22 mai 2008
Trente ans que je lui courais après !
Il y a quelques semaines à un congrès de généalogie, j'ai fait imprimer l'arbre familial pour chacun de mes enfants. On n'a pu y faire figurer que dix générations, car l'impression de la totalité eût nécessité une feuille de 7,5 m, la branche la plus complète s'étendant sur 21 générations, et une grande partie des autres sur 18... ce qui nous ramène mine de rien à des "ayeux" vivant sous le règne des enfants de Catherine de Médicis ! Louis Benon, lui, dit l'Ancêtre, est né vers 1535, sous le règne de François 1er, le gendre de notre bonne duchesse Anne de Bretagne...
Bon ! Je sens que je vous ennuie avec l'Histoire de France, alors revenons à notre arbre. Si vous jetez un coup d'oeil sur celui-ci, vous constaterez qu'il y a des manques, des "blancs" dont deux qui entament profondément le shéma : dans l'un des cas, pas de mystère... c'est que depuis 1848, le papa court encore sans avoir pris le temps de laisser ses coordonnées ! De cet enfant, Juillet auquel on n'a pas même donné un prénom, je vous parlerai un jour... J'ai trouvé son acte de mariage, son contrat devant notaire, avec le nom de sa mère et celui des parents de sa jeune épouse... et c'est là que les choses se sont compliquées : si j'ai pu remonter sans trop de peine son ascendance maternelle et celle du beau-père, rien n'a pu me mettre sur les traces de Marie Bonnin la belle-mère. Et j'y ai mis de l'obstination, croyez-moi ! J'ai compulsé les registres de recensement, ceux des mairies environnantes, mais Marie restait introuvable. J'ai fini par la laisser aux oubliettes d'où je la sortais de temps en temps sans pouvoir faire avancer le schmilblick.
L'impression des arbres ayant mis en évidence sa trace presque en négatif, j'ai lancé un appel sur Internet. Et... et... Non ! Zorro n'est pas arrivé! Mais il y a quelques jours il m'a été signalé un mariage de 1859 dans un tout petit village charentais, qui pourrait être celui que je cherche. La mairie n'est pas ouverte tous les jours, et j'ai dû téléphoner plusieurs fois avant qu'on me réponde. Au bout du fil, la voix aimable à laquelle j'ai exposé ma recherche me demande de patienter le temps de chercher le registre.
Bingo ! Marie Bonnin et ses parents sont désormais sortis du néant, après trente ans d'investigations, et je vais pouvoir (avec ses ancêtres), enfin la faire grimper aux arbres ! ! !
Les cases en jaune sont celles dont les titulaires entrent deux fois ou plus dans l'ascendance familiale.
15 mai 2008
Pour vous faire rire un peu
J'ai laissé mes pinceaux faute d'inspiration... alors je vous emmène à nouveau sur les pistes patagoniennes où, pour passer le temps, on a beaucoup ri en se racontant des histoires. Ne pincez pas la bouche : si elles ne vous plaisent pas... passez votre chemin en attendant la suite !
On se raconte des histoires…
Mardi 18 mars
Le téléfon de François a ses vapeurs dès 6 heures du mat’, et, bien entendu, nous sommes prêts bien trop tôt pour les 7.15 h du rendez-vous dans le hall. Les Mots Croisés de Michel Laclos m’aideront à patienter. Panique à bord, les croissants ne sont pas arrivés et le gérant de l’hôtel appelle frénétiquement son pâtissier. Il n’a, heureusement, pas entendu parler de Vatel, et, aux dernières nouvelles, aurait survécu, car les croissants n’arriveront pas.
A Bariloche, et jusqu’à San Martin de Los Andes, les constructions, les réverbères, les clôtures, les panneaux, les bancs publics avec un toit, tout est en bois, avec plus ou moins de bonheur. Allemands et Suisses s'y sont établis.
