l’eau. Des pétroglyphes plus récents, qui datent sans
doute d’après l’arrivée des Espagnols puisqu’on devine la tête et les jambes de devant d’un cheval. Une cheminée semi-circulaire monte droit dans la falaise… « 1… 2… 3… ECHO ! ». il répond trois fois : ECHO… ECHO… ECHO… Nous avons renouvelé l’expérience avec « Hurrah ! » ça marche aussi !
Le moine et la bouteille. Je trouve au premier une
ressemblance avec St Louis couronné, mais ici, qui connaît le fils de Blanche de Castille ? La longue promenade se poursuit dans une végétation plus dense qu’en haut des falaises où sont nos tentes. Sur une paroi lisse un dessin évoque nettement un hippocampe, ce qui pourrait laisser penser à une population qui a connu la mer…
Sont-ce des têtards qui sont gravés sur la roche, ou des personnages qui dansent ?
De l’eau suinte et court en mince filet, le défilé se resserre et l’analogie avec Petra devient évidente, mais il n’y a
plus à Petra la moindre trace d’humidité. Nous laissons les voitures pour continuer à pied, pataugeant dans ce qui est maintenant devenu un ruisselet d’eau claire, filtrée dans le sable et les
roches. Des algues vertes et des têtards y prolifèrent. Après la traditionnelle photo de groupe, nous profitons de la fraîcheur de son
ombre bienfaisante.
Nous devrions avoir un coucher de soleil qui éclairera de rouge les falaises en face de notre camp. Edmundo nous dit qu’ils sont les seuls guides assez fous pour proposer de camper à un pareil endroit. Le petit renard gris est revenu rôder, mais il ne faut pas lui donner à manger, il doit savoir se nourrir seul.
Le ciel qui, dans la journée avait été pur, se couvre de brumes légères qui voileront « ma » Croix du Sud, et
compromettront l’éclairage du coucher de soleil sur les falaises, que les jeunots du groupe sont allés gravir pour être aux premières loges. Ils n’ont pas vu le soleil, caché dans les nuages, mais ont dévalé la pente plus vite qu’ils ne le voulaient et, à l’arrivée, leur exubérance est proportionnelle à la quantité de sable qu’ils ont dans leurs chaussures.
Puisque j’ai failli, une fois de plus, être abandonnée dans la nature, on a décidé de me sanctifier dès ce soir sous le vocable de « Blanquita de la vallée de la lune », et le premier, Jean-Claude vient faire ses dévotions en déposant à mes pieds deux kils de rouge afin de laisser à Difunta Correa l’exclusivité des bouteilles d’eau !
Non seulement ma Croix du Sud était là, dans le ciel redevenu clair, mais j’ai fait connaître aux copains le Nuage de Magellan*, que nous avons longuement observé aux jumelles. Le petit zorro gris est-il venu rôder ? Je n’ai rien entendu.
* Les nuages de Magellan sont deux galaxies naines irrégulières qui orbitent autour de la voie lactée et sont ainsi des membres de notre Groupe local de galaxies.
Le Grand Nuage de Magellan et le Petit Nuage de Magellan sont les objets du ciel profond remarquables de l'hémisphère sud. À l'œil nu, ils ressemblent à de petits morceaux qui se seraient séparés de la voie lactée.
03 février 2009
Faute de montrer mes oeuvres, je vous emmène en voyage !
Je n'étais déjà pas satisfaite de mes deux tableaux sur lesquels j'avais tenté de reconstituer mes souvenirs d'aurores boréales roses et rouge orangé, mais j'ai tout fichu par terre en essayant un nouveau vernis dont "l'aspect laiteux disparaîtra au séchage". Ca c'est la théorie et l'argument de vente... Mes tableaux semblent givrés. Mais comme je ne me considère pas comme battue, je remettrai l'ouvrage sur le métier, et je tenterai de faire mieux !
Et si on continuait ensemble le voyage en Patagonie ? Vous n'êtes pas obligés de faire l'effort de me suivre et nous nous retrouverons dans quelques jours si vous le désirez...
La Vallée la Lune
Vendredi 21 mars
C’est aujourd’hui le printemps, mais ici, c’est le premier jour de l’automne, mon fils Hervé a 45 ans, Saddam ne s’est pas suicidé, et le lit d’Alice a tremblé… ce sont les nouvelles du matin !
Course de vitesse pour prendre possession de la douche, car WC et douche ne font qu’un, et celui qui occupe la place, même s’il n’utilise qu’un seul des ustensiles, laisse les autres prétendants le bec dans l’eau (si j’ose dire !)
Les sandwiches préparés, les petites lessives étendues, les photos dans la boîte (le disque dur de Christian), le départ est donné pour le lancement vers la Lune la Vallée la Lune. 80 km
récent orage, rencontre de gauchos (beaux comme au cinéma, dis !) mais aussi de
vautours dans un arbre et d’autres tournoyant dans le ciel autour d’une carcasse.