Aujourd’hui, il va falloir pédaler dur et avaler les kilomètres, mais rien
n’empêche d’ouvrir les yeux pour admirer le paysage. Plusieurs arrêts panoramiques permettront d’en garder les images, dont l’un pour un étonnant lac-miroir qui pourrait refléter les montagnes lointaines, si, précisément, elles n’étaient pas si loin !
Le Volcan Lanin nous montre au loin sa silhouette parfaite, couronnée de glaces, et un gros nuage blanc donne d’ici l’illusion qu’il fume. Il joue à cache-cache avec nous selon le relief de la piste. « Quelle femme acceptera
de montrer ses jambes pour qu’Edmundo nous conduise au pied du volcan ? » demande Christian, « ça ne sert vraiment à rien de s’encombrer de nanas ! ». Maïté ne soulèvera pas ses jupes, mais c’est elle qui viendra gentiment faire un bisou au chef d’expédition… qui doit expliquer que le Lanin est beaucoup plus loin qu’il n’y paraît, et nous avons de la route à avaler… beaucoup de route !
Edmundo nous a confié qu’il a mis son petit Edmundito sous la protection des dieux tutélaires incas, et que sa photo a été déposée par un de ses amis andistes au sommet du plus haut sommet du Pérou.
L’arrêt pique-nique se fait dans un virage qui semble un lieu sacr
é, domaine
de divers saints, connus et inconnus. Y figurent Difunta Correa, bien sûr avec son lot de bouteilles d'eau, Gaucho Jil évidemment, mais aussi une quinzaine de petites chapelles pitoyables, alignées au petit bonheur des deux côtés de la route. « C’est un car entier qui a dû se renverser ici ! » dit Maïté. Christian ramasse une étonnante pierre verte, qu’il pense ajouter à celles qu’il a déjà dans ses sacs. Pourrons-nous faire confiance à Aeroliñeas Argentinas pour faire décoller un avion surchargé ?
Le panorama change à chaque heure et de la
montagne verte aux monts pelés par le vent, la steppe et les canyons, la palette est large. Pour passer le temps, on se raconte des histoires, et Bernard attaque le premier :
Un père de famille est à l’agonie, et ses trois fils, voulant lui montrer leur gratitude et le remercier de la bonne éducation qu’ils ont reçue, se retrouvent à son chevet et décident de lui offrir quelque chose qu’il puisse emporter dans sa tombe. L’aîné pose sur la poitrine du patriarche un billet de 500 € en disant toute sa reconnaissance. Le cadet, ne voulant pas faire moins, dépose aussi un billet de 500 €. Le plus jeune a lui aussi, les mêmes sentiments que ses frères, mais il n’a pas assez d’€ dans son portefeuille, qu’il a d’ailleurs oublié. Saisissant soudain les deux billets, il dit au moribond « Je te fais un chèque de 1.500 €, ainsi, tu ne perdras rien »…
Edmundo embraye avec celle des trois hommes qui parlent de leurs stupides épouses :
Le premier dit « Rendez-vous compte, ma femme veut conduire une voiture, et elle n’a même pas de permis ! »
Le suivant : « La mienne est pire, elle veut piloter un avion, et elle ne sait pas conduire une voiture »
Le dernier rit un bon coup avant de conclure : « Vos femmes sont bêtes, d’accord, mais à côté de la mienne… Pensez, quand elle part en voyage, elle emporte des préservatifs, et elle n’a même pas de zizi ! »
Une autre encore :
Un artisan cloutier de Cuzco vivait tout à fait heureux de son sort. Un Jacques Ségala local (Yago Segalo ?) vient le voir un jour et lui dit « Pourquoi ne pas vous faire connaître, faire de la pub, vous vendriez plus, et vous pourriez même exporter votre production ! ». Après avoir longtemps hésité, car il n’avait pas de grandes ambitions, il finit par accepter de faire une pub, comme ça… pour voir. Deux jours plus tard, on lui apporte une maquette qui montre Jésus sur la croix avec ce commentaire « 2.000 ans de référence, le clou Cuzco tient ! ». Le cloutier est effaré « Non ! non ! je suis bon catholique, Rome va me tomber dessus… pas question d’accepter ça, je refuse ! »
Deux jours plus tard, nouvelle maquette : Jésus n’est plus sur la croix, il a sa couronne d’épines, les cinq plaies, mais il dévale le mont des Oliviers poursuivi par deux Romains dont l’un dit à l’autre « Tu vois, si tu avais utilisé les clous Cuzco !!! »
Nous évoquons aussi le survol des lignes de Nazca, pendant lequel Annette avait la tête dans le sac à vomir… « C’est donc bien une femelle ! » commente Alice.