Le parc Ischigualasto (à vos souhaits !) dont le nom indien signifie « terre sans vie » se mérite. Il y a 180 millions d’années il grouillait de vie, dinosaures et autres animaux y faisaient leur miel. Le paradis en quelque sorte… et puis, il y a 12 millions d’années, les Andes surgirent, bouleversant le climat, et elles en firent un cimetière désertique que le temps a recouvert de sédiments que l’érosion fait peu à peu réapparaître. Le parc a une importance scientifique considérable, car il est un des seuls endroits au monde où sont représentées toutes les étapes de l’ère triasique (de 248 à 206 millions d’années) et l’Université de San Juan invite les chercheurs du monde entier à venir y faire des fouilles. C’est la raison impérative pour laquelle il ne faut pas franchir les pierres qui balisent les passages.
Nos visages ont été beurrés d’huile solaire d’indices de protection divers, mais les épaules que j’ai oubliées se feront douloureusement sentir dans les prochaines heures.
Dans la cabane de l’accueil le squelette d’un être préhistorique est exposé dans une vitrine, au-dessous d’un panneau de militantes féministes argentines qui proclame « Tu es né d’une femme. Répète-le »
Un guide, Raoul va accompagner nos voitures pour un parcours de 40 km la Vallée la Lune
rocs leur empreinte fossile. Une brume légère voile l’horizon au-dessus de
Armstrong et Aldrin n’étaient déjà plus là lorsque nous y arrivons.
Une courte marche de ¾ d’heure sous un soleil écrasant nous fait parcourir le fond de la Vallée 1500 m
buissons d’épineux arrivent à survivre et font le bonheur des guanacos. Un jeu de pétanque paléolithique apparaît bientôt : des boules de lave ayant tant roulé qu’elles en étaient devenues parfaitement sphériques, puis avaient fini par être recouvertes de sédiments, que l’érosion fait peu à peu disparaître. Le vent a déformé à son
tour ces boules réapparues… Le soleil tape dur, mais une légère brise atténue l’effet de four : nous
sommes à
Habituellement, je suis la victime expiatoire qu’on laisse aux Indiens en cas d’attaque, mais aujourd’hui, on parle de m’abandonner dans la Vallée la Blanche la Lune
L’étape suivante fait réapparaître les saguaros au pied de trois formations en forme de cheminées de fées, mais ici, les fées n’ont pas la cote. La photo de groupe les aura comme décor en toile de fond.
L’ultime halte est pour le « champignon » qui joue les stars sur fond de falaises rouges aux piètements verts, qu’on
pourrait croire des façades de cathédrales. Pas un instant, Edwar ne m’a lâchée, prêtant son épaule ou me tenant la main dans les passages délicats.
Les pauvres bougres qui, à l’entrée du parc, vendent des pierres à 3 francs 6 sous passent leur journée en attendant passivement les quelques pelés qui leur donneront la recette de leur journée pour les aider à vivre.
Sur le chemin du retour, plus de vautours, que leur nombre a permis de terminer le nettoyage de la carcasse de ce matin, qui aurait été celle d’un cheval. Intéressante visite à un petit musée qu’un amateur passionné de pierres a ouvert en
pleine campagne, et qui a permis à quelques-uns d’entre nous de trouver des cadeaux originaux. Sur le chemin du retour, des pourpiers dans un coin de champ ont trouvé assez d’eau pour fleurir…
La fraîcheur du soir est un bonheur pour mes coups de soleil. Le silence est ponctué par les vols de perruches qui piaillent, et une musique assourdie nous parvient du village. La TV
Ce soir, nous avons du cabri grillé pour le dîner, et nos deux z’Ed s’affairent déjà autour du feu. En s’installant à table, Edmundo, gravement, nous donne un instant d’émotion et demande d’avoir une pensée pour les populations civiles de Bagdad, ces pauvres gens qui vont souffrir et peut-être mourir par la folie des hommes parce que, pour leur malheur, il y a du pétrole dans le sous-sol de l’Irak.
Le cabri, grillé à point, arrosé d’un vieux rouge des familles et qu’on doit finir ce soir sous peine de sanctions a ravivé des souvenirs anciens pour plusieurs d’entre
nous. Le chevreau de Pâques était une tradition familiale qui a perduré, malgré une défection de quelques années.
Les crêpes d’Alice, saluées d’une gavotte « le loup, le renard et la belette » avaient déjà allumé plus d’un œil. Mais le clou de la soirée fut lorsque Edwar dut se soumettre à l’épreuve du frontibus, du nasibus, du mentibus… et j’en passe !
Nous avons fini par parler de cette plante dont j’ai oublié le nom, qui est interdite en France parce que, ayant un pouvoir plus sucrant que la canne, elle mettrait en péril les cultures sucrières de nos DOM-TOM, et dont nous voudrions bien rapporter quelques graines juste pour voir...
Les femmes s’étant proposées pour la vaisselle, les hommes peuvent partir en toute tranquillité « courir la gueuse » au village, hormis nos z’Ed, trop sérieux pour se mêler à ces distractions d’ados, mais qui reviennent sans vergogne manger les crêpes qu’Alice s’est remise à cuire. La musique au village n’était pas une fête, mais une réunion électorale où le candidat promettait du travail aux électeurs (la Lune, quoi !) comme les politiciens de tous les pays.
Air connu… « Reviens, Léon, on a les mêmes à la maison ! »