Il a fallu rouler sans pratiquement s’arrêter, et 645 km
Dix Français débarquent dans le resto d’un petit village, où clients et serveur ont l’œil rivé à l’écran TV où se dispute le match de football Chili-Paraguay qui met en présence les Catholicos contre les Portens. Le patron propose en entrée une tranche de langue de bœuf avec une sauce épicée, 2 ou 3 beefsteaks selon demande servis avec des salades variées, flan maison ou salade de fruits. Le tout pour 18 pesos, avec le vin. Tous les beefsteaks n’ont pas la même qualité, mais chacun a eu au moins un morceau tendre.
Nos adorables z’Ed, malgré leur fatigue, sont venus nous chercher pour nous éviter de rentrer à pied, et les 4 x 4 emportent même ceux qui avaient des velléités de marche.
Pourquoi le nom du village Chos Malal est-il souvent volontairement rendu illisible sur les panneaux routiers ? Vendetta avec les villages voisins ? Nous n’avons pas eu la réponse.
12 mai 2008
Roberto, le lièvre argentin
Longtemps que nous n'avons pris la route sur les pistes de Patagonie, même si San Carlos de Bariloche est une ville plutôt mondaine qu'il faut bien traverser avant d'aller plus loin redécouvrir la Nature...
Il court, il court… Roberto !
Lundi 17 mars
Embarquement dans un minibus, conduit par un guide. Le lac Nahuel Huapi a ce matin des couleurs de saphir, mais nous allons au Lago Mascardi, où le parc naturel est géré par les Indiens Mapuches. Le bus suit un chemin étroit et sinueux où il passe à peine, franchit des passerelles en troncs d’arbres recouverts de terre qui permettent de franchir un torrent… nous commençons à nous demander où nous mène Roberto, le guide barbu assermenté. En cas de pépin, qui viendrait nous chercher ici ?
Un bâtiment de bois inachevé est le point de départ de la randonn
ée. Nous pouvons entrevoir le lac Mascardi entre les arbres, mais, suivant Roberto, nous nous enfonçons dans le sous-bois à la vitesse d’un cheval au galop, crapahutant au-dessus des ruisseaux, des troncs d’arbres renversés, enjambant les talus avec l’aide de mains secourables. Bernard et Christian renouvelant leur BA du Pérou, tentent de me hisser en me tirant vers eux, cette fois : la « marche » est haute, et mon pied qui pivote sur la terre pâteuse me déséquilibre, car l’autre ne prend appui que sur la pointe. J’ai bien cru que mes « supporteurs » allaient se trouver avec moi au fond du fossé. On n’a pas fini d’en reparler, si vous voulez mon avis !
Le parcours continue dans le bois, mais j’ai maintenant une canne que m’a trouvée Edwar qui m’aide et m’offre son épaule dans les passages diffic
iles. Nous voici enfin sur la plage où je décide de rester pendant que le
groupe va s’épuiser à suivre dans la montagne un « lièvre » argentin de la race robertus velocitus. J'ai choisi de m'installer sous un arbre couché près du lac dans la tiédeur du soleil, et je vais lire mes guides, écrire des cartes, dont une au Dr Coisy, mon chirurgien pour lui dire que ses deux prothèses et moi allons bien toutes les trois… pour le moment ! L’eau bleue a des vaguelettes d’émeraude sous le soleil et leur clapot qui me rappelle la mer me fait un instant penser que la marée va
monter.
Plusieurs heures passent ainsi à farnienter, tandis que j’imagine les copains soufflant et souffrant derrière Roberto avec son allure de chèvre des montagnes. Lorsque enfin, ils arrivent épuisés, et, pour quelques-uns, déçus, je m’entends dire que j’ai fait le bon choix de rester les attendre dans un si joli cadre. En fait, Roberto s’est contenté de leur montrer le chemin, grimpant à toute allure sans se préoccuper d’eux, les précédant de 100 m, et continuant sa marche dès qu’il apercevait ses suivants immédiats. Ils ont ainsi monté pendant 2 ½ heures, ont pique-niqué et sont redescendus… Ah ! Roberto n’a jamais voulu admettre que le chemin montait : on lui pouvait bien lui montrer le lac, en bas, il disait « non ».
L’eau du lac a paru douce aux messieurs, et elle leur a rincé la sueur. A son habitude, Roberto avait filé, mais il a fini par revenir nous chercher, et nous avons
derrière lui rejoint le minibus tout proche en longeant le lac. Pourquoi cette marche inutile ce matin, dans la forêt parsemée de difficultés et de chausse-trapes où j’ai eu tant de mal à avancer ? Avant de quitter le parc, nous restons un moment à observer des oiseaux, peut-être des pics à tête rouge.
Nous prendrons le réconfortant tea-time au luxueux hôtel Mascardi. Luxueux… c’est peu de le dire… Il ouvre toutes ses baies sur le lac du même nom, et ses boiseries somptueuses laissent deviner quel genre de clientèle le fréquente. Les bacheliers fortunés du pays se font offrir un séjour ici, à San Carlos de Bariloche, où ils fréquentent plus les boîtes de nuit que les pistes de ski ou les rives du lac.
Dix Français et un Péruvien dans Bariloche, ce n’est pas monnaie courante. Comme elles sont dures à monter, les rues de San Carlos, tout comme celles de Frisco, ou, plus proches, celles de Cuzco... "La Jauja" est enfin en bout de piste, deux rues plus bas, avec son décor de bois verni, et si certains se laissent tenter par la viande argentine, la truite du lac, est ce soir la vedette.
04 mai 2008
Qui l'eût cru ?
Vendredi en fin de soirée ou après minuit (allez savoir...) je suis calée dans mon fauteuil favori devant la télévision quand soudain, le téléphone sonne.
Pas de panique, je sais que c'est ma fille Corail qui est au bout du fil. Elle est en mer pour quelques jours avec son Captain Troy préféré à caboter autour de l'Ile aux Belles Eaux. Ils sont seuls sur l'Océan. Seuls ? Que nenni ! Une visiteuse émerge... souffle... plonge... émerge à nouveau... les regarde au fond des yeux avant de replonger en dressant sa superbe caudale.
Pendant près de deux heures, elle leur offrira ainsi le spectacle de sa simple présence, que je partagerai par téléphone interposé... Par prudence, ils ont lentement navigué au moteur autour d'elle afin qu'elle ne soit pas effrayée ou ne prenne le bateau pour un congénère qui voudrait jouer...
Et ils n'étaient pas à la pêche à la baleine !

01 mai 2008
Les carrelages anciens
A la Kirchhof, nous avons eu, ma fille Corail et moi, la surprise de fouler sur le seuil de leur maison, le même carrelage de bordure
que celui que nous avons dans notre maison plus que centenaire. Mon métier de contacts, dont je vous parlerai un jour, m'a amenée à entrer dans des centaines de
bâtiments ou d'appartements, et je n'ai jamais vu de tels carrelages... Preuve s'il en était besoin, que nous étions destinés à rencontrer, Renate et Godehart, puisque nos maisons étaient pavées de même !
Ce seraient des carreaux de béton, de la fin du XIXe siècle.
Et si vous venez un jour me rendre visite, vous franchirez la porte et devrez passer sur le tapis de l'entrée... Mais non ! il ne vient pas d'Iran...

